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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 09:16
David Herraez Calzada - Shutterstock

David Herraez Calzada - Shutterstock

Valérie, 55 ans, médecin cardiologue dans le Val d’Oise, s’est portée volontaire pour soigner des malades touchés par le covid-19, orientés par le Samu vers un gymnase transformé en centre d’urgence à Taverny (Val d’Oise). Elle témoigne de son quotidien chargé, anxiogène, chamboulé, mais rendu supportable par quelques moments, précieux, de ressourcement et par la prière des uns pour les autres.

Cardiologue, Valérie exerce habituellement en cabinet, dans le Val d’Oise. Depuis quelques semaines, en plus de ses consultations indispensables pour ses patients souffrant du cœur, elle s’est portée volontaire pour intervenir un jour par semaine au Samu, et un autre jour au centre d’urgence covid-19 créé dans un gymnase réaffecté en vue d’accueillir des cas suspicieux pour désengorger le Samu et les médecins généralistes. Particulièrement exposée, elle ne remet pas pour autant en cause son engagement : « Prendre soin des autres, être dans ce face à face avec chaque personne, c’est le cœur même de mon métier et je le fais avec beaucoup de passion et d’amour depuis très longtemps », confie-t-elle.

Elle demeure confiante, dans cette longue et éprouvante bataille contre le virus : « Nous allons gagner parce que l’intelligence de la médecine, l’intelligence des hommes, viendra à bout de cette petite chose invisible ». Néanmoins, la situation est inédite et « l’afflux de patients, associée à la rapidité de progression de la maladie, font que nous sommes dans des situations exceptionnelles qui fatiguent l’organisme et peuvent nous faire perdre courage », admet-elle.

Des temps nécessaires de ressourcement

Sa vie personnelle est également profondément perturbée. Mariée et mère de famille, elle raconte la manière dont elle doit s’isoler des siens au sein de sa propre maison. Pour les protéger. Elle prend ses repas en décalé, fait chambre à part, réitère les gestes barrière au point d’avoir les mains abîmées par les lavages fréquents. Malgré l’angoisse et l’inquiétude qui l’étreignent quotidiennement, elle s’efforce de garder à l’esprit cette parole de saint Matthieu (6, 34) : « A chaque jour suffit sa peine ». « J’essaie de ne pas trop penser au futur et de vivre le temps présent, aujourd’hui est déjà un trésor à garder au fond de soi », témoigne-t-elle.

Concrètement, ce qui la fait tenir et lui fait garder force et espoir, ce sont ces moments où elle se retrouve seule, de temps en temps, ces moments de silence où elle prend conscience du bruit du vent et du chant des oiseaux, « cette possibilité de m’ancrer au cœur de cette nature bien présente et qui continue à exister autour de nous ». Ce sont aussi ces incroyables réseaux de solidarité dont elle est témoin chaque jour, toujours plus inventifs, qui la touchent énormément. Et aussi, « continuez vos applaudissements à 20 heures », implore-t-elle, « tous les soignants sont très heureux de les entendre ».

Enfin, autres temps de ressourcement, et pas des moindres : l’écoute de méditations de l’Evangile et des paroles du curé de sa paroisse envoyées par WhatsApp, et le lancement de ce « monastère invisible » qui permet à tous les paroissiens d’être en union de prière : « Je suis heureuse de faire partie d’un monde fraternel où la prière des uns pour les autres est une vraie puissance de guérison ».

 Mathilde de Robien

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