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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 10:32

JésusMafa

Le repas de noces.

Je relis le début de l’évangile :”Un jour de sabbat, Jésus étant entré chez un chef de pharisiens pour y prendre son repas. Remarquant que les invités choisissaient les premières places... Le Christ observe comment les hommes se comportent lors des repas et comment ils choisissent les meilleures places. C’est l’occasion pour lu de raconter une histoire, une parabole : “Quand tu es invité à des noces, ne va pas te mettre à la première place...” Avez-vous remarqué que le Christ passe du repas chez le pharisien qui l’invite à un autre repas, un repas de noces. Toute la clé de compréhension de la parabole tient en ce passage du repas ordinaire à un repas de noces. Ce passage n’est pas anodin. Si on ne le voit pas et si on n’en saisit pas le sens, on ne peut pas comprendre la parabole. Ou du moins la comprendre vraiment. On y verra tout au plus une leçon de morale : qu’il ne faut pas choisir les meilleures places, pour ne pas se faire détrôner dans la suite et ne s’exposer à la honte des convives.

Plusieurs fois dans l’Evangile est question de noces. Pourquoi ? Ne serait-ce pas pour laisser entendre qu’il est l’époux. Ici, il le suggère seulement. Comme aussi dans le récit haut en couleur des nonces de Cana, Jean dit seulement que “Jésus aussi fut invité à ces noces” : simple allusion à la présence de Jésus aux noces. Ailleurs il le dit ouvertement. Ainsi dans la scène, rapportée par les synoptiques, où l’on voit les pharisiens et leurs scribes s’en prendre à Jésus : “Les disciples de Jean jeûnent fréquemment et font des prières, ceux des pharisiens pareillement, et les tiens mangent et boivent !” Jésus leur dit :” Pouvez-vous faire jeûner les compagnons de l’époux pendant que l’époux est avec eux ?” (Luc 5, 33-35). Il nous est dit dans ces textes que le Christ est l’époux. Et l’épouse ? C’est vous, c’est nous, tous les hommes, l’humanité entière. Nous sommes tous invités aux noces. Autrement dit, dans le Christ Dieu s’est uni à l’humanité. L’alliance du ciel et de la terre; il s’est tellement uni à l’homme que plus rien ne pourra les séparer. Dieu est désormais pour toujours Dieu et homme. Il fait un avec nous dans le Christ. En lui nous sommes ressuscités dans la gloire du Père. Avec lui nous sommes assis à la droite du Père.

Voilà notre statut d’homme : nous sommes déjà unis à Dieu dans l’alliance qu’il a réalisée une fois pour toutes, mais nous ne sommes pas au bout de nos peines, il reste à entrer de plus en plus dans la danse, à acquiescer à ce qui nous est donné en principe, à devenir ce que nous sommes, des fils et des filles de Dieu. Chaque mariage rappelle cela; je ne peux m’empêcher de penser, quand je reçois des en vue du mariage, au mot de saint Paul, “ce mystère est grand : je le dis en pensant au Christ et à l’Eglise” (Eph. 5, 32); ils sont comme une image, un symbole de l’immense mariage auquel nous sommes invités à prendre part, celui du ciel et de la terre en Jésus-Christ.

Voyez comme elle est belle la vie : aujourd’hui, comme hier et demain se célèbrent les noces de la nouvelle alliance où l’époux, tel un agneau, se livre au mystère de la Croix, auquel il n’a pas cherché à échapper, tendant le dos à ceux qui cherchaient à le frapper, selon les mots forts d’Isaïe, et les joues à ceux qui lui arrachaient la barbe, sans vouloir soustraire sa face aux outrages et aux crachats (Is. 50, 6). Suis-je de la fête ? Est-ce que je me rends compte des merveilles qui s’accomplissent en cet instant sous mes yeux ? Il en est ainsi de tous les aspects de la vie.

Regarde, mon ami, ce jour qui s’achève (ou qui se lève) : l’as-tu seulement reçu comme un cadeau ? Le matin : merci pour ce jour nouveau qui commence. Le soir : merci, Seigneur, pour ce jour qui s’achève, qui m’a été donné comme les autres pour que j’en fasse quelque chose de grand, une offrande.

Le pain que nous avons mangé et que nous mangerons, fruit du travail des hommes, oui, mais aussi don de la terre, comme le prêtre dit à chaque offertoire. Ai-je au moins un instant pensé à dire merci ?

La vie? Y a-t-il cadeau plus beau que la vie ?

Et la communion. Faire de la vie une communion, une communion fraternelle, une famille vaste comme le monde, une fraternité. Ai-je vécu aujourd’hui dans la fraternité ? Ça ne va pas de soi ! Le fils aîné de la parabole, savait-il seulement qu’il avait un frère ? “Ton fils”, dit-il au père, comme s’il ignorait qu’il est le frère du plus jeune. Son père voudrait le lui apprendre. Y parviendra-t-il ? Et nous savons-nous que les hommes sont nos frères ? Peut-être faut-il toute la vie pour l’apprendre. Le Père Foucauld découvre que les Touaregs sont en vérité ses frères - il avait cinquante ans. Jusque là, il voyait avant tout sa mission à lui de culture et d’évangélisation. Il a fallu la grande misère de décembre 1907 et janvier 1908, ce “temps d’extrême dénuement” (Jean-François Six) ou la grande purification de Dieu : la famine autour de lui, conséquence d’une longue période de sécheresse, la plupart des Touaregs sont partis au loin, à la recherche de pâturage; il tombe malade, s’effondre, exténué par ses interminables marches à travers le désert et les multiples privations. Il est obligé d’interrompre tout travail et de garder une immobilité absolue. Il n’a pas même le droit, étant seul chrétien parmi les “infidèles”, de célébrer la messe le jour de Noël. Pas de disciple, lui qui parle sans cesse de trouver l’un ou l’autre compagnon qui partagerait le même souci missionnaire des peuples du désert. “Je suis seul, toujours seul”, répète-t-il. Malade à rendre l’âme, impuissant, sans avenir, dans la nuit... Alors il découvre la sollicitude des Touaregs : “On m’a cherché toutes les chèvres ayant un peu de lait, dans cette sécheresse, à quatre kilomètres à la ronde”, écrit-il le 24 janvier 1908 (cité dans J.-F. Six p. 332). Ils sont pour lui ce que lui cherche à être pour eux, des frères. La fraternité enfin trouvée. Une vraie conversion intérieure s’opère en lui, dans l’approche des Touaregs, dit Monseigneur Boulanger, évêque de Sées, un bon connaisseur du parcours spirituel du P. de Foucauld.

Se découvrir frère des hommes ne va pas de soi, comme il ne va pas de soi de passer du monde des instincts à celui de l’esprit, de la violence à la paix, de la terre à la cité du ciel, ou encore de l’être spirituel que nous sommes à la naissance à l’être spirituel que nous sommes appelés à devenir. C’est un immense travail, de se faire homme, disait Maurice Zundel, et de laisser l’éternité jaillir au cours de notre itinéraire terrestre, et découvrir que notre âme est le lieu même où habite Dieu.

 

Bernard MOLTER

 

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Published by Denis CHAUTARD - dans foi
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commentaires

claudine onfray 31/08/2013 11:58


cher Denis


merci de tes textes et de tes réflexions


un petit ajout personnel !!


ne pourrait-on dire que Dieu est l'époux ou l'épouse


ne pourrait-on dire que Dieu est humain en Jésus comme nous sommes appelés au divin?


cela changerait beaucoup de regards


il s'agit d'Alliance et Dieu n'est ni homme ni femme


l'Eglise n'est pas femme


elle est humaine et divine à la fois


le vocabulaire  a créé des difficultés où il n'y aurait pas du en avoir


si nous pouvions être attentif à éviter le terme d'homme pour l'être humain .........peut-être ferions -nous un grand pas ?


amicalement


claudine