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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 15:29
Terrorisme : peut-on gagner une guerre contre Daech ?

L'histoire nous montre que la résolution d'une crise demande en moyenne une quinzaine d'années d'endurance, de constance et de persévérance", estime le chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers (Crédits : Reuters)La guerre contre le terrorisme en général, Daech en particulier, exige une volonté sur le long terme sur au moins une quinzaine d'années. Mais les démocraties en ont-elles la patience et la persévérance?

Lundi, dans son discours au Parlement réuni en Congrès, François Hollande a déclaré : "la France est en guerre (...) contre le terrorisme djihadiste". Peut-on gagner une guerre contre le terrorisme ? Pour l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui refuse aujourd'hui le terme de guerre contre Daech, "nous ne pouvons pas gagner la guerre contre le terrorisme", avait-il dit en septembre 2014 sur le plateau de "Ce soir (ou jamais)". Et de préciser ni plus ni moins que "l'échec est annoncé". Pourquoi? Parce que "le terrorisme est une main invisible, mutante, changeante, opportuniste. On ne se bat pas contre une main invisible avec les armes de la guerre". Bref, des propos très déprimants pour les démocraties qui sont par nature (trop?) ouvertes.

Dominique de Villepin a à la fois raison et à la fois tort. Tout dépend déjà de quel terrorisme on parle. Oui, les Etats peuvent gagner des guerres contre les organisations terroristes. C'est parfaitement vrai quand le terrorisme est confiné à une région du monde, à un pays. La France a bien mis hors d'état de nuire le groupuscule Action Directe dans les années 80 ainsi que le célèbre Carlos bien des années plus tard. Tout comme l'Allemagne a réussi à vaincre la Fraction armée rouge ou appelé aussi la "bande à Baader" dans les années 70-80. Plus récemment encore, l'Algérie en coopération avec la France a considérablement marginalisé le très puissant Groupe islamique armé (GIA), qui avait fait régner la terreur dans Paris dans les années 90 et en Algérie. La dernière opération du GIA remonterait à 2004.

Une volonté sur le long terme

C'est vrai qu'avec Al-Qaïda dans un premier temps, et maintenant Daech, les enjeux sont autrement plus lourds aujourd'hui. Mais la lutte contre le terrorisme est d'abord une question de volonté des Etats avant d'être une question de moyens. Une volonté sur le long terme. Les démocraties sont malheureusement beaucoup trop velléitaires, comme on a pu le voir avec les Etats-Unis en Irak, la France en Libye, le monde occidental en Afghanistan, où le retour des Talibans semble être une question de temps après le retrait de la plupart des troupes occidentales.

Pour gagner ces guerres dans des pays où l'Etat est devenu trop faible, il faut rester avec une armée d'occupation plus de 10 ans sur place afin de former de nouvelles élites dans la politique, l'administration, les armées, la police, la vie culturelle... tout en acceptant certaines spécificités de ces pays. C'est ce que fait la France depuis janvier 2013 au Mali. "Nous avons constaté qu'il y avait une stabilisation politique, un retour de la croissance - elle devrait se situer autour de 4 % cette année - et une amélioration considérable de la situation sécuritaire depuis le début de l'année 2013", a expliqué début novembre à l'Assemblée nationale le ministre de la Défense.

Mais la France n'en a pas fini avec le Mali où elle doit rester sur ses gardes car, comme l'a rappelé Jean-Yves Le Drian "les groupes armés terroristes même moins nombreux et actifs n'ont pas renoncé à faire dérailler le processus politique ni à agresser les forces internationales, celles de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) comme celles de l'opération Barkhane". La prise d'otages à l'hôtel Radisson de Bamako ce vendredi illustre bien encore la précarité de la situation sécuritaire au Mali. D'où la nécessité pour la France de rester pour consolider au maximum ce pays. Les effectifs de Barkhane varient entre 3.500 et 3.800 hommes en fonction des opérations.

Temps court et temps long

Malheureusement les démocraties évoluent dans un temps trop court alors que ces opérations exigent du très long terme (10, 15, 20 ans voire plus). "La contradiction de plus en plus flagrante entre la gestion du temps court et la nécessité d'inscrire l'action dans le temps long constitue une ligne de force", avait expliqué à l'Assemblée nationale le chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers. Avec l'information instantanée et continue, la pression pour une réponse immédiate s'applique partout et à tous alors que l'histoire nous montre que la résolution d'une crise demande en moyenne une quinzaine d'années d'endurance, de constance et de persévérance".

Et le pire c'est que les démocraties savent faire. Qui se souvient en effet que La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) a été mise en place en 1978. Soit une mission de 37 ans. Qui se souvient également que la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) est présente depuis 1999 pour assurer avec réussite la sécurité, la stabilité et le respect des droits de l'homme au Kosovo ?

Michel Cabirol

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Published by Denis CHAUTARD - dans paix
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