Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Journal de Denis Chautard
  • Journal de Denis Chautard
  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
  • Contact

Recherche

Articles Récents

13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 12:00

FLeguay

François Leguay est né le 31 mars 1931 à Dreux (Eure et Loir). Il est mort le 9 mai 2013 à la clinique Mathilde de Rouen (Seine Maritime).

Il a fait ses études secondaires à Rouen. Lors d’un camp de la JEC, son aumônier se fit l’écho de ce qui se passait à la Mission de France et l’idée d’être prêtre de cette manière prit naissance.

Après le service militaire, il entra au séminaire de Pontigny à la rentrée de 1954. On venait tout juste de promulguer la nouvelle constitution apostolique. Roland Vico et François Bon se souviennent qu’il était chargé du verger, se levant la nuit pour allumer quelques chaudrons quand le gel menaçait la floraison des pommiers. L’été, il fit de nombreux stages dans les équipes rurales de Treignac, Cerisiers, Villiers St Georges, Castillonnès.

 

Ordonné prêtre le 29 mai 1960, il fut envoyé à Auxon, dans une paroisse rurale l’Aube où il travailla comme journalier agricole. Puis il rejoint l’équipe d’Ambleuny dans l’Aisne où il fut employé comme mécanicien agricole. Il était chargé du lien avec les exploitants au sein du mouvement « Chrétiens en Monde Rural ». Manifestant un grand intérêt aux enjeux de son développement, il chercha à être davantage présent dans le tertiaire agricole, et la Mission lui proposa de rejoindre l’équipe d’Evreux en 1971.

 

François note combien sa recherche a été difficile, car les patrons étaient très réticents pour embaucher des prêtres. Ce fut l’échec à la Chambre d’agriculture, comme aux centres de gestion. Il finit par trouver un emploi au Crédit Agricole, d’abord à la gestion du parc automobile, puis aux services généraux d’équipement, enfin à la direction de l’imprimerie, où 35 personnes travaillaient à la production des chéquiers pour toute la Normandie.

Membre de l’équipe de Nétreville pendant ces quinze années, il s’est surtout investit dans ses responsabilités professionnelles, ayant le souci de favoriser la formation des personnes, à partir de leurs tâches et des machines utilisées. En 1988, le Crédit Agricole mit en vente l’imprimerie, et il fut licencié comme une vingtaine d’autres employés, malgré une longue bagarre syndicale.

 

« Dans le ministère, j’ai voulu privilégier l’importance d’être homme parmi les hommes,  « l’être avec ». Je me reconnais dans le récit des pèlerins d’Emmaüs. La foi ne peut être transmise sans faire ensemble, sans dialogue, sinon le signe de celui que nous portons n’est pas reconnu. En survalorisant la mission du prêtre nous sommes trop souvent restés cléricaux. Nous avons vécu sous le régime d’un effectif nombreux. On pouvait s’enfouir. Mais avons-nous pris acte du retournement nécessaire, à savoir l’importance de promouvoir la responsabilité des laïcs ? Cela suppose un retrait souvent perçu, malheureusement, comme un abandon de pouvoir et une remise en cause de l’identité de curé. »

           

            A 57 ans, François a peu de chance de trouver un travail, il cherche à se réorienter. L’évêque d’Evreux, Jacques Gaillot, lui propose un contrat de quatre ans pour accompagner les communautés chrétiennes d’Evreux sud, qui n’ont plus de curé.

« Ce fut nouveau pour moi. D’une tâche professionnelle de direction, je passais à un accompagnement de laïcs responsables d’un service d’Eglise. Cela demandait d’être plus en retrait. En acceptant une charge paroissiale d’accompagnement, j’ai découvert une autre réalité de cet « être avec » : accompagner les communautés chrétiennes. »

            Il pris goût à cet accompagnement, et s’impliqua dans la formation permanente du diocèse, chargé de l’initiation à la lecture de la Bible. Il entrepris alors de commencer un certificat d’études bibliques à Paris.

            C’est à ce moment qu’André Lacrampe, alors prélat de la Mission de France, l’appela comme gestionnaire de la Maison de Fontenay, puis en 1994 comme économe diocésain et chancelier. La maison de Fontenay avait un grand besoin de remise aux normes, qu’il analyse avec lucidité. Il s’investira dans la réorganisation des tâches et des rôles, notamment avec René Santraine. La situation conduit à envisager une maison aux dimensions plus modestes, plus en rapport avec les moyens et les besoins de la Mission de France. Il mena à bien l’opération de transfert à la maison du Perreux en 1997.

 

            En 1998 il retrouve Evreux où le père Jacques David lui confie la zone pastorale d’Evreux Nord. Une Eglise qu’il connaît bien, éprouvée par l’affaire « Gaillot ». Il y retrouve de fidèles compagnons d’équipe : Jean-Marie Vermelin, André Blervaque, Jean et Monique Goujard. Sans méconnaître les besoins des paroisses et des mouvements il tient à sauvegarder dans le temps de la retraite la disponibilité nécessaire à la présence aux milieux étrangers à l’Eglise et à la foi. Il se sent à l’aise avec les orientations dégagées par le synode d’Evreux : responsabilités des laïcs dans les communautés chrétiennes, effort de formation et de développement du diaconat. Avec l’exemple de Jean Goujard, et Max Dubois, il apprécie une Eglise qui met en valeur la place du diaconat. Ministres ordonnés, mariés, au travail, ils portent un témoignage :

            « Repérables dans les communautés chrétiennes, ils n’y prennent pas pour autant la place des prêtres. Ensemble nous veillons à ce que l’équilibre entre leur visibilité dans les communautés chrétiennes et l’accomplissement de leur mission propre soit sauvegardé. Pour nous, équipe CMdF d’Evreux, travailler avec des diacres, c’est élémentaire, on ne saurait plus s’en passer. »

 

Discret et travailleur consciencieux, François nous a laissé peu d’écrits. Malgré la maladie il espérait toujours être utile à la vie de la Mission de France. Terminons par cette prière qu’il nous a laissée :

 

« Je semble souvent tenir un discours pessimiste. C’est en surface.

Je me dis que la situation actuelle est une épreuve et une grâce.

Je mets ma confiance en quelqu’un : Dieu, Père, qui est toujours à l’œuvre, toujours créateur.

Il me fait toucher du doigt que nous sommes de petits instruments, alors que je pensais qu’avec nos belles théories, nos certitudes, notre dynamisme nous allions faire des merveilles…

Malgré les apparences, nos apparences, Dieu est à l’œuvre en ce monde.

C’est-à-dire dans la conscience des hommes, et nous sommes aveugles sur ce travail.

Et pourtant, il se fait. C’est ma foi et mon espérance.

Je ne cherche pas à prendre la place de Dieu, ni celle de son Fils. Je lui demande simplement

qu’il m’aide, par son Esprit, à trouver ma place. C’est peut être ça aussi la paix du Christ. »

 

 

+ Yves Patenôtre, et l’équipe épiscopale de la Mission de France

 

Ses obsèques seront célébrées   Mercredi 15 mai  2013

10h30 à l’église Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus

Evreux – Nétreville

Il sera inhumé dans le cimetière de Menneval (27)

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Denis CHAUTARD - dans diocèse
commenter cet article

commentaires

aisne 10/08/2014 14:17

François , qui marqua toute notre jeunesse , homme de conviction , homme de coeur , tenant a étre proche des gens , l'Abbé Pierre a dit sur ma tombe je voudrais qu'il soit écrit : j'aurais essayé d'aimer les autres , ceçi est aussi valable pour lui , l'etre humain le passionnait , il observait , écoutait , analysait mais avais la sagesse et l'élégance de ne pas juger .Homme d'écoute , homme de coeur , il savait rassembler les gens .Il restera dans nos coeurs a jamais .

Paul MAGNAN 14/05/2013 22:01


Merci pour ce bel hommage à François Leguay. Je l'ai connu lors de notre arrivée à Evreux en 1989/1990 alors que j'étais membre du comité national de l'ACO (Action catholique ouvrière) qui se
réunissait à la MdF à Fontenay sous Bois. Puis nous nous sommes croisés sur le diocèse d'Evreux.


Je garde de Francois le souvenir d'un homme aimable, au sens fort qui aime et qui se fait aimer, simple, profondément humain. Je sais qu'il était très apprécié par les amis du monde rural.


Son témoignage du "vivre avec", du compagnonage et de l'accompagnement des communautés mérite dêtre plus connu alors que le modèle du prêtre "gouverneur" est assez présent...


Paul Magnan, Evreux, membre de l'ACO

anne marie 13/05/2013 16:11


et oui je ne connaissais pas ce monsieur,mais derriere un sourire une main qui soutient,alors dieu veut que nous le connaissions ainsi


j'ai une grande chance de connaitre yvontibbal pretre ouvrier a la retraiteet aumonier de prison,parfois dans les
situations de grandes detresses morale,il faut savoir deceler un appel au  secours dommage que les pretres ouvriers sont rares