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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 09:55
Malgré une intensification de la surveillance et du sauvetage, au moins 2 700 personnes ont péri entre la Libye et l’Italie.

La Méditerranée est le théâtre d’un cruel paradoxe cet été : la multiplication des dispositifs de patrouille et de secours n’a pas entraîné un recul du nombre de morts. Au moins 2 700 personnes ont péri en tentant la traversée entre la Libye et l’Italie depuis janvier, soit environ 1 000 de plus que l’an dernier sur la même période, d’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Parmi les toutes dernières victimes figurent 120 migrants dont les corps ont été découverts, fin juillet, sur des plages de la ville libyenne de Sabrata.

L’augmentation du nombre de morts en Méditerranée n’est pas le signe d’un accroissement du nombre de voyages. « Le nombre d’arrivées en Italie est à peu près le même que l’an dernier à la même époque, soit 100 000 environ depuis janvier », indique Flavio Di Giacomo, porte-parole de l’OIM. D’après ce dernier, la situation relève d’un « paradoxe difficile à expliquer ».

Coordonnés depuis Rome par le Centre de coordination du secours maritime (MRCC), la surveillance et le sauvetage se sont intensifiés entre la Sicile et la Libye par rapport à l’an dernier. Il s’y côtoie la marine italienne, soutenue par Triton – un dispositif orchestré par l’agence européenne Frontex –, l’opération européenne Sophia, chargée de détruire les embarcations des passeurs, ainsi que cinq navires consacrés exclusivement au sauvetage et affrétés par trois ONG.

Si elle ne tient pas à un affaiblissement des forces en présence, l’explication de l’augmentation de la mortalité est peut-être liée à la nature des embarcations utilisées pour la traversée. Le stock de bateaux en bois étant quasiment épuisé , les passeurs les ont remplacés par des canots pneumatiques, plus dangereux encore. « Ce sont des canots type bateaux de plage, qu’on peut gonfler à la bouche ou avec une petite pompe, indique Sophie Beau, cofondatrice de SOS Méditerranée, qui affrète l’Aquarius, prépositionné à la lisière des eaux libyennes et internationales. Les passeurs donnent des rustines aux passagers pour une éventuelle crevaison. Ces canots représentent 100 % des 23 bateaux que nous avons secourus jusqu’à présent. »

Constitués d’une toile de plastique de moins d’un centimètre d’épaisseur et pouvant contenir 30 personnes au maximum, ces rafiots en transportent le plus souvent autour de 120. Dotés de petits moteurs, ils disposent rarement d’une quantité d’essence suffisante pour atteindre la Sicile.

Quant aux quelques bateaux de bois restants, leurs naufrages sont plus meurtriers. Près de 650 personnes sont ainsi mortes en une semaine, fin mai, lors du naufrage de deux embarcations de ce type.

Si elle a provoqué le déploiement de plusieurs navires affrétés par des ONG, la stabilité, d’une année sur l’autre, du nombre élevé des traversées n’a pas entraîné la mise en œuvre d’un dispositif institutionnel de sauvetage. « Outre ceux des ONG, les navires déployésne sont pas équipés pour faire du sauvetage massif », rappelle Sophie Beau.

Quel que soit leur statut, les bateaux ne s’attellent au sauvetage que lorsque la situation les y contraint, le droit maritime international leur imposant de porter secours aux passagers en détresse. Mais ce n’est pas leur mission première.

Marianne Meunier, La Croix

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Published by Denis CHAUTARD - dans Migrants
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