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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 07:19
L’avenir incertain des aumôneries de l’enseignement public

Devant l’Observatoire de la laïcité, le président de la Conférence des évêques de France a déploré les obstacles qui s’opposent à l’animation d’une aumônerie en milieu scolaire.

Par ailleurs, du fait de leurs manques de moyens financiers, de plus en plus de diocèses choisissent de fondre les services des aumôneries de l’enseignement public (AEP) et de la pastorale des jeunes.

« Surtout ne citez pas mon nom ! » Ce sujet des aumôneries de l’enseignement public (AEP) serait-il à ce point sensible que toutes les personnes interrogées demandent l’anonymat ? Cette prudence est significative, en tout cas, des incertitudes et des tensions qui prévalent actuellement autour de la question.

Partout, le nombre de collégiens et lycéens qui fréquentent les aumôneries des établissements publics ne cesse de diminuer. Ceci s’explique d’abord par la baisse du nombre d’enfants baptisés (290 000 en 2012, contre 385 500 en 2002) et catéchisés. « Les jeunes parents qui, il y a vingt ans, faisaient baptiser puis inscrivaient leurs enfants au caté pour faire plaisir à mamie n’ont plus cette motivation puisque les grands-parents d’aujourd’hui, nés dans les années 1950-1960, ont massivement lâché la pratique religieuse », remarque-t-on dans le diocèse de Toulouse. Autre paramètre : la difficulté à passer du catéchisme des classes primaires à l’aumônerie du collège. « De nombreux parents considèrent qu’il suffit que leur enfant fasse sa première communion, généralement en CM1 ou CM2 », déplore-t-on à Lyon.

« CONTEXTE DE LAÏCITÉ EXACERBÉE »

Cette baisse de recrutement vient aussi des établissements scolaires. Par frilosité face à tout ce qui leur semble contrevenir au principe de laïcité, certains chefs d’établissement refusent d’afficher les informations de l’aumônerie catholique ou de mettre une salle à sa disposition, de peur d’avoir à répondre positivement à des demandes de familles musulmanes.« Il faut du courage pour travailler en établissement scolaire dans le contexte de laïcité exacerbée que l’on connaît aujourd’hui », lâche une ancienne responsable d’AEP en Île-de-France qui évoque « un sentiment d’angoisse, de peur » et regrette, comme d’autres, la détérioration des relations avec les personnels éducatifs.

« Il faut souvent faire intervenir le rectorat, de sorte que le droit des familles à donner une instruction religieuse à leur enfant soit respecté »,confirme Ségolaine Moog, directrice adjointe du Service national pour l’évangélisation des jeunes et des vocations à la Conférence des évêques (CEF), responsable nationale des AEP et de la pastorale des adolescents. À cela s’ajoute la crainte des élèves catholiques de s’afficher comme tels :« ils risquent de se faire traiter de ringards », poursuit-on à Toulouse.

Autant de difficultés qui faisaient dire à Mgr Georges Pontier, président de la CEF, devant l’Observatoire de la laïcité le 10 mars dernier, que « la possibilité de créer des aumôneries en milieu scolaire s’est dégradée ou complexifiée ». L’archevêque de Marseille regrettait également que« beaucoup de jeunes chrétiens subissent des moqueries de la part d’enseignants bien éloignés de la laïcité demandée par l’État à ses fonctionnaires ».

FONDRE EN UN SEUL SERVICE LES AUMÔNERIES DE L’ENSEIGNEMENT PUBLIC ET LA PASTORALE DES JEUNES

D’autres explications de ces difficultés des AEP sont à chercher du côté des diocèses eux-mêmes : par manque de moyens humains et financiers, ils sont nombreux aujourd’hui à faire le choix de fondre en un seul service les aumôneries de l’enseignement public et la pastorale des jeunes – à l’instar de l’organisation qui prévaut à la CEF.

Les pédagogies mises en place en collège et en paroisse sont pourtant différentes. « Notre démarche part de la vie du jeune pour lui permettre d’entrer progressivement dans une démarche de foi, ce qui n’est généralement pas le cas en structure paroissiale », regrette-t-on à Toulouse où l’on cite des cas de lycéens issus de milieux agnostiques ou indifférents et attirés en aumônerie par des copains mais qui « ne mettraient jamais les pieds dans une paroisse ».

« Nous avons une capacité à entendre le monde scolaire dans ses difficultés, au-delà des propositions sacramentelles de la profession de foi », souligne une ancienne responsable des AEP dans le diocèse de Lille qui se souvient de ses permanences en lycée « tous les midis pour accueillir le tout-venant des élèves, y compris des non-baptisés » et qui évoque le soutien apporté ponctuellement à des filles enceintes ou à des garçons en rupture scolaire ou sociale. « Il m’arrive souvent de retrouver des anciens de l’aumônerie devenus adultes qui gardent des souvenirs très forts de nos partages et me disent combien cela leur a appris à réfléchir par eux-mêmes », témoigne encore cette Lilloise qui regrette que les évêques n’aient pas « mesuré les enjeux » de cette présence. « S’il n’y a plus d’aumôneries, ce sera une grosse perte pour le dialogue entre les instances ecclésiales et les réalités laïques de l’éducation nationale »,soupire-t-on en région parisienne.

Pour autant, Ségolaine Moog se refuse à mettre en concurrence les deux options et plaide pour un « nouveau découplage », combinant propositions missionnaires et gratuites dans les établissements scolaires et propositions plus catéchétiques et sacramentelles dans les paroisses ou les mouvements de jeunesse.

CLAIRE LESEGRETAIN

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Published by Denis CHAUTARD - dans aumônerie
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commentaires

schumacher 18/05/2015 08:13

babeth.schum@gmail.com merci pr l article.
Il faut sue les aumonrries soient maintenues, c est un lieu mega important d echanges et de soutien surtout pour les jeunes en difficultes.
Babeth ancienne animatrice en college pour kes sections Segpa.

schumacher 18/05/2015 08:13

babeth.schum@gmail.com merci pr l article.
Il faut sue les aumonrries soient maintenues, c est un lieu mega important d echanges et de soutien surtout pour les jeunes en difficultes.
Babeth ancienne animatrice en college pour kes sections Segpa.