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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 05:37


Carême
envoyé par DChautard. - L'info internationale vidéo.

 

Un petit message à l'occasion du « Carême » dans lequel nous entrons ce mercredi 9 mars 2011 :

Il y a peu de temps, un enfant du catéchisme de l’école Saint Adjutor à Vernon me disait  « Car-Aime » ça veut dire « Aime » car « le Carême c’est le temps pour apprendre à aimer » !

Je me suis dit : c’est vrai ! «  la vérité sort de la bouche des enfants ». Je n’avais jamais imaginé que dans « Carême » il y avait « Aime » et puis, en réfléchissant je me suis dit : « c’est pas mal ça !  En effet, si l’on observe la vie de Jésus on constate que juste après son baptême, Jésus fut conduit au désert pendant quarante jours, quarante jours pour « apprendre à aimer » justement, apprendre à donner sa vie, apprendre à résister aux tentations du pouvoir, de la suffisance, de l’orgueil,  et pour se faire le serviteur de tous. Carême : quarante jours pour apprendre à aimer !

Observons le Peuple d’Israël libéré de l’esclavage d’Egypte : il lui a fallu quarante ans pour prendre possession de la Terre Promise et surtout se déposséder de ses idoles : apprendre à aimer le vrai Dieu, apprendre à « s’aimer les uns les autres », se libérer du mal là encore !

Notre vie est trépidante et nous courrons sans cesse d’une chose à l’autre sans savoir très bien d’ailleurs après quoi nous courrons, notre vie trépidante nécessite que nous sachions faire un « break », que nous arrêtions de courir, que nous prenions le temps d’aimer et d’apprendre à aimer !

On dit que quarante ans c’est l’âge de la maturité, c’est aussi l’âge de l’épreuve pour valider la direction que prend notre vie.

Il y a un certain nombre d’années derrière nous, des choix que nous avons faits et ces choix il faut pouvoir les assumer !

A quarante ans c’est un peu la période de l’épreuve, la période de la crise, mais aussi la période où l’on fait le point sur sa vie.

Chaque année l’Eglise nous propose ce temps du carême pour faire le point, savoir où nous en sommes sur cette boussole de notre vie qu’est l’Amour.

Est-ce que nous allons vraiment vers les autres ? Est-ce que nous sommes en train de sortir de notre coquille, de nos peurs ? Est-ce que nous sommes en train de nous libérer de nos enfermements, de notre orgueil, de notre égoïsme ? Est-ce que nous sommes en train d’aller vers les autres ou bien de nous replier sur nous-mêmes ?

Voilà la question qui nous est posée chaque année  pour nous préparer à ce temps de Pâques où Jésus donne sa vie pour nous et pour la multitude, temps de Pâques où la surprise, la « divine surprise » c’est que Dieu s’est fait « tout aimant », s’est fait serviteur, s’est fait l’un de nous et qu’il donne sa vie pour nous.

Peut-être faut-il préciser ce que veut dire « aimer », aimer à la suite de Jésus parce que c’est un mot suffisamment galvaudé et qu’il prend bien souvent une signification éloignée de celle de l’Evangile.

La première chose que je lis dans l’Evangile à propose d’Amour, c’est « n’ayez pas peur » !

Au matin de Pâques, Jésus lorsqu’il rejoint ses disciples les invite à chasser la peur pour être capables d’aimer.

Sortir de nos prisons, de nos prisons intérieures, nous libérer de nos paralysies, de tout ce qui nous empêche d’aller vers les autres. « N’ayez pas peur ». Pour pouvoir aimer il faut chasser la peur et se libérer.

La deuxième chose que je vois dans l’Evangile c’est que pour pouvoir aimer il faut accepter de prendre des risques et le premier des risques c’est tout simplement accepter de ne pas être aimé en retour. A l’Amour que nous lui donnons l’autre ne répond pas par l’amour et c’est peut-être là l’expérience humaine la plus difficile.

Aimer gratuitement, aimer sans espoir de retour.

Lorsqu’on aide un « sans papier » à obtenir un titre de séjour, lorsqu’on héberge quelqu’un qui est en grande détresse, lorsque l’on donne de son temps à quelqu’un qui en a besoin, l’autre ne va pas pour autant nous remercier, nous rendre, en retour ce que nous lui avons donné. Apprendre à aimer gratuitement, prendre ce risque là, c’est certainement aimer à la manière de Jésus dans l’Evangile.

Et puis, parmi les risques que nous prenons, il y a celui d’être bousculé, d’être dérangé dans notre « façon d’être », dans nos repères et dans notre foi elle-même !

Aimer c’est donner notre confiance à l’autre que nous ne connaissons finalement pas tant que cela pour lui permettre de s’épanouir, de découvrir son bonheur, de découvrir qui il est. C’est faire route avec lui en lui donnant ce que nous sommes sans présupposer de ce qu’il peut être – ce qui veut dire prendre le risque de faire un bout de chemin avec l’autre en nous laissant bousculer, en nous laissant transformer.

Aimer c’est avoir « foi » en l’Autre, lui faire confiance.

C’est, peut-être, ça la principale valeur de l’Amour, ce que Jésus donne à ceux qu’il rencontre, dans l’Evangile

 

Bonne route vers Pâques !

 

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Published by Denis CHAUTARD - dans foi
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