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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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24 mars 2020 2 24 /03 /mars /2020 09:07
Homélie du dimanche 29 mars 2020 aux jours de confinement et du corona virus !

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 11, 1-45. 

« En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur.
Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade.
Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare.
Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait.
Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. »
Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? »
Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ;
mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. »
Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. »
Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. »
Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil.
Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort,
et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! »
Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »
À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –,
beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère.
Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison.
Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.
Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »
Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. »
Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. »
Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ;
quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »
Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »
Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. »
Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus.
Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré.
Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer.
Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. »
Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé,
et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. »
Alors Jésus se mit à pleurer.
Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! »
Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre.
Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. »
Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé.
Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. »
Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! »
Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »
Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui. »

 

Homélie du dimanche 29 mars 2020 aux jours de confinement et du corona virus !

Devant la mort de son ami Lazare, Jésus se montre résolument impuissant. Devant sa propre mort qui s’annonce, il fera de même : il n’empêchera ses ennemis ni de le condamner ni de le tuer. Il ne choisira pas d’échapper à la mort, à la condition mortelle commune, il empêchera même ses amis de tirer l’épée pour le défendre. Le nouvel Adam mourra comme le premier, mais de la libre acceptation de sa condition humaine et de sa mort, Dieu fera surgir une vie nouvelle.

La mission du Christ n’est pas d’empêcher les gens de souffrir et de mourir. Il vient souffrir avec eux, souffrir et mourir comme eux, traverser avec eux ces épreuves redoutables de la condition humaine. Même son ami Lazare, il ne l’a pas empêché de mourir. Marthe et Marie ne le comprennent pas. Beaucoup réagissent comme elles et leur entourage, devant la question du mal et de la mort ou aussi devant certaines catastrophes – météorologiques, nucléaires, sanitaires ou autres – et cela peut faire en eux obstacle à la foi. Beaucoup ont du mal à quitter une vision magique de Dieu. Cependant, si la toute-puissance de Dieu se manifestait en intervenant sans cesse pour empêcher tous les malheurs, ne pourraient-ils pas tout autant lui faire d’autres reproches : notamment celui d’avoir créé des humains semblables à des marionnettes béates et passives reliées par des multitudes de fils invisibles à un Dieu grand magicien et manipulateur, guérisseur infaillible, ou monnayant ses grâces à qui peut les payer ou les mériter ?

« Jésus cria d´une voix forte : « Lazare, viens dehors ! »

Et le mort sortit, les pieds et les mains attachés, le visage enveloppé d´un suaire.

C’est un cri prononcé d’une voix forte, dit le texte. Un cri qui vient des profondeurs de la détresse humaine. Un cri de protestation devant ce qui paraît pour chacun insupportable, la mort. La mort des autres, des proches. La mort inéluctable aussi de chacun. Lazare représente ici le premier Adam et l’humanité première que Jésus vient délivrer des enfers de la mort. Jésus pousse deux fois un grand cri dans les évangiles : devant la mort de son ami et au moment de sa propre mort sur la croix. Jésus porte dans son cri tous les cris de ses frères et sœurs en humanité. Un cri qui s’adresse à Lazare. Un cri que Dieu adresse à chacun par la voix du Christ. Un cri de résurrection qu’il a adressé à tant de personnes rencontrées, enfermées dans les tombeaux de leur malheur : lève-toi, relève-toi, prends ton grabat et marche, étends ta main malade, confiance, n’aie pas peur, va en paix, sois guéri de ton mal, ouvre-toi, parle, suis-moi…

Quelle est donc cette autre vie, ou plutôt cette vie autre qui attend l’homme ? Où est cet ailleurs qui l’appelle à vivre au-delà du suaire qui l’enveloppe comme une chrysalide, qui entrave sa marche, qui ligote ses mains ? Quelle est cette vie éternelle où la mort est définitivement vaincue ? Et de quelle mort s’agit-il ?

Il s’agit de toutes ces morts dont le Christ est venu délier l’humanité. Ces morts déjà vaincues chaque fois qu’un aveugle se met à voir, qu’un pauvre se met à espérer, chaque fois que ceux qui pleurent sont consolés – ce mot qui veut dire en hébreu « aidés à accepter ce qui est arrivé » –, ceux qui tombent sont relevés, cette mort qui recule lorsque la vie de Dieu s’épanouit dans la vie des hommes.

Denis CHAUTARD

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