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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 07:26
Homélie du dimanche 13 mai 2018

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17,11b-19. 


« En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.
Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie. 
Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. 
Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. 
Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. 
Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde. 
Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. 
De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. 
Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. » 

 

Homélie

Nous sommes entre Ascension et Pentecôte : c’est le temps de la présence dans l’absence. “Mon mari, disait une jour l’épouse d’un matelot, il arrive qu’il soit là sans être totalement présent. Et il arrive qu’il soit davantage présent à moi quand il est parti en mer.” C’est vrai : l’autre, même présent, n’est jamais tout à fait là ; l’autre, même parti, n’est jamais totalement absent. Au fond la seule véritable absence, c’est l’indifférence. Ceux qui nous sont chers ne sont jamais totalement absents pour nous. Les grands absents, ce sont les autres, ceux qui nous sont indifférents… Dieu peut-être par moments !

Mystère de la présence dans l’absence ! Ecoutez l’histoire du stylo de François qui nous met en chemin de ce mystère. Le stylo de François n’était pas un stylo, c’était un cadeau. Ce n’était pas un outil, c’était un symbole. Ce n’était pas de l’utile, c’était du gratuit (même s’il avait coûté cher). Ce n’était pas du fonctionnel, c’était du relationnel. En bref, il y avait quelqu’un derrière. François préparait son baptême et sa 1ère communion : son stylo nous avait permis de découvrir ce qu’est un sacrement. Car lorsque quelque chose nous donne quelqu’un, on est proche du sacrement. Le stylo de François était le stylo de la mémoire. L’Eucharistie est le pain de la mémoire“Faites cela en mémoire de moi”mémoire d’une vie donnée par amour, d’une vie CADEAU ! Saint Jean disait : “Dieu, personne ne l’a jamais vu, mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous…” Quand nous offrons un cadeau, Dieu n’est pas bien loin.

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus demande au Père : “Sanctifie-les par ta vérité” et il ajoute : “Ta Parole est vérité”. Le mot vérité a donc ici un sens biblique. Autrefois la traduction était : “consacre-les”. Mais “sanctifie-les” est mieux. En effet rendre sacré et rendre sain, ce n’est pas la même chose. On croit volontiers que les objets sacrés ou les personnes consacrées sont à part du monde profane. Au contraire, quand on dit que Dieu sanctifie, çà veut dire qu’il se rend proche pour communiquer sa sainteté. La sainteté est comme l’amour, une affaire de relation. Plutôt que de séparer ses disciples du monde, Jésus les y envoie pour être semence d’unité dans le monde déchiré, et lui communiquer la sainteté de Dieu.

L’Evangile d’aujourd’hui est un extrait de la Prière de Jésus. J’aime bien Saint Augustin quand il parle à Dieu dans ce tout petit passage – Attention ! Ça va très vite – : “Tu étais en moi mais moi j’étais hors de moi : je te cherchais dehors. Tu étais avec moi ; je n’étais pas avec toi, puisque je n’étais pas chez moi.” Vous avez le droit de relire plusieurs fois…

Maintenant quelques mots de Timothy Radcliffe, ancien maître des dominicains, dans son livre : Je vous appelle amis : “Dès la naissance, les parents commencent à parler à l’enfant. Bien avant qu’il ne soit capable de comprendre, un enfant est nourri de mots, baigné et bercé de mots. Le père et la mère ne parlent pas à leur enfant pour lui transmettre de l’information. Ils l’animent de leur parole. L’enfant devient humain dans cet océan de langage.

De même nous sommes transformés par l’immersion dans la Parole de Dieu qui nous est adressée. Nous ne lisons pas la Parole pour y chercher de l’information. Nous y réfléchissons, nous la méditons, nous la buvons et la mangeons. « Que ces paroles que je te dicte aujourd’hui restent dans ton cœur ! Tu les répéteras à tes fils, tu les leur diras aussi bien assis dans ta maison que marchant sur la route, couché aussi bien que debout. » (Dt 6, 6…) … Un couple de mes amis a adopté un enfant. Ils l’ont trouvé dans une salle d’hôpital à Saïgon, orphelin de la guerre du Viêt-Nam. Les premiers mois, à l’hôpital, personne n’avait eu le temps de lui parler. Il a grandi sans savoir sourire. Mais ses parents adoptifs lui ont parlé et souri, œuvre d’amour. Je me souviens du jour où pour la première fois il a renvoyé un sourire. La Parole de Dieu nous nourrit, afin que nous prenions vie, en humains, et devenions même capables de renvoyer le sourire de Dieu ”

Tout à l’heure quelques personnes donneront l’eucharistie et beaucoup la recevront. Je vous invite à avoir le sourire en la donnant et le sourire en la recevant. Rappelez-vous Timothy Radcliffe : “La Parole de Dieu nous nourrit, afin que nous prenions vie et devenions même capables de renvoyer le sourire de Dieu. ”

Robert Tireau

Prêtre du Diocèse de Rennes

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