Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Journal de Denis Chautard
  • Journal de Denis Chautard
  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
  • Contact

Recherche

Articles Récents

6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 16:18
Décorant de l’ordre du mérite le P. Christophe Roucou, prêtre de la Mission de France, le ministre de l’intérieur s’est souvenu de ses contacts suivis avec ces prêtres qui souvent, ont su réveiller sa « conscience ».

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve (mai 2016) / GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP

« Lorsque j’étais maire de Cherbourg, les prêtres ouvriers m’ont causé beaucoup de tourments. Mais ils ont su aussi souvent réveiller ma conscience. »

Mercredi 4 mai, au siège de la Conférence des évêques de France avenue de Breteuil à Paris, le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, décorait de l’ordre du mérite le P. Christophe Roucou, prêtre de la Mission de France et ancien directeur du Service national des relations avec les musulmans de la Conférence des évêques (2006-2015). Sortant de son texte, il a aussi – et non sans humour – rendu hommage aux prêtres ouvriers.

C’est d’abord comme maire de Cherbourg-Octeville (Manche), de 2001 à 2012, que Bernard Cazeneuve a eu affaire à des prêtres ouvriers. Il s’est notamment souvenu de cette fois où l’un d’entre eux l’avait interpellé sur le sort d’une cinquantaine de migrants, réunis sur la place de l’Hôtel-de ville, et qui attendaient de lui « une solution juste ».

Engagement solidaire

« Quand les prêtres ouvriers m’appelaient, je savais que le labeur s’ajouterait au labeur », a-t-il reconnu dans un sourire, redisant aussi sa « profonde admiration pour (leur) engagement solidaire », leur « capacité à s’occuper des autres, qui sinon, seraient seuls, livrés à eux-mêmes ».

Dans son allocution, le ministre de l’intérieur est surtout revenu sur les grandes étapes du parcours de Christophe Roucou, « né dans un milieu catholique pratiquant, où l’on ne parlait pas de l’islam ni à l’église, ni à la maison », puis ordonné pour cette Mission de France qui illustre « les aspirations missionnaires et sociales de l’Église de France ». C’est d’ailleurs avec trois autres de ses frères prêtres que Christophe Roucou a été envoyé enseigner le français en Égypte, où il a découvert l’islam et pris conscience que « l’Esprit de Dieu habite des croyants d’autres traditions religieuses ».

Réactions sceptiques et parfois inquiètes

« À la tête du Service national des relations avec les musulmans, vous avez noué des contacts avec tous types d’interlocuteurs, modérés et moins modérés », a souligné le ministre de l’intérieur, « suscitant des réactions sceptiques et parfois inquiètes. Vous avez aussi développé la formation des laïcs. Vous avez surtout montré que le dialogue interreligieux n’est pas réservé à des théologiens curieux mais à ces citoyens qui doivent vivre ensemble de manière harmonieuse dans une société résolument laïque ».

Ce dialogue interreligieux « soulève des questions graves », a reconnu Bernard Cazeneuve, pour qui il ne doit être « ni un bavardage convenu, ni un syncrétisme ». À ce titre, le ministre de l’intérieur a souligné l’importance accordée par Christophe Roucou à « la connaissance » – à travers sa formation, en France et à Rome, à l’Institut pontifical des études orientales et islamologiques – et aux « relations nouées avec l’autre ».

Une parole spirituelle et qui élève

« Quand on ignore l’esprit et le contexte, alors le dévoiement devient possible », a redit le ministre, s’adressant explicitement à l’imam de Bordeaux, Tareq Oubrou – présent lors de la cérémonie – et avec lequel Christophe Roucou a signé un livre d’entretiens (Le prêtre et l’imam, Bayard, 2013).

En conclusion, et tout en se redisant « agnostique », le ministre de l’intérieur a rappelé qu’il n’y a « pas de danger à dire que l’on a besoin d’une parole spirituelle et qui élève. Au contraire, cela renforce et conforte la République », a-t-il affirmé.

Il a aussi dit « l’immense gratitude de la République pour ceux qui prennent des chemins difficiles et risqués : ceux de la fraternité et de la paix, ceux qui bâtissent des ponts plutôt que des murs ».

Anne-Bénédicte Hoffner

Lien à la Source

Partager cet article

Repost 0
Published by Denis CHAUTARD - dans prêtres ouvriers
commenter cet article

commentaires

Martz Jean 08/05/2016 22:07

des paroles de vérité face à une indéniable réalité !