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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 19:53
La cathédrale du nouveau Centre spirituel et culturel orthodoxe russe, inauguré en octobre quai Branly à Paris, le 12 octobre 2016 / AFP/Archives

La cathédrale du nouveau Centre spirituel et culturel orthodoxe russe, inauguré en octobre quai Branly à Paris, le 12 octobre 2016 / AFP/Archives

Une douzaine d'évêques, des fidèles, et Mireille Mathieu dans l’assemblée : après une inauguration en demi-teinte en octobre, sans Vladimir Poutine, le patriarche de Moscou Kirill a consacré dimanche avec faste sa nouvelle cathédrale à Paris, signe d'une soif de rayonnement dans le monde.

Coiffée des cinq bulbes dorés caractéristiques de l'architecture religieuse russe - le plus grand pour le Christ, les quatre autres pour les évangélistes -, cette église Sainte-Trinité fait partie du vaste Centre spirituel et culturel orthodoxe russe. Son inauguration, le 19 octobre, s'était déroulée avec une pompe atténuée par l'absence du président russe, initialement attendu, en pleine brouille entre Paris et Moscou sur la Syrie.

Ce complexe de quatre bâtiments, dessiné par l'architecte français Jean-Michel Wilmotte comme un feuilleté de pierre et de verre, a été construit sur un site exceptionnel de plus de 4.000 mètres carrés, au pied du pont de l'Alma, non loin de la Tour Eiffel. Un petit "Kremlin-sur-Seine", une cathédrale "Saint-Vladimir", ont persiflé certains observateurs critiques, relevant que la Fédération de Russie, propriétaire des lieux, avait investi 170 millions d'euros dans cette opération qui peut être vue comme une initiative de "soft power" (puissance douce) politico-diplomatique.

Kirill, 70 ans, effectue jusqu'à lundi sa première visite pastorale en France depuis son élection début 2009 au siège de "patriarche de Moscou et de toute la Russie", qui fédère plus de la moitié des 250 millions de chrétiens orthodoxes dans le monde et est en pleine renaissance depuis la fin du bloc soviétique.

C'est seulement la seconde visite en France d'un chef de l'Eglise orthodoxe russe, après celle d'Alexis II en 2007.

Signe de l'importance de l'événement dans la communauté orthodoxe, Kirill était entouré pour cette cérémonie de dédicace (consécration) d'une douzaine d'évêques. Y compris Mgr Jean de Charioupolis, dont l'archevêché des Eglises russes en Europe occidentale, basé sur l'autre rive de la Seine, entretient des relations notoirement fraîches avec celui de Moscou, dont il craint les visées expansionnistes.

Le pape François, que Kirill a rencontré lors d'une entrevue historique en février à Cuba, était représenté par son nonce apostolique en France, Mgr Luigi Ventura.

"Nous avons eu la joie de contempler une image de l'unité orthodoxe", s'est réjoui le patriarche de Moscou dans son adresse à la foule, en fin de célébration, en remerciant la France et Paris d'avoir permis la construction de ce "lieu magnifique".

- Iconostase temporaire -

Kirill a béni les lieux, dans un nuage d'encens et au son de poignantes polyphonies orthodoxes. Après le rite de consécration, il a présidé la "divine liturgie", l'eucharistie orthodoxe, en slavon, la langue de l'Eglise russe, avec quelques chants en français dont un vibrant "Notre Père".

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a assisté à l'office au côté de l'épouse du Premier ministre russe, Svetlana Medvedeva. Plusieurs célébrités amies de la Russie étaient présentes, debout comme le veut l'usage. Parmi elles, le metteur en scène Robert Hossein et la chanteuse Mireille Mathieu, foulard noué autour du cou comme la majorité des femmes dans l'assemblée.

La cathédrale Sainte-Trinité est modeste en superficie (450 mètres carrés), mais impressionne par sa hauteur sous son dôme culminant à 36 mètres du sol. Son iconostase temporaire - la cloison recouverte d'icônes colorées qui sépare le sanctuaire du reste de l'église - sera prochainement remplacée par une structure permanente, en marbre. Le lieu de culte, aux murs encore très blancs, attend aussi ses fresques et mosaïques.

Le diocèse de Chersonèse, nom de la juridiction du patriarcat de Moscou pour la France, la Suisse, l'Espagne et le Portugal, était à l'étroit dans son église des Trois-Saints-Docteurs - un ex-garage puis un étage d'immeuble du XVe arrondissement -, utilisée depuis 1931. Quatre-vingt-cinq ans plus tard, l'Eglise russe a trouvé un lieu à la hauteur de ses ambitions.

afp

 

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Published by Denis CHAUTARD - dans orthodoxie
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