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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 12:43
Samuel Grzybowski : "Nous devons avant tout assumer ce que nous sommes"

Ce week-end, se tiennent les assises de Coexister, lauréate du prix "La France s’engage". Samuel Grzybowski en abandonnera la présidence en octobre. À quelques semaines de ce tournant, il s’est confié à Aleteia.


Comment en arrive-t-on à seulement 16 ans à créer une telle association ?
S.G. : En créant Coexister en 2009, je n’avais pas forcément conscience de ce que cela allait devenir, même si j’en rêvais. J’ai eu cette conscience tôt. Coexister est au départ un groupe de 11 jeunes de religions différentes, sur lequel j’ai voulu investir toute mon énergie pour créer une relation régulière et fidèle entre nous tous, un socle de rencontre entre juifs, chrétiens, musulmans et athées. L’élément déclencheur a été l’opération "Plomb durci" à Gaza en janvier 2009 qui a provoqué en France une vague de haine antisémite et/ou islamophobe. J’ai participé à une manifestation à Paris le 14 janvier 2009 pour dire non à l’importation du conflit en France. Invité par hasard à monter sur scène, j’ai lancé un appel aux jeunes présents en leur proposant une grande collecte de sang avec des jeunes de toutes les religions pour que l’on fasse couler le sang pour la paix et non pour la guerre. Les jeunes ont répondu présents. L’association Coexister est née à ce moment-là. Une semaine plus tard, nous nous sommes retrouvés avec ceux qui avaient répondu à l’appel dans une synagogue pour échanger. Nous avons choisi le nom de l’association, décidé du message – la coexistence active –, du projet, etc. Nous avons bâti quelque chose de très intéressant dès le départ.

Quels ont été les éléments fondateurs qui vous ont façonné ?
S.G. : J’avais été très marqué par une visite à Auschwitz deux mois avant cette manifestation parisienne. À mon retour, j’avais pris la ferme résolution de m’engager personnellement dans la rencontre entre les religions pour empêcher que l’on puisse à nouveau désigner un ennemi ou une race à abattre comme on avait fait pour les juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. J’ai eu également la chance de faire du scoutisme et de vivre le centenaire de ce mouvement. J’ai participé au Jamboree mondial du scoutisme au début de mes années de lycée. C’était extraordinaire de vivre cela à l’âge où l’on se pose toutes ces questions, au seuil de sa vie d’adulte. Cet événement a été fondateur dans ma conscience personnelle pour décider que l’unité allait avec la diversité. J’ai compris cela avec la multiplicité des cultures et des religions qui s’exprimaient dans le même foulard et la même chemise. Déjà, dans mon école primaire, nous étions de 42 nationalités différentes pour sept religions pratiquées. Cela a été une base très importante pour moi même si je n’avais pas conscience que c’était extraordinaire. Je ne l’ai réalisé que plus tard, en intégrant un collège parisien moins hétérogène.

Quels sont les objectifs de Coexister ?
S.G. : L’objectif a un peu glissé. Pendant les trois premières années, la fin de notre action était le dialogue, et donc la rencontre entre les personnes de différentes religions, la recherche de vérité ou le chemin de foi personnel. En 2012, nous avons compris lors de nos assises que le but était différent : ce que nous recherchions vraiment était de favoriser le vivre ensemble… depuis le départ en faite, c’est seulement que nous ne nous en rendions pas compte ! L’objectif final de Coexister a toujours été de contribuer, avec d’autres, à la cohésion sociale. La mission de Coexister est de faire vivre un mouvement interreligieux de jeunes de toutes les convictions qui s’engagent dans différents modes d’action à l’échelle locale ou nationale, c’est que l’on appelle la "coexistence active".

Propos recueillis par Mathilde Rambaud

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Published by Denis CHAUTARD - dans Interreligieux
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