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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 13:28

Expo toit du monde

Comment une mission au Tibet devient-elle une véritable aventure spirituelle, humaine, scientifique et technique ? « Missions du toit du monde », une exposition inédite et surprenante, raconte une mission difficile qui a néanmoins donné naissance à des communautés chrétiennes dans les régions du Sichuan, du Yunnan, du Sikkim et de l’état d’Arunachal Pradesh. L’exposition se tiendra du 2 octobre 2012 au 30 juin 2013 aux Missions Etrangères de Paris 128 rue du Bac - 75007 Paris

« MISSIONS DU TOIT DU MONDE »

DU 2 OCTOBRE 2012 AU 30 JUIN 2013 (entrée libre)

Ouverture du mardi au samedi de 10h00 à 12h00 et de 13h00 à 18h00. Fermeture dimanche , lundi et jours fériés.

Au milieu du XIXème siècle, alors que se développait en Europe la vision mythique d'un Tibet ésotérique et mystique, les prêtres français des Missions étrangères de Paris se virent confier la tâche bien concrète d’aller évangéliser ce pays mystérieux dans lequel, en dépit de diverses tentatives, aucun missionnaire n’avait jamais pu jusqu’alors durablement s’implanter. C’est leur histoire, largement méconnue et à bien des égards paradoxale, que l’exposition Missions du Toit du monde se propose de faire découvrir telle qu’elle apparaît tant au travers des documents d’archives que des témoignages contemporains.

Tout commença le 27 mars 1846, après la guerre de l’opium et la signature par la Chine des Traités inégaux avec l’Angleterre et la France. Espérant que ces traités, arrachés par la force, favoriseraient la circulation des missionnaires européens dans l’Empire du Milieu, la Congrégation de la Propagande, créa le vicariat apostolique de Lhassa et en confia la responsabilité provisoire à Mgr Pérocheau, vicaire apostolique du Sichuan. L’objectif était alors de pénétrer au Tibet par les provinces chinoises du Sichuan et du Yunnan où les Missions étrangères disposaient de bases solides et de missionnaires aguerris. Dix ans plus tard Mgr Thomine-Desmazures, issu lui aussi de la mission du Sichuan, fut nommé vicaire apostolique de Lhassa.

Ainsi naquit la mission du Tibet-Oriental, dont la présentation occupe la plus grande partie de l’exposition. Durant plus d’un siècle, les prêtres français campèrent sur la frontière occidentale de la Chine, dans la région semi-indépendante des Marches Tibétaines où un puissant réseau monastique entretenait l'influence spirituelle et politique de Lhassa. C’est dans ce pays isolé, tourmenté et hostile tant sur le plan de la géographie que sur celui des relations humaines, qu’ils établirent leurs postes les plus nombreux, utilisant, pour attirer leurs ouailles, des moyens traditionnels de leur époque : rachat d’esclaves, établissement de colonies agricoles, ouverture de dispensaires et d’écoles. Du fait de leur isolement, ils durent faire, plus encore qu’ailleurs, tous les métiers : pasteurs et fondateurs de communautés, infirmiers et enseignants, bâtisseurs et cultivateurs, mais aussi explorateurs et cartographes, botanistes et naturalistes, ethnologues et linguistes. Pendant un siècle, ils participèrent activement à la découverte et à l’étude de cet arrière-monde qui attirait à lui voyageurs et aventuriers de toutes origines pour lesquels ils constituaient les points d’appui les plus solides puisque, uniques résidents occidentaux permanents dans le pays, ils le connaissaient mieux que quiconque.

La difficulté à pénétrer au Tibet par l’Est a conduit les missionnaires français à chercher un accès par le Sud, à partir des territoires himalayens plus ou moins bien contrôlés par l’Empire britannique, du côté de l’Assam d’abord, sans succès, puis au Sikkim où ils réussirent à implanter de petites communautés chrétiennes. Mais la frontière indienne se révéla aussi hermétique que la frontière chinoise. Par le Sud comme par l’Est le Tibet demeura inaccessible et Lhassa, “ la Rome du bouddhisme ”, n’accueillit jamais le vicaire apostolique que la Rome romaine lui avait assigné.

En 1952 les missionnaires du Tibet, comme tous leurs confrères présents sur le territoire chinois, furent expulsés par les communistes. Cent ans après la création du vicariat apostolique de Lhassa l’évangélisation du Tibet s’avérait donc impossible et le royaume des Neiges, bien qu’ayant perdu son autonomie, restait comme aux siècles précédents un mythe inaccessible aux hérauts (et aux héros) de la Bonne Nouvelle.

Faut-il en conclure que ce siècle d’efforts et de luttes, de labeur et de peines, de persévérance et d’espoirs déçus n’a été qu’une entreprise inutile et stérile, douloureuse et coûteuse , dictée par des motivations utopiques que rien, ni sur le plan humain, ni sur le plan spirituel, ne saurait justifier ? Ce serait aller un peu vite en besogne car, à y regarder de plus près, les fruits apostoliques de la mission du Tibet existent bel et bien et se manifestent aujourd’hui avec une indéniable évidence.

Dans les Marches tibétaines du Sichuan et du Yunnan, les petites chrétientés isolées, affrontées aux épreuves de la révolution chinoise, ont résisté à la confiscation de leurs locaux, à l’interdiction de culte et à l’absence de prêtres. Elles totalisent encore quelques milliers de fidèles qui se réunissent régulièrement pour prier dans leurs anciennes églises construites par les missionnaires ou dans celles qui, nouvellement édifiées, témoignent de la vitalité de leur foi. Au Sikkim, les catholiques se sont intégrés sans heurts au fonctionnement de l’Eglise indienne. Mais c’est entre les deux, dans l’état d’Arunachal Pradesh aux confins de l’Assam, que l’on peut constater les évènements les plus surprenants. Les milliers de conversions qui s’y produisent depuis une trentaine d’années sont en effet attribuées aux mérites posthumes des deux premiers missionnaires français qui y furent assassinés sans avoir pu enregistrer de leur vivant le moindre baptême.

C’est dans cette floraison aussi spectaculaire qu’inattendue que se révèle pleinement le mystère de la mission, la croissance invisible de ce qu’un missionnaire contemporain appelle les racines souterraines de l’ordre de la grâce. C’est à ce cheminement que les visiteurs de cette exposition sont invités : du clair-obscur d’un travail missionnaire ingrat, imparfait et peu productif, voire stérile, à l’éclatante lumière qui en jaillit parfois au-delà de toute espérance ou de tout projet humain, comme elle le fait aujourd’hui en Arunachal Pradesh, au Pays de l’Aurore.

Françoise FAUCONNET-BUZELIN

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Published by Denis CHAUTARD - dans pays du monde
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