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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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16 mars 2020 1 16 /03 /mars /2020 16:53
Le président russe Vladimir Poutine rencontre des vétérans locaux de l'opération antiterroriste de 1999 au Daghestan dans le village de Botlikh, le 12 septembre 2019. ALEXEY

Le président russe Vladimir Poutine rencontre des vétérans locaux de l'opération antiterroriste de 1999 au Daghestan dans le village de Botlikh, le 12 septembre 2019. ALEXEY

Coordinatrice du projet Mariam de prévention du radicalisme dans la République russe du Daghestan, membre de l’ONG Octava, Marina Saferova est à Paris dans le cadre d’un séminaire sur la prévention de la radicalisation dans le Caucase du Nord.

La Croix : Les autorités russes recensent une forte diminution des attentats djihadistes dans le Caucase. Partagez-vous ce constat et à quoi l’attribuez-vous ?

Marina Saferova : Il y a quelques années, nous redoutions d’aller au théâtre, au cinéma, aux concerts, ou simplement de passer le jour de l’an dans une salle des fêtes, du fait des attentats terroristes. La lutte menée par l’armée et la police contre les groupes djihadistes a fait chuter le nombre d’attaques (à partir des années 2010, NDLR) et détruit les cellules organisées. Beaucoup, qui se cachaient dans la forêt, sont partis ensuite combattre en Syrie ou en Irak. Ils sont connus des autorités, et il leur est très difficile de revenir. Bref, on se sent en sécurité aujourd’hui au Daghestan.

Mais si les attentats sanglants ont cessé, il existerait des cellules dormantes. Dans le Caucase, l’extrémisme islamiste a pris des formes plus souterraines, et donc plus difficiles à appréhender. Mais si vous vous promenez aujourd’hui dans les villes daghestanaises, l’islam ne s’affiche pas plus qu’en Europe.

À la lumière de votre travail de terrain, que sait-on des personnes radicalisées dans le Caucase ?

M. S. : S’il n’y a pas de profil type, on a pu observer des tendances. Le phénomène touche surtout les plus de 30 ans, issus des classes moyennes ou moyennes supérieures, et bien entendu leurs enfants. Chez les tenants d’un islam radical, il existe la tentation du repli en famille ou dans un petit cercle communautaire, qui peut s’accompagner d’un rejet des lois de la fédération russe, sans forcément glisser vers le terrorisme d’ailleurs.

À l’inverse, la jeune génération, celle des 18-30 ans, semble beaucoup moins poreuse au discours djihadiste, peut-être du fait des erreurs des générations précédentes ou de la mort de nombreux combattants qui avaient rejoint Daech.

Comment l’idéologie de l’islam extrémiste circule-t-elle aujourd’hui au Daghestan ?

M. S. : Dans les années 1990, l’arrivée d’imams étrangers radicaux a joué un rôle important dans la radicalisation des esprits. Désormais, cela ne passe plus par les prêches des imams ou les mosquées, sauf exception.

Les méthodes ne sont finalement pas très différentes de celles qui sont utilisées dans des pays comme la France. Certains se radicalisent au sein du cercle familial, d’autres à travers des amis ou des connaissances. Cela peut aussi passer par le couple, et bien entendu Internet, malgré la surveillance accrue de la toile rendue possible par une série de lois, notamment l’obligation pour les hébergeurs de contenus de conserver durant six mois les conversations sur les réseaux sociaux. On peut observer que les adeptes d’un islam de type salafiste sont beaucoup moins prompts à imposer leur vision du monde en dehors de leur communauté. Ajoutons qu’une partie de la population semble vaccinée contre l’idéologie extrémiste, après les guerres de Tchétchénie et l’échec de Daech.

 Olivier Tallès

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