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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 12:00

    FPDM

C’était la fin d’un terrible été de guerre quand, le 12 septembre 1943, un petit livre sortit à Lyon, dont le titre — La France, pays de mission? — allait devenir célèbre car il était emblématique de la situation dans laquelle se trouvait l’Eglise. Les auteurs en étaient du reste parfaitement conscients, deux aumôniers de la Jeunesse ouvrière catholique auxquels l’archevêque de Paris, le cardinal Emmanuel Suhard, avait demandé un rapport sur la situation religieuse dans les milieux ouvriers parisiens: «Ne nous faisons pas d’illusions: demain ce n’est plus seulement notre pays, c’est le monde entier qui risque d’être “un pays de mission”; ce que nous vivons aujourd’hui, les peuples le vivront à leur tour» écrivaient en effet Henri Godin et Yvan Daniel.

             C’est précisément de cette analyse, lucide et passionnée, que s’est réclamé Benoît xvi, en synthétisant avec efficacité le sens de l’assemblée synodale qui vient de se conclure et en soulignant le chemin ininterrompu de l’Eglise dans le monde contemporain. Sur la base de cette conscience et de la convergence de différents courants mûris au sein du catholicisme du xxe siècle, vit en effet le jour l’intuition de Jean xxiii de convoquer un concile à propos duquel ses prédécesseurs avaient longuement réfléchi. Et parmi les résultats les plus féconds de Vatican ii — dont on vient de célébrer le cinquantième anniversaire — il y a sans aucun doute l’institution, voulue par Paul vi, du synode des évêques, expression réelle de cette collégialité qui appartient à la tradition chrétienne.

             Autour du Successeur de l’apôtre Pierre — présent de manière assidue au débat synodal, où «j’ai écouté et recueilli de nombreux éléments de réflexion et beaucoup de propositions» a dit Benoît xvi — toute la communauté catholique mondiale était «représentée et, donc, interpellée». En effet, on ne rappellera jamais assez que le terme grec sýnodos renvoie à l’idée d’un chemin parcouru ensemble; un concept que le Pape a expliqué en parlant de la «beauté d’être Eglise, et de l’être précisément aujourd’hui, dans ce monde tel qu’il est, au milieu de cette humanité avec ses difficultés et ses espérances». En utilisant un langage qui a voulu de manière évidente rappeler le climat du Concile, l’Evêque de Rome a ainsi confirmé que le chemin des chrétiens n’est pas seulement caractérisé et témoigné par leur communion, mais que c’est un chemin accompli, avec ouverture et amitié, avec les femmes et les hommes de notre temps.

            Aucune fermeture donc, aucun pessimisme dans les paroles de Benoît xvi, mais la conscience que l’humanité d’aujourd’hui est comme l’aveugle Bartimée de l’Evangile, que saint Augustin hypotétise «déchu d’un très grande prospérité» et qui selon le Pape «pourrait représenter ceux qui vivent dans des régions d’ancienne évangélisation, où la lumière de la foi s’est affaiblie, et qui se sont éloignés de Dieu», devenant ainsi «des mendiants du sens de l’existence». L’assemblée synodale a ainsi réfléchi et débattu de la nécessité d’une annonce de l’Evangile qui a besoin de méthodes nouvelles et de «nouveaux langages, appropriés aux différentes cultures du monde» et de «créativité pastorale» a résumé Benoît xvi, qui pour finir a prié avec les mots de Clément d’Alexandrie, adressés à cette lumière qui a brillé une fois pour toute, «plus pure que le soleil, plus douce que la vie ici-bas».

              g.m.v.

              Editorial de l’Osservatore Romano

              Cité du Vatican, 31 octobre 2012.

 

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