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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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2 mars 2019 6 02 /03 /mars /2019 22:18
L’abbé Pierre. / PhotoPQR/La Provence

L’abbé Pierre. / PhotoPQR/La Provence

Homme d’action par excellence, le fondateur des communautés Emmaüs était guidé par une foi profonde qu’il vivait avec discrétion.

« Il était convaincu, et ce jusqu’à sa mort, que mystérieusement, sans le nommer, il y avait au cœur des communautés Emmaüs cette présence de Dieu. » Le père Jean-Marie Viennet, 81 ans, ancien secrétaire général d’Emmaüs International qui a accompagné l’abbé Pierre à travers le monde pendant plus de vingt ans, évoque le regard de foi que portait le grand homme sur Emmaüs.

Un enracinement spirituel

Coauteur, avec René Poujol, ancien directeur de la rédaction de Pèlerin, d’un ouvrage sur l’abbé Pierre (1), il précise aussi que l’auteur de l’appel à l’insurrection de la bonté tenait beaucoup au caractère non confessionnel des communautés. « Il ne s’agissait pas d’être dans la mission en annonçant quelque chose, mais plutôt d’être des témoins dans le respect de toutes les confessions »,indique le prêtre, toujours engagé dans le diocèse de Belfort-Montbéliard.

 

Pour lui, la fondation d’Emmaüs et, au-delà, la vie tout entière de l’abbé Pierre trouvaient leur source dans son enracinement spirituel, brûlé de la présence de Dieu comme le buisson ardent. « Les gens qui le rencontraient voyaient en lui un grand homme d’action, explique-t-il. Pourtant, tout est né de son expérience de la prière et de l’adoration. Il ne prenait jamais une décision importante sans avoir prié. »

Son attachement à l’Eucharistie

Dans un petit livre paru en 2005 sous le titre Mon Dieu… pourquoi ? (2), l’abbé Pierre revient longuement sur l’Eucharistie, le « sacrement de la foi » qu’il célébrait tous les jours à 18 heures : « Je crois, sans chercher à me l’expliquer, que le Christ est mystérieusement présent dans l’hostie consacrée. » En épilogue de cet ouvrage, où il se confie comme rarement, il écrit aussi une lettre à Dieu : « Père, je vous aime plus que tout. Je ne supporte de vivre si longtemps que par cette certitude en moi : mourir est, qu’on le croie ou non, Rencontre. Trop de mes frères humains restent au bord de vous aimer. Pitié pour eux et pitié pour l’Univers. Père, j’attends depuis si longtemps de vivre dans votre totale présence qui est, malgré tout, Amour. »
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Questionnant le fondateur d’Emmaüs sur la spiritualité de son œuvre, le père Jean-Marie Viennet s’était vu répondre que « l’Esprit agissait en chaque homme », qu’il voyait comme une « paillette d’or » capable du meilleur. C’est pour cette raison que l’objectif des communautés était que chacun redevienne pleinement acteur de son projet de vie et passe du statut d’aidé à aidant.
Par l’action et la parole parfois tonitruante, cet homme de Dieu trouvait aussi de quoi nourrir sa prière et percevoir la présence de Dieu dans le service des plus pauvres. Interrogé par La Croixquelques jours après la mort de l’abbé Pierre le 22 janvier 2007, son biographe Pierre Lunel confirmait : « Toute sa vie, il a eu besoin de ces moments de solitude et de prière. Pour se construire et se renforcer. C’était un mystique agissant. »

Arnaud Bevilacqua

 

(1) Le Secret spirituel de l’abbé Pierre, Jean-Marie Viennet et René Poujol, Salvator, 2014, 222 p., 18 €. (2) Entretiens avec Frédéric Lenoir, Plon, 108 p., 13 €.

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