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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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10 août 2020 1 10 /08 /août /2020 18:45
Des dizaines de migrants se trouvant sur des embarcations comme celle-ci ont été secourus dans la Manche ces derniers jours. Crédit : Gendarmerie maritime

Des dizaines de migrants se trouvant sur des embarcations comme celle-ci ont été secourus dans la Manche ces derniers jours. Crédit : Gendarmerie maritime

Alors que des records d'arrivées de migrant ont été enregistrés sur ses côtes, le gouvernement britannique a chargé dimanche un ancien de la Royal Marine de rendre la Manche "impraticable" et a pressé la France de renforcer ses contrôles. Il en coûterait pour cela plus de 32 millions d'euros à Londres, selon le journal Sunday Telegraph qui a révélé la somme réclamée en échange par Paris.

Faire de la Manche une zone dans laquelle les migrants n'osent plus s'aventurer : telle est la mission que le gouvernement britannique a confié, dimanche 9 août, à un ancien membre du corps britannique de l'infanterie de marine. Dan O'Mahoney a été chargé de la gestion de la question de l'immigration clandestine dans la Manche, un poste inédit.

Habitué des terrains difficiles, Dan O'Mahoney, qui a notamment servi par le passé chez les "Royal Marines" en Irak et au Kosovo, aura pour "responsabilité principale de rendre la Manche impraticable pour les traversées de petites embarcations", a indiqué le ministère de l'Intérieur britannique dans un communiqué.

Pour ce faire, "il collaborera étroitement avec les Français pour accentuer le travail en commun déjà en cours, en explorant en priorité un renforcement des actions en France, y compris des mesures plus strictes et des opérations d'interception en mer et de retour des bateaux à leur point de départ", précise encore la ministre de l'Intérieur, Priti Patel, citée dans ce communiqué. 

"Nombre de traversées épouvantable"
L'annonce de cette nomination traduit la préoccupation des autorités britanniques face à des records d'arrivées de migrants sur leurs rivages. Bénéficiant de conditions météorologiques favorables, plusieurs centaines de personnes, dont des enfants et des femmes enceintes, ont franchi ces derniers jours les 33 kilomètres séparant les côtes françaises et anglaises à bord de petites embarcations. 

Plus de 200 personnes sont arrivées sur la côte sud de l'Angleterre au cours de la seule journée de jeudi, et environ 130 le lendemain, d'après des médias britanniques. Au total, plus de 500 migrants ont traversé la Manche en seulement trois jours.

"Le nombre de traversées illégales de petites embarcations est épouvantable", s'est offusquée Priti Patel. "Nous travaillons [...] à arrêter les criminels qui facilitent ces passages et à faire en sorte qu'ils soient traduits en justice."

Le Premier ministre Boris Johnson a de son côté dénoncé lundi les traversées de la Manche comme "stupides, dangereuses et criminelles". ''C'est une très mauvaise idée'', a-t-il jugé. "Il ne fait aucun doute qu'on assiste aux activités de gangs cruels et criminels qui risquent la vie de ces gens en leur faisant traverser la Manche, un bras de mer très dangereux sur des embarcations potentiellement inappropriées pour la navigation en mer."

Profitant d'une accalmie, en raison du confinement, dans cette zone maritime ultra-dense, quelque 4 000 migrants répartis sur 300 embarcations ont réussi depuis le début de l'année cette traversée, selon des chiffres de la BBC. Qualifié d'extrêmement périlleux, le passage par la Manche est aussi très rentable pour les passeurs.

"Les Français doivent empêcher ces migrants clandestins de se mettre à l'eau"
Afin d'inverser cette tendance, Londres affirme donc donner la priorité aux renforcements des actions engagées par la France, jugée trop passive sur ce dossier. Priti Patel avait d'ailleurs accusé la France de ne pas intercerpeter les embarcations, lors d'une commission parlementaire organisée mi-juillet. 

Le ministère britannique de l'Intérieur a ainsi demandé l'aide du ministère de la Défense pour prêter main forte aux douaniers qui opèrent dans le pas de Calais. Et d'autres mesures sont à attendre avec la venue du secrétaire d'État britannique à l'Immigration, Chris Philp, mardi 11 août dans la capitale française. "Les Français doivent empêcher ces migrants clandestins de monter dans un bateau et nous devons intercepter ceux qui le font et les renvoyer (en France)", a-t-il prévenu, en préambule de cette visite, dans une tribune diffusée le 8 août par le journal Daily Telegraph..

À l'approche de cette rencontre, le journal britannique Sunday Telegraph a révélé que le gouvernement français allait demander au gouvernement britannique de verser 30 millions de livres sterling (33,2 millions d'euros) pour assurer les contrôles de la Manche.

D'après le journal dominical, qui cite une source au ministère britannique de l'Intérieur, Londres n'a pas encore décidé s'il allait répondre favorablement ou non aux demandes de Paris.

Cinq fois plus de traversées avortées
De son côté, le ministère français de l'Intérieur a assuré, ces derniers jours, que "les autorités françaises [étaient] pleinement mobilisées pour prévenir ces départs". Des effectifs supplémentaires ont été déployés en renfort pour faire face à l'afflux de migrants actuel et, entre janvier à juillet 2020, les traversées empêchées ainsi que les interpellations de migrants ont été multipliées par plus de cinq par rapport à la même période en 2019, a indiqué le ministère.

Quatre fois plus d'embarcations et de matériels ont par ailleurs été découverts dans les dunes.

La question des traversées de migrants est depuis longtemps au menu des discussions entre la France et le Royaume-Uni. Récemment, les deux puissances ont mis en place des stratégies d'action commune : un plan de lutte contre les traversées maritimes illégales - en cours de finalisation - visant à renforcer les moyens de contrôle sur les côtes et en amont des principaux points de passage, et une "cellule franco-britannique de renseignement".

À l'occasion de la mise en place de cette cellule, le mois dernier, le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin avait rappelé à son homologue britannique avoir besoin de "moyens supplémentaires".

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