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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 11:48
Evangile du dimanche 27 avril, jour de la canonisation de Jean XXIII et de Jean-Paul II

Evangile de Jean 20,19-31

« C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils se trouvaient car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint et il était là au milieu d'eux. Il leur dit: «La paix soit avec vous!» Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : «La paix soit avec vous! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit: «Recevez l'Esprit saint; tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis... »

Chemin vers...

Dans l'espace clos du groupe des disciples verrouillés par la peur, la vie fait irruption. Jésus vient et se tient au milieu. Il ne vient pas ouvrir de petites portes dans le mur qui les protège, c'est du centre, du cœur de ce qu'ils sont, que se fait l'ouverture. La présence de Jésus fait éclater le bloc fermé et les propulse vers l'extérieur. C'est ainsi que se manifeste le Ressuscité, il envoie au dehors comme une mère expulse son enfant pour le mettre dans le flux de la vie. Au soir du premier jour de la semaine, nous voyons naître, au souffle de l'Esprit, la communauté toute neuve. Les disciples rassemblés font l'expérience de la présence tout autre de Jésus dans le temps de son absence. La parole qui inaugure ce temps nouveau est décisive : «Paix à vous!» L'acte même de se révéler à eux leur donne la paix, non pour calmer leur peur, mais pour ouvrir à l'inouï de la rencontre. Celui qu'ils ont vu mort se manifeste à eux, les mains transpercées et le côté ouvert. Il y a de quoi être bouleversé ! C'est bien Jésus vivant, ce corps de chair dont les traces de blessures disent son passage par la mort ! Alors toutes nos représentations, nos évidences en ce qui concerne la vie et la mort, sont mises à mal. C'est quoi la mort, c'est quoi la vie ? Où allons-nous ?

Orientés vers la vie par cette présence nouvelle du Seigneur au milieu d'eux, les disciples sont remplis de joie. Jésus donne la paix à ses disciples et les envoie: «Recevez le Souffle saint». Le Souffle du Ressuscité chasse les miasmes de la mort, le vent de la Vie va s'engouffrer et faire lever leur communauté comme le levain dans la pâte.

Jésus, l'Envoyé du Père, envoie ses disciples au service de la vie. Le corps nouveau est vivant d'être envoyé, la vie du Ressuscité se reçoit comme envoi. L'Eglise vit d'être envoyée. La communauté de Pentecôte, au souffle de l'Esprit, ne vit que dans ce mouvement, toujours portée en avant, toujours ouverte, toujours non-installée, dans la fraîcheur du neuf. C'est la clôture, l'enfermement qui est « péché », cette tentation permanente de se verrouiller dans ses fausses certitudes ou ses peurs. Trop beau pour être vrai ? La suite de l'Évangile présente Thomas, notre frère jumeau. Comme lui, nous avons la prétention de ne pas nous laisser berner par des sornettes, nous réclamons des preuves tangibles. Jésus invite Thomas à mettre la main dans ses plaies et lui dit : «Ne sois pas incrédule, mais croyant!» D'entendre la voix de Jésus, plein de sollicitude pour lui qui doute, ouvrira à Thomas le chemin de la foi, et par la foi, celui de la vie. Nous nous trompons, en établissant qu'il y a d'abord la vie, celle que nous connaissons bien, à laquelle il suffirait d'ajouter un vernis de «croyance». Thomas entend Jésus l'inviter à s'ouvrir, à vivre autrement, il n'a plus besoin de preuves. «Heureux ceux qui croiront sans avoir vu !» Croire, c'est se tenir dans cette ouverture inouïe, faire l'expérience d'appartenir au Corps du Ressuscité, toujours en genèse. La vie vient de là où nous ne pouvons pas l'attendre avec nos raisonnements et même nos postures de sagesse. Elle se donne dans l'accueil de la Parole qui nous propulse ensemble, dans l'inconnu de la foi, pour éveiller cette vie endormie au milieu du monde : c'est un chemin de joie.

Malou LE BARS

TÉMOIGNAGE CHRÉTIEN N°3584 DU 24 AVRIL 2014 page 4

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Published by Denis CHAUTARD - dans foi
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