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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 08:04
Près de 1 500 migrants vivaient dans le campement d'Aubervilliers. Crédit : Picture alliance

Près de 1 500 migrants vivaient dans le campement d'Aubervilliers. Crédit : Picture alliance

Près de 1 500 migrants ont été "mis à l'abri" mercredi lors de l'évacuation du campement d'Aubervilliers, dans le nord de Paris. Les associations redoutent la reformation d'un campement d'ici quelques semaines. Elles dénoncent des démantèlements à répétition sans réelles solutions.
Le campement de migrants situé le long du canal Saint-Denis à Aubervilliers, dans le nord de Paris, a été évacué mercredi 29 juillet. Dès 6h du matin, une importante présence policière quadrillait la zone, où étaient installées près de 1 500 personnes.
"Cette opération est la suite logique de toutes celles que nous avons conduites déjà depuis plusieurs mois", a déclaré à la presse le préfet de police de Paris, Didier Lallement, présent sur place. "Je souhaitais évacuer les campements qui étaient en périphérie de Paris et faire en sorte que sur l'ensemble du secteur de la police de Paris et des trois départements limitrophes [les migrants] ne se regroupent pas dans les camps", a-t-il ajouté.
Une énième évacuation
Les associations regrettent "l'opacité" autour de ces "mises à l'abri". "Les exilés n'ont eu aucune information, ils ne savaient pas où ils étaient emmenés", déplore Kerill Theurillat, coordinateur à Paris d'Utopia 56, contacté par InfoMigrants. Selon la préfecture, les migrants ont été orientés vers des gymnases de la région parisienne.
Reste que cette énième évacuation ne convainc guère les humanitaires. "Les gens sont épuisés, pour certains c'est la dixième évacuation, ils savent qu'ils vont se retrouver dans des gymnases et la moitié va se retrouver dès ce soir à la rue", assure Silvana Gaeta du collectif Solidarité Migrants Wilson. Même son de cloche chez Utopia : "C'est toujours pareil, ils vont rester quelques jours dans les gymnases puis seront remis à la rue et on verra se reformer un camp d'ici peu", prédit Kerill Theurillat. "Toute mise à l'abri est utile mais cette répétition depuis 2015 est absurde et indigne", s'insurge sur Twitter Pierre Henry, directeur de France terre d'asile. "Tout commence en République par la dignité. Il faut repenser le dispositif de premier accueil avec l'ensemble des acteurs", continue-t-il.
"L'État est incapable d'accueillir dignement"
Des propos que Alalisad ne peut qu'approuver. Ce Somalien de 32 ans en est à sa cinquième évacuation depuis qu'il est arrivé en France en 2015. "Je ne comprends pas, ils viennent nous chercher, nous mettent dans des hôtels pendant trois mois et puis après on revient dans la rue. Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement français gaspille autant d'argent en nous mettant dans des hôtels au lieu de nous donner un hébergement sur le long terme", déclare à l'AFP le jeune homme.
"Il y a de l'usure, du désespoir, presque cinq ans que cette situation dure. Ce film on l'a déjà vu. L'État est incapable d'accueillir dignement", déplore de son côté Louis Barda, coordinateur général de Médecins du monde à Paris.
Les associations s'insurgent également de la politique menée qui conduit à "l'invisibilisation des migrants". "On les repousse toujours plus en dehors de Paris mais aucune réelle solution n'est apportée", souffle Kerill Theurillat.
Leslie Carretero 


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