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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 08:02
Les musulmans du Rhône « sous pression » pour contenir la poussée de l’islam radical

De g. à dr. : Azzedine GACI, président du Conseil regional Rhône-Alpes du culte musulman; Kamel KABTANE, recteur de la grande mosquée de Lyon. A la grande mosquée de Lyon le 03 octobre 2008.

Une réunion est prévue mardi 15 décembre au matin à la préfecture de Lyon entre les responsables des mosquées du département, les autorités de l’État et les maires.

Conscients d’être « sous pression » depuis les attentats, les trois leaders musulmans du Rhône souhaitent profiter de l’occasion pour « structurer » enfin la communauté.

Une cinquantaine d’imams et de présidents de mosquées ont répondu à l’invitation du recteur de la Grande Mosquée de Lyon et, en ce samedi après-midi 12 décembre, se serrent sur des chaises d’écoliers dans le sous-sol du bâtiment, se réchauffant à l’aide de gobelets de thé à la menthe. L’inquiétude est palpable. « Les gens ont peur, se posent des questions », leur lance d’emblée Kamel Kabtane. « Vos maires veulent savoir ce qui se passe dans les mosquées, la pression est très forte sur nos imams. Or notre communauté est divisée, déchiquetée, nous n’avons jamais réussi à travailler ensemble. Algériens, Marocains, Tunisiens, Turcs… tout ça, il faut qu’on en sorte. De ce mal peut sortir un bien : l’unité. »

Remerciant ceux qui se sont déplacés, notant au passage l’absence de« nos amis turcs », le recteur de la Grande Mosquée rappelle l’objectif de cette réunion : préparer celle prévue ce mardi 15 décembre au matin à 10 heures à la préfecture de Lyon en présence « des autorités de l’État »et des maires de leurs communes. Une réunion « unique en son genre »,selon le président du conseil régional du culte musulman, Laïd Bendidi, qui pourrait avoir « valeur de test » ailleurs, avance Kamel Kabtane.

CONTENIR LA POUSSÉE SALAFISTE

Depuis les attentats, la communauté musulmane est « sous pression »,reconnaît ce dernier. Mais, particularité locale, dans le Rhône, les responsables œuvrent déjà au quotidien, et en partenariat avec les pouvoirs publics, à contenir la poussée salafiste. Avec Azzedine Gaci, recteur de la mosquée de Villeurbanne, Kamel Kabtane et Laïd Bendidi ont déjà rencontré le préfet à trois ou quatre reprises depuis le 13 novembre.

Ils sont parvenus à limiter à deux les fermetures de mosquées – mesure qui « punit toute une communauté » et non pas seulement les auteurs des propos radicaux – quand une quinzaine était dans le collimateur des services de renseignement. Mais ils savent aussi que, après de multiples tentatives avortées, la communauté musulmane doit faire la preuve, cette fois, qu’elle est « prête à prendre ses responsabilités ».

Une dizaine de propositions concrètes sont soumises à la discussion en ce samedi après-midi : « créer un conseil des imams » pour les aider à« construire leur discours », « harmoniser leurs fatwas » (avis juridiques),« intervenir auprès des imams ayant tenu un discours radical », « inciter les mosquées à s’ouvrir davantage à la société », « développer les activités et les loisirs » destinés aux jeunes…

La discussion qui s’engage est révélatrice des tensions internes. « Ces propositions sont pour certaines très bien mais pourquoi les présenter au préfet ? Notre organisation ne regarde que nous », lance un homme au premier rang. « Qu’est-ce qu’un discours radical ? Pouvez-vous nous donner un exemple ? », ajoute son voisin. Nombre de participants appellent les organisateurs à « se montrer plus offensifs », à « défendre leur religion » et « les sœurs exclues de la société parce qu’elles portent le hidjab », plutôt qu’à « donner des gages de ”bons musulmans” ».

POUR UN INVESTISSEMENT ACCRU SUR INTERNET

À leurs yeux, cette rencontre avec l’État doit être surtout l’occasion d’exprimer leurs doléances : que les associations culturelles liées aux mosquées reçoivent des aides « comme les autres » sans que soit invoquée « la laïcité », que l’État agisse contre « les ghettos » parce que« la majorité des problèmes sont dans nos quartiers, pas dans les mosquées ».

« Certaines perquisitions récentes nourrissent une haine chez les jeunes qui nous dépasse », avoue un imam du IIIe arrondissement qui, le vendredi, a l’impression désormais de « parler dans le vent »... « On ne peut être comptables de tout ce qui se passe, ajoute un autre. On ne doit pas se mettre à plat ventre, sinon que fera-t-on au prochain attentat ? On creusera un trou ? »

En face, les organisateurs rappellent leur dévouement à leurs côtés, se défendent aussi de l’accusation – plus ou moins voilée – de n’être que les relais de la préfecture. L’objectif est de « montrer que la communauté musulmane est capable de régler ses problèmes », martèle Kamel Kabtane. Quelques participants abondent dans leur sens, comme ce jeune président de la mosquée Othmane à Villeurbanne. Il appelle ses collègues à « ne pas tomber dans la victimisation », à reconnaître qu’« une idéologie extrémiste se propage sur Internet ». « La priorité qui doit encore plus ressortir, c’est les jeunes », estime-t-il.

Juste avant lui, un autre a souligné « l’importance de la proposition numéro 4, sur l’ouverture des mosquées à la société. C’est vrai qu’on a une défaillance de ce côté-là. » L’imam de Valence, qui a plaidé pour « un meilleur encadrement des convertis » et pour un investissement accru sur Internet et dans le dialogue interreligieux, tente une synthèse : « Une partie de la rencontre doit servir à rassurer les maires et les autorités, une autre à leur exposer nos demandes. »

LES MOSQUÉES À LYON

La région lyonnaise est à la fois celle qui dénombre le plus grand nombre de mosquées contrôlées par les salafistes et « la première où se manifestent des velléités de résistance » (La Question musulmane en France, de Bernard Godard, Fayard, 2015).

Avec l’aide du conseil régional du culte musulman, de la Grande Mosquée de Lyon et du représentant de l’Union des organisations islamiques de France et recteur de la mosquée de Villeurbanne (Azzedine Gaci), l’imam de la mosquée Al-Forqan de Vénissieux a été écarté et le bureau renouvelé.

À la mosquée Attouba dans le quartier de la Duchère, l’imam salafiste a été écarté lui aussi et les statuts de l’association modifiés.

À Oullins, la mosquée est parvenue, après deux ans d’efforts, à faire condamner un fidèle salafiste pour « violation du libre exercice du culte ».

Anne-Bénédicte Hoffner, à LYON

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Published by Denis CHAUTARD - dans islam
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commentaires

claudine onfray 15/12/2015 08:29

on ne pourra pas s'en sortir sans eux