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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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27 mai 2021 4 27 /05 /mai /2021 16:22
Emmanuel Macron s’est exprimé depuis le Mémorial du génocide, situé à Gisozi, un quartier de la capitale où sont inhumés les restes de plus de 250.000 victimes. © LUDOVIC MARIN

Emmanuel Macron s’est exprimé depuis le Mémorial du génocide, situé à Gisozi, un quartier de la capitale où sont inhumés les restes de plus de 250.000 victimes. © LUDOVIC MARIN

GENOCIDE Le président français s’est rendu au Rwanda pour une visite de deux jours destinée à finaliser la réconciliation entre les deux pays
En déplacement à Kigali, ce jeudi, Emmanuel Macron a reconnu la responsabilité de la France dans le génocide au Rwanda, qui a fait plus de 800.000 victimes, essentiellement Tutsi, tuées entre avril et juillet 1994.
« En me tenant, avec humilité et respect, à vos côtés, ce jour, je viens reconnaître nos responsabilités », a déclaré le président français à l’issue d’un discours très attendu au Mémorial du génocide de 1994 à Kigali. La France « n’a pas été complice » mais elle a fait « trop longtemps prévaloir le silence sur l’examen de la vérité », a-t-il poursuivi, en ajoutant que « seuls ceux qui ont traversé la nuit peuvent peut-être pardonner, nous faire le don de nous pardonner ».
La France « n’a pas été complice »
« Reconnaître ce passé, c’est aussi et surtout poursuivre l’œuvre de justice. En nous engageant à ce qu’aucune personne soupçonnée de crimes de génocide ne puisse échapper au travail des juges », a-t-il ajouté. Le président français a toutefois estimé que la France « n’a pas été complice ». « Les tueurs qui hantaient les marais, les collines, les églises n’avaient pas le visage de la France », a-t-il déclaré : « Le sang qui a coulé n’a pas déshonoré ses armes ni les mains de ses soldats qui ont eux aussi vu de leurs yeux l’innommable, pansé des blessures, et étouffé leurs larmes. »
Mais « au lendemain, alors que des responsables français avaient eu la lucidité et le courage de le qualifier de génocide, la France n’a pas su en tirer les conséquences appropriées », a-t-il poursuivi. La France « a un devoir : celui de regarder l’histoire en face et de reconnaître la part de souffrance qu’elle a infligée au peuple rwandais en faisant trop longtemps prévaloir le silence sur l’examen de la vérité », a-t-il estimé.
L'« aveuglement » de François Mitterrand
« En voulant faire obstacle à un conflit régional ou une guerre civile, elle restait de fait aux côtés d’un régime génocidaire. En ignorant les alertes des plus lucides observateurs, la France endossait une responsabilité accablante dans un engrenage qui a abouti au pire, alors même qu’elle cherchait précisément à l’éviter », a-t-il poursuivi. La question du rôle de la France avant, pendant et après le génocide des Tutsis du Rwanda a été un sujet brûlant pendant des années, conduisant même à une rupture des relations diplomatiques entre Paris et Kigali entre 2006 et 2009.
Un rapport d’historiens publié en mars et dirigé par Vincent Duclert a conclu à des «responsabilités lourdes et accablantes» de la France et à l'« aveuglement » du président socialiste de l’époque, François Mitterrand, et de son entourage face à la dérive raciste et génocidaire du gouvernement hutu que soutenait alors Paris. Le président rwandais Paul Kagame avait alors salué un « important pas en avant vers une compréhension commune de ce qu’il s’est passé ».

Manon Aublanc

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