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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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4 octobre 2020 7 04 /10 /octobre /2020 11:11
Photo by Handout / VATICAN MEDIA / AFP

Photo by Handout / VATICAN MEDIA / AFP

Longue de 90 pages, disponible en huit langues, Fratelli tutti est la troisième encyclique du pape François et a pour sous-titre « sur la fraternité et l’amitié sociale ». Un texte qui parachève sept années d’engagement et de paroles du souverain pontife.
La nouvelle encyclique du pape François tient ses promesses. Annoncé comme le « texte de la maturité » de son pontificat, Fratelli tutti s’articule comme un véritable guide pratique de la pensée du pontife accumulée au fil des ans et des expériences. Abordant tous les aspects de l’existence humaine, l’encyclique prend ainsi des allures de manuel universel de fraternité applicable à tous les plans de la société. 
Tous les défis rencontrés par le pontife pendant son pontificat sont passés au crible. Le Pape revient ainsi bien sûr sur la crise sanitaire mais évoque aussi les guerres récentes exhortant à ériger une « architecture de la paix » venue d’en haut et un « artisanat de la paix » venant du bas. « La vraie réconciliation, loin de fuir le conflit, se réalise plutôt dans le conflit, en le dépassant par le dialogue et la négociation transparente, sincère et patiente », insiste le pontife.
Le pontife condamne une fois de plus la peine de mort et s’engage résolument à proposer qu’elle soit abolie dans le monde entier. Il appelle encore à l’abandon de l’arme nucléaire, comme lors de son voyage au Japon en novembre 2019.

« L’amour politique »
Il appelle encore à une réforme de l’organisation des Nations unies auprès de laquelle il délivrait encore récemment un message fort le 25 septembre dernier. Rempli de phrases fortes, l’encyclique de 90 pages propose de nouveaux concepts, tel « l’amour politique », visant à interpeller les responsables politiques afin qu’ils délaissent une politique de l’immédiateté et de « jeux mesquins » pour mettre au centre la conscience pure du bien commun. Pour mieux inspirer les individus, le pontife consacre un chapitre entier (sur neuf) à la parabole du bon samaritain qu’il érige ni plus ni moins en modèle à tous les niveaux.

Intégrant à sa réflexion le grand imam d’Al-azhar, Ahmed Al-Tayyeb, le pape François dédie également le dernier chapitre de son ouvrage au dialogue interreligieux, condamnant fermement avec son confrère toute forme de violence commise au nom de la religion.

Le « miracle d’une personne aimable »
Ce texte se veut donc une charge générale aux dérives du monde d’aujourd’hui, au niveau global comme au niveau individuel. Ainsi, il dénonce fermement « l’individualisme radical », mais aussi les l’abus de réseaux sociaux offrant seulement aux individus l’illusion de la liberté.

L’Église catholique défend « une culture de la rencontre qui aille au-delà des dialectiques qui s’affrontent ».

À l’inverse, le chef de l’Église catholique défend « une culture de la rencontre qui aille au-delà des dialectiques qui s’affrontent » et qui intègre les périphéries, les pauvres et les faibles. « La paix sociale est difficile à construire, elle est artisanale », reconnaît-il, avant d’appeler à « créer des processus de rencontre ». Le « miracle d’une personne aimable », écrit-il, est précieux et s’il vient à se multiplier, il agit comme « des étoiles dans l’obscurité » d’un monde fermé.

Charles de Foucauld, le « frère de tous »
Assez étonnamment, le pape François confie au terme de sont texte avoir été « stimulé » pour la réalisation de ce texte de réflexion sur la fraternité universelle non seulement par saint François mais aussi par des figures non catholiques telles que le Mahatma Gandhi, père de la protestation non violente, mais aussi Martin Luther King, pasteur baptiste et militant non-violent afro-américain pour le mouvement des droits civiques des noirs américains aux États-Unis. Le pontife mentionne également parmi ses inspirateurs, Desmond Tutu, archevêque anglican sud-africain qui a reçu le prix Nobel de la paix en 1984 auteur de la théologie ubuntu de la réconciliation.

Lui réservant une place toute particulière, le pontife conclue son encyclique sur la figure du bienheureux Charles de Foucauld. « Il a orienté le désir du don total de sa personne à Dieu vers l’identification avec les derniers, les abandonnés, au fond du désert africain ». « Il voulait en définitive être “le frère universel“ ». Mais c’est seulement en s’identifiant avec les derniers « qu’il est parvenu à devenir le frère de tous », souligne la pape François avant de conclure : « Que Dieu inspire ce rêve à chacun d’entre nous. »

Arthur Herlin 

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