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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 08:11

 Guttierez

 L’Osservatore Romano » signe la réconciliation entre Rome et la théologie de la libération

Le pape François a reçu, mercredi 11 septembre 2013, pour la première fois le prêtre péruvien Gustavo Gutiérrez, considéré comme le « père » de la théologie de la libération, a indiqué jeudi le Bureau de presse du Saint-Siège.

Cette audience privée n’avait pas été annoncée officiellement. Cette rencontre peut être considérée comme un pas de plus vers une réhabilitation de ce courant, né en Amérique latine dans les années 1970. La théologie de la libération a longtemps suscité la suspicion du Vatican, qui craignait des dérives marxistes.

 L’Osservatore Romano lui avait consacré la semaine dernière un large espace, à l’occasion de la parution en Italie d’un livre déjà édité en 2004 en Allemagne: ses auteurs sont Mgr Gerhard Ludwig Müller, actuel préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et le dominicain Gustavo Gutiérrez, âgé de 85 ans. Nommé par Benoît XVI, Mgr Müller se rendait souvent au Pérou quand il était archevêque en Bavière et avait noué des relations d’amitié avec le P. Gutiérrez.

« VIVRE EN SOLIDARITÉ AVEC LES PAUVRES, LUTTER AVEC EUX, ANNONCER L’ÉVANGILE À PARTIR D’EUX »

Né en 1928 à Lima, au Pérou, Gustavo Gutiérrez rejoint, à 14 ans, le Tiers-Ordre franciscain. Après avoir entamé des études de médecine et de philosophie à Lima, il entre au séminaire et est envoyé par son évêque pour ses études en Belgique, à l’université de Louvain, puis en France, à Lyon. Il rencontre alors Albert Gelin (dont il dira que les travaux sur « les Pauvres de Yahvé » ont orienté ses recherches), Gustave Martelet et des dominicains (Marie-Dominique Chenu, Christian Duquoc, Claude Geffré, Edward Schillebeeckx…).

Ordonné prêtre, il regagne le Pérou et la paroisse du quartier pauvre de Rimac à Lima, tout en donnant des cours à l’université catholique. En mai 1967, deux ans après le Concile auquel il a participé, il évoque devant des élèves de l’université de Montréal, les trois dimensions de la pauvreté: quotidienne, spirituelle, et comme engagement, celle qui « conduit à vivre en solidarité avec les pauvres, à lutter avec eux contre la pauvreté, à annoncer l’Évangile à partir d’eux. »

En mai 1969, le P. Gutiérrez se rend au Brésil plongé dans la dictature militaire. Il y rencontre des étudiants, des militants de l’action catholique, des prêtres, dont les témoignages vont enrichir sa réflexion, qui aboutit à son œuvre maîtresse: Théologie de la libération.

NON PAS UN PROGRAMME POLITIQUE

La libération dont parle Gustavo Gutiérrez n’est pas un programme politique. Au niveau économique, elle implique de s’attaquer aux causes des situations injustes. Au niveau humain: il ne suffit pas de changer les structures, il faut changer l’homme. Enfin, au niveau le plus profond, théologal: il faut se libérer du péché qui est le refus d’aimer Dieu et son prochain.

Cette théologie, qui remporte un large succès en Amérique latine, aux États-Unis, en Asie et en Afrique, se heurte à des oppositions: des pouvoirs économiques, politiques et militaires, en Amérique latine comme aux États-Unis; mais aussi de catholiques qui l’accusent de faire appel, pour analyser certains aspects de la pauvreté, à la théorie de la dépendance qui utilisait des notions provenant de l’analyse marxiste.

En 1979, déjà, Jean-Paul II affirme qu’une « conception du Christ comme homme politique, révolutionnaire, comme le subversif de Nazareth, ne correspond pas à la catéchèse de l’Église ». En 1984, la théologie de la libération est sévèrement critiquée par la congrégation pour la doctrine de la foi, dont le cardinal Ratzinger était alors le préfet. Le P. Gutiérrez (qui entrera dans l’ordre dominicain en 1998), comme d’autres, devra s’expliquer, mais il ne sera jamais censuré ni sanctionné.

En 2004, au terme d’un processus de « dialogue » de vingt années, le maître de l’ordre dominicain recevra une lettre dans laquelle le cardinal Ratzinger « rend grâce au Très Haut pour la satisfaisante conclusion de ce chemin de clarification et d’approfondissement ».

L’OPTION PRÉFÉRENTIELLE POUR LES PAUVRES RECONNUE COMME UNE INTUITION JUSTE

Archevêque de Buenos Aires, le cardinal Jorge Mario Bergoglio, défenseur d’une Église des pauvres, a toujours été critique des théologiens de la libération, pour les mêmes raisons que son prédécesseur.

Toutefois, selon Mgr Müller, si le cardinal Ratzinger avait critiqué la théologie de la libération dans ses documents doctrinaux de 1984 et 1986, il y avait aussi reconnu des intuitions justes, notamment l’option préférentielle pour les pauvres. C’est dans cette perspective que s’inscrit le rapprochement actuel, selon les vaticanistes.

Martine de Sauto avec AFP

 

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Published by Denis CHAUTARD - dans foi
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commentaires

Babeth DUPARC 09/12/2013 08:45


Il était temps que l'Eglise reconnaisse la Théologie de la Libération... !!!