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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 08:22
Le pape François au palais présidentiel de Bagdad, en Irak, le 5 mars. VATICAN MEDIA / VIA REUTERS

Le pape François au palais présidentiel de Bagdad, en Irak, le 5 mars. VATICAN MEDIA / VIA REUTERS

Le souverain pontife a entamé vendredi une visite inédite en Irak par un discours devant les dignitaires du pays, lors duquel il a appelé à cesser la corruption et à consolider la justice.
« Que se taisent les armes ! », a lancé le pape François, vendredi 5 mars à son arrivée en Irak, pour la première visite papale de l’histoire du pays, ravagé par les guerres. S’adressant aux autorités irakiennes – dont le président Barham Saleh –, le chef des 1,3 milliard de catholiques du monde a évoqué tous les sujets brûlants.
Il est notamment revenu sur le sort de la minorité yézidie, prise pour cible par les membres de l’organisation Etat islamique (EI) à partir de 2014, et dont des milliers de femmes ont été réduites à l’esclavage sexuel.
« Je ne peux pas ne pas rappeler les yézidis, victimes innocentes de barbaries insensées et inhumaines, persécutés en raison de leur appartenance religieuse, dont l’identité même et la survie ont été menacées. »
« Assez de violences, d’extrémismes, d’intolérances », a aussi martelé le souverain pontife. Assez également de la « corruption », qui a conduit des centaines de milliers d’Irakiens à manifester durant des mois fin 2019. A l’époque, le pape avait exhorté l’Irak à cesser de réprimer ses jeunes en demande de justice. Il faut « édifier la justice », a de nouveau plaidé le dignitaire argentin.
Il faut en outre que « personne ne soit considéré comme citoyen de seconde zone », a-t-il fait valoir. Notamment les chrétiens, qui représentent 1 % de la population du pays − ils ne sont plus que 400 000 actuellement, contre 1,5 million il y a vingt ans. Le pape a donc rappelé leur « présence très ancienne sur cette terre », plaidant pour « leur participation à la vie publique » en leur qualité de « citoyens jouissant pleinement de droits, de liberté et de responsabilité ».
Des dizaines de fosses communes
Sous haute protection, circulant seul et masqué sous un strict confinement face à l’épidémie de Covid-19, le pape, âgé de 84 ans, est venu en « pèlerin de paix » réconforter l’une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde, étiolée par violence et pauvreté.
Dimanche, il participera à une prière œcuménique à Ur, dans le sud du pays, berceau du patriarche Abraham (présenté par la tradition comme le père des monothéismes). A ses côtés se tiendront des dignitaires yézidis, chiites, sunnites et sabéens.
Le chef des enquêteurs des Nations unies, Karim Khan, a estimé vendredi que la visite papale délivrait « un message d’union, de paix et de coexistence entre communautés ». « Les visites du Saint-Père à Mossoul et à Karakoch », des villes « ravagées par les crimes de l’EI, seront des instants profonds et personnels pour les chrétiens d’Irak », a-t-il ajouté. Et cela soulignera que « chaque vie compte », a poursuivi le chef d’une mission qui a déjà entamé l’examen de dizaines de fosses communes, notamment yézidies.
« Notre détermination commune à promouvoir la justice, la tolérance et la réconciliation est la meilleure façon de combattre l’héritage de l’EI », a conclu le responsable, présent au moment de l’adresse papale aux hommes politiques et aux diplomates à Bagdad.
Au cours de son séjour − qui s’achèvera lundi au terme de 1 445 km parcourus principalement par les airs pour éviter les zones où se terrent toujours des djihadistes −, François tendra la main aux musulmans en rencontrant le grand ayatollah Ali Al-Sistani, plus haute autorité de l’islam pour de nombreux chiites d’Irak et du monde.

Le Monde avec AFP

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