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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 16:48
Un campement de migrants à Saint-Denis, au nord de Paris, en janvier 2019. Crédit : InfoMigrants

Un campement de migrants à Saint-Denis, au nord de Paris, en janvier 2019. Crédit : InfoMigrants

Les personnes d'origine étrangère ont été bien plus nombreuses en France à succomber au coronavirus, au pic de la crise, a-t-on appris mardi, dans une étude de l'Insee, la première du genre dans l'Hexagone où la collecte de statistiques ethniques est en principe proscrite. Les Africains et Asiatiques ont été plus durement touchés que les autres.
Les immigrants seraient-ils plus vulnérables au coronavirus ? Une étude de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) parue mardi 7 juillet révèle que le taux de mortalité au plus fort de la crise du Covid-19 en France des personnes nées à l'étranger a doublé par rapport au reste de la population. En mars et avril, 129 000 personnes sont décédées (toutes causes confondues) contre 102 800 à la même période l'an dernier, soit une augmentation de 25% attribuée à la pandémie. Dans le même temps, les décès de personnes nées à l’étranger ont, eux, augmenté deux fois plus que ceux de personnes nées en France passant de 22% en 2019 à 48% cette année.
D'après l'Insee, les Africains subsahariens et les Asiatiques ont été particulièrement touchés : le taux de mortalité des premiers a explosé de 114% et celui des seconds de 91% entre les printemps 2019 et 2020. "Ils ont été durement frappés [par le coronavirus], c'est indéniable", a commenté auprès de l'AP Sylvie le Minez, directrice du département des études démographiques à l'Insee. Chez les Maghrébins, 54% de décès en plus ont également été enregistrés.
À l'inverse, pour les personnes nées en Europe (hors France) et les personnes nées dans un pays d’Amérique ou en Océanie, la hausse des décès est proche de celle observée pour les personnes nées en France.
368% de décès en plus chez les Africains de Seine-Saint-Denis
Cette inégalité face au coronavirus peut s'expliquer en partie à cause du fait que les populations immigrantes en France ont tendance à s'installer davantage dans des zones plus pauvres mais surtout plus densément peuplées (et notamment en Ile-de-France, particulièrement touchée par la pandémie), note l'Insee. Ainsi, "pour les personnes nées en France et résidant dans une commune densément peuplée, les décès entre le 1er mars et le 30 avril 2020 ont augmenté de 39% par rapport à la même période en 2019". Ce même taux a bondi de 76% pour les Maghrébins et de 158% pour le reste des Africains de part leur "surreprésentation dans ce type de commune, en Île-de-France comme dans les autres régions", souligne l'institut.
Le cas de la Seine-Saint-Denis, au nord de Paris, où de nombreux immigrants vivent dans des quartiers défavorisés, illustre parfaitement la tendance : le taux de mortalité entre les printemps 2019 et 2020 a augmenté de 95% parmi les personnes nées en France mais de 191% pour celles originaires du Maghreb et même de 368% pour celles nées dans le reste de l'Afrique.
Officiellement, en France, la collecte des statistiques dites "ethniques" est prohibée afin de préserver le caractère universaliste de la République. Elle peut toutefois être autorisée au cas par cas, notamment à des fins scientifiques comme l'étude réalisée par l'Insee. Les militants des droits des minorités estiment depuis longtemps que l'absence de statistiques ethniques a rendu l'État aveugle aux problèmes de racisme et de discrimination.
Des études aux conclusions similaires publiées ces dernières semaines aux Etats-Unis, au Canada ou encore au Royaume-Uni semblent avoir poussé la France à faire de même. "Il ne s'agit pas encore tout à fait de vraies statistiques ethniques mais nous avons au moins le pays de naissance et c'est déjà très éclairant", s'est réjouie Sylvie le Minez.
Par  Anne-Diandra Louarn 

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