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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 20:35
Le cardinal Barbarin et Gérard Collomb. Photo archives Joël Philippon

Le cardinal Barbarin et Gérard Collomb. Photo archives Joël Philippon

L’archevêque de Lyon estime que le nouveau ministre, chargé des Cultes, « a compris, mieux que d’autres, que la laïcité ne se construisait pas en opposition » avec les religions.

Sollicité par Le Progrès, l’archevêque de Lyon a accepté de réagir, ce mercredi, à la nomination de Gérard Collomb au ministère de l’Intérieur, où ce dernier sera également chargé des Cultes.

"Voir le maire de Lyon s’éloigner de notre ville est un regret bien sûr, mais c’est une joie de le voir devenir aujourd’hui ministre de l’Intérieur et des Cultes", se félicite le cardinal Barbarin, en insistant sur l'apport de Gérard Collomb au dialogue dans cette ville où il avait créé, à la mairie, le groupe "Concorde et Solidarité", réunissant tous les responsables religieux de la ville autour du maire.

"A Lyon, il a favorisé un vrai climat de concorde et de solidarité et j’espère de tout cœur qu’il saura élargir cet esprit à tout notre pays. Il a compris mieux que d’autres que la laïcité ne se construisait pas en opposition avec les cultes, ni même en leur absence, mais dans un dialogue franc et confiant avec les croyants, celui–là même qui permet aussi de dire nos désaccords."

L'archevêque de Lyon évoque plusieurs souvenirs personnels. "Je me souviens de Gérard Collomb disant à l’approche de la guerre du Golfe que sa ville n’avait rien à craindre des religieux, mais qu’elle avait tout à gagner à ce qu’un juif soit vraiment juif, un chrétien vraiment chrétien et un musulman vraiment musulman. Je me rappelle aussi avec émotion ce communiqué que nous avions signé avec les responsables juifs, chrétiens et musulmans de Lyon, alors que la France connaissait un climat de violence, après l’avoir rencontré : « Le paysage est moins beau lorsqu’on ne voit plus le ciel. »"

Le cardinal Barbarin "souhaite au nouveau ministre de l’Intérieur et des Cultes la force intérieure pour prendre les décisions qui seront nécessaires en faveur de la paix et de la sécurité", avant de conclure par ces mots : "Je l’assure simplement de ma prière pour ses lourdes responsabilités."

Nicolas Ballet

www.leprogres.fr

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Published by Denis CHAUTARD - dans Eglise
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LEVY 18/05/2017 13:24

¤ UN DIALOGUE ‘’FRANC ET CONFIANT’’ AVEC "UN JUIF VRAIMENT JUIF" …
Ce n'est certes pas la première fois qu'on entend, et notamment de la même source ‘’ … que la laïcité ne se construisait pas en opposition avec les cultes, ni même en leur absence, mais dans un dialogue franc et confiant avec les croyants ‘’.
On rétorquera au cardinal qu'elle a en tout cas été inventée pour que les religions ne puissent jamais porter aucune atteinte à la liberté de conscience. Ce qui vise en premier lieu le culte historiquement dominant - dont c'est institutionnellement, en tant précisément que culte ‘’premier’’ et à l’instar de tout autre qui se trouve ailleurs dans la même position, la tentation, l’attraction et la pente naturelle.
Et que le « dialogue franc et confiant » entre citoyens de diverses opinions est bien ce sur quoi repose la démocratie, et ce que la République, par les libertés et les droits qu’elle proclame, entend garantir. Garantie qui implique qu’il n’y ait en son sein qu’une seule communauté, la nation, et que la laïcité consacrée par la loi de Séparation signifie clairement l’interdiction qui est faite à toute autorité confessionnelle d’intervenir en tant que telle dans le processus législatif pour aligner la loi sur ses vues et conceptions. Qu’il s’agisse à cet égard de faire amender un texte en discussion, de prétendre exercer une validation de la loi votée, ou, ultérieurement, de pousser à son abrogation.
Une interdiction bien délimitée. En effet, le libre exercice des cultes inclut non seulement – et avec les seules bornes que la loi peut fixer à titre de sauvegardes - la libre expression par chacun des convictions dont il se réclame au titre de la spiritualité ou des idées philosophiques auxquelles il adhère, mais également de sa part la défense et la promotion, dans la vie et le fonctionnement de la cité, des valeurs qui correspondent à ces adhésions. Des valeurs dont le respect s’étend au droit qui doit appartenir à chaque citoyen d’invoquer son objection de conscience sur des matières qui mettent légitimement celle-ci en jeu.
Mais demeure bien que la protection de l’ensemble des droits déclarés et inscrits dans le contrat républicain au bénéfice de tous les citoyens, et l’impératif de combiner ces droits dans une concorde civile préservée, excluent les institutions confessionnelles de l’œuvre législative et leur font défense de tenir la main du législateur sous quelle forme ou moyen que ce soit.
Quand au vœu de l'ex-maire de Lyon que le cardinal se délecte à rappeler, je me demande, en tant que juif, ce que la République pourrait entendre, ou sous-entendre, en me recommandant d'être "un juif vraiment juif". En quoi elle aurait ‘’tout à gagner’’ à ce que je me conforme à cette étrange injonction. Et si je ne le faisais pas en quoi ‘’(son) paysage (serait) moins beau’’, ce paysage dessiné par les Lumières et auquel toute lumière authentique apporte un peu d’irremplaçable....
J'ai incliné jusqu'ici à penser que la République attendait simplement de moi que je me conduise en bon citoyen, ou en pas trop mauvais.
Didier LEVY – 18 mai 2017
"D'HUMEUR ET DE RAISON"

LEVY 18/05/2017 13:24

¤ UN DIALOGUE ‘’FRANC ET CONFIANT’’ AVEC "UN JUIF VRAIMENT JUIF" …
Ce n'est certes pas la première fois qu'on entend, et notamment de la même source ‘’ … que la laïcité ne se construisait pas en opposition avec les cultes, ni même en leur absence, mais dans un dialogue franc et confiant avec les croyants ‘’.
On rétorquera au cardinal qu'elle a en tout cas été inventée pour que les religions ne puissent jamais porter aucune atteinte à la liberté de conscience. Ce qui vise en premier lieu le culte historiquement dominant - dont c'est institutionnellement, en tant précisément que culte ‘’premier’’ et à l’instar de tout autre qui se trouve ailleurs dans la même position, la tentation, l’attraction et la pente naturelle.
Et que le « dialogue franc et confiant » entre citoyens de diverses opinions est bien ce sur quoi repose la démocratie, et ce que la République, par les libertés et les droits qu’elle proclame, entend garantir. Garantie qui implique qu’il n’y ait en son sein qu’une seule communauté, la nation, et que la laïcité consacrée par la loi de Séparation signifie clairement l’interdiction qui est faite à toute autorité confessionnelle d’intervenir en tant que telle dans le processus législatif pour aligner la loi sur ses vues et conceptions. Qu’il s’agisse à cet égard de faire amender un texte en discussion, de prétendre exercer une validation de la loi votée, ou, ultérieurement, de pousser à son abrogation.
Une interdiction bien délimitée. En effet, le libre exercice des cultes inclut non seulement – et avec les seules bornes que la loi peut fixer à titre de sauvegardes - la libre expression par chacun des convictions dont il se réclame au titre de la spiritualité ou des idées philosophiques auxquelles il adhère, mais également de sa part la défense et la promotion, dans la vie et le fonctionnement de la cité, des valeurs qui correspondent à ces adhésions. Des valeurs dont le respect s’étend au droit qui doit appartenir à chaque citoyen d’invoquer son objection de conscience sur des matières qui mettent légitimement celle-ci en jeu.
Mais demeure bien que la protection de l’ensemble des droits déclarés et inscrits dans le contrat républicain au bénéfice de tous les citoyens, et l’impératif de combiner ces droits dans une concorde civile préservée, excluent les institutions confessionnelles de l’œuvre législative et leur font défense de tenir la main du législateur sous quelle forme ou moyen que ce soit.
Quand au vœu de l'ex-maire de Lyon que le cardinal se délecte à rappeler, je me demande, en tant que juif, ce que la République pourrait entendre, ou sous-entendre, en me recommandant d'être "un juif vraiment juif". En quoi elle aurait ‘’tout à gagner’’ à ce que je me conforme à cette étrange injonction. Et si je ne le faisais pas en quoi ‘’(son) paysage (serait) moins beau’’, ce paysage dessiné par les Lumières et auquel toute lumière authentique apporte un peu d’irremplaçable....
J'ai incliné jusqu'ici à penser que la République attendait simplement de moi que je me conduise en bon citoyen, ou en pas trop mauvais.
Didier LEVY – 18 mai 2017
"D'HUMEUR ET DE RAISON"