Un chemin de foi

"Agir comme si tout dépendait de moi et Prier comme si tout dépendait de Dieu"
 Ignace de Loyola

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Mercredi 15 février 2012 3 15 /02 /Fév /2012 13:30

DALLOGIO

 

Aujourd’hui même, mercredi 15 février 2012, où le président Syrien Bachar Al Assad annonce un référendum le 26 février pour modifier la constitution de son pays, je vous propose un extrait d’une interview du Père Jésuite Paolo Dall’Oglio (1)  prieur du monastère Syrien  de rite Syriaque Saint Moïse l’Abyssin à 100 km au  nord de Damas, interview réalisée le 30 janvier dernier et mise en ligne sur le site Internet : http://www.oasiscenter.eu/fr/ . Le Père Dall’Ogio est menacé d’expulsion par le pouvoir Syrien et sa liberté est « très surveillée ». Cette interview est d’autant plus courageuse. Elle nous permet d’avoir l' approche d'un acteur de terrain présent depuis 30 ans en Syrie.

 

Les informations qui sortent des frontières de la Syrie nous parviennent par bribes et sont confuses. Comment pouvez-vous décrire la situation actuelle du pays où vous vivez depuis trente ans ? Où en sont les affrontements ?

Je précise tout d’abord qu’en acceptant d’accorder une interview, j’assume une certaine responsabilité à l’égard de mon engagement qui est de ne pas agir politiquement, afin d’éviter mon expulsion. Le fait que je renonce à ce silence s’explique par la gravité de la situation, qui nous oblige à faire notre possible pour pacifier le pays, dans la justice. Tout calcul en faveur d’intérêts personnels serait hors de propos. D’ailleurs, au cours des dernières semaines, l’État a décidé de laisser un espace plus grand à la liberté d’information. Je considère donc mon intervention comme une réponse positive à l’ouverture du gouvernement. J’espère que ce geste sera interprété selon son intention patriotique et solidaire et apprécié comme tel dans le cadre du développement du pays, grâce à une plus grande liberté d’opinion.

La situation reste tendue et la violence est toujours forte. Le territoire apparaît parcellé entre les zones où domine le mouvement d’opposition, à la fois pacifique et plus ou moins violent, et celles où l’État continue d’exercer un contrôle absolu et est même clairement soutenu par les populations. On trouve deux grands îlots, Damas et Alep, qui restent entièrement aux mains du gouvernement central, mais leur surface se réduit de jour en jour et l’insécurité les frappe eux aussi en profondeur.

La région montagneuse située entre la mer et le fleuve Oronte, qui va da la Beqaa libanaise jusqu’à Antioche, est presque entièrement sous le contrôle du gouvernement. En effet, cette région est peuplée principalement de minorités (qui sont nombreuses par rapport à l’ensemble du pays) musulmanes : alaouites et ismaélites, et chrétiennes : byzantines, aussi bien orthodoxes que catholiques, et maronites. Les sunnites, majoritaires dans le pays, sont minoritaires dans cette région. Ceux-ci ont figuré parmi les premiers à se soulever et espéraient probablement une insurrection générale rapide. Dans cette région, la répression a obtenu un succès important. Par conséquent, l’éventualité d’une division du pays, envisagée par beaucoup, est vraiment concrète dans cette zone. Cela redessinerait la carte du pays, avec, sur la côte, une Syrie dans l’orbite de l’Iran, comme le sud du Liban de Hezbollah, qui s’opposerait à une Syrie sunnite, dans l’intérieur des terres, rattachée au centre de l’Irak côté est et à la Beyrouth de Hariri côté ouest.

Cette vision désastreuse ne correspond pas encore à la réalité complexe du pays. La répartition des forces est équilibrée. La plupart des services de l’État fonctionnent, bien que difficilement. Une grande partie de la population demeure incapable de prendre position et conserve, de fait, une position neutre. D’autre part, si l’on exclut l’appartenance religieuse, l’adhésion populaire au pouvoir en place est encore importante, bien qu’ébranlée, entre autres à cause du fort attachement des Syriens à l’unité nationale et au refus de nombre d’entre eux de se laisser réduire à leur seule référence identitaire confessionnelle. Malgré cela, certaines zones sont désormais aux mains de l’« armée libre », même si je ne me risquerais pas à dire qu’elles le sont de façon stable.

D’une manière générale, le climat politique est confus et la sécurité laisse à désirer. On assiste à des vols, à des actes de banditisme et de sabotage, à des attentats, à des enlèvements, à des règlements de comptes, à des vengeances et à des meurtres. La violence ne cesse de s’amplifier. Même les délinquants purs et simples profitent de cette situation. Nous participons à des enterrements, trop fréquents, de personnes tuées lors d’affrontements violents ou d’attentats.
Beaucoup veulent continuer à espérer que la réforme constitutionnelle promise sera bientôt une réalité, que la présidence de Bachar al-Assad surmontera la crise et obtiendra d’organiser des élections plébiscitaires pour entamer un nouveau mandat. [….]

 

Remarque-t-on des positions diverses chez les chrétiens ?

Les différentes autorités ecclésiastiques se rangent, pour la plupart, très explicitement du côté du gouvernement. Cette position tend cependant à céder le pas à une plus grande neutralité. Comme nous l’avons dit, on peut comprendre les motifs de ceux qui redoutent de voir naître une république islamique sunnite. D’autres, en revanche, insistent davantage sur la possibilité que la révolution laisse une plus grande place à la démocratie. Toutefois, il est totalement déplacé de faire une simple distinction entre démocrates et antidémocrates, ou bien entre les partisans du régime et ses opposants. La réalité est bien plus complexe. Beaucoup de jeunes, qu’ils soient chrétiens ou musulmans, s’investissent totalement pour contribuer à faire naître une démocratie digne de ce nom en Syrie. Certains jugent que cet objectif a plus de chances d’être atteint si le régime actuel accepte d’évoluer. D’autres, qui s’engagent tout autant en faveur de la démocratie, aspirent, en revanche, à un changement immédiat, qui renversera le pouvoir en place. J’ai perçu, de façon très claire, que les positions étaient très diverses, lorsqu’il a été question de m’expulser. 6600 jeunes se sont inscrits sur la page Facebook : « Non à l’expulsion du père Paolo ! » L’opposition adhérant aux Comités de coordination a organisé un « dimanche du père Paolo », au cours duquel un mouvement de solidarité en ma faveur s’est exprimé lors de différentes manifestations dans tout le pays… y compris de la part de groupes de femmes musulmanes voilées ! Si l’on exclut la récupération politique de la chose, il est révélateur que, parmi les jeunes qui ont pris ma défense, tous étant engagés en faveur de la démocratie, on ait trouvé à la fois des partisans du gouvernement et des partisans de la révolution, et ils étaient aussi bien musulmans que chrétiens.

 

À propos de votre avis d’expulsion, qu’en est-il de votre situation ?

Il s’agit d’une vieille histoire où entrent en jeu des questions internes à l’Église locale, avec des retombées politiques, mais aussi des questions directement liées à nos vingt années de travail culturel pour l’émergence de la société civile, pour le dialogue interreligieux et l’évolution du processus démocratique, qui ont caractérisé notre action sur le terrain. Déjà, en février 2010, le parc naturel du monastère a été fermé et toutes les activités ont été suspendues, y compris les rencontres de dialogue interreligieux. En mars, comme on l’a su à l’échelle internationale, indépendamment du mouvement d’opposition en Syrie, mon permis de séjour a été bloqué. Dans la pratique, si j’avais quitté la Syrie, je n’aurais pas pu revenir. Puis, en novembre, est arrivé l’avis d’expulsion, qui n’a cependant pas été appliqué et est actuellement gelé, entre autres grâce à une vaste mobilisation en ma défense, surtout de la part de jeunes, et qui a pris de nombreuses formes. Mis à part mon cas personnel, cette histoire montre la qualité de la société syrienne, qui a agi pour défendre un symbole d’harmonie interreligieuse et de réconciliation civile.

Je me sens le devoir de proposer une intervention non-violente pour la pacification, une intervention arabe et internationale, avec la participation de volontaires locaux. En effet, je ne vois pas pourquoi Gandhi ne pourrait pas être une source d’inspiration pour résoudre le conflit syrien actuel. Je demande la formation d’un corps de 50000 « accompagnateurs » non-violents et sans armes, venus du monde entier. Je dis bien « accompagnateurs » et non observateurs car, en Syrie, beaucoup perçoivent ces derniers comme les avant-postes des invasions armées et comme des censeurs motivés par des sentiments hostiles. En Syrie, même le mot « international » a une connotation de complot et déclenche donc des réactions négatives. Il faudrait que la Syrie elle-même invite, sur proposition de l’ONU, des accompagnateurs représentant la Croix Rouge et le Croissant Rouge, des scouts, des membres de Sant’Egidio et de la Non Violent Peace Force, bref, des représentants de la société civile à l’échelle planétaire, afin d’aider la Syrie à cheminer vers la démocratie. Il n’y a pas besoin de forces armées internationales, perçues comme des forces d’occupation putschistes, motivées par des intérêts économiques et stratégiques. La violence criminelle peut et doit être combattue par la police d’État, avec l’aide de la population locale et grâce au contrôle exercé par la presse libre et les « accompagnateurs ».

Malheureusement, la partie la plus importante de la société civile, qui serait en mesure de négocier le cheminement vers la démocratie, semble de plus en plus absorbée par la polarisation et la militarisation du conflit actuel.
Ce n’est pas la première fois que je fais des propositions de ce genre. En 2001, j’avais suggéré de créer un canal de sortie d’Afghanistan pour les combattants arabes, des gens qui, pendant des décennies, avaient été engagés, y compris par les États-Unis, pour aller libérer Kaboul et que l’on découvrait soudain hostiles et terroristes. Et bien, aujourd’hui, en 2012, on parle de négocier avec les talibans, après 10 années d’une guerre féroce qui a fait tant de morts et engendré des souffrances sans fin ! En 2003, à propos de l’Irak, lors d’un jeûne public, nous avions déclaré que nous ne pouvions pas nous taire parce que le régime de Saddam Hussein était intolérable, mais nous ne pouvions pas non plus faire le choix de la guerre. Et on sait bien ce qui s’est passé par la suite.

[….]

Que faites-vous dans votre monastère ?

Au cours des mois écoulés, qui ont été difficiles, nous n’avons pas cessé de nous demander quel était notre devoir. De par notre condition de moines, nous sommes comme la corde d’un arc tendue entre la perspective eschatologique qui nous conseillerait de prier davantage et de moins parler, en contribuant à l’épanouissement spirituel des personnes, et l’incarnation dans l’histoire, qui demande le courage d’indiquer des perspectives de « libération » dans un contexte concret, tout en admettant que nos positions sont relatives. Nous avons élaboré des documents et nous les avons diffusés en ligne en différentes langues ; nous avons observé huit jours de jeûne pour œuvrer à la réconciliation, et ils ont eu un impact non négligeable dans les milieux de jeunes les plus avancés ; nous continuons à recevoir des personnes qui désirent confronter leurs idées et trouver dans le monastère un lieu de dialogue et de maturation spirituelle, en rapport avec cette époque tragique. Nous nous laçons aussi dans la production d’un fromage de bonne qualité, afin de moins dépendre de la charité internationale… Mais, surtout, nous vivons jour après jour l’angoisse de ce pays, en essayant de la transformer en solidarité et en espérance.
Je souhaite souligner un signe positif : il y a quelques jours, comme je l’ai mentionné au début de cette interview, le gouvernement a commencé à autoriser un accès plus large et pluraliste aux journalistes étrangers. Il s’agit d’un fait crucial, qui change aussi notre situation. La liberté de la presse représente une condition préalable à la réconciliation par la négociation. Si la décision de l’État se confirme, elle pourrait éviter un prolongement dramatique de la guerre. La liberté d’information permet de réduire les assassinats. […]

 

Qu’est-ce qui a déclenché les révolutions Arabes ? Pourquoi précisément en 2011 ?

Dans les trois pays nord-africains que sont l’Égypte, la Lybie et la Tunisie, le passage du pouvoir d’une génération à l’autre, de père en fils, avait quelque chose d’insupportable qui semble avoir scellé le destin de ces dictatures. Les peuples ne supportaient plus l’idée d’être traités comme une propriété privée et un objet d’héritage. L’opposition était déjà très forte. Puis, au présent insupportable est venue s’ajouter la crise économique, et je dirais même un véritable mouvement de jeunes très mûr, au développement duquel l’Europe a contribué, et depuis longtemps déjà, grâce à des institutions comme la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh et les différentes formes d’aide internationale au développement. On est ainsi arrivé au point de rupture, au bout de longues années durant lesquelles les Égyptiens ont scandé dans les rues le slogan de la pré-révolution : « kifâya ! » (ça suffit !).


Maria Laura Conte e Martino Diez

 (1)     Dall'Oglio Paolo

Paolo Dall'Oglio est Jésuite Italien, (Rome, 1954), diplômé en langue arabe à Naples et en théologie à la Grégorienne avec une thèse sur La speranza nell’Islam, il a été ordonné prêtre en 1984 à Damas selon le rite syriaque. En 1991, il a réouvert le monastère de Saint Moïse l’Abyssin en Syrie. Il est l’auteur de diverses publications de spiritualité et dialogue dont Amoureux de l’Islam, croyant en Jésus (2009). Dell’islamofilia, Jacabook 2011] et La sete di Ismaele. Diario monastico islamo-cristiano (Gabrielli 2011). Le monastère de Mâr Mûsa est dédié en particulier à l'hospitalité et au dialogue islamo-chrétien.

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : paix - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 15:12

  ST VALENTIN

Pour tous les amoureux, la fête de Saint Valentin est très populaire. On aime tous faire des cadeaux, se dire des mots doux, avoir une occasion d'avouer nos sentiments. L'amour a toujours été fêté, et cela depuis l'antiquité, si on pense aux Lupercales, les fêtes romaines annuelles en l'honneur de Lupercus, qui sont considérées comme à l'origine de la Saint Valentin. Lupercus était le protecteur des champs et des troupeaux, et la fête qui avait lieu aux environ du 14 février était consacrée à l'amour et à la fécondité. C'étaient des fêtes païennes pendant lesquelles on chantait et on dansait pour s'attirer la grâce du dieu.

 

De nombreux historiens associent l'origine de la St Valentin aux lupercales romaines célébrées le 14 ou 15 février, qui étaient aussi l’occasion de trouver un jeune homme ou une jeune femme par l'intermédiaire d'une loterie organisée à cette occasion.

Saint. Valentin, fête des amoureux

En ce qui concerne l'identité propre de St Valentin, considéré aussi le patron des amoureux, les historiens ne sont pas d'accord sur le sujet, car il y aurait 7 saints chrétiens prénommés Valentin célébrés le 14 février. Il y a plusieurs versions en ce qui concerne l'histoire de la vie de Saint Valentin. On pense que le St Valentin de l'amour, l'ami aussi des enfants, est le prêtre Valentin emprisonné et décapité un certain 14 février, parce qu'il refusait de sacrifier à leurs dieux.

On dit que les enfants, qui aimaient bien leur ami, lui passaient des messages à travers les barreaux de sa cellule. C´est peut-être l'explication des petits mots doux qu´on échange, avec des fleurs et des cadeaux, le 14 février.

D'autres considèrent que Saint Valentin, à une époque où Rome était engagée dans des campagnes militaires sanglantes, bénissait les mariages des couples interdits par l'empereur Claude. L'empereur pensait que l'amour était la cause de sa pénurie de soldats, car les hommes préféraient rester à la maison, avec leurs femmes ou leurs bien-aimées au lieu d'aller guerroyer. La légende raconte qu'avant d'être torturé et décapité un 14 février, il offrit à la fille de son gardien des feuilles rappelant la forme d'un cœur et signées « De ton Valentin ». Cette formule serait donc à l'origine des vœux présentés sur les cartes de Saint Valentin. Plus tard, afin d'honorer son sacrifice pour l'amour Valentin a été canonisé.
On dit aussi que le 14 février, les jeunes filles essayaient de deviner qui serait leur futur époux. Pour cela, elles devaient observer les oiseaux : si elles voyaient un rouge-gorge, elles épouseraient un marin, un moineau signifiait un mariage heureux avec un homme peu fortuné et un chardonneret, un mariage avec un homme riche.

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : famille - Communauté : Refaire le Monde
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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 17:18

 

diaconie

 

Dans la dynamique de Diaconia 2013, « Oser la fraternité » est le thème de la session de formation du Ceras qui se tient à Paris du 13 au 16 février 2012. Gilles Rebêche, diacre permanent du diocèse de Fréjus-Toulon, témoignera de la Diaconie du Var. Depuis bientôt trente ans, ce diocèse fait de l'attention aux plus faibles un enjeu pastoral.
 

« Notre sollicitude veut s'étendre aux plus humbles, aux plus pauvres, aux plus faibles ; comme le Christ, nous nous sentons émus de compassion à la vue de ces foules qui souffrent de la faim, de la misère, de l'ignorance ; nous nous sentons solidaires de tous ceux qui, faute d'une entraide suffisante, n'ont pu parvenir à un développement vraiment humain. » Dans une lettre de mission prononcée en novembre 1982, Mgr Gilles Barthe, évêque de Fréjus-Toulon, traçait ainsi les contours de la Diaconie qu'il avait lancée dans son diocèse quelques mois auparavant. « Mgr Barthe était l'un des pères du Concile Vatican II et portait le souci d'une Église proche des petits, témoigne Gilles Rebêche. Il avait été très marqué par le rapport Coffy et estimait que, pour être Église, celle-ci devait être communion, témoignage et service. » Gilles Rebêche, d'abord volontaire à ATD Quart Monde puis ordonné diacre permanent en octobre 1982, sera choisi pour mettre en route ce projet et cet élan pastoral dans le diocèse.
 

70 associations créées

Avec le temps, la Diaconie se déploie et s'organise. A partir de 1984, marquée du « statut canonique », elle est juridiquement portée par l'association diocésaine - de fait, les actions initiées à la suite engagent le diocèse, puis placée sous la coupe d'un comité épiscopal de la Diaconie présidé par l'évêque depuis 2001. Les années suivantes, des projets sont mis en place et des structures associatives sont créées. Elles touchent à différentes problématiques (santé, migrant, prison, etc.). « Il est difficile d'être uniquement dans les intentions lorsqu'on aborde le champs de la solidarité, juge le diacre également délégué épiscopal à la solidarité et à la pastorale du deuil. Sans œuvres, il est dur d'être crédible ! » Dans le Var, la concrétisation de ce projet de pastorale sociale compte plusieurs réalités : un centre diocésain ; la Communion Saint Lazare, groupe de fidèles laïcs associés aux questions du deuil ; et une trentaine d'associations toutes liées à l'Église et regroupées au sein de l'union diaconale du Var (UDV) afin de créer une vie de réseau et mutualiser les compétences. « On y trouve des chrétiens, des gens présents au titre de leur engagement personnel, militant. Le brassage fait l'originalité de la Diaconie, ce n'est pas qu'un truc entre cathos », apprécie Gilles Rebêche.
 

Une couveuse de projets

« La Diaconie fait maintenant partie du paysage diocésain », constate avec satisfaction le diacre. Depuis 1982, 70 associations ont été créées et 30 sont encore membres de l'union diaconale. Les autres ont pris leur autonomie. « La Diaconie a vocation à être une couveuse de projets, souligne Gilles Rebêche. Elle doit pouvoir stimuler et passer le relais tout en gardant des lieux signifiants. »
L'action engagée par Mgr Barthe a aussi fait des émules en dehors du Var. Pontoise, Nanterre, Tulle, Saint-Brieuc et Tréguier, etc. comptent parmi la dizaine de diocèses à s'être inspiré de l'initiative. « La Diaconie du Var ne souhaite pas se donner en exemple, mais elle est une belle intuition que nous sommes heureux de partager, tempère Gilles Rebêche. Elle s'inscrit dans la longue tradition de l'enseignement social et témoigne de la dimension incontournable de partage avec le pauvre. Elle interroge sur la question du sens du lien social. Elle est là pour rappeler : "Qu'as-tu fait de ton frère?"» (Genèse 4, 9-10).
 

 

Opération grand froid avec la Diaconie du Var

L'hébergement s'est effectué dans une salle paroissiale du centre ville puis au CCAS de Toulon. Une action possible grâce à l'association Sichem, créée en lien avec la Pastorale des Migrants, qui accompagne ces Roms tout au long de l'année. Mais aussi en partenariat avec le Secours Catholique, qui a recruté un médiateur Rom du diocèse de Blaj (Roumanie) et le Samu social qui assure les repas du soir. « Une belle illustration de cette mise en réseau pour servir la fraternité! commente Gilles Rebêche. Un musicien Rom sort son accordéon pour fêter l'évènement de la mise à l'abri! C'est une image d'Eglise qui accompagne, stimule, encourage, mais ne fait pas « à la place de » ! Une façon de dire la diaconie ! »

 

par Stéphane Laforge

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : diocèse - Communauté : L'Evangile à Hauteur d'Homme
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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 11:39

 

fraternite01

Permettez-moi donc quelques réflexions d'un athée sur la fraternité humaine.

Ce site (Dialogue-Abraham) se place sous l'Egide d'Abraham père des croyants des trois religions du Livre. Un athée ne saurait sans discussion se placer sous une telle égide. Bien que les athées européens ne puissent ignorer les apports essentiels des religions du Livre dans la civilisation qui nourrit leur pensée, bon nombre d'entre eux veulent renier cet héritage et se situer dans une optique radicalement opposée. Je n'ai pour ma part, pas de mauvaise réticence à accepter une partie de cet héritage, parmi d’autres. Fils perdu, peut-être, mais fils d'Abraham quand même, j'assume et ne renie pas mon éducation : mes interventions sur ce forum peuvent en témoigner.

C'est cependant plus volontiers sous la lignée d'Adam que je me placerai ma réflexion. Dans tous ses débats d'idées et échanges religieux, qu’avons-nous de commun, vous croyants et moi athée ? Il est souvent question de l'amour de Dieu et de son corollaire, l'amour de ses créatures, nos frères. La source de l'amour entre les hommes, pour vous, se situe dans l'amour de Dieu et dans le respect de son commandement à cet égard. Pour moi cette source est inexistante: que reste-t-il dès lors ? […)

Une seule chose en moi a résisté à toutes les critiques, c'est le sentiment de la fraternité humaine. Sentiment qui en tant que tel pourrait sembler, et semble d'ailleurs à pas mal d'aigris et de blessés de la vie, illusoire. Certains osant même sortir en public une aberration, à savoir qu'ils aiment mieux les animaux que le genre humain !!! Ce n'est pourtant pas une illusion, c'est une prise de conscience. Une prise de conscience très profonde que rien de ce qui se trouve en moi, rien de ce qui fait le fonds de moi-même, le plus profond de ma personnalité (bonne ou mauvaise), n'est étranger à l'apport constant, direct ou indirect , passé ou présent, de mes frères humains (aimés ou non).

Déjà sur le plan génétique, c'est une évidence incontournable. Le lien très puissant qui me lie à mes parents, que sans lequel je ne serais rien, que cela me plaise ou non, me lie de ce même fait à toute la lignée humaine jusqu'à Adam, notre père à tous. Nous sommes faits de la même chair, nos réactions et nos sentiments sont semblables, seul des accidents historiques nous séparent. Les recherches scientifiques les plus récentes renforcent encore puissamment ce constat, qui n'a rien d'une émotion illusoire. On pourrait aussi étendre la réflexion sur les animaux, mais ce n'est pas mon propos ici.

Mais de façon encore plus significative notre fraternité éclate avec évidence sur le plan spirituel à travers notre langage, notre éducation, nos idées, notre culture, notre civilisation. Et là encore il ne s'agit pas d'une illusion sentimentale, mais d'un constat bien concret. Que serais-je sans mon langage ? J'utilise les mots de mes frères, j'utilise leur grammaire, ces paroles que je fais miennes sont les leurs. Ces sentiments de justice ou d'injustice ne se conçoivent même pas sans mes frères,. Je n'existe pas sans mes frères, je suis construit, entièrement, que cela me plaise ou non, par eux. La conscience même de ma différence de mon « moi » est impossible sans l'Autre. La révolte que d'aucun peuvent ressentir contre la société, sentiment auquel certains sont très attachés car ils s'identifient à elle, est impossible sans la société, et directement marque des autres en eux. L'autre, mon frère, mes frères, sont en moi, indissociablement liés en moi. Mépriser ou haïr l'humanité, c’est ce haïr soi-même.

J'en suis ainsi venu à la prise de conscience au plus intime de moi-même que mon identité est indissociable de la fraternité humaine et que porter atteinte à autrui, à ses biens, à sa dignité, c'est porter atteinte à moi-même. Cela n'implique pas des illusions cependant sur la fraternité; Caïn n'a-t-il pas tué Abel ? Mais la suite de la légende montre combien il s'est lui-même détruit par son geste.

Cette prise de conscience justifie sur un fondement rationnel, une vision plus « idéaliste » de la fraternité humaine, que d'aucuns appellent humanisme. Les idéologues athées en restent cependant souvent au niveau conceptuel. L'action d'amour est plus rare. Dès lors au mot humanisme, en lequel je flaire une certaine idéologie de la dignité humaine ( et des « droits de l'homme ») plus sujette à mes critiques, je préfère la notion de fraternité, bien plus proche à la fois de mon ressenti et de mes constats. Dans ce ressenti aussi, ce terme me rapproche des croyants les plus sincères, dont l'action essentielle tourne autour ce cette notion, par amour pour leur Dieu.

Je constate en moi maintes défaillances personnelles en ce chemin que je veux parcourir.
Donc même sans croire en Dieu, je reçois volontiers bien souvent de leur part des leçons en ce domaine, car ils m’aident à revenir au meilleur de moi-même (encore la fitra, diraient les musulmans).
C'est une des raisons de ma présence parmi vous, et des remerciements que j'ai à vous donner.

Yahia/Belgique

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : paix - Communauté : Passeurs d'espoirs
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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 20:54

Notre ami Roland Wacogne, d'Evreux, pilote expérimenté de parapente et compétiteur national a mis sur Internet cette vidéo réalisée à partir d'une caméra embarquée pour nous permettre d'apprécier ce vol extraordinaire réalisé au dessus de Quittebeuf (Eure ) ce dimanche 12 février 2012. Vous apprécierez comme moi la musique, les images et l'exploit  sportif

 

Par Denis CHAUTARD - Publié dans : jeunes - Communauté : Passeurs d'espoirs
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Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 11:50

CAN-2012 

 

Depuis le samedi 21 janvier, et jusqu’au 12 février prochain où la Côte d'Ivoire et la Zambie joueront la finale, le Gabon et la Guinée équatoriale abritent la 28ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). La plus importante compétition internationale de football en Afrique. L’Église du Gabon a choisi de placer cet évènement sportif sous la protection de Dieu. Elle a ainsi délivré une exhortation dans laquelle elle invite à vivre la compétition comme une occasion de rencontre et de dialogue. Mgr Patrick Nguéma Edou, vicaire général de l’Archidiocèse de Libreville, au Gabon, a présenté cette exhortation qui souligne l’importance du sport. Il rappelle quels peuvent en être les bienfaits :

« Au cours de cette célébration interreligieuse nous nous unissons, comme un chœur grandiose, pour exprimer à travers la prière, le chant, le mouvement, un hymne de louange et d'action de grâce au Seigneur. C'est l'occasion propice pour rendre grâce à Dieu pour le don du sport, dans lequel l'homme exerce le corps, l'intelligence, la volonté, en reconnaissant dans ces capacités tout autant de dons de son Créateur.

Le sport revêt aujourd'hui une grande importance, car il peut favoriser chez les jeunes l'affirmation de valeurs importantes telles que la loyauté, la persévérance, l'amitié, le partage, la solidarité, la fraternité.
Ce sont là des défis que notre Société à le devoir de relever. Car notre Vivre ensemble en a besoin.
Le sport s'est diffusé dans tous les lieux du monde, dépassant la diversité de cultures et de nations.

La responsabilité des sportifs dans le monde est grande en ce qui concerne la dimension planétaire prise par cette activité. Nous sommes appelés à faire du sport une occasion de rencontre et de dialogue, au-delà de toute barrière de langue, de race, de culture, de religion. En effet, le sport peut apporter une contribution valable à l'entente pacifique entre les peuples et contribuer à l'affirmation dans le monde de la nouvelle civilisation de l'amour.

En accueillant ce grand rendez vous de la CAN, nous sommes invités, tous et chacun, à un sérieux chemin de réflexion et de conversion.

Le monde du sport peut-il s'abstenir de ce providentiel dynamisme spirituel? Non! Au contraire, l'importance que le sport revêt aujourd'hui invite précisément ceux qui y participent à saisir cette opportunité pour effectuer un examen de conscience. Il est important de remarquer et de promouvoir les nombreux aspects positifs du sport, mais il faut également se rendre compte des situations illicites auxquelles il peut conduire.

Les potentialités éducatives et spirituelles du sport doivent conduire les croyants et les hommes de bonne volonté à s'unir de façon ferme pour combattre tout aspect déviant qui pourrait s'y insérer, reconnaissant par là un phénomène contraire au plein développement de la personne et à sa joie de vivre. Tous les soins sont nécessaires pour protéger le corps humain de tout atteinte portée à son intégrité, de toute exploitation, de toute idolâtrie.
[…]

 Nous sommes donc invités à quitter nos peurs, nos peurs de l’autre qui se manifeste dans le racisme, le tribalisme, la xénophobie et toutes autres formes d’exclusion. Cette même peur est bien source de violence, et donc ne peut que être une menace pour un meilleur vivre ensemble.

Par ce rendez vous de la CAN, nous avons à construire notre vivre ensemble est à travers de nouveaux espaces de socialisation. Ceux-ci doivent être des lieux privilégiés par lesquels nous pouvons transmettre une réelle capacité de comprendre et d’accepter la diversité. Une occasion de découvrir et d’apprécier, d’acquérir et de développer une manière d’être et de raisonner qui favoriseront une civilisation de l’amour ou l’homme n’est pas un loup pour l’homme, mais ou Dieu est une bénédiction pour tous.

Célébrons par la CAN la fête de la rencontre et devenons des Semeurs de la paix et de l’amour dans un monde fraternel. »

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : pays du monde - Communauté : Passeurs d'espoirs
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Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 14:56

 Sans-Abri

 

Depuis plusieurs jours, les médias répètent : "Le mercure indique moins dix. Mais il fait beaucoup plus froid au ressenti." L'indicateur scientifique, aussi nécessaire soit-il, ne suffit donc pas. Une réalité n'est pas seulement objective. Sa perception physiologique, psychologique et sociale est à prendre largement en considération. Des gens meurent de froid encore, aujourd'hui, chez nous ! Ce qui est vrai du choc hypothermique l'est aussi évidemment de la crise. Ô combien! Les êtres humains ne sont pas des statistiques anonymes. Leur "ressenti" traduit la cruelle épreuve de la précarité.
Sans doute est-ce pour cela que Diaconia 2013 connaît un large écho dans les communautés chrétiennes.
Plus que jamais, il faut prendre au sérieux le ressenti de ceux qui souffrent. Y discerner un appel sans précédent à la solidarité. Au nom d'un évangile que jamais la détresse du frère n'indiffère. Il est urgent de convertir en valeurs positives le mercure d'une fraternité dont le ressenti sera le plus durable possible.
 
Mgr Bernard Podvin
Porte-parole des Évêques de France

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : politique - Communauté : Praedicatho
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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 15:23
 OPCR
Paris: La création en France de l’Observatoire du Pluralisme des Cultures et des Religions (OPCR) est saluée par le réseau "Chrétiens de la Méditerranée", une organisation parrainée depuis sa fondation par Pax Christi, l’Œuvre d’Orient et l’Institut catholique de la Méditerranée. La constitution définitive de l’OPCR, son organisation, ses méthodes de recueil et de traitement des observations seront détaillées dans la seconde quinzaine de mai.

L'ONG "Chrétiens de la Méditerranée", présidée par le journaliste Jean-Claude Petit, se veut au service de l'information et la formation, du dialogue et des partenariats entre les chrétiens de l'espace méditerranéen. Le projet, soutenu également par l'Œuvre d'Orient, a été présenté au Sénat français le 31 janvier 2012 lors d'une rencontre placée sous le haut patronage du président du Sénat, Jean-Pierre Bel, et du sénateur des Yvelines, Gérard Larcher, en présence du ministre de la Coopération, Henri de Raincourt, ainsi que de nombreuses personnalités du monde politique, économique, culturel et religieux.
L'annonce d'un soutien financier du Ministère français des Affaires Etrangères a constitué la toute première étape du processus de lancement de cette nouvelle et importante structure associative. De son côté, Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l'Œuvre d'Orient, rappelle que si l'Œuvre d'Orient est une œuvre d'Eglise et n'a pas, comme telle, une action politicienne, elle ne peut toutefois se désintéresser de la question du respect du pluralisme, de la citoyenneté, des droits de l'Homme dans le contexte incertain du Proche et Moyen-Orient. "Elle est donc heureuse d'apporter son appui à la création de l'Observatoire du Pluralisme des Cultures et des Religions au service des droits de l'homme", souligne-t-il.
Observatoire du Pluralisme des Cultures et des Religions, 179, rue de Tolbiac 75013 Paris, association.pcr@gmail.com

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : paix - Communauté : Passeurs d'espoirs
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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 09:30

lamour du prophete a loccasion du mawlid

 

Le Mawlid (mouloud) (en arabe : المَوْلِد النَبَويّ [al-mawlid an-nabawîy], la naissance du prophète) est la fête musulmane qui commémore la naissance du Prophète Mahomet.

Elle se célèbre pendant généralement le jour proprement dit qui est fixé le 12 du premier mois de Rabi` (
رَبيع الأَوَّل [rabī` al-awwal], le premier printemps), troisième mois de l'année musulmane.

Sens de la fête de Mawlid : Mohammed est né à La Mecque, an 570 ap.J.C. La célébration de la naissance du Prophète n’était pas connue dans les premières années de l’Histoire Islamique. Cette fête a été instituée au XIème siècle en Égypte. Certains la considèrent comme une innovation. Maintenant c'est une fête nationale dans la plupart des pays arabes.

Célébration de la fête de Mawlid L'anniversaire de la naissance du prophète se fête par des processions, des conférences et des récits sur la vie du Prophète. C'est aussi, en Algérie et en Afrique, une grande fête populaire qui anime de gaieté, de lumières et de chants tout un quartier jusqu’à l’aube."

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : islam - Communauté : Passeurs d'espoirs
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Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 09:38

  Ordination Grenoble

 

Voici un extrait de l’homélie de mes vingt ans d’ordination, le 31 janvier 1998 en l’église de Vernonnet :

« Le ministère de prêtre est pour moi une passion pour la Bonne Nouvelle de l’Evangile ; pour  l’Evangile à hauteur d’homme comme on aime dire à la Mission de France et  une passion pour l’Homme : Croire que nous sommes aimés  et que c’est l’Amour qui nous fait vivre.

 

Prêtre n’est pas un métier, même si cela réclame des compétences multiples, dont nous découvrons qu’elles nous font souvent cruellement défaut. Prêtre c’est d’abord une passion. Une passion comme celle des artistes ou des chercheurs, des amoureux, des voyageurs ou des ermites : La passion de ce qui est neuf, de ce qui commence – Le prêtre n’est pas un croque-mort ou un fossoyeur ; pour moi le prêtre est un accoucheur, un passionné de la naissance. Mais pour voir la pointe du jour, il faut accepter de traverser la nuit . Pour voir percer la vie au printemps, il faut s'engager à passer l’hiver. Pour découvrir les premières traces d’humanité, il faut consentir à les chercher au milieu des galères  (et de bien des douleurs d’enfantement) de notre monde !

 

Le prêtre est un accoucheur d’Eglise. Et la vocation de l’Eglise c’est d’être le printemps, le printemps de la Parole de Dieu ! Oui je crois que l’Eglise a pour mission d’enfanter la Parole de Dieu, Parole de vie. Et l’Evangile est une naissance, un commencement. Ce n’est pas par hasard que les deux premiers mots de l’Evangile de Jean sont «au commencement » !  Mais attention, à tout instant tout peut basculer : l’Eglise peut devenir une mère acariâtre, possessive, jalouse :  C’est alors que la parole de vie devient lettre morte quand nous l’enfermons, comme les pharisiens, dans un code, des interdits ou des faux-semblants. Au contraire l’Eglise peut donner la vie, ouvrir une route à l’Esprit : l’Esprit qui fait de nous des hommes libres, affranchis de l’esclavage des idoles, du vertige du néant ou de la peur de vivre !... »

 

Aujourd’hui je remercie le ciel de garder « vive » en moi cette « grâce » des commencements !

 

 

Par Denis CHAUTARD - Publié dans : foi - Communauté : L'Evangile à Hauteur d'Homme
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