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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 13:04

egalite

Accueillir des élèves décrocheurs, se refuser à sélectionner les élèves, choisir d'enseigner dans un établissement réputé difficile : leurs combats ne se ressemblent pas, et pourtant nombre d'éducateurs chrétiens partagent le même désir d'une école ouverte et plurielle, exigeante et bienveillante. Au nom de leur foi.

Ils ont choisi le public et les quartiers difficiles

« Notre école est traversée par de multiples crises, celles de la transmission, du sens, des moyens. En tant que chrétiens, nous avons le devoir de nous engager là où il y a des difficultés, pour redonner du sens et de l’espérance là où il en manque ». C'est pour cette raison que Michèle Lesquoy, professeur des écoles, a choisi de s'engager dans l’association "Chrétiens dans l'Enseignement Public" : un moyen pour elle, de faire résonner son attachement républicain et sa foi, « comme le faisait déjà ma mère, institutrice dans les quartiers miniers du Nord, et très engagée dans l’Église ». Une position pas toujours facile à assumer, tant auprès des collègues laïcards prompts à les accuser de prosélytisme, qu’au sein de l’Église où ils manquent de reconnaissance. Mais ils continuent à revendiquer leur place « sans s’afficher mais sans se cacher », sur une ligne de crête. « Ma vocation de chrétien est de prendre part au vivre ensemble, témoigne ainsi Jean Kayser lui aussi membre de l'association et qui a choisi d'enseigner 26 ans dans un lycée professionnel des quartiers nord de Marseille. Un des enjeux de l’école est de permettre à des jeunes de se retrouver, malgré leurs différences, autour d’un savoir commun, et de faire société. » Pour aller au bout de cette conviction, lui et sa femme ont souhaité s’installer dans ces quartiers et y scolariser leurs trois enfants : « ils s’en sont bien sortis car à l’époque il existait encore une certaine mixité sociale. Malgré tout je sais que l’un d’eux en a souffert, et ce choix n’a pas été facile à assumer tous les jours ». Cet été, l’association s’est réunie en colloque pour réfléchir autour du thème « Faire école dans la société aujourd’hui », et redire l'attachement de ses membres à une école laïque féconde et engagée.

Demain, une école creuset ?

Longtemps considérées comme sélectives, les écoles catholiques sous contrat se rêvent moteurs principaux de l'égalité des chances. « Il faut que l'école redevienne cet archipel du vivre ensemble, et nous avons les ressources pour reconstruire ce lien social », estime Éric de Labarre, secrétaire général de l'enseignement catholique. Vœu pieux ou... langue de bois ? Sur le terrain, les écoles élitistes existent certes, mais restent cantonnées à certains lieux, Paris et l'Île de France, où il existe une certaine pression démographique. Ailleurs, les directeurs sont souvent acquis à la cause de la mixité sociale, comme Pierre-Etienne Vanpouille, proviseur du lycée Louis Querbes à Rodez : « nous ne pouvons pas justifier notre existence si ce n'est par un supplément d'âme, en accueillant tous les élèves, tels qu'ils sont. Le fait de sélectionner les élèves est anti-évangélique, et nous devons résister à cette tentation. » Renouant avec ces valeurs de base, certaines écoles ont même mis en place des mesures actives en faveur de l'égalité des chances. « Depuis 3 ans », explique Éric de Labarre, nous voyons se multiplier les projets de classe d'insertion ou classes-relais pour les élèves en difficultés, et les taux de boursiers augmentent. » Mais selon lui, il reste un frein à la mixité : « nombre de familles, surtout chez les plus modestes, s'interdisent de venir chez nous pour des raisons culturelles. » Des barrières mentales dont il peut être encore plus difficiles de venir à bout.

La maison-école pour raccrocher les élèves

Qui se douterait que ce pavillon d'une rue calme et résidentielle de Garges-lès-Gonesse (95) est en fait une école ? Chaque semaine, cette maison, située à deux pas de la cité des Doucettes, accueille 76 élèves du CE2 à la 3e, en grande difficulté scolaire, et qui ont souvent décroché de l’école : « Beaucoup ne trouvaient pas l’attention dont ils avaient besoin dans des classes normales, trop chargées, explique Guillaume Lesage, à la fois professeur d'EPS et directeur de cette maison école. Ici, ils se sentent mieux écoutés ». Baptisée "Oscar Roméro", cette structure a été fondée à la fin des années 1970 par les frères des écoles chrétiennes, puis rattachée à l’ensemble scolaire privé sous contrat du Saint Rosaire à Sarcelles. « Au tout début, il s’agissait d’un mobil-home adossé à la maison paroissiale, puis les frères ont acheté une maison avec l’idée de sortir les jeunes de leur quartier, et leur offrir une école avec un cadre familial, apaisé, rassurant. » Ici, les classes ne dépassent pas 12 élèves, les enseignants sont volontaires, expérimentés et acquis au travail en équipe, les pédagogies adaptées à chacun, l’accueil bienveillant mais sans transiger sur les règles. Une formule gagnante puisque tous les élèves de 3e ont réussi leur certificat de formation générale et sont affectés en lycée professionnel à la rentrée prochaine. « Les jeunes reprennent goût à l’école, font un projet professionnel, et ça se sent sur leur comportement : trois élèves, diagnostiqués hyper-actifs, ont arrêté leur traitement 6 mois après leur arrivée ici. » L’idée est qu’ils réintègrent rapidement le système classique, mais avec des bases scolaires solides, et surtout une meilleure confiance en eux.

Audrey Steeves

Retrouver cet article sur le site Web de La Vie

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Published by Denis CHAUTARD - dans jeunes
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