Un chemin de foi

"Agir comme si tout dépendait de moi et Prier comme si tout dépendait de Dieu"
 Ignace de Loyola

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Jeudi 22 mars 2012 4 22 /03 /Mars /2012 08:48

HIV 

 

Le 22 mars 1594, à 7 heures du matin, Henri IV entre triomphalement en armure à Paris, «sans effusion de sang ni qu'un seul bourgeois ait reçu incommodité en sa personne ni en ses biens,» selon ses propres termes.

Son retour dans la capitale, dont il avait dû s'enfuir près de vingt ans plus tôt, met un terme à cinq ans de guerre civile et trente ans de guerres religieuses. «Paris vaut bien une messe», lui aurait dit son ami et ministre Maximilien de Béthune, futur duc de Sully.

Lassitude et compromis

Comprenant que la majorité catholique du royaume n'accepterait jamais un souverain protestant, si légitime soit-il, Henri IV avait accepté l'année précédente de se convertir à la foi catholique (sixième et dernière de ses conversions !).

Les catholiques modérés avaient alors manifesté leur lassitude de la guerre et leur souhait d'un compromis. Les auteurs de la Satire Ménippée expriment le sentiment général en ridiculisant le jusqu'au-boutisme de la Ligue catholique et des Guise.

Le 22 février 1594, Henri IV se fait sacrer à Chartres (faute de pouvoir se rendre à Reims, lieu traditionnel des sacres, aux mains des ligueurs).

Là-dessus, ses troupes, qui assiègent Paris depuis plusieurs années, accordent une trêve de dix jours aux habitants. Ceux-ci en profitent pour goûter le bonheur des escapades à la campagne. Leur aspiration à la paix n'en devient que plus grande...

Enfin, à la suite de tractations secrètes et sur la base de promesses sonnantes et trébuchantes, le roi obtient du gouverneur de la ville de Paris, Charles de Cossé, comte de Brissac, qu'il lui ouvre les portes de la capitale.

Dans la nuit du 21 au 22 mars, le gouverneur fait dégager les hauts talus qui défendent l'accès de la porte Neuve et de la porte Saint-Denis. À l'aube, les troupes royales entrent ainsi dans la capitale, enseignes déployées et tambours battants, conduites par le roi en pourpoint de satin blanc. Sur son passage, le peuple à genoux crie : «La paix ! La paix !».

Le roi se rend à l'hôpital et selon la tradition capétienne, touche les malades des écrouelles. Au total plusieurs centaines ! Ce rite contribue à renforcer sa légitimité.

L'après-midi même, les 4.000 mercenaires du roi d'Espagne Philippe II, qui étaient venus prêter main-forte aux ligueurs catholiques, prennent le chemin du retour. «Messieurs, recommandez-moi à votre maître. Allez-vous en à la bonne heure mais n'y revenez plus !» leur lance le roi d'une fenêtre de la porte Saint-Denis.

Encouragés par l'indulgence du roi et ses généreux subsides, ses ennemis se rallient sans trop de difficultés. Le comte Charles de Brissac sera récompensé par la somme colossale de 1,695 millions de livres et la dignité de maréchal.

Alban Dignat.

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : politique - Communauté : Refaire le Monde
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Mercredi 21 mars 2012 3 21 /03 /Mars /2012 17:47

JuifsChrétiens 

 

À la suite de la fusillade de Toulouse, outre les communiqués des instances nationales de l’Église de France, de nombreux évêques français ont tenu à s’adresser aux communautés juives de leur diocèse pour les assurer de la proximité et de la prière des catholiques.

 

Mgr Christophe Dufour, archevêque d’Aix et Arles , « bouleversé par l’attentat », a adressé un message de soutien au rabbin d’Aix-en-Provence Nissim Sultan, rabbin d’Aix. « Nous portons tout particulièrement dans notre cœur et notre prière les quatre victimes, mais aussi toute la communauté juive de France et tout particulièrement celle d’Aix-en-Provence que vous servez », affirme-t-il, souhaitant être présent si une cérémonie avait lieu en mémoire des victimes.

Le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux , a écrit au président de la communauté juive bordelaise pour lui dire combien il était « horrifié par cette violence glacée et meurtrière ». « Je tiens à vous assurer, au nom de l’Église catholique en Gironde, de notre proximité et de notre profonde solidarité, explique-t-il. Vous pouvez compter sur notre présence à vos côtés. »

Mgr Norbert Turini, évêque de Cahors , a écrit au rabbin de Toulouse pour lui faire part, ainsi qu’aux familles de victimes, de sa « proximité de cœur et de prière » et l’assurer de « l’irrévocable solidarité qui nous lie par la foi héritée des patriarches et des Prophètes ». Il a également écrit à l’imam de Montauban pour lui exprimer sa « sincère solidarité et son intime communion dans la prière », rappelant la mort de « deux fils de la communauté musulmane qui avaient mis au service de notre pays ».

Mgr Michel Santier, évêque de Créteil , s’est adressé à la communauté juive du Val-de-Marne pour lui faire part de la « vive indignation » des catholiques. « Notre émotion est très grande et notre cœur est horrifié. Aucune vie ne peut avoir plus de prix que celle de l’innocence. »

Mgr Michel Dubost, évêque d’Évry , a publié un second communiqué alors que « le drame de Montauban et de Toulouse va connaître son épilogue ». « Le meurtre, le mal, ne s’expliquent pas : aucune cause ne les justifie, affirme-t-il. Les commentaires sont donc vains. ». Appelant à travailler « à l’unité de notre pays », il relève que « les sept morts ont été assassinés parce qu’ils étaient français ». « L’un était catholique ; deux, musulmans ; quatre, israélites. Leur sang, mêlé dans la mort, invite au partage généreux de la vie entre nous. C’est notre mission. C’est la seule réponse à la folie du monde. »

Le P. Jean-Pierre Samoride, vicaire général du diocèse de La Rochelle , a envoyé, au nom de son évêque, un message à Jean-Claude Touati, président de la communauté israélite de La Rochelle, à la suite du drame de Toulouse pour s’associer « à la douleur des familles » et assurer « la communauté israélite rochelaise de notre fraternelle sympathie et de notre prière ».

Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille , a quant à lui écrit au grand rabbin de Marseille, au président du consistoire et à la présidente du Crif Marseille-Provence pour leur « exprimer l’assurance de ma prière et de celle de la communauté des catholiques » « Je partage votre grande peine, souligne-t-il. Je prie aussi pour notre pays blessé par cet événement si contraire à son idéal de fraternité. »

Mgr Pierre Raffin, évêque de Metz , a écrit au grand rabbin de Metz Bruno Fiszon pour lui exprimer « sa communion profonde de pensée et de prière ». « L’évêque et la communauté catholique de Moselle sont au côté de la communauté israélite pour dénoncer une nouvelle fois l’antisémitisme », affirme-t-il.

Mgr Jean-Pierre Grallet, archevêque de Strasbourg , a écrit aux grands rabbins René Gutman et Claude Fhima, respectivement grands rabbins du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, pour leur faire part de la « consternation et profonde émotion » de tous les prêtres d’Alsace réunis au Mont Sainte-Odile, devant « le drame affreux » de Toulouse. « Ce qui vient de se passer est inqualifiable et totalement condamnable, bien évidemment, relève-t-il. Ce qui vous affecte nous affecte nous aussi. Lorsque des vôtres sont touchés, nous sommes également touchés. »

De très nombreux diocèses ont également répercuté le message du Conseil d’Églises chrétiennes en France.

À noter aussi que la fédération du Scoutisme Français , qui regroupe les Éclaireuses éclaireurs de France (laïcs), les Éclaireuses et éclaireurs israélites de France, les Éclaireuses et éclaireurs unionistes de France (protestants), les Scouts et guides de France (catholiques) et les Scouts musulmans de France, a publié un communiqué où elle « partage la douleur des communautés musulmanes et juives affectées par les fusillades meurtrières survenues à Toulouse et Montauban les 11, 15 et 19 mars derniers ».

« Notre fédération se rassemble autour de ses frères et sœurs Scouts musulmans de France et Éclaireuses et éclaireurs israélites de France pour leur apporter tout son soutien et son réconfort. »

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : paix - Communauté : Praedicatho
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Lundi 19 mars 2012 1 19 /03 /Mars /2012 19:41

Christian-de-Cherge

  Jean (3,15-21)

  Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et le Jugement, le voici: quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne lui soient repro­chées; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient reconnues comme des œuvres de Dieu. »

Don ultime 

Don des origines, don de la création. Dès l’abord, Dieu aime. Il crée pour cela - à cause de cela et en vue de cela. Dès le commencement, il donne... il donne jus­qu’à la Croix et au-delà. Il donne en laissant l’homme libre de perdre, libre de sa façon de le perdre. Car quand il donne, il se donne. Il se donne en tout, même dans la mort qu’il n’a pas voulue. Et c’est grâce, c’est-à-dire que c’est gratuit, c’est cadeau. Les dons de Dieu ne sont pas à acheter : qui pourrait prétendre acheter l’amour ! Le sot ! Dieu n’est pas mercantile. Pas de donnant-donnant en Lui. Sa justice n’est ni intéressée ni vengeresse. :. Difficile à concevoir pour nous ! Pas de marché à faire avec Lui, même en vie consacrée. « Nous avons tout donné, dit le disciple, que recevons-nous ? »

Dieu le Premier a tout donné! (sans rien attendre que l’amour et il est comblé). Que reçoit- il? Dans ce don qui est création en Jésus-Christ, il y a ce vœu que nous soyons comme lui, des créateurs dont « les actes soient vraiment bons ». Ainsi, après avoir séparé la lumière des ténèbres, Dieu lui-même voit tout, pose tout, dans la lumière. Pas de ténèbres en Lui. Si l’homme échappe à la lumière, ses œuvres deviennent ténèbres; mais c’est la logique de l’amour que de laisser l’homme juge de lui-même, se juger lui-même par ses œuvres, de n’exercer aucune puissance, aucune contrainte, de le laisser libre dans son choix: le bien et le choix ont partie liée. « Voici, je mets devant toi la vie ou la mort. Choisis la vie afin de vivre, toi et ta postérité. » (Dt 30,15). « Sais-tu que j’ai le pouvoir de te tuer ? », disait le juge romain. Au martyr chrétien, Dieu ne parle pas ainsi. Mais l’Esprit du Christ fait la réponse du martyr à son juge : « Mais, savez-vous que j’ai le pouvoir d’être tué ? »

Vous n'avez pas le choix! Ce sont, contrairement aux mots de Dieu, les pauvres mots d’un être embarrassé qui brandit son pouvoir en pressentant son impuissance. Le choix qu’il veut imposer lui échappe. Il ne peut en proposer que deux pauvres alternatives... Au moment même où ce choix se définit, la liberté sait par où elle ne saurait se lier sans risquer de s’aliéner. Elle voit les portes qui lui restent ouvertes, et par où elle va s’échapper pour rester elle-même. « Choisis la vie! » Ce choix seul est libérant, et gra­tuit à la fois. Mais seul le vivant peut l’offrir, seul l’amour qui ne meurt pas peut le garantir, parce qu’il s’offre lui-même en même temps, il se donne lui-même. Dans la liberté de ce don, l’homme comprend, comme Jésus, comme les martyrs, que « ce qui importe, ce n’est pas de rester en vie coûte que coûte, mais comment l’on reste en vie » disait Etty Hillesum. La liberté est du côté de l’amour, toujours, définitivement. La Croix nous le redit, comme une nouvelle création : « Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne! »

Le Père Christian de Chergé, prieur du monastère de Tibhirine, fut enlevé puis assassiné avec six autres moines cisterciens, en mars 1996. Il rédigea ce commentaire de l’Évangile de Jean le 13 mars 1994, à la suite d’une attaque du monastère par un groupe armé, le 1er janvier 1994.

 

Article paru dans Témoignage Chrétien n°3484 du 15 mars 2012

 

Par Denis CHAUTARD - Publié dans : foi - Communauté : Praedicatho
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Dimanche 18 mars 2012 7 18 /03 /Mars /2012 07:37

 guidorenistjosephjesus5

 

Le grand silencieux

 

Dans les Évangiles, nous ne trouvons pas un mot prononcé par saint Joseph. Mais son silence n’en est pas un du vide. Il renferme un des plus grands secrets de l’histoire du salut. Averti par un ange dans son sommeil, il sait que sa fiancée, Marie, porte en elle un enfant conçu par l’opération du Saint-Esprit (Matthieu 1,20-22). À son réveil, il ne dit mot et prend chez lui sa fiancée enceinte. Il a désormais chez lui le Messie attendu depuis des siècles et sa Mère. Il garde le secret, mais, dans sa prière et sa méditation, il entre dans les vues que les Écritures annonçaient à propos de cet enfant. Joseph est un grand contemplatif. Mais il est aussi un grand débrouillard qui a su prendre les mesures pour obéir promptement aux ordres venus du Ciel.

 

Le Père de Jésus

 

On a donné toutes sortes de qualificatifs à la paternité de saint Joseph envers Jésus. Imitons la belle simplicité de celle qui a vécu la situation. En le retrouvant au Temple après trois jours de recherches, Marie s’adresse à Jésus en lui disant : « Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous. Ton père et moi nous te cherchions tout angoissés » (Luc 2,48), « ton père ». Saint Joseph a été le père de Jésus en tout sauf sous l’aspect biologique. Il l’a aimé, il l’a nourri, il lui a appris à parler, il l’a éduqué, il lui a montré à prier, il lui a enseigné un métier. Il a été l’image humaine du Père éternel qui s’est révélé à l’homme Jésus au moment approprié. Si nous avons eu un bon père, l’image de celui-ci nous aide à habiller de façon humaine l’idée que la foi nous donne de notre Père céleste. Jésus n’a pas échappé à notre condition humaine. Il a donné à saint Joseph le même vocatif, ABBA, Papa, qu’il a adressé plus tard à son Père éternel.

 

Le patron de la bonne mort

 

Saint Joseph a fait une sortie discrète comme l’accomplissement de sa vocation. On ne sait pas quand ni comment il est décédé. Les Évangiles ne nous disent pas ce qui n’est pas essentiel à la connaissance salvatrice du mystère. On imagine qu’il a quitté la vie mortelle en compagnie de Jésus et de Marie. C’est pourquoi on l’invoque comme le Patron de la bonne mort.

 

Un grand saint

 

Personne n’a aimé Jésus et Marie autant que lui. Personne n’a été aimé autant que lui par notre Sauveur et sa Mère. La sainteté, c’est aimer Dieu et accueillir son amour. Ce n’est pas à nous de mesurer le degré de sainteté des amis de Dieu. Mais nous pouvons, dans la liste des saints, placer Joseph tout de suite après son Épouse. Dans son encyclique Redemptoris Custos (Le Gardien du Rédempteur), le pape Jean-Paul II nous dit que « dans l’écoute religieuse de la Parole de Dieu, Joseph est dans cette ligne, après Marie ou avec elle – le plus parfait modèle. »

 

Une dévotion progressive

 

L’Église a gardé saint Joseph dans sa mémoire, mais elle a ruminé longtemps son rôle et son témoignage avant d’en expliciter toute la richesse. La dévotion populaire à ce grand saint a précédé les actes du Magistère. En 1872, Léon XIII l’a proclamé « Patron de l’Église catholique ». En 1955, Pie XII a institué la fête de « Saint Joseph artisan » pour affirmer la valeur sanctifiante du travail. En 1962, Jean XXIII l’a fait entrer dans le Canon de la messe (la prière eucharistique) jusque-là hermétique, à côté de la Mère de Dieu, avant les Apôtres et les autres saints. En 1989, Jean-Paul II lui consacrait une magnifique lettre encyclique « Redemptoris  Custos » mentionnée plus haut.

 

Depuis les derniers siècles, les sanctuaires dédiés à saint Joseph se sont multipliés dans le monde. Grâce au zèle de l’humble saint Frère André, nous avons, à Montréal, le plus monumental sanctuaire au monde érigé en l’honneur de ce grand saint. Faisons en sorte que ce signe de notre dévotion traditionnelle à saint Joseph nous aide à conserver celle-ci dans notre mémoire et notre foi.

 

 + Robert Lebel

Évêque émérite

Diocèse de Valleyfield

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : foi - Communauté : L'Evangile à Hauteur d'Homme
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Mardi 13 mars 2012 2 13 /03 /Mars /2012 14:12

 Brunin

 

Alors que la campagne électorale pour la présidentielle et pour les législatives commence à monter en puissance, il paraît utile que les chrétiens s'interrogent sur la façon dont ils sont impliqués dans cette période de choix qui déterminera les cinq prochaines années pour notre pays.

Une crise à gérer positivement


Nul n'ignore la situation de crise que traverse la France comme l'ensemble des pays de l'Union Européenne. Au-delà de la crise financière et économique bien réelle, nous sommes aussi confrontés à une crise de sens et de civilisation. Il serait illusoire et irresponsable de donner à penser que tout pourrait revenir comme avant. La crise n'est pas un simple mauvais moment à traverser de façon stoïque, attendant que tout se remette en place de façon automatique. Une crise, lorsqu'elle est gérée de façon responsable et concertée, peut faciliter une croissance, pas seulement d'ordre économique.
La période incertaine et troublante que nous connaissons, est un moment favorable pour reconsidérer et réévaluer nos manières de vivre, de produire et de consommer, mais surtout nos capacités de vivre ensemble dans l'harmonie, la justice et le partage. Ce n'est pas sans incidences sur les enjeux des débats de la campagne électorale qui s'ouvre.

Des projets et pas seulement des promesses

Nous attendons des femmes et des hommes qui se présentent aux suffrages des électeurs, des propositions qui soient à la hauteur de la situation. Sans dramatiser, nous avons besoin d'une réflexion sérieuse sur les chemins de l'avenir de notre société, au niveau national comme au niveau européen et mondial. Nous ne pouvons nous satisfaire de slogans, de promesses, encore moins de phrases assassines ou de bons mots. Nous ne pouvons accepter des discours qui réveillent en nous la suspicion et la peur des autres, des jeunes, de l'étranger. L'avenir de notre pays et de ses habitants mérite mieux.

Les questions importantes pour l'avenir ne manquent pas. Les évêques de France, dans un document publié en octobre dernier par le
Conseil Permanent, « Un vote, pour quelle société ? » , retiennent 13 points de discernement. Ils servent de guides dans l'évaluation des programmes présentés par les candidats et les formations politiques. En tous ces domaines, les citoyens ont besoin, non pas de simples promesses, mais d'un projet global resituant tous ces éléments essentiels dans un ensemble cohérent, porteur de sens et mobilisateur.

L'estime du politique

Trop souvent, les chrétiens se cantonnent dans une attitude de réserve ou de suspicion à l'égard du politique. Pourtant, l'Eglise catholique a toujours promu l'engagement politique des fidèles
laïcs, comme un service de la société, dans lequel se joue une dimension de la charité.

Les chrétiens engagés diversement dans l'action politique doivent pouvoir trouver soutien et ressourcement dans leur communauté et auprès de leurs
pasteurs. Par leur engagement, ils s'efforcent à chercher le bien commun sans se contenter de servir l'intérêt général qui n'est souvent, en fait, que l'intérêt du plus grand nombre ou du groupe social le plus fort. « Le bien commun est la raison d'être de l'autorité politique » rappelle le Catéchisme de l'Eglise catholique (n° 1910). Ceux et celles qui s'engagent en politique s'engagent dans la recherche tâtonnante et permanente de la définition du bien commun. C'est une véritable ascèse faite d'écoute de leurs concitoyens, d'analyse des situations, de réflexion et de débat. Il est parfois plus facile de déterminer un plan d'action en surfant sur les sondages d'opinion, en appliquant les préceptes d'une idéologie ou en ne considérant que les intérêts d'un groupe particulier. Le service du bien commun anoblit l'engagement politique.

Un exercice de citoyenneté

La démagogie et le populisme peuvent tenter certains responsables politiques. Signes d'incapacité ou de paresse intellectuelle pour construire un projet, ils défigurent l'engagement au service de la cité. Les femmes et les hommes qui s'engagent en politique ont une responsabilité dans l'éducation des citoyens. Qui s'y engage doit oser aller parfois à contre-courant de ce qui est majoritairement admis. Il lui faut faire preuve de patience pour expliquer, exposer les enjeux des propositions, désigner les impasses et convaincre. L'action politique perd de sa noblesse quand elle se dégrade en œuvre de désinformation ou de manipulation qui flatte les instincts les plus vils de l'homme, ses attitudes spontanées de rejet de l'autre. Le responsable poli- tique est éducateur, soucieux d'initier à ce qui lui paraît être vrai, porteur de justice, générateur de solidarité et d'harmonie entre les hommes et entre les peuples.

L'Evangile demeure notre référence pour nos analyses humaines

Les communautés chrétiennes doivent pouvoir aider leurs membres engagés en ce domaine. Il ne s'agit pas d'offrir une caution partisane car la pluralité des engagements politiques est une réalité reconnue dans l'Eglise. Mais ces personnes investies dans l'action politique doivent pouvoir nourrir leur engagement par la réflexion, la prière et le contact avec les Ecritures. L'engagement politique, pour un chrétien, trouve ses références dans la pédagogie même du Christ. Pragmatique, Jésus prenait les gens là où ils en étaient. Exigeant, il mettait en lumière l'inacceptable d'un comportement ou d'une situation. Espérant, il sollicitait le meilleur de l'autre, cette foi qui sauve et qu'une parole porteuse d'
espérance est capable de faire sourdre. Educateur, il n'enfermait ni dans le passé culpabilisant, ni dans un présent décevant ou douloureux, mais il ouvrait à un avenir de mieux être qu'il appelait le Royaume de Son Père. Les chrétiens qui s'engagent au service de la cité doivent pouvoir se laisser inspirer par la pédagogie du Christ. Elle fera la noblesse du politique.

+ Jean-Luc BRUNIN
Evêque du Havre

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : politique - Communauté : Passeurs d'espoirs
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Vendredi 9 mars 2012 5 09 /03 /Mars /2012 15:15

Logo-Diaconia2013 

Le Père Raniero Cantalamessa, capucin, Prédicateur de la Maison pontificale à Rome, animera une retraite spirituelle pour les responsables de Diaconia 2013, du 12 au 14 mars 2012 à Lourdes. Parmi eux, des personnes en situation de précarité ou de handicap.
 

Quel regard portez-vous sur la démarche Diaconia 2013 ?

 

Elle me paraît très importante et très actuelle. Je suis sûr que le Seigneur est content de ce choix et que cette démarche sera porteuse de retombées très positives pour l'Eglise en France. Personnellement, je me réjouis d'avoir à intervenir sur ce thème de la charité vu sous l'angle spirituel ainsi que je l'avais déjà fait en juin 2008, au Mexique, pour le Conseil Pontifical Cor Unum. J'avais alors prêché un cycle de méditations sur le thème "Lo Spirito Sonto fonte della carità cristiana" (L'esprit Saint, source de la charité chrétienne) devant quelque 500 directeurs des Caritas (dont une trentaine d'évêques) des deux Amériques et à plus de 500 séminaristes du diocèse de Guadalajara.
 

Sur quoi va porter votre intervention et quels sont les grands textes inspirateurs de la Bible et de l'Eglise pour réfléchir ce thème ?

Je ne vais pas rester sur le plan social et sociologique car je ne suis pas compétent pour donner des indications pratiques face aux problèmes concrets. En me laissant guider par ce que le président du Conseil pour la Solidarité de la Conférence des évêques de France, Mgr Bernard Housset, évêque de La Rochelle et Saintes, m'a dit, je vais tenter de répondre à l'intention profonde de ceux qui travaillent dans le domaine de la charité ; c'est à dire renouveler l'inspiration qui vient de l'Evangile afin de la réinterpréter dans la pratique quotidienne. Le fil conducteur de la réflexion sera la pauvreté : le choix d'une Eglise pauvre et le choix d'une Eglise pour les pauvres. Les textes qui reviendront le plus seront les Béatitudes et les grandes paraboles sur la richesse et la pauvreté ainsi que ceux donnant le sens de la doctrine sociale de L'Eglise avec l'apport des encycliques sociales des papes y compris, bien sûr, Caritas In Veritate, de Benoît XVI.
 

 

 

De nombreux chrétiens estiment prioritaire de s'engager pour la nouvelle évangélisation. Quelle y est la place du « service du frère » ?

La Diaconie est une partie essentielle de l'évangélisation. Des savants, historiens de l'Eglise, ont pu mettre en lumière le fait que la pratique de la charité envers les nécessiteux (malades, veuves et orphelins, étrangers, pauvres, prisonniers...), a été un des facteurs principaux de triomphe et d'expansion du christianisme lors des trois premiers siècles, en parallèle avec la prédication de la Bonne Nouvelle. Aujourd'hui encore, le monde qui n'est pas encore prêt à recevoir l'annonce, est sensible à la charité de l'Eglise. C'est pour cette raison que bien des pouvoirs publics, des gouvernants d'Etats, aident l'Eglise.
 

 

 

Les Capucins appartiennent à la famille franciscaine. La pauvreté a-elle joué un rôle dans le choix de votre Ordre ?

Au commencement de mon itinéraire de formation religieuse, à 12 ans, j'ai choisi le petit séminaire capucin parce que c'était l'endroit le plus proche pour m'engager. C'est après que j'ai pu apprécier le charisme de Saint François dont je suis toujours aussi enthousiaste. Nous avons une leçon à retirer de la figure du Poverello d'Assise : la conversion profonde des riches ne peut pas venir de la polémique, de l'attaque de la richesse, d'une révolution menée contre les riches mais de la présentation de l'idéal et de la joie de la pauvreté.
 

  

 Chantal Joly

 

 

Préparer le rassemblement Diaconia en 2013 à Lourdes

 

150 personnes, responsables de l'animation de Diaconia 2013 d'une trentaine de diocèses, personnes vivant la précarité, membres actifs du comité de pilotage et du Conseil national de la solidarité, jeunes partageront temps de réflexion, de prière, de convivialité. Deux séquences de travail seront également consacrées à la préparation à la fois logistique et sur le fond du rassemblement de l’Ascension 2013.

 

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : diocèse - Communauté : Praedicatho
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Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 14:43

femmes

Championnes de l’engagement ecclésial, premières sur le terrain, elles n’ont guère de visibilité aux postes de décision. À Rome comme dans les diocèses.

Femme dans l’Église catholique : une évidence, un tabou, un état difficile à vivre, une réalité à faire évoluer ? Après une histoire pleine de malentendus, l’Église a confirmé, avec Jean Paul II (Mulieris dignitatem, 1988), qu’elles étaient d’égale dignité avec les hommes. Les femmes forment la majeure partie des catholiques pratiquants. Elles sont aussi les championnes de l’engagement ecclésial. Outre qu’elles assurent le quotidien de la vie paroissiale, elles constituent en France 90 % de l’effectif des laïcs envoyés en mission par leur évêque, et assurent donc aussi la majeure partie du travail pastoral, dans les diverses aumôneries (santé, prison...) ou dans les services diocésains.

En dépit de ces faits, les femmes n’ont guère de visibilité dans l’Église : ni dans le culte, puisque seuls les hommes peuvent être ordonnés, ni dans le gouvernement de l’institution, prioritairement dévolu aux ministres ordonnés. L’Église ne se différencie pas, sur ce point, de la société civile : les femmes sont sous-représentées dans les instances de décision. Étrange paradoxe et miroir déformant de la réalité du terrain.

Si le code canonique, publié en 1983 suite à Vatican II, a autorisé les laïcs, donc les femmes, à « collaborer » au pouvoir de gouvernement, ce pouvoir reste, dans sa définition, aux mains de ceux qui ont « reçu l’ordre sacré ». Ainsi, les femmes ont pu faire leur entrée dans un cinquième des conseils épiscopaux français, ou à la curie romaine, mais toujours sous la direction d’un évêque. Nommée par Benoît XVI numéro 3 du conseil pontifical Justice et paix, l’Italienne Flaminia Giovanelli a ainsi accédé, en 2010, au plus haut poste possible.

Les femmes sont aussi exclues des processus de décision théologique de l’Église catholique, qui relève de la collégialité des évêques. Dans les synodes, elles ne peuvent qu’être invitées à titre d’expert ou d’auditeur. Un manque déterminant, selon la théologienne féministe américaine Joan Chittister : « Aucune femme ne peut se sentir pleinement réalisée au sein de l’Église, car nous ne sommes pas théologiquement actives. » Aussi longtemps que les femmes seront absentes « dans les ministères, dans le développement de la doctrine et des documents, nous aurons un monde qui ne voit que d’un œil », ajoute-t-elle.

La question des femmes pose donc celle plus large de la place des laïcs, toujours précaire. D’autant qu’on constate aujourd’hui une recentralisation sur le prêtre, une revalorisation du diacre, et une tendance à la recléricalisation des postes à responsabilité. Précédemment confiée à deux femmes, la communication de la Conférence des évêques de France, par exemple, est revenue en 2009 dans le giron d’un prêtre, Bernard Podvin. Une tendance qui ne peut concerner « que les fonctions symboliques », étant donné « la baisse continue du nombre de prêtres », tempère la sociologue Céline Béraud.

Les symboles, néanmoins, ne sont pas sans effet sur la réalité. D’après Monique Baujard, seule femme à diriger l’un des services de la conférence épiscopale (Famille et société), ce sont d’abord les fidèles, et avec eux toute la société, qui se fixent sur la figure du prêtre et peinent à reconnaître la légitimité des laïcs. « Il reste à combattre l’idée selon laquelle toute responsabilité un peu importante est indissociable de l’ordination. Ce qui qualifie pour un service, ce sont les compétences. Il serait dangereux de penser que le pouvoir de l’ordre pourrait s’y substituer », affirme la théologienne Véronique Margron.
Les religieuses, qui sont des laïques (non ordonnées), ont assuré une sorte de transition et ouvert la voie aux autres femmes. Mais un certain nombre de secteurs, souvent liés au droit canonique, restent très cléricaux par tradition. Bénédicte Draillard, par exemple, fait partie des quelques femmes, en France, à avoir été nommées juge auditeur (l’équivalent du juge d’instruction) au sein d’un tribunal ecclésiastique. « Nous siégeons à trois, mais comme les clercs doivent avoir la majorité, une femme juge se retrouvera toujours avec deux prêtres, donc deux hommes », fait-elle remarquer. Peu de femmes également au poste de ­chancelier diocésain, garde des sceaux de l’évêque chargé de veiller à la canonicité de ses décrets.

[…]

 De la visibilité de la femme dans l’institution dépend sa place dans la société tout entière. Et, à l’échelon de l’Église universelle, ce n’est pas sans implication. Car le rôle social, caritatif, familial et professionnel des femmes chrétiennes est incontour­nable. Ce qui a été souligné en 2009, dans les documents de travail du synode pour l’Afrique : « Le rôle des femmes serait plus efficace si l’Église famille leur confiait une mission plus visible ou les impliquait de manière plus franche, car elles humaniseraient bien davantage les sociétés africaines. »

Joséphine Bataille

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : diocèse - Communauté : Praedicatho
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Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 12:28

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Statue de saint Jean de Dieu vénérée à l'hôpital

Saint-Jean-de-Dieu de Barcelone. XVIIe.

 

Joao Ciudad est né le 8 mars 1495 à Montemor-o-Novo au Portugal et mort le 8 mars 1550 à Grenade (Espagne). A huit ans, pour des raisons que l’on ignore, il fait une fugue et se retrouve vagabond sur les routes. Pendant 33 ans, il va mener une vie d’errance : enfant volé puis abandonné par un prêtre escroc, il parcourt l’Espagne. Tour à tour berger, soldat, valet, mendiant, journalier, infirmier, libraire... Le vagabond, un moment occupé à guerroyer contre les Turcs en Hongrie, se retrouve à Gibraltar. Et c’est là qu’un sermon de saint Jean d’Avila le convertit. Il en est si exalté qu’on l’enferme avec les fous. Puis son dévouement éclôt en oeuvres caritatives. Tout ce qu’il a découvert et souffert va le faire devenir bon et miséricordieux pour les misérables. Il collecte pour eux, ouvre un hôpital, crée un Ordre de religieux, l’Ordre de la Charité. L’hôpital qu’il a fondé à Grenade donnera naissance aux Frères Hospitalier de saint Jean de Dieu. Au moment de mourir, il dira : "Il reste en moi trois sujet d’affliction : mon ingratitude envers Dieu, le dénuement où je laisse les pauvres, les dettes que j’ai contractées pour les soutenir."

                      

"Lorsque nous transmettons aux pauvres par amour de Dieu, c’est lui-même qui nous est donné. Si l’eau éteint le feu, la charité éteint les péchés."

(Saint Jean de Dieu dans une lettre à ses frères)

Canonisé en 1690, il a été proclamé par Léon XIII patron des malades et des hôpitaux en 1886, et par Pie XI, patron des infirmiers et infirmières en 1930.

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : foi - Communauté : L'Evangile à Hauteur d'Homme
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Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 10:23

PierreRabhi

Agriculteur, écrivain et penseur français d'origine algérienne, Pierre Rabhi est un des pionniers de l'agroécologie. Inventeur du concept « Oasis en tous lieux » et initiateur du « Mouvement pour la Terre et l’Humanisme », il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages dont « Paroles de Terre » 1, du « Sahara aux Cévennes »2, « Conscience et Environnement » 3 ou « Graines de Possibles »4, co-signé avec Nicolas Hulot.

En quelques mots...

Depuis sa tendre enfance, Pierre Rabhi est indigné par la marche et l’état du monde. Cette indignation constructive, devenue une force, l’a incité à trouver de nouvelles voies pour démontrer que d’autres comportements et d’autres choix sont possibles. Après avoir expérimenté sur sa propre ferme en Ardèche une méthode agricole pouvant redonner l'autonomie alimentaire aux plus démunis tout en sauvegardant leur patrimoine nourricier, il transmet son savoir-faire agroécologique à travers le monde, notamment dans les pays arides d'Afrique, en France et en Europe.
Chevalier dans l’ordre national de la légion d’honneur, il est aujourd'hui reconnu expert international pour la sécurité alimentaire et a participé à l’élaboration de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification.

1938

Fils d’un forgeron du sud algérien, Pierre est confié à l’âge de 5 ans, après le décès de sa mère, à un couple d’Européens. Il reçoit une éducation française tout en conservant l’héritage de sa culture d’origine.

1960

La guerre d’Algérie bat son plein. Pierre Rabhi est ouvrier dans une entreprise parisienne, et met en cause les valeurs de compétition de la modernité. Avec sa femme Michèle, une parisienne, il quitte la capitale pour s’installer en Ardèche. Ouvrier agricole, il récuse déjà fortement la logique productiviste appliquée à l’agriculture dont les conséquences dévastatrices révèlent aujourd’hui leur ampleur.

1972

Après avoir découvert les principes de l’agriculture biologique et écologique, il les applique avec succès sur la terre aride et rocailleuse de sa ferme, dans les domaines de l’agriculture et de l’élevage.

1978

Pierre Rabhi est chargé de formation à l'agroécologie par le CEFRA (Centre d'études et de formation rurales appliquées).

1981

A partir de 1981, il commence à transmettre son expérience agroécologique. Il met en place plusieurs programmes de formation en France, en Europe et en Afrique. Invité au Burkina Faso où les paysans souffrent d'un marasme écologique (sécheresses répétitives) et économique (cherté des engrais et pesticides), Pierre Rabhi développe sa première action agroécologique.

1985

Création du premier Centre africain de Formation à l’Agroécologie de Gorom-Gorom, avec l'appui de l'association "Le Point-Mulhouse".

1988

Pierre Rabhi est reconnu comme expert international pour la sécurité alimentaire et la lutte contre la désertification.

1989

Fondation du Carrefour International d’Echanges et de Pratiques Appliquées au Développement (CIEPAD) avec l'appui du Conseil Général de l'Hérault : mise en place d'un "module optimisé d'installation agricole", de programmes de sensibilisation et de formation, lancement de nombreuses actions de développement à l'étranger (Maroc, Palestine, Algérie, Tunisie, Sénégal, Togo, Bénin, Mauritanie, Pologne, Ukraine...).

1992

Lancement du programme de réhabilitation de l'oasis de Chenini-Gabès en Tunisie.
Accompagnement des moniales du Monastère de Solan - parmi les premiers religieux engagés dans l’écologie - dans leur volonté de restaurer l’harmonie et la fécondité de la terre de leur domaine agricole.

1995

Naissance du Mouvement pour des Oasis en Tous Lieux, lieux de vie visant à une autonomie fondée sur la Terre nourricière, la réduction de l’empreinte environnementale, la pluriactivité et les échanges favorables à la reconstitution du lien social.

1997-98

A la demande de l'ONU, Pierre Rabhi intervient dans le cadre de l'élaboration de la Convention de lutte contre la désertification (CCD) et est appelé à formuler des propositions concrètes pour son application.

1999-2000

Création de Terre & Humanisme. Cette nouvelle structure doit permettre d’élargir l’action en faveur de pratiques écologiques autonomes et d’une solidarité internationale.

Lancement de nouvelles actions de développement au Niger (région d'Agadez), au Mali (région de Gao) et au Maroc (Kermet BenSalem, Dar Bouaza, Taroudant).

Création par sa fille, Sophie Rabhi, de la Ferme des enfants qui propose une pédagogie Montessori à la ferme pour la maternelle, le primaire et le collège.

2002

Encouragé par de nombreux amis, Pierre se lance dans une campagne électorale "non conventionnelle" en proposant de replacer l'Homme et la Nature au cœur de la logique. Sa campagne a, en très peu de temps, suscité une mobilisation exceptionnelle, récolté la signature de nombreux élus et donné naissance à plus de 80 comités départementaux de soutien : les colibris.

2003

Création du Mouvement « Appel pour une insurrection des consciences » suite à la précampagne de Pierre Rabhi à la présidentielle.

2004

Naissance du projet de création d'un centre agroécologique, Les Amanins, à la Roche-sur-Grâne, dans la Drôme. Ce lieu d'accueil, d'hébergement et de pédagogie voué à l'écologie est porteur des valeurs de Terre & Humanisme.

L’école à la ferme s’ouvre sur la société avec la création du Hameau des Buis, véritable oasis de vie et laboratoire d’expérimentations d’intérêt général.

2006

Lancement de Colibris, Mouvement pour la Terre et l’Humanisme afin d’aider chacun à construire, à son échelle, de nouveaux modèles de société fondés sur l’autonomie, l’écologie et l’humanisme.

Avril 2010

Création de la Fondation Pierre Rabhi, sous l’égide de la Fondation de France, pour continuer à soutenir l’autonomie, la sécurité et la salubrité alimentaires des populations.

http://www.fondationpierrerabhi.org/

 

Par Denis CHAUTARD - Publié dans : économie - Communauté : Passeurs d'espoirs
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Dimanche 4 mars 2012 7 04 /03 /Mars /2012 19:50

 

Christophe2

 

Ce jeudi 1er mars 2012 à 20h30 salle Notre Dame à Vernon(Eure) plus de 80 personnes étaient réunies, à l’invitation de la Paroisse Saint Louis Pays de Vernon et du Service Diocésain des Relations avec l’Islam autour de Christophe ROUCOU, Prêtre de la Mission de France et Directeur du Service des Relations avec l’Islam de la Conférence des Evêques de France pour une conférence sur les enjeux du dialogue « Chrétiens Musulmans » à l’occasion du 50ème anniversaire du Concile Vatican II.

Christophe a commenté abondamment dès le début de la conférence l’encyclique du pape Paul VI « Ecclesiam Suam », encyclique publiée entre les deux sessions du Concile Vatican II et qui pour la première fois dans l’histoire de l’Eglise Catholique a posé les fondements théologiques et pastoraux de la Mission des Chrétiens comme « Dialogue » avec les croyants d’autres confessions religieuses et avec les incroyants.

Il a posé ensuite les conditions d’un vrai dialogue dont le but n’est pas d’emmener l’autre à penser comme moi mais de favoriser l’amitié, la fraternité et le « vivre ensemble » tout en étant différents de culture, de religions et de situations et en respectant ces différences.

Vous trouverez l’essentiel de l’intervention de Christophe Roucou en téléchargeant l’article paru dans Les Cahiers de l’Atelier d’Octobre – Décembre 2011 en suivant le lien ci-dessous :

 

Télécharger le texte de l’article

 

Par Denis CHAUTARD - Publié dans : islam - Communauté : Communauté spirituelle
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