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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 06:02
Homélie du dimanche 11 septembre 2016 : "le fils prodique"

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15,1-32.
"En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ?
Quand il l’a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux,
et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !”
Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. »
Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ?
Quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !”
Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.”
Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.”
Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer.
Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.”
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !”
Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait fe
stoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »

Homélie

Le Fils prodigue : « passer de la mort à la vie »

Le fils aîné a une place d’honneur dans la maison du Père. Il a sa fortune, il sera l’héritier d’une grande partie de la fortune, il aura la responsabilité du domaine… son chemin est « tout tracé » !

Pour le fils cadet rien de tel ! Il n’arrive pas à trouver sa place…. Probablement que le fils aîné ne lui en laisse guère - de place - (d’ailleurs la suite de la parabole en est une belle illustration !)

Un beau jour, il « pette les plombs ». Il décide de partir. Mais il ne part pas les poches vides. Il demande sa part d’héritage… ce qui veut dire qu’il coupe les ponts d’avec sa famille et surtout d’avec son père. Car l’héritage n’est réclamé qu’à « la mort du père » !

De fait il ne veut plus rien avoir à faire avec son père. Il renonce à sa filiation ! Il renie son origine. Il a tué « le père ». Mais il est, lui-même, en danger de mort imminente !

Il dépense sa fortune avec des filles et se retrouve nu comme Job et pire même à garder des porcs (c’est-à-dire à « baigner dans la plus indigne des impuretés ») !

Il est au fond du trou quand la faim et l’indignité le taraudent. Il prend conscience que cet homme – dont il n’est plus le Fils – avait au moins du respect et de la reconnaissance pour ses ouvriers – qu’il considérait avec humanité –

Ce sursaut d’humanité le fait retourner vers Celui dont il prend conscience qu’il est bon et généreux.

L’accueil du Père est tel qu’il découvre qu’il est – malgré cette indignité extrême de l’avoir renié – en train de devenir vraiment son Fils. Nous assistons à une véritable naissance – une résurrection !

La miséricorde, la solidarité avec nos frères humains – en particulier les plus démunis : pauvres, migrants, malades, isolés… c’est d’être reconnus – grâce à notre accueil, à notre regard et à nos gestes… » comme des frères, des humains égaux en dignité et en droits.

Voici le commentaire que m’a laissé une amie agnostique sur un article de mon Blog où je présentais notre action auprès des Migrants avec l’équipe de l’Association D' Entraide aux Migrants à la suite de ce que j’avais écrit : "Quel immense bonheur lorsqu’une personne, une famille qui étaient sans droits, sans logement, sans ressources –recouvre droit au séjour, ressources, logement et dignité !..."
Que vous réussissiez ou non, inoubliable bonheur pour tous ceux qui se seront découverts, grâce à vous, un jour, des êtres humains dans le regard de quelqu'un. Rien que pour ça, chacun de nous doit agir.
Merci pour ce témoignage et pour ce que vous faites.
Anne Boulanger-Pécout (De la croyance à la perplexité, Itinéraire d'une agn
ostique)

Témoigner de l’incroyable amour gratuit du Père à la suite du Fils et dans l’Esprit, c’est à cela que nous serons reconnus comme disciples et messagers, comme « envoyés » !

Dans ces lieux de « fracture » où l’homme vit l’abandon, l’indignité, le rejet… nous sommes en charge de la « miséricorde », c’est-à-dire d’un amour totalement gratuit qui ne juge pas avant de donner, qui ne condamne pas afin de réclamer à l’autre comme préliminaire repentance et réparation !

Denis Chautard

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Published by Denis CHAUTARD - dans homélie
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commentaires

barbu anne marie 12/09/2016 16:43

merci denis pour cette belle homelie ( lue avec un jour de retard !! )
c'est vrai que j'aurais préféré entre cela à la messe hier !

cuignet 11/09/2016 08:13

voila une homélie qu'on desirerait entendre tous les dimanches , une homélie qui change les coeurs ; merci denis