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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 22:13
LE FRONT NATIONAL EST-IL DEVENU UN PARTI COMME LES AUTRES POUR LES EGLISES CHRETIENNES ?

Sur le Front national, le discours des Églises se fait plus pédagogique

Conscients qu’une condamnation du vote frontiste est inefficace, les responsables chrétiens préfèrent miser sur l’enseignement.

Pour les Églises chrétiennes, le Front national est-il devenu un parti comme les autres ? Non sur le fond, répondent la plupart de leurs responsables, qui rappellent – comme François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France (FPF) – que « certaines valeurs portées par le parti d’extrême droite ne correspondent pas aux principes de l’Évangile ».

Évêque du Havre et président du Conseil famille et société de la Conférence des évêques, Mgr Jean-Luc Brunin range dans cette catégorie « tout ce qui brouille le bien commun, segmente la société et, au fond, conteste la solidarité et la fraternité ». « Vous ne pouvez être chrétien si vous pensez qu’on ne peut pas avoir des concitoyens musulmans », appuie Mgr Michel Dubost, à Évry, président du Conseil pour les relations interreligieuses.

« L’ÉGLISE NE SOUHAITE PAS INTERFÉRER DANS LE JEU POLITICIEN »

Mais dans le même temps, ces mêmes responsables voient le vote extrême gagner les rangs de leurs fidèles. Alors qu’en 1985, aux lendemains d’élections européennes où le FN atteint 11 %, de nombreux évêques élèvent la voix face aux propos racistes de Jean-Marie Le Pen – allant parfois jusqu’à la condamnation explicite –, certains font aujourd’hui un autre choix. « Je ne dis plus rien parce que ce serait contre-productif. Après tout, ce n’est pas nous qui faisons la loi », rappelle l’un d’eux à ceux qui seraient tentés de demander aux Églises plus de fermeté que n’en montrent les partis politiques ou les médias.

Plus qu’une condamnation, certains évêques préfèrent, comme Mgr Dubost, « prendre position sur des sujets et rappeler ce qui est fondamental pour les chrétiens ». « Le FN n’a pas l’apanage des mesures contraires à la vision évangélique de l’homme et de la société », renchérit d’ailleurs Mgr Brunin. Le Conseil qu’il préside s’est posé la question d’une intervention avant la campagne, mais « l’Église ne souhaite pas interférer dans le jeu politicien ».

« TRAVAILLER LES ÉCRITURES EST DE LOIN LE MEILLEUR ANTIDOTE AU VOTE FRONTISTE »

Les responsables chrétiens ont ainsi privilégié un « travail au long cours ».« Travailler les Écritures est de loin le meilleur antidote au vote frontiste », estime le pasteur Daniel Liechti, vice-président du Conseil national des évangéliques de France, convaincu « qu’on intervient ainsi plus en profondeur ». Pour le pasteur Clavairoly, « revenir aux textes sur l’accueil de l’étranger, la solidarité » est « la seule manière d’entrer en débat avec ceux qui, malgré tout, font ce choix ». « Désormais, je fais confiance aux catholiques pour lire l’Évangile et en tirer les conclusions qui conviennent », appuie un évêque, qui était beaucoup intervenu sur le sujet par le passé.

Sans s’exonérer de leurs responsabilités, ces mêmes responsables chrétiens pointent « la déficience du discours politique », selon la formule du président de la FPF qui juge que « les responsables politiques n’ont pas les bons arguments pour percuter les thèses du FN ». Plus que tout, ces responsables se refusent à condamner les électeurs tentés par l’extrême droite.

« M’ADRESSER AUX ÉLUS PLUTÔT QUE DE CULPABILISER LES ÉLECTEURS »

Au cours de ses récentes visites pastorales, l’évêque d’Angoulême, Mgr Claude Dagens, a constaté les situations de « détresse, d’isolement et même d’enfermement ». Il en a tiré un texte (1) adressé aux élus locaux pour qu’ils créent « des lieux de rencontre et de débat », et soutiennent des initiatives de « ressaisissement, comme cette marche du 11 janvier ».« Je préfère m’adresser aux élus plutôt que de culpabiliser les électeurs », reconnaît Mgr Dagens.

« Je sais très bien que, dans une partie de mon diocèse qui se sent abandonné, le vote extrême sera fort, complète l’un de ses confrères.Pourquoi irais-je culpabiliser ces gens qui ne savent plus à quel saint se vouer ? »

Anne-Bénédicte Hoffner

(1) « À l’horizon des élections départementales : surmonter la méfiance, combler des fossés, choisir des priorités », publié sur le site de la Documentation catholique.

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Published by Denis CHAUTARD - dans Politique
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commentaires

riviere 24/03/2015 19:19

pour moi le fn n'est pas un parti comme un autre
les évêques de France sont aux abonnés absent ,mais par contre pour cracher sur nos enfants gay,ils étaient dans les rues,en éructant leur haine