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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 21:29

 Pascal

 

Notre ami Pascal Brémaud, prêtre Lazariste a rendu son dernier souffle le 4 novembre 2011, à Saint- André de l'Eure.

La célébration de ses funérailles a eu lieu en l'église de Saint-André de l'Eure, le jeudi 10 novembre 2011.

En mémoire de Pascal je vous propose ces extraits de l’homélie du père Elie DELPLACE, provincial des Lazaristes lors des funérailles de Pascal (Eglise d’Evreux n° 21 du 28 novembre 2011)

 

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau…... »

 

 « Et j'ai dit : « toute mon assurance a disparu avec l'espoir qui me venait du Seigneur... ». Et comme en écho à ce passage du livre des Lamentations, il y a le dernier message que Pascal nous a laissé : « Pardon, mais mon corps ne répond plus à toutes les sollicitations... Tout m'est devenu insupportable... Je ne vis plus intellectuellement, spirituellement, moralement. Je ne ressens plus rien devant un cadeau, devant une parole d'encouragement. Je ne ressens plus rien devant la tristesse ou la plainte des autres. [...] Je suis trop fragile pour être à la hauteur de tout. Je préfère partir maintenant ! ».

Au cœur de la crise, alors que la tentation est grande de nous laisser entraîner par nos griefs et nos questions, laissons le regard du Christ changer notre regard.

Alors que Pascal semble avoir été emporté par le non-sens qui fait tant de victimes dans notre société contemporaine, est-il possible de laisser résonner au plus profond de notre vie l'appel de Jésus ? « Venez à moi, vous qui ployez sous le poids du fardeau. » Lui qui a été jusqu'au bout de notre condition humaine, serait-t-il sourd au cri de Pascal qui l'a cherché avec passion durant son trop court passage parmi nous ? Nous n'avons pas d'explications toutes faites. La Foi n'est pas de cet ordre. Nous sommes placés face au drame de la liberté humaine et plus encore le mystère d'une rencontre. Oui, je dis bien mystère d'une rencontre ! Lors du décès du père Gérard, au tout début de la mission dans la vallée de l'Andelle, Pascal qui se trouvait en stage dans la communauté écrivait : « Cet événement m'a fait prendre conscience de notre fragilité et de notre dépendance au Seigneur «seul Maître de la moisson » dont nous sommes les simples ouvriers.» [...]

Pascal avait choisi d'engager toute sa vie sur les pas du Fils. « Toujours en émerveillement devant les découvertes », « homme de prière, exigeant envers lui-même [...], régulier, fidèle ». Il manifestait une capacité d'indignation qui ouvrait le chemin de la Mission. « Pascal est simple. [...] Il est chaleureux. Il a un contact facile et se met facilement à l'écoute des gens. [...] Il est passionné par la vie des personnes qu'il rencontre et sait mettre en œuvre un dynamisme missionnaire pour accompagner tous ceux qui le souhaitent. » « Il regarde, il observe, il réfléchit. Il écoute ». Le curé qui l'avait eu en stage durant ses études à Paris poursuivait encore: « Par quelques remarques de sa part, j'ai pu voir que c'est un homme d'Église, ouvert, hostile à tout repli sectaire ; un homme d'aujourd'hui qui aime ce monde à évangéliser. » Il y avait également les témoignages de laïcs qui avaient travaillé avec lui, retenons-en deux qui offrent une signification particulière : «Il aime entraîner vers Dieu, en s'effaçant lui-même. Il offre l'élan et le pont pour traverser mais il ne s'approprie pas le rôle du « meneur ». Et l'autre, en distinguant ce qu'il est pour nous et surtout pour le Seigneur, d'ajouter : « Là comme ailleurs, on peut, je pense, compter sur sa disponibilité, son ouverture et la profondeur de sa Foi pour «porter la Bonne Nouvelle », même si, en dernier ressort, c'est une affaire à régler entre le Seigneur et lui. A charge pour nous de l'entourer de notre amitié et de prier avec lui. » [...]

Enfin reviennent à l'esprit ces mots de l'évêque auxiliaire de Lille, lors de l'ordination diaconale de Pascal à Bondues : « Respecter Dieu, c'est d'abord l'aimer pour lui-même, pour ce qu'il est. C'est le considérer comme un proche et non comme quelqu'un qui serait étranger à nos vies. A ce proche nous aimons confier nos inquiétudes et nos joies, nos souffrances et nos espoirs, mais aussi les inquiétudes et les joies, les souffrances et les espoirs de notre monde. »

 

Tu nous laisses Pascal, poursuivre notre route, fragiles, vulnérables !

Nous cheminons, travaillés par ce monde et ce temps ... Nous cherchons !

C'est le Seigneur qui vient à notre rencontre ; il nous tire de nos tombeaux !

Pascal, en tant que prêtre, témoin des dons de Dieu, tu as été solidaire de notre humanité.

Jusqu'au point le plus tragique de notre société contemporaine.

N'essayons pas de nous sauver par de trop faciles explications.

Peut-être de nous ouvrir à ce Père « bienveillant ».

Puisse le départ de Pascal nous faire découvrir le don nouveau que nous accorde le Christ : « Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école,

Car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes. » et de reprendre avec tous ceux qui nous précédent et que nous espérons retrouver un jour :

«Je cherche le Seigneur, il me répond : de toutes mes frayeurs, il me délivre ! » Amen

 

 

Annonce des funérailles de Pascal

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