Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Journal de Denis Chautard
  • Journal de Denis Chautard
  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
  • Contact

Recherche

Articles Récents

2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 19:32

Xenia

 

Je connais des bateaux qui restent dans le port

De peur que les courants les entrainent trop fort.

Je connais des bateaux qui rouillent dans le port

A ne jamais risquer une voile dehors.

 

Je connais des bateaux qui oublient de partir,

Ils ont peur de la mer à force de vieillir,

Et les vagues jamais ne les ont emportés.

Leur voyage est fini avant de commencer.

 

Je connais des bateaux tellement enchaînés

Qu’ils ont désappris comment se libérer.

Je connais des bateaux qui restent à clapoter

Pour être vraiment sûrs de ne pas chavirer.

 

Je connais des bateaux qui s’en vont à plusieurs

Affronter le grand vent au-delà de la peur.

Je connais des bateaux qui s’égratignent un peu

Sur les routes océanes où les mène leur jeu.

 

Je connais des bateaux qui n’ont jamais fini

De repartir encore, chaque jour de leur vie

Et qui ne craignent pas parfois de s’élancer

Côte à côte en avant, au risque de sombrer.

 

Je connais des bateaux qui reviennent au port

Lacérés de partout, mais plus braves et plus forts.

Je connais des bateaux débordant de soleil

Quand ils ont partagé des années de merveilles.

 

Je connais des bateaux qui reviennent toujours

Quand ils ont navigué jusqu’à leur dernier jour,

Tout prêts à déployer leurs ailes de géants

Parce qu’ils ont le cœur à taille d’océan.

 

    Marie-Annick RETIF (Mannick)

 

 

Avec le temps, le temps qui passe, le temps qu’il fait, nos rivages s’éloignent, nos cœurs se resserrent les uns contre les autres. Doucement je me « désamarre » de la France, je la laisse enfin s’éloigner, vivre sa vie sociale, politique, météorologique. Je suis dans une autre logique (sans vouloir faire des jeux de mots !) J’étais partie, mais le bateau peinait à quitter ses eaux territoriales. Désormais il est lancé en pleine mer. Non pas qu’il ne regarde pas en arrière : en mer, l’horizon est de tous les bords ! Devant, derrière, bâbord, tribord ! Prendre le large, c’est donc ça, c’est adopter la vision panoramique…Certains prennent du recul, d’autres font un pas en avant, d’autres encore se jettent à l’eau : à chacun sa méthode pour changer d’angle de vue.

En ce jour où l'on fait mémoire de celles et ceux qui nous ont quittés, je ne peux m’empêcher de penser que chacun(e) a été/est un de ces bateaux, avançant (ou non !) vaille que vaille, « contre vents et marées » dit la chanson. Nos embarcations sont à la mesure de nos ambitions, mais pas toujours adaptées aux situations. En certains lieux, en certains temps, utiliser une pirogue peut se révéler plus judicieux que de se lancer sur un cargo ! Je laisse donc à notre méditation la parabole des bateaux, simple, claire, qui pourra peut-être nous aider à « prendre le large ».

Christelle SEGUENOT

Coopérante en Mission à Madagascar

 

Lien à la Source

     

Partager cet article

Repost0

commentaires