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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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28 décembre 2018 5 28 /12 /décembre /2018 09:55
Des manifestants à Beni. Photo ALEXIS HUGUET / AFP

Des manifestants à Beni. Photo ALEXIS HUGUET / AFP

Grève générale prévue ce vendredi, expulsion réclamée de l'ambassadeur de l'UE, violences... A deux jours des élections présidentielles déjà reportées plusieurs fois et encore repoussées dans certaines régions, la situation en République Démocratique est très tendue...

Les élections présidentielles prévues le 30 décembre en République démocratique du Congo vont-elles pouvoir se tenir ? Rien n'est moins sûr... La situation politique et sociale s'envenime jour en jour dans ce pays d'Afrique centrale qui compte parmi les plus pauvres au monde.

Kinshasa ne veut pas de l'envoyé de l'UE

Jeudi, Kinshasa a invité instamment Bruxelles à rappeler "dans les 48 heures son chef de mission en République démocratique du Congo", le Belge Bart Ouvry, a déclaré le chef de la diplomatie congolaise Léonard She Okitundu à des diplomates occidentaux.

Il s'agit d'une mesure de rétorsion de la RDC après le prolongement des sanctions européennes qui visent 14 officiels congolais dont le candidat du pouvoir à l'élection présidentielle, Emmanuel Ramazani Shadary.

Une décision que l'Union européenne "déplore" et "juge totalement injustifiée". "A la veille d'élections très difficiles en RDC, une telle décision ne peut être considérée que comme contre-productive", a ajouté un porte-parole de l'UE.

Appel à la grève vendredi

En politique intérieure, la coalition autour du candidat d'opposition Martin Fayulu a appelé à une journée "ville morte" dans toute la RDC pour protester contre le report partiel des élections qui concerne plus d'un million d'électeurs sur 40, principalement dans le Nord-Kivu à Beni et Butembo (Est).

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) "vient de dépasser une ligne rouge", déclare la coalition "Lamuka" ("réveille-toi" en lingala) soutenue par deux poids lourds de l'opposition au président Joseph Kabila, Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba.

Aussi longtemps que l’actuelle gouvernance reste en place, n’importe quel scénario électoral ne mènera qu’à plus de violence, plus d’instabilité et un plus grand risque de sombrer dans la dictature.

Le prix Nobel de la paix Denis Mukwege, dans une tribune dans le New York Times la semaine dernière. De retour dans son pays jeudi, il a prononcé un discours à Bukavu mais a demandé le "respect de la Constitution", et constaté que le "processus électoral est dans l'impasse".

La coalition "exige que la commission électorale retire instamment cette décision injustifiée". Il n'est pas question pour autant de boycott, a précisé son directeur de campagne, Pierre Lumbi.

De son côté, la Majorité présidentielle (MP) du président Kabila a lancé un appel à la "sérénité" en affirmant comprendre la décision de la Céni.

Des violences après l'annonce du report

La centrale en charge des élections a reporté mercredi au mois de mars les élections dans la région de Beni-Butembo (Est) et à Yumbi (Ouest), des bastions anti-président Kabila.

Raison invoquée: l'épidémie d'Ebola et les tueries de civils à Beni et Butembo, et de récents massacres communautaires à Yumbi.

Cette décision a déclenché des manifestations de colère dans plusieurs villes. La police a tiré et envoyé des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants à Beni, qui protestaient contre le report du vote. Au moins six personnes ont été arrêtées à Goma où des barricades ont été dressées en plusieurs points du chef-lieu provincial du Nord-Kivu.

Des violences avaient déjà émaillé la campagne, avec une dizaine de morts selon plusieurs sources, ce que nie le pouvoir.

Des scrutins déjà reportés trois fois...

Les élections présidentielle, législatives et provinciales prévues dimanche doivent entre autres désigner le successeur du président Kabila qui ne peut pas se représenter d'après la Constitution.

Le président Kabila a désigné un "dauphin", son ex-ministre de l'Intérieur sous sanctions de l'Union européenne Emmanuel Ramazani Shadary.

Ces élections ont été trois fois reportées depuis la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel du président Kabila: de décembre 2016 à décembre 2017, de décembre 2017 au 23 décembre 2018, puis du 23 au 30 décembre 2018.

Le 20 décembre 2018, à trois jours de la date prévue pour le scrutin, celui-ci est repoussé pour la troisième fois, au 30 décembre.

Puis, le 26 décembre, les élections générales sont reportées au mois de mars dans deux zones touchées par une épidémie d’Ebola et par des tueries, Béni-Butembo (est) et Yumbi (ouest), représentant 1,25 million d’électeurs sur un total de 40 millions.

avec AFP

 

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