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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 12:09

SteFamille

A première lecture, la sainte famille semble une famille bourlinguée, une famille de réfugiés, comme tous ces expulsés, ces sans papier, chassés de leur pays par la guerre, la famine, le chômage ou la dictature. C’est vrai, et c’est hélas toujours d’actualité. Et puis une relecture plus réfléchie se souvient que Jésus descend en Égypte comme son peuple qui s’y était réfugié des siècles auparavant pour fuir la famine. Et que Jésus sort d’Egypte comme son peuple en sortit libéré avec Moïse. Comme si l’Evangile voulait nous dire que Jésus assume toute l’histoire de son peuple, qu’il vient récapituler dans son existence humaine les heures de souffrance et la soif de liberté de son peuple.

Gérard Bessière a quelques mots concrets sur ce qu’il appelle la Sainte Famille errante : “Fuite, exil, retour hésitant, recherche d’une terre d’asile… un nouveau-né qui est déjà un réfugié politique ? C’est clair : il nous est dit dès sa naissance que tous les pouvoirs se sentiront menacés par lui et chercheront à l’éliminer…

Jésus, par l’Égypte, refait l’itinéraire de son peuple autrefois : Exode et Pâques seront en lui pour toujours. Il bouleversera les préjugés, les conformismes, …, toutes les barrières, pour faire renaître les hommes dans la rencontre aimante de Dieu et de tous. De lui-même, il dira qu’il est « chemin »… Impossible de jamais s’asseoir, de jamais figer « l’ordre », avec ce vagabond qui parle toujours d’aller plus loin.”

Alors moi j’ai envie de vous inviter à le chercher là où il est, c’est à dire dans la discrétion du quotidien. C’est parfois longtemps après que l’on comprend par où il a voulu nous conduire. J’insiste parce que cette attention au quotidien pour trouver Dieu est la mission de l’Eglise depuis toujours, mais elle n’est pas naturelle. C’est tellement réconfortant de chercher Dieu dans le merveilleux. C’est si tentant de s’évader de ce quotidien tellement banal, dur ou triste et de se réfugier dans le gentillet. C’est peut-être pour ça que Noël est beaucoup plus fêté que Pâques.

Ceci dit, ce n’est pas d’aujourd’hui qu’on cherche Dieu dans le merveilleux : les évangiles apocryphes il y a 20 siècles, c’était déjà ça. Mais chaque fois qu’on cède à cette tentation, c’est qu’on a un regard pessimiste sur l’homme, alors que la foi chrétienne dit qu’il est Fils de Dieu. Quand on cherche Dieu Baguette magique, – ça peut arriver – c’est qu’on n’assume plus très bien notre condition d’homme où chacun doit prendre ses responsabilités et sa place, modeste mais nécessaire.

Deux leçons bien concrètes dans l’évangile que je viens de lire :

- La première : invitation à une confiance totale dans la Parole de Dieu, malgré l’obscurité de la foi, et au creux même de l’insécurité. Dans l’odeur de mort qui rôde autour de l’enfant Jésus, une espérance se lève. Ce n’est pas en sortant de nos situations difficiles qu’on accomplit la volonté de Dieu. C’est en découvrant la force désarmée du petit de Bethléem qui vient nous y rejoindre et nous garder de la désespérance.

- Le second enseignement, c’est le fantastique appel à la responsabilité que contient cet évangile. Jésus, Dieu sauve, ne se défend pas lui-même. Il se remet entre les mains de ces croyants que sont Joseph et Marie. Immense respect de l’homme ! Immense responsabilité de l’homme ! Dieu veut la vie et confie cette tâche à des hommes et des femmes engagés, les parents en première ligne

Voulez-vous quelques vœux : il sont contenus dans ce que je viens de dire. Mais ils seront plus précis avec ces quelques mots de Gabriel Ringlet dans L’évangile d’un libre penseur : “Placer Dieu très haut, voilà le chemin habituel. Et c’est beau. Mais on connaît le danger, pour l’homme surtout. Et pour Dieu. Placer l’homme sur un piédestal mérite aussi admiration. Avec le risque d’enfermer l’homme dans l’homme. Jésus refuse de choisir entre ces deux «hauteurs» ou, plus exactement, il garde les deux : passionné par la cause de Dieu et passionné par la cause de l’homme, il prend la double nationalité, faisant ainsi du christianisme une religion qui se veut à la fois une affirmation radicale de Dieu et une affirmation radicale de l’homme.”

Je vous souhaite donc la double nationalité. 

Robert Tireau, Prêtre du Diocèse de Rennes

 

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Published by Denis CHAUTARD - dans famille
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commentaires

anne marie 29/12/2013 17:58


un seul peuple une seule nation ou les barriere de la haine seront abolis pour toujours