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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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17 mars 2020 2 17 /03 /mars /2020 22:22
Raffaele MORELLI

Raffaele MORELLI

« Je crois que le cosmos a sa façon de rééquilibrer les choses et ses lois, quand celles-ci viennent à être trop bouleversées. Le moment que nous vivons, plein d’anomalies et de paradoxes, fait réfléchir…
Dans une phase où le changement climatique, causé par les désastres environnementaux, a atteint des niveaux inquiétants. D’abord la Chine, puis tant d’autres pays, sont contraints au blocage ; l’économie s’écroule, mais la pollution diminue de manière considérable.

 

L’air s’améliore ; on utilise un masque, mais on respire…

Dans un moment historique où, partout dans le monde, se
réactivent certaines idéologies et politiques discriminatoires, rappelant avec
force un passé mesquin, un virus arrive, qui nous fait expérimenter que, en un
instant, nous pouvons nous aussi devenir les discriminés, les ségrégués, ceux
qu’on bloque aux frontières, qui amènent les maladies.


Même si nous n’y sommes pour rien.

Même si nous sommes blancs, occidentaux, et que nous
voyageons en première classe (complexe de toute puissance)

Dans une société fondée sur la productivité et la consommation, dans laquelle nous courons tous 14 heures par jour après on ne sait pas bien quoi, sans samedi ni dimanche, sans plus de pause dans le calendrier, tout à coup, le «stop» arrive.


Tous à l’arrêt, à la maison, pendant des jours et des jours.

À faire le compte d’un temps dont nous avons perdu la valeur,
dès qu’il n’est plus mesurable en argent, en profit.


Sait-on seulement encore quoi en faire ?

Dans une période où l’éducation de nos propres enfants, par
la force des choses, est souvent déléguée à des figures et institutions
diverses, le virus ferme les écoles et nous oblige à trouver des solutions
alternatives, à réunir les mamans et les papas avec leurs propres enfants.


Il nous oblige à refaire une « famille ».

Dans une dimension où les relations, la communication, la
sociabilité, se jouent essentiellement dans ce non-espace du virtuel des
réseaux sociaux, nous donnant l’illusion de la proximité, le virus nous enlève
la proximité, celle qui est bien réelle : personne ne doit se toucher, pas de
baisers, pas d’embrassades, de la distance, dans le froid du non-contact.


Depuis quand avons-nous pris pour acquis ces gestes et leur
signification ?


Dans un climat social où penser à soi est devenu la règle, le
virus nous envoie un message clair : la seule manière de nous en sortir, c’est
la réciprocité, le sens de l’appartenance, la communauté, se sentir faire
partie de quelque chose de plus grand, dont il faut prendre soin, et qui peut prendre
soin de nous.


La responsabilité partagée, sentir que de nos actions
dépendent, non pas seulement notre propre sort, mais le sort des autres, de
tous ceux qui nous entourent. Et que nous dépendons d’eux.

Alors, si nous arrêtons la « chasse aux sorcières », de nous demander à qui la faute et pourquoi tout ça est arrivé, pour nous interroger plutôt sur ce que nous pouvons apprendre, je crois que nous avons tous beaucoup de matière à réflexion et à agir.

Parce qu’avec le cosmos et ses lois, de manière évidente,
nous avons une dette excessive.


Il nous le rappelle au prix fort, avec un virus.

 

Raffaele MORELLI

Psychiatre et président fondateur de l’Institut de médecine psychosomatique de Riza.

 

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commentaires

mireille 21/03/2020 22:46

merci pour cette vision serais heureuse qu'une grande partie de l'humanité la partage.