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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 09:02
Homélie du Dimanche 5 juillet 2015

Ezéchiel 2, 2-5 ; Psaume 122 ; 2 Corinthiens 12, 7-10 ; Marc 6, 1-6

Les compatriotes de Jésus n’ont pas l’air contents dans la synagogue de Nazareth. Pourtant, ce qu’il annonçait était plutôt Bonne Nouvelle : guérisons, libération, soulagement des pauvres. Les gestes qu’il faisait étaient aussi des gestes de salut et de libération, et même s’il parlait de conversion, c’était pour faire découvrir la vraie joie.

En fait, ce n’est pas le message qui est contesté par les habitants de Nazareth, c’est le messager. Trop exigeant ? Non ! Trop déroutant ? Non plus. Non ! Seulement trop familier. Les gens de Nazareth le connaissaient trop bien, cet homme du pays :

- par sa profession : “N’est-il pas le charpentier ?”

- par sa mère : “N’est-il pas le fils de Marie ?”

- par sa parenté : “N’est-il pas le frère de Jacques, de Joseph, de Simon ?”

On connait la parenté et le cousinage. En bref, cet homme Jésus est trop humain pour révéler Dieu. Impensable que Dieu choisisse comme envoyé le charpentier dont chacun, à Nazareth, connaissait la famille. “Nul n’est prophète dans son pays.”Jésus se disait fils de Dieu, certains de ses disciples commençaient à entrevoir son mystère. Mais ses compatriotes disaient : “C’est le fils du charpentier.”

Attention ! Ne sourions pas de leur difficulté à croire, c’est la nôtre très souvent. Par exemple quand nous trouvons trop simple et trop humaine l’Église chargée d’annoncer la Bonne Nouvelle. Au long de son histoire, elle a eu ses moments édifiants mais aussi ses moments scandaleux. Et pourtant c’est bien cette Église, dont nous faisons partie, qui est le corps du Christ.

Et quand nous trouvons trop simple et trop humain ce prêtre qui a prononcé la parole du pardon ou qui a baptisé votre enfant. Il a pourtant reçu la mission de renouveler les gestes de Jésus Sauveur.

Et quand nous trouvons trop simple et trop humain cet étranger qui demande à être accueilli ou ce malade qui attend une visite. Et pourtant ils sont bien pour nous visages du Christ. “Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites.”

Et quand nous trouvons trop simple et trop humain ce monsieur tout le monde que la vie met sur notre route. Et pourtant il est habité par Dieu. “Tout homme est une histoire sacrée, tout homme est à l’image de Dieu.”

Et quand nous trouvons trop simple et trop humaine cette vie trop ordinaire qui est la nôtre. Tant d’années à recommencer les mêmes banalités, avec les mille soucis et les mille détails, apparemment sans importance. Tout ça semble trop humain pour être divin. Et pourtant cette vie ordinaire, la nôtre, Jésus l’a vécue lui-même. Le Fils de Dieu l’a divinisée. Plus elle est humaine, plus elle est divine ! Difficile à croire. Pourtant c’est bien ça qui s’appelle être chrétien.

Les contemporains de Jésus sont déçus. Ils attendaient un Messie triomphant qui chasserait les romains. Ils attendaient le jour fracassant du Seigneur pour restaurer Israël dans sa puissance. Ils sont choqués, déçus par la façon dont Jésus accomplit sa mission. Pas d’éclats : il enseigne, il guérit, il console, il pardonne. Ils sont déçus.

Nous aussi, nous sommes déçus par exemple quand nous disons : “Ah! S’il y avait un Bon Dieu, ça n’existerait pas.” Nous rêvons encore d’un Dieu qui interviendrait de façon visible pour mettre bon ordre dans notre monde. Non, il n’agit pas de cette façon. Il n’est pas providence d’intervention, mais plutôt d’inspiration. Il parle au cœur des hommes, il inspire, il anime notre liberté par son Esprit-Saint, son Esprit d’amour. Mais il est effectivement impuissant si l’homme n’accueille pas son Esprit.Rien ne lui résiste sinon notre incroyance.

Soyons heureux de croire en Dieu qui a vécu notre condition humaine, notre vie ordinaire, et la souffrance et la mort pour nous révéler que l’amour aura le dernier mot. Dans cette Eucharistie, recevons son Esprit pour essayer, dans notre vie ordinaire, de suivre son chemin de vie, d’amour et de joie.

Robert Tireau, Prêtre du Diocèse de rennes

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Published by Denis CHAUTARD - dans homélie
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