Un chemin de foi

"Agir comme si tout dépendait de moi et Prier comme si tout dépendait de Dieu"
 Ignace de Loyola

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Mercredi 18 avril 2012 3 18 /04 /Avr /2012 09:19

 

Le musicien et chanteur Comorien Maalesh, accompagné de Tchatcha, Cheik, Florence Demonchy et Jean Wellers donnera un concert en l’église de Tourny (Eure) samedi 5 mai 2012 à 20h30 (libre participation aux frais).

La vidéo ci-dessus présente "Ninja"  : un titre du dernier album "Ntsobwe" et "Shime" extrait de l'album "Nawambe". Session enregistrée par Tristan le 22/10/11 à l'école de musique de Mayotte.

www.maalesh.info

 

Par Denis CHAUTARD - Publié dans : pays du monde - Communauté : Passeurs d'espoirs
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Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 13:59

 Précarité

A l'initiative de l'association Confrontations, appel des présidents de sept organisations chrétiennes qui interpellent l'ensemble des électeurs sur l'exclusion en France, paru le 12 avril 2012 dans La Croix et Réforme.
 

Appel des présidents de sept organisations chrétiennes aux Français qui vont voter

La crise est là, partout, sur toutes les lèvres et fait la une de tous les médias. La société française est fragilisée, pire encore, elle risque de se briser parce qu'une partie croissante de ses membres bascule dans la précarité et la misère.

Pouvons-nous plus longtemps tolérer l'intolérable ?
Tous les Français seraient gravement touchés si à force de laisser-faire, à force de se réfugier derrière les fatalités trop souvent évoquées que sont devenus le marché, la croissance ou plus généralement l'état du système financier mondial, ils s'accommodaient de ce scandale.
L'actuelle campagne présidentielle est inquiétante. Un catalogue de mesures quelle que soit leur opportunité, ne peut se substituer à l'élaboration de projets et de choix de société. Quelle société voulons-nous ?
Faut-il ne retenir que les seuls indicateurs macroéconomiques comme critères de ce qui est bon pour la France ? Faux-semblants, promesses non tenues, recours aux bouc-émissaires suscitent notre indignation. Nous en avons assez des « petites phrases » qui divisent et des formules qui clivent à des fins exclusivement électorales. Mais nous indigner ne suffit pas. Nous avons notre part de responsabilité dans les choix qui vont être faits.
Nous voulons que l'économie soit à la mesure de l'homme et non l'inverse. Nous voulons que l'honneur de notre pays et de nos institutions se traduise dans la lutte contre les exclusions.

Exclusion des plus pauvres
De plus en plus de Français, malgré des revenus issus d'un emploi n'arrivent plus aujourd'hui à vivre décemment. Les plus démunis s'enfoncent, les plus modestes décrochent. Le chômage est là, tenace, durable. Il s'accroît et affecte principalement les femmes et les jeunes. Nombre d'entre eux sont en situation de détresse économique, sociale et familiale. L'accès des jeunes à l'autonomie est de plus en plus difficile : 25% des sans domicile fixe sont des jeunes de 18 à 24 ans. 15% de la population française ne se soigne pas faute de moyens. C'est une atteinte à la dignité humaine....

- des mal logés
3 600 000 Français vivent dans une situation aigüe de mal logement - 665 000 personnes sont privées de domicile personnel dont 113 000 sans domicile fixe. Le logement est devenu une source majeure d'exclusion et un facteur aggravant des injustices et des inégalités.

-...des personnes seules
La solitude s'installe chez un tiers de nos concitoyens, sans que notre société accorde une attention suffisante à la pauvreté de l'homme qui n'existe pour personne. Cette solitude pesante touche notamment les personnes âgées, les femmes et les jeunes. Le plus souvent cachée et masquée, elle est un déni de cette fraternité qui est au fondement de notre République. En ce domaine chacun peut pourtant faire quelque chose.

-...des personnes souffrantes et fragiles
Face aux fragilités et souffrances humaines, nous avons une responsabilité vis-à-vis des plus vulnérables, ceux également dont on décidera peut-être un jour que leur vie ne vaut pas la peine d'être vécue.

-...des migrants et des étrangers
Il est urgent de respecter les droits des migrants et de leurs familles, premières victimes d'un monde qui cherche ses équilibres. L'autre, l'étranger doit être considéré non comme un fardeau aux marges de la société, exploitable et exploité mais comme un être humain qui prend part à la vie de la Cité. L'hospitalité n'est pas synonyme d'aide ou de
charité. Elle signifie accueil de l'autre dans le respect des principes fondamentaux du vivre-ensemble. En particulier les pouvoirs publics ont le devoir d'accueillir et de protéger les enfants migrants livrés souvent aux mains de réseaux.

Au-delà de la France : refus des échanges inégaux
De l'autre côté de la planète, des émeutes de la faim éclatent. Des paysans africains et sud-américains luttent pour ne pas être dépossédés de leurs terres. Les multinationales réalisent des profits grandissants au détriment des populations privées de ressources précieuses. Il est urgent de les mettre face à leurs responsabilités. Urgent de combattre sans merci l'évasion fiscale et d'en finir avec les territoires de non-droit. Urgent de réguler les marchés agricoles et financiers. Se nourrir est un droit : il ne doit pas être soumis à des spéculations boursières ou autres.

Nos responsabilités - Tout ne dépend pas de l'État
Si les grandes orientations politiques dépendent de l'Etat, elles dépendent tout autant de nos pratiques ordinaires. Nos propres manières de vivre ont des conséquences économiques, sociales et écologiques. Nous devons faire des choix en matière d'éducation (scolarité, vie de famille, tiers lieux éducatifs) pour construire un monde accueillant aux nouvelles générations.
Eduquer à la sobriété, à la solidarité, à la justice sociale, à la préservation de l'environnement, à la compréhension de la nature et de ses écosystèmes est aujourd'hui un enjeu majeur de société.
Se laisser toucher par les pauvretés et les injustices sociales et économiques, nationales et internationales, ne relève pas simplement de l'émotion d'un moment ni d'un don financier passager mais doit nous pousser aussi à un engagement personnel et à des choix et des décisions relevant du politique.

« J'ai eu faim et vous m'avez donné à manger... »,
« J'étais un étranger et vous m'avez accueilli »...
Pour nous chrétiens, ces paroles du Christ (Matthieu 25) éclairent nos choix, pas seulement en temps d'élections. Avec tous les croyants et incroyants qui désirent la justice nous refusons de tolérer l'intolérable.
Ensemble nous pouvons construire une société solidaire.

Cet appel, à l'initiative de Confrontations,
Association d'Intellectuels Chrétiens, est lancé par les sept présidents des organisations suivantes : Guy Aurenche /CCFD-Terre Solidaire,
Bruno Dardelet / Société de Saint-Vincent-de-Paul, Françoise Parmentier /Confrontations AIC,
Patrick Peugeot / Cimade,
François Soulage / Secours Catholique,
Gilles Vermot-Desroches /Scouts et Guides de France, Denis Viénot /Chrétiens en forum.

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : politique - Communauté : L'Evangile à Hauteur d'Homme
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Lundi 16 avril 2012 1 16 /04 /Avr /2012 08:44

 STBENOITLABRE

Confesseur. Il est l’aîné d’une famille de quinze enfants d’un laboureur d’Amettes dans le nord de la France. Il passe sa jeunesse dans les champs avec son père et ses frères. Mais il rêve d’être moine pour ne vivre que de Dieu. A 19 ans, il se présente dans plusieurs monastères de chartreux. L’un ne prend pas de novices à cause d’un incendie récent. Dans l’autre, on le trouve trop jeune. Admis à la chartreuse de Montreuil-sur-Mer, il n’est pas gardé à cause de sa santé trop fragile. A pied, il se rend à la Grande Trappe de Soligny : il est toujours trop jeune. Il revient à Montreuil, c’est un nouvel échec. La Grande Trappe de Sept-Fons ne l’accepte pas non plus et le Père Abbé lui dit : "Dieu vous veut ailleurs." Désormais c’est "ailleurs" qu’il vivra dans l’errance et le pèlerinage perpétuel. Il ne cherche plus à se fixer. Son monastère sera la route, son seul compagnon de prière sera Dieu seul. En sept ans, il parcourut près de 30 000 kilomètres d’un sanctuaire à l’autre, en Espagne, en Suisse, en Allemagne et jusqu’en Pologne, vivant dans le plus extrême dénuement, partageant avec les pauvres les soupes populaires et les humiliations, toujours en oraison et toujours patient. Les prêtres qui le confessent sont émerveillés par sa vie mystique et son humilité. Mais son lieu de prédilection, c’est Rome où il passe ses journées en prière dans les églises, logeant avec tant d’autres pauvres dans les ruines du Colisée, distribuant à de plus pauvres ce qu’on lui donne. Dans les rues, les gamins se moquent de lui. Il les entend et rend grâce à Dieu. Le mercredi saint 1783, on le ramasse mourant sur les marches d’une église. Dès sa mort connue, les gamins et le peuple de Rome s’en vont par les rues de Rome en criant : "Le saint est mort!" Les miracles se multiplient sur son tombeau. Bénéficiant ainsi d’un culte précoce et populaire, il est un défi au matérialisme d’une société vouée à l’argent. Il est le saint des sans domicile fixe, des pauvres et des exclus.

 

"Pour aimer Dieu, il faut trois coeurs réunis : un coeur qui ne soit qu’amour et tendresse envers Dieu. Un coeur de charité et de zèle envers le prochain. Un coeur de pénitence et de haine contre soi-même."

(Saint Benoît-Joseph, cité par l’un de ses contemporains)

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Bonne Fête à nos Frères et Sœurs Labriens de Vernon et de Chaignes !

Par Denis CHAUTARD - Publié dans : foi - Communauté : Refaire le Monde
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Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 19:08

 

Saint Thomas

 

Saint Thomas est un merveilleux compagnon du Christ, et il peut nous aider à vivre notre vocation de disciples.

Le récit le plus connu à propos de cet Apôtre est celui de sa rencontre avec le Christ, à la fin du chapitre 20 de l’Evangile selon saint Jean, lorsque Jésus lui dit : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant » (v. 27). Nous lisons cette page chaque année, huit jours après Pâques, mais il ne faut pas négliger les deux autres passages du même Évangile qui nous rapportent des paroles de Thomas.

Le premier se situe juste avant la montée de Jésus à Jérusalem et la résurrection de Lazare. Lorsque le Seigneur annonce que Lazare vient de mourir et qu’il veut aller auprès de lui, les disciples, hésitants et craintifs, essaient de l’en dissuader : « Rabbi, tout récemment, les Juifs cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas ? ». Mais Thomas leur réplique : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! » (Jn 11, 8-16). Cette parole révèle un homme courageux, décidé à suivre le Christ même sur un chemin semé d’embûches, et obligeant les autres disciples à sortir de la peur qui les paralyse.

Le deuxième passage se situe au début du discours après la Cène. Le Seigneur dit à ses disciples : « Je pars vous préparer une place (…) Pour aller où je m’en vais, vous savez le chemin. » Thomas intervient alors, comme si le mot chemin l’avait touché : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas ; comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Et vient alors la réponse admirable de Jésus : « Moi, je suis le chemin et la vérité et la vie » (Jn 14, 4-6).

Dans chacun de ces deux épisodes, on ne sait pas si Thomas a bien suivi tout le raisonnement de Jésus qui mêle la perspective du Royaume et de sa lumière (voir les versets difficiles de Jn 11, 9 à13). Mais on sent qu’il est comme « réveillé » par tout ce qui touche aux chemins de ce monde, et qu’il réagit de manière concrète et vigoureuse.

Au soir de Pâques

Au soir de Pâques donc, « Thomas, l’un des Douze, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint », dit l’Évangile (Jn 20, 24). Pourquoi donc était-il absent ? Pourquoi n’était-il pas avec ses frères pour accueillir Jésus ressuscité, et l’entendre dire par deux fois : « La paix soit avec vous » (vv. 19 et 21) ? La réponse peut se déduire de l’Evangile lui-même qui explique : « Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient car ils avaient peur des Juifs » (v. 19).

S’il n’est pas là, c’est qu’il n’a pas peur et qu’il ne veut pas rester enfermé avec les autres, paralysés, semble-t-il, par la violence de cette ville qui vient de faire mourir Jésus, et meurtris par leur propre lâcheté au moment de la Passion. Peut-être est-il sorti dans Jérusalem - enfin un Apôtre courageux !-, convaincu que les gens n’ont pas pu effacer le souvenir de celui qu’ils avaient acclamé peu de jours auparavant comme le Roi Messie (12, 12-16).

Combien de fois ai-je entendu des chrétiens invoquer saint Thomas pour excuser leur paresse spirituelle ou leur peu d’ardeur à croire et à combattre les doutes ! « Vous savez, mon Père, moi, je suis comme saint Thomas ! Tant que je n’ai pas de preuves, je n’arrive pas à croire. » J’ai envie de prendre ces personnes au mot et de leur dire : « Vous êtes comme saint Thomas ? Eh bien, venez, regardons ensemble dans l’Evangile qui il est, en vérité, ce saint Thomas derrière lequel vous vous cachez, sans vouloir le connaître vraiment. Ayez le même amour du Christ, la même fougue, la même audace que lui, et toute l’Eglise se réveillera ! » Ne nous servons pas de lui pour justifier notre médiocrité. Vivons nos souffrances et nos obscurités comme nous le pouvons, pauvrement, mais certainement pas en maltraitant ainsi saint Thomas.

Le soir de Pâques, on comprend que les autres apôtres aient été accablés, autant par la mort de leur Maître, que par la honte de leur trahison. « Ils avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient », mais en vérité, c’est dans leur propre peur qu’ils étaient enfermés. On rencontre malheureusement cette paralysie chez les chrétiens, à toutes les époques. Ils sont nombreux les disciples qui n’osent pas affirmer leur foi ni rendre témoignage au Christ ou à la force du message de l’Evangile. Ce sont parfois des lèvres ou des intelligences verrouillées par crainte des critiques ! Ils affirment qu’ils sont à l’étroit dans l’Eglise, ils s’en prennent à la doctrine ou aux dogmes, mais on pourrait leur répondre comme Paul aux Corinthiens : « Vous n’êtes pas à l’étroit chez nous, c’est dans vos sentiments que vous êtes à l’étroit » (2 Cor 6, 12). C’est souvent avec eux-mêmes qu’ils ne sont pas à l’aise !

Il me semble qu’après le désastre de la Passion, tous ont peur, sauf Thomas. C’est un homme de courage et de décision, qui n’hésite pas aller sur les chemins du monde, malgré les risques encourus. Suivons donc du regard ce cher Thomas, parcourant les rues de Jérusalem, conscient qu’il a trahi le Christ, mais lui gardant un amour sincère, animé par la certitude qu’il a été - comme tous les hommes - infiniment aimé par Celui qui est allé jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême de l’amour (Jean 13,1).

Je l’imagine désireux de reprendre le flambeau. Est-il possible que Jésus soit déjà oublié dans cette ville qui l’a accueilli triomphalement, le jour des Rameaux ? Il parcourt les ruelles, les places et les commerces, espérant trouver quelqu’un qui parle encore de Jésus, qui pose des questions sur ce qui a bien pu se passer pour qu’on le condamne à mort et qu’on le crucifie, alors qu’il avait passé sa vie à faire le bien… Je le vois chercher, comme un mendiant, quelqu’un qui se souvienne encore du Christ, quelqu’un qui lui reste attaché. Et rien !

Et pendant les huit jours qui suivent !

Puis il rentre au Cénacle, dans une grande désolation intérieure, et retrouve ses compagnons d’infortune. Alors, « les autres disciples dirent à Thomas : Nous avons vu le Seigneur ! Mais il leur déclara : Si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je n’enfonce pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » (Jn 20, 25). C’est peut-être là que Thomas est le plus admirable. Non seulement tous ont trahi le Christ, mais, voilà qu’en plus les autres perdent la tête ! Sa réponse à leur déclaration humainement « délirante » est celle d’un homme de bon sens, solide et réaliste, qui appelle ses frères à garder la raison. Il ne veut pas laisser ses compagnons s’égarer dans une hallucination collective.

Comme baptisés et disciples de Jésus, petits frères et sœurs de cette famille, nous pouvons nous glisser dans cette fraternité des apôtres. Mettons-nous tranquillement dans cet univers clos pendant huit jours, au milieu de Pierre, Jean, Jacques et les autres, avec Thomas. Les pauvres ! Ils sont là, honteux de leur propre trahison et divisés sur l’essentiel : la Résurrection ! Dix croient et affirment que Jésus est vivant et ressuscité, et ils ont raison. Un seul tient contre tous les autres que c’est impossible, et il est sincère. Il me semble que saint Thomas réagit ainsi par amour du Christ et par respect pour ses frères. C’est encore un acte de courage de sa part de leur résister ainsi, en leur disant de ne pas perdre la tête.

Et ils arrivent à vivre ensemble ! Je me suis souvent interrogé, en contemplant toute cette équipe pendant les huit jours qui suivent la Résurrection. Comment les apôtres ont-ils pu faire pour vivre et prier ensemble, manger, travailler et discuter, alors qu’ils étaient en désaccord sur un point essentiel ? Comment ont-ils fait pour se respecter et s’aimer, au sein de cette première cellule d’Église naissante et fragile ? C’est une gageure. […]

« Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Voilà que, huit jours plus tard, « Jésus vient (…) et il était là au milieu d’eux. » Cette rencontre de Thomas avec le Seigneur ressuscité est pour nous comme un modèle d’acte de foi au Christ. « Les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. » Imaginons comment il a vécu le moment où le Christ a franchi la porte et est entré dans cette salle. Voilà qu’il s’entend dire avec beaucoup de bonté et peut-être un petit sourire : Thomas « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant ». Il est bouleversé de joie en voyant le Seigneur, tellement heureux de s’être trompé, tellement heureux que les autres aient eu raison ! Parfois, c’est un grand bonheur de reconnaître ses torts ou ses erreurs…

Souvent, dans l’iconographie - les peintures, les broderies, les vitraux… -, on représente saint Thomas en train de toucher les plaies de Jésus ou de mettre sa main dans son côté. Mais l’Évangile ne le dit pas. Il rapporte simplement l’invitation que Jésus lui fait de venir toucher. Personnellement – mais on peut penser le contraire ! -, je suis convaincu que Thomas n’a pas touché les plaies de Jésus. Dans sa confusion, il n’a pas osé. Il était tellement comblé que Jésus soit là, ressuscité, devant lui !

Lorsque Jésus est entré dans cette pièce, Thomas a dû se prosterner immédiatement devant lui, et il n’a pas eu besoin de toucher son corps et ses plaies ! Entendant le Christ l’appeler, l’humilier d’une certaine manière, et le réconforter en public, il a été follement heureux. Et il a fait cet acte de foi superbe, qui est l’une des plus courtes et des plus belles professions de foi de tout l’Évangile : « Mon Seigneur et mon Dieu ! », comme s’il disait : « Je me suis trompé, quelle chance ! Seigneur je t’adore et je t’aime ! »

Lorsque j’étais enfant, on m’a appris à dire ces mots au moment de la consécration : « Quand le prêtre élèvera l’hostie, tu te mettras à genoux et tu diras : Mon Seigneur et mon Dieu ! » Mais on ne m’a pas expliqué comme il est beau de dire justement ces paroles-là, au cœur de la célébration eucharistique, quand le prêtre élève devant nous le corps de Jésus, éternellement vivant, à jamais victorieux de la mort, dans le mystère de sa Pâque.

Qu’à chaque Eucharistie, lorsque Jésus est présent au milieu de nous, descendu du ciel et offert comme un bon pain vivant pour nous nourrir, nous lui disions avec les mots de Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » [1].

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu »

Cette rencontre se termine par une très belle leçon que donne Jésus à Thomas, sous la forme de béatitude : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » (Jn 20, 29). Certains estiment que cette phrase s’applique à nous qui, vingt siècles plus tard, nous avons la foi sans avoir vu Jésus ressuscité … Mais je pense qu’il serait bien présomptueux de nous juger supérieurs à Thomas et aux autres Apôtres.

Pour ma part, si je crois, c’est parce que dans ma famille, j’ai vu qu’on aimait Dieu. Dans ma paroisse, j’ai vu des chrétiens prier et chanter la louange de Dieu. Par mes oreilles, mes yeux et tous mes sens, cette foi a pu grandir en moi et j’ai pu y rester fidèle, grâce à Dieu. En fait, je crois parce que, heureusement, j’ai vu beaucoup de croyants. Ils ont été ma force, et ma foi s’est nourrie de ce contact. Qui pourrait se vanter de croire sans avoir vu ? Tous, nous avons besoin de voir pour croire, de toucher, d’entendre et de sentir, pour grandir dans la foi.

Aucun des apôtres, en tout cas, n’a cru sans voir. La béatitude qui invite à croire sans avoir vu n’est pas simplement une leçon donnée à Thomas, mais à tous les apôtres. L’Évangile dit que Jésus, après avoir souhaité la paix aux dix qu’il vient rencontrer le soir de Pâques, leur « montra ses mains et son côté » (Jn 20, 20). Une apparition rapportée par saint Luc souligne de manière encore plus nette la difficulté que tous les Apôtres ont à croire. « Jésus leur dit : Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os, et vous constatez que j’en ai. (…) Jésus leur dit : Avez-vous quelque chose à manger ? » (Lc 24, 39-42).

[…]

Nul d’entre nous n’est à l’abri de ces jours d’épreuve et d’obscurité, de la nuit de l’esprit ou du cœur, dans sa vie. Si nous avons beaucoup reçu, si notre foi a été fortifiée par d’autres, béni soit Dieu ! Gardons pourtant cette béatitude, pour que, aux jours d’obscurité, la lumière de Jésus ressuscité demeure au fond de notre cœur et que nous puissions connaître cette joie promise par Jésus : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Cardinal Philippe Barbarin

[1] En Irlande, c’est l’assemblée tout entière qui dit à haute voix ces mots : « Mon Seigneur et mon Dieu », au moment de l’élévation. En regardant de près le chapitre 20 de l’Evangile selon saint Jean, avec ses deux parties féminine et masculine (vv. 1-18 et 19-29), j’ai pensé que l’on devrait apprendre aux filles à dire le « Rabbouni ! » de Marie de Magdala, (v. 16). C’est une formule encore plus courte - toute notre foi en un seul mot -, plus intuitive, et qui vient dans la bouche de celle que l’on a appelée « l’Apôtre des apôtres », à cause de la mission que Jésus lui confie aussitôt après : « Va plutôt trouver mes frères pour leur dire… » (v. 17).

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : foi - Communauté : Praedicatho
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Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 15:31

Une vidéo de la Conférence des Evêques de France

 

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : politique - Communauté : Praedicatho
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Jeudi 12 avril 2012 4 12 /04 /Avr /2012 21:09

 

GeorgesGilson

 

Archevêque émérite de Sens-Auxerre et de la Mission de France, Mgr Georges Gilson a participé, en 1965, à la quatrième session du Concile Vatican II comme secrétaire particulier du cardinal Veuillot, avant de devenir, à sa mort, le collaborateur de Mgr Marty. Avec lui, nous revenons sur cet événement du Concile. Cet article a été rédigé pour la Lettre des Semaines Sociales de France, d’avril 2012.

 Père, le 50e anniversaire de l’ouverture du concile Vatican II est l’occasion ce nombreuses publications. Je pense au livre récent de Christine Pedotti «La bataille du Vatican» qui relate l’histoire du Concile. Comment l’avez-vous perçu ? 

J’y trouve la patte des historiens grand public qui savent intéresser et toucher le lecteur, plus que ne font les érudits, théologiens ou hommes d’archives. C’est un ouvrage de journaliste au talent littéraire certain. Mon regret est que l’auteur n’ait pas travaillé sur les archives mêmes. En s’en tenant à une forme de compilation des seuls documents publiés sous forme de carnets, journaux ou mémoires, livres et études – ce qui est déjà beaucoup – elle exclue de fait les sources moins accessibles, ce qui fausse, ici ou là, la perspective et la conduit par exemple à sous estimer l’influence des évêques Français. Par ailleurs, le mode d’écriture qui consiste à relire le concile à travers le regard de protagonistes privilégiés tels les cardinaux Suenens et Ottaviani, Congar et Tromp… comporte le risque de réduire l’événement à une sorte d’affrontement où ces hommes d’Eglise incarneraient les pro et les anti concile. Cela étant le livre possède cette qualité première de redonner au concile une proximité, une présence qu’il n’avait plus.

Vous évoquiez l’influence des évêques Français.

L’initiative du cardinal Liénart, lors de la première assemblée dans Saint-Pierre fut décisive. Au sens strict, il prit la parole au début du concile pour demander le report de l’élection des représentants aux différentes commissions chargées de travailler les textes. Il répondait à la volonté des évêques Français. J’ai également le souvenir d’une intervention de Mgr Marty, dans le débat sur la réforme liturgique, en octobre 1962 ; il soulignait que c’est la responsabilité missionnaire de l’Eglise dans le monde qui imposait de passer aux langues vernaculaires. L’Eglise est un peuple, une portion d’humanité. Ce qui allait devenir le choix du concile. Faut-il aussi rappeler que Mgr Garonne alors archevêque de Toulouse, était le rapporteur du grand texte sur l’Eglise voté lors de la troisième session. Autre illustration : la décision des pères conciliaires d’introduire dans ce texte, Lumen Gentium, au n°28 et surtout dans Presbyterorum Ordinis que le ministère du prêtre est d’abord prophétique donc missionnaire, était une forme de reconnaissance, de réhabilitation des prêtres ouvriers. C’était là le fruit du travail du futur cardinal Veuillot président de la commission épiscopale de la mission ouvrière et de Mgr Marty prélat de la Mission de France. Je pourrais multiplier les exemples.

A vos yeux quel est l’apport majeur du concile ?

Sans doute est-ce la constitution dogmatique Dei Verbum. Les évêques ont été capables de sortir de la crise Luthérienne, ce que l’on n’avait pas su faire quatre siècles plus tôt. En proclamant que l’Ecriture – chère aux protestants – et la Tradition – chère aux catholiques -  avaient pour source unique la Parole de Dieu, les pères du concile ont marqué une avancée décisive dans le dialogue œcuménique. Car la Parole de Dieu n’est pas une écriture, à la manière du Coran, mais une personne vivante : Jésus Christ. D’où la capacité de redonner aux catholiques le «goût des Ecritures saintes», de les lui restituer à travers la réforme liturgique. En dressant la table de la Parole. Le premier fruit du concile, il est là. Il est dogmatique plus que catéchétique.

Précisément, on a souvent dénié à Vatican II d’avoir été un concile dogmatique, préférant le qualifier de pastoral. 

Il faut s’entendre sur les mots. La volonté de Jean XXIII était que Vatican II ne soit pas un concile de condamnation de nouvelles hérésies, à l’instar des premiers conciles. D’où l’on a conclu, à tort, qu’il n’était pas dogmatique, c’est-à-dire porteur de la Vérité révélée. Le choix par exemple de dire que l’épiscopat est le sacrement apostolique alors que depuis des siècles, avec Saint-Thomas d’Aquin, on estimait qu’il n’était qu’un sacre juridictionnel, est dogmatique. La primauté apostolique du corps épiscopal à travers la collégialité, est un rappel dogmatique. De même la définition de l’Eglise comme sacrement, et non comme structure mystique et/ou organisationnelle. Ou lorsque, aboutissement d’un long travail personnel de Mgr Wojtyla, qui fut le responsable de ce grand et fondamental document, Gaudium et Spes proclame au n°22 : «Nous devons tenir que l’Esprit-Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associé au mystère pascal.» On ne reviendra pas sur ces choix. J’ai identifié ainsi, dans les documents conciliaires, une vingtaine de définitions dogmatiques qui restent les acquis imprescriptibles de Vatican II.

Une vingtaine sur des milliers de pages. Tout n’est donc pas gravé dans le marbre.

Non, bien évidemment. Une faiblesse du concile est d’ailleurs de préciser insuffisamment pour chacun de ses textes s’ils sont descriptifs, catéchétiques, parénétiques ou dogmatiques. Les textes conciliaires sont complexes, difficiles d’accès pour le grand public. Ils n’ont pas tous la même autorité. Quatre d’entre-eux (1) qui ont le titre de «constitution» engagent notre foi. Mais dans ces constitutions même, co-existent des éléments qui ne sont pas de même qualification. Le futur Jean-Paul II, rapporteur de la constitution Gaudium et Spes, soulignait qu’il y a deux parties dans le texte, la première de nature théologique, la seconde plus descriptive des conditions de vie, donc susceptible d’être rapidement dépassée du fait des évolutions rapides de nos sociétés. Nous en sommes là, 50 ans après.

De tout ceci je tire deux conclusions : la première est que nous n’avons pas encore écrit la Somme théologique des grands textes conciliaires, sans doute parce que nous n’avons, à ce jour, fait la théologie de ces grands textes conciliaires sans doute parce que nous n’avons, à ce jour, ni des nouveaux Thomas d’Aquin, ni des Augustin. La seconde est une invitation au travail de pensée spirituelle et d’enracinement doctrinal de tout le Peuple de Dieu. La démarche doit être inductive dans une dynamique tripartite entre les chrétiens et, parmi eux, les savants théologiens et les évêques apostoliques.  J’aime à reprendre l’image des jardins : nous, Français, sommes habitués à tracer des jardins à la manière de le Notre ; nous aimons le parc de Versailles et nous sommes déconcertés devant un jardin à l’anglaise : la profusion des arbres et l’apparente anarchie des fleurs nous inquiète. Soyons d’abord des admirateurs des pousses… Puis invitons Descartes !

Que reste-t-il du concile ?

Je pense que 50 ans après le concile a été «reçu» par le peuple chrétien. Il n’y a pas eu de divisions ou de ruptures graves. Rien de comparable avec l’arianisme, par exemple, au IVè siècle. Il a été vécu comme une parole semée. Aujourd’hui nous en goûtons les fruits. Souvent des fruits savoureux. Quelquefois des fruits amers dont les principaux, dans nos pays occidentaux, sont  : l’effondrement de la pratique dominicale, de la fréquentation des sacrements, de la catéchèse des enfants, des vocations religieuses féminines plus encore que sacerdotales. Sont-ce là les fruits amers du concile ? Je pense plutôt que la déchirure  est à chercher dans le choc sociétal. A l’automne 1968, le général de Gaulle confiait à Mgr Marty qui lui rendait visite, sa conviction que Vatican II restait l’événement le plus important du siècle : «On ne change pas la prière d’un milliard d’hommes sans qu’il se passe quelque chose sur la planète.» Puis, anticipant les crises de l’après-Mai 68 : «Vous aurez sans doute quelque barrage qui craquera, mais vous avez la source conciliaire». 

Il y a quinze ans, dans une «Lettre aux catholiques de France» les évêques ont pris définitivement acte de la fin de la chrétienté constantinienne – déjà entérinée au concile – comme sujétion de la société à l’Eglise et instrumentalisation de l’Eglise par le pouvoir étatique. Depuis lors nous assumons la laïcité ; c’est un fait nécessaire dans un monde pluriel. Sans en posséder réellement les clés. La question qui nous est posée aujourd’hui par les jeunes prêtres n’est pas une tentation de restauration. C’est le risque, dans une société sécularisée, de se satisfaire du «petit troupeau», de la sincérité de sa foi, de la richesse de son engagement et de son témoignage, sans s’interroger sur « et tous les autres… ?», ce qui hantait ceux de ma génération.

Vous avez foi en l’avenir ?

Pour l’avenir le concile reste un guide sûr. Nous, gens de la terre,  vivons une mutation exceptionnelle, peut-être un tsunami dont les effets perdurent. Nul ne sait ce qui en sortira. Et nous voici renvoyés, chrétiens du monde entier, pour accrocher notre terre au Ciel.  Jusqu’en l’éternité d’Amour. Notre seule conviction est que nous ne pouvons pas nous replier sur nous-même, aller au désert et y bâtir des forteresses pour nous protéger. Mais ne nous trompons pas : la crise actuelle n’est dans d’abord dans notre Eglise, elle ne procède pas davantage d’une querelle entre savants et spirituels. Elle est de nature anthropologique. Il faut à l’homme contemporain redécouvrir qu’il ne survivra que par la confiance : en lui, en la vie, en l’amour. Sur ce terrain, sans doute les chrétiens ont-ils, humblement, leur place à tenir. Par grâce, nous sommes des «croyants» ; la foi nous brûle.

Propos recueillis par René POUJOL

(1)Lumen Gentium, sur l’Eglise ; Dei Verbum, sur la révélation divine ; Sacrosanctum Concilium, sur la sainte liturgie ; Gaudium et Spes, sur l’Eglise dans le monde de ce temps.

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : foi - Communauté : Praedicatho
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Lundi 9 avril 2012 1 09 /04 /Avr /2012 21:03

Même si vous ne maitrisez pas parfaitement la langue de Dante je vous propose cette hymne au "Pain qui donne Vie" qui est une pure merveille ! (mettez le son et  la vidéo "en plein écran")

 

Par Denis CHAUTARD - Publié dans : pays du monde - Communauté : Passeurs d'espoirs
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Lundi 9 avril 2012 1 09 /04 /Avr /2012 08:45

prisonnier 

 

Evêque et confesseur. Il était évêque d’Amida en Mésopotamie (Irak). En 419, l’empereur Théodose II l’envoie en ambassade auprès du roi des Perses. Le premier fruit de cette ambassade sera la réunion, par le catholicos nestorien, d’un concile des Eglises perses. En 421, la guerre éclate entre les deux empires. 7 000 Perses sont faits prisonniers par les Byzantins. Ces prisonniers meurent de faim car leur nombre est trop grand. L’évêque Acace vend les vases sacrés de son église pour payer leur rançon et les libère. Beaucoup en deviendront chrétiens. Reconnaissant, le roi de Perse, Bahram V, cesse de persécuter les chrétiens nestoriens de son empire. C’est encore Acace qui lui sera envoyé pour négocier la paix en 422.

 

"Acace rassembla le clergé de son Eglise et lui dit : "Notre Dieu n’a besoin ni de patènes ni de calices. Il ne mange ni ne boit puisqu’il se suffit à lui-même. Donc, puisque notre Eglise, grâce à la générosité de ses fidèles, possède un grand nombre de vases d’or et d’argent, elle doit s’en servir pour libérer et nourrir ceux qui ont été faits prisonniers par nos soldats." Et il ordonna de faire fondre les vases et en donna la valeur pour le rachat des captifs."

(Patrologie grecque n° 67)

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : pays du monde - Communauté : Refaire le Monde
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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 19:27

MarieMadeleine 

 

Marie-Madeleine a versé un nectar « de grand prix » sur les pieds de Jésus, signe d’amour et parfum « d’éternité ». Elle est, avec Marie, le premier témoin de sa « résurrection »

 

Avec  les avalanches des mauvaises nouvelles : la crise économique et sociale qui frappe notre pays et au-delà de nos frontières,  la guerre en Syrie, en Afrique, en Afghanistan … la maladie ou le décès de personnes proches, le chômage.. la liste noire est lourde de tous les malheurs !

Et lorsqu’on prend une minute pour se poser, la question arrive vite à notre esprit : où va la terre, où va le monde et où allons-nous ? Alors bien sûr il y a façon de traiter la question avec des grandes considérations savantes !

Mais à l’approche de Pâques, je vous invite à repartir de l’origine même de notre foi : nous laisser entrainer à la suite de ces deux premiers témoins  de la résurrection, deux femmes en deuil,  Marie-Madeleine et Marie, qui sont venues au tombeau embaumer le corps de Jésus mort depuis 3 jours. La pierre est roulée et Jésus n’est plus là. L’ange les interpelle : « Il est vivant. Il est ressuscité, il vous précède en Galilée ! ( la Galilée est à l’époque de Jésus le Carrefour des peuples et des cultures, une région particulièrement « vivante » du moyen Orient ) ».

Si l’on demande à l’homme de la rue si « résurrection » veut dire quelque chose pour lui, vous avez trois chances sur quatre d’avoir une réponse négative. Ressuscité est un mot « éloigné » de nos représentations et de nos considérations souvent très « utilitaires » !

Mais si vous demandez à ce même homme de la rue s’il connaît des personnes qui ont toutes les raisons d’être malheureuses et qui pourtant sourient chaque jour à la vie, vous êtes sûr qu’il vous répondra qu’il en connaît, bien entendu.

 

Je vous citerai deux exemples : Laetitia ; 31 ans, qui travaille à Evreux dans un Lycée alors qu’elle est atteinte de la mucoviscidose. Elle communique sa « rage de vivre » et elle remet « les pendules à l’heure » ne serait-ce que par sa présence, son énergie et son sourire dans un univers plutôt porté vers la banalité et la mesquinerie !

Emmanuel, un jeune Congolais de 20 ans, qui a subi les exactions  et les horreurs de la guerre  dans son pays. Aujourd’hui il se reconstruit ici grâce à ses études et à la solidarité de la communauté chrétienne. Il est l’un des meilleurs élèves de sa classe de Baccalauréat Professionnel et il participe à l’animation des messes du dimanche dans sa paroisse.

 

Pourquoi à votre avis sont-ils debout ? (ressusciter veut dire littéralement : « se lever », « se relever » !) Parce qu’ils sont « vivants », parce qu’ils croient que l’amour  est  le plus fort  !

Et si croire à la « résurrection cela voulait dire d’abord « croire à la vie », « choisir la vie » ?

Croire que nous n’allons pas à notre perte, au néant… mais que le meilleur de nous même ne sera pas perdu.. « Car l’amour ne passera jamais » !

Vivre c’est aimer… vivre pour aimer …

Voila le secret de la vie….

Secret qui nous conduit au delà de la mort.

En abordant ces trois jours de Pâques, en commençant par le Jeudi saint, nous abordons ce choix fondamental et décisif de Jésus !

« Aimer c’est tout donner, c’est se donner soi-même ». C’est un chant connu dans nos églises.

Jésus « donne sa vie ». Certains diront « il se sacrifie ». Qu’est-ce que ça veut dire ! Est-ce que ça veut dire qu’il disparaît derrière une grande idée et qu’il n’est plus « lui-même » !

Non bien évidemment, Jésus en nous donnant sa vie, nous livre  le secret du bonheur. Connaissez-vous cette expression : « le bonheur il n’est pas nécessaire de l’avoir pour pouvoir en donner. C’est justement en le donnant qu’on l’acquiert ». On pourrait penser que cette citation nous vient de l’un des grands penseurs de l’Eglise ! Eh bien non elle est de « Voltaire » qui n’a rien d’un « pilier d’Eglise » et elle touche à ce qu’il y a d’essentiel et de vital !

L’amour est seul capable d’ouvrir des brèches, de percer les murs de nos prisons, de nos peurs, de nos jugements a priori et de « s’aventurer sur le chemin du pardon.. » !

« Vivre déjà en ressuscités grâce au Christ ? Dans la force de l'Esprit, c'est faire du ciel sur la terre avec ses bras. Avec toute l'Eglise fragile du matin de Pâques, Jean qui croit, Pierre pas fier, Marie-Madeleine qui pleure et Thomas qui doute ; c'est découvrir à quel point seuls les saints transforment la jungle des forts en jardin pour tous  ; c'est choisir de vivre autrement dès maintenant, comme des hommes et des femmes appelés à leur propre résurrection, « destinés à la vie éternelle » (Ac13,48), et croire, […] que le Père veut pour chacun de nous, comme pour son propre Fils, un bonheur inimaginable et sans limite. » (1)

 

A toutes et à tous, Joyeuse et Belle fête de Pâques !

 

Denis Chautard

  

(1) + François Garnier

Archevêque de Cambrai

 

Par Denis CHAUTARD - Publié dans : foi - Communauté : L'Evangile à Hauteur d'Homme
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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 13:02

pessah3 

 

La fête de Pessa’h dure huit jours. Elle est célébrée en début de printemps, du 15 au 22 du mois juif de Nissan. Elle commémore la libération des Hébreux de l’esclavage en Égypte ancienne. En accomplissant les rites de Pessa’h, nous pouvons revivre et ressentir la réelle liberté obtenue par nos ancêtres.

 

L’histoire en bref

Après de nombreuses décennies d’esclavage sous les Pharaons d’Égypte, pendant lesquelles les Israélites furent contraints à un travail écrasant et soumis à des atrocités, D.ieu vit la détresse du peuple et envoya Moise chez Pharaon avec ce message : « Laisse partir Mon peuple, pour qu’il Me serve. » Lorsque, malgré plusieurs avertissements, Pharaon refusa d’obéir à l’ordre divin, D.ieu envoya sur l’Égypte dix plaies dévastatrices qui y semèrent la désolation, détruisant bétail et récoltes.

Au milieu de la nuit du 15 Nissan de l’année 2448 depuis la création (1313 avant l’ère commune), D.ieu infligea aux Égyptiens la dernière des dix plaies qui tua tous leurs premiers-nés. Ce faisant, D.ieu épargnait les Enfants d’Israël, « sautant par-dessus » leurs maisons – d’où le nom de la fête : Pessa’h signifie « le saut » en hébreu.

La résistance de Pharaon fut brisée, et il chassa littéralement ses anciens esclaves du pays. Les Israélites s’en allèrent dans une telle hâte, que le pain qui devait leur servir de provision pour la route n’eut pas le temps de lever. 600 000 hommes adultes, et beaucoup plus de femmes et d’enfants, quittèrent l’Égypte ce jour-là, entamant leur voyage vers le mont Sinaï et leur naissance en tant que peuple élu de D.ieu.

Cliquez ici pour l’histoire complète de Pessa’h.

 

La célébration de Pessa’h

Pessa’h est divisé en deux parties :

a) Les deux premiers jours et les deux derniers jours (qui commémorent l’ouverture de la Mer Rouge) sont des jours de fête entière. On allume les bougies de la fête le soir, et on fait le Kidouch suivi d’un repas de fête les deux soirs et les deux jours. On ne se rend pas au travail et on s’abstient de conduire, d’écrire ou d’allumer et éteindre les appareils électriques. Il est cependant permis de cuisiner et de porter à l’extérieur (cliquez ici pour les détails).

b) Les quatre jours du milieu sont appelés ‘Hol Hamoed, les demi-fêtes, « jours intermédiaires ». La plupart des travaux y sont permis.

 

ZÉRO ‘HAMETS

Pour rappeler le pain non levé que les Israélites consommèrent en quittant l’Égypte, nous nous abstenons de manger ou même d’avoir en notre possession toute forme de « ‘hamets » depuis la mi-journée de la veille de Pessa’h jusqu’à la fin de la fête.

Le ‘hamets est un grain qui a levé. Il s’agit donc de toute nourriture ou boisson contenant ne serait-ce qu’une trace de blé, d’orge, de seigle, d’avoine, d’épeautre ou de leurs dérivés qui n’ont pas été surveillés de manière à en empêcher la fermentation. Le pain, les gâteaux, les biscuits, les céréales, les pâtes et la plupart des boissons alcoolisées en font partie. De plus, la plupart des produits alimentaires manufacturés sont présumés ‘hamets sauf vérification et certification du contraire.

Débarrasser nos maisons du ‘hamets est un travail méticuleux. Il implique un nettoyage de printemps complet pendant les semaines qui précèdent Pessa’h et culmine par la cérémonie de la recherche du ‘hamets la nuit avant Pessa’h. Le lendemain dans la matinée, on brûlera le ‘hamets trouvé pour le faire disparaître totalement. Le ‘hamets dont il est impossible de se débarrasser peut être vendu à un non-juif pour la durée de la fête.

MATSA

Au lieu du ‘hamets, nous mangeons de la Matsa : un pain plat qui n’a pas levé. C’est une mitsva de consommer de la Matsa les deux soirs du Seder (voir ci-dessous). Les jours suivants, la consommation de Matsa est facultative.

Cliquez ici pour en savoir plus sur la Matsa.

 

LES SEDERS

L’événement central de Pessa’h est le Seder, célébré les deux premiers soirs de la fête. Le Seder est un repas de fête familial, jalonné de traditions et de rituels, qui se décline en quinze étapes.

Les points principaux du Seder sont :

·                     Manger de la Matsa.

·                     Manger des herbes amères – pour commémorer l’amertume de l’esclavage subi par les Israélites.

·                     Boire quatre coupes de vin ou de jus de raisin – une boisson royale pour célébrer notre liberté retrouvée.

·                     La lecture de la Haggadah, un texte qui relate l’histoire de la sortie d’Égypte dans les détails. Cette lecture est l’accomplissement du commandement biblique de raconter aux enfants l’histoire de la sortie d’Égypte la nuit de Pessa’h.

Visitez notre rubrique Seder pour en savoir plus

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : pays du monde - Communauté : Passeurs d'espoirs
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