Objectif bac pour 21 élèves du dispositif "de la dernière chance" © AFP / JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

Objectif bac pour 21 élèves du dispositif "de la dernière chance" © AFP / JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

"C'est un sésame le bac, je vais tout faire pour l'avoir", assure Anaïs Iv. A 19 ans, elle s'apprête à le passer pour la 3e fois grâce à un dispositif "de la dernière chance" proposé dans un lycée de Vaulx-en-Velin, près de Lyon.

Comme ses 20 camarades "décrocheurs", cette petite brune à l'air réservé, en lice pour un baccalauréat Économique et Social (ES), s'est inscrite au Module de Repréparation aux Examens par Alternance (Morea) du lycée professionnel Les Canuts, unique dans le Rhône. Il en existe un dans chaque académie.

Celle qui "rêve de travailler dans les ressources humaines" reconnaît avoir échoué précédemment par "manque de méthode" et "à cause du stress". Aujourd'hui, elle se dit "plus confiante" et apprécie de travailler "par petits groupes".

Cette année, "ces élèves préparent dix bacs différents - quatre généraux et six bac pro - et ne repassent que les matières où ils n'ont pas eu la moyenne", souligne le proviseur-adjoint, Amaury Bredannaz.

Ils ont connu le Morea par les CIO (centre d'information et d'orientation) ou le "bouche à oreille". Et ont été retenus après "évaluation de leurs besoins" et de leurs "motivations". La plupart a ainsi pu faire des voeux sur Parcoursup.

"C'est du coaching individualisé, ils ont un emploi du temps adapté car ils ont un travail à côté", explique Charlotte Subero, coordinatrice du Morea et assistante pédagogique en mathématiques.

Soit 20 semaines de cours de novembre à fin mai, à raison d'une vingtaine d'heures hebdomadaires, plus des heures de soutien. Et pour les encadrer, 23 enseignants "volontaires" venus de 13 établissements du département.

Moncef Nasraoui, professeur d'histoire-géographie et de français, enseigne ici depuis le lancement du Morea il y a 15 ans: "On revoit les bases et la méthode, on les motive progressivement et on a des résultats satisfaisants", assure-t-il.

"On arrive à les fidéliser et à les réconcilier avec l'école", ajoute cet homme jovial, qui n'hésite pas à "envoyer des vannes" à ses élèves pour détendre l'atmosphère.

- "Un cours, c'est comme un train"

Et ça marche ! Sur les 19 inscrits l'an dernier, 17 ont décroché le précieux diplôme.

Le jingle de la SNCF retentit en guise de sonnerie: "un cours c'est comme un train, quand on le rate, on ne le rattrape pas", poursuit M. Bredannaz.

"Ici, les profs sont plus sympas, c'est comme des cours particuliers, je me sens plus en confiance, c'est ce qui me manquait", confie Doriane Bouakkaz qui s'est résolue, à 19 ans, à tenter son Bac Pro gestion administrative pour la troisième fois, tout en travaillant dans un centre aéré le mercredi.

Celle qui "ne comprenait rien en maths" exulte d'avoir pu "combler ses lacunes". Et assure venir "avec plaisir et détermination", nullement dissuadée par ses quatre heures de trajet bihebdomadaires.

Jason Mayemba, 18 ans, s'est inscrit début janvier pour se représenter au bac Pro SEN (système électronique numérique) tout en travaillant "20 heures par semaine" comme livreur de repas. L'oeil malicieux, il reconnaît que c'était "un peu difficile de reprendre des cours" après quatre mois de repos.

Habitué à "sécher les cours" l'an passé, Bill Adovlo a compris qu'il devait "se prendre en main". "Là, les profs t'aident, on sent qu'ils veulent que t'aies ton bac", explique ce jeune homme de 18 ans au visage rieur, qui repasse aussi un bac Pro SEN. Il a entraîné dans cette formation quatre de ses copains, dont Kevin Miala.

"L'an dernier, je ne faisais rien en classe, on était 30 et il y avait des problèmes de discipline et trop de liberté", reconnaît ce "flemmard" de 19 ans, qui veut devenir "architecte de réseau en fibre optique". Après le bac, il vise un BTS puis un Master en informatique.

© 2018 AFP

 

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