Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Journal de Denis Chautard
  • Journal de Denis Chautard
  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
  • Contact

Recherche

Articles Récents

19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 17:43

  JYDucourneau

  Landais né en 1960 et élevé pour une grande part en famille d’accueil, le père Jean-Yves Ducourneau, prêtre de la Mission de saint Vincent de Paul, est actuellement aumônier militaire. Il a notamment servi en Côte d’Ivoire, Tchad, Centrafrique, Liban, Kosovo, Macédoine et dernièrement en Afghanistan. Auparavant, il a été aumônier de prison et bénévole au sein de l’Association d’aide aux Gens de la Rue « Aux Captifs, la Libération », sise à Paris.

Auteur d’ouvrages sur la spiritualité de saint Vincent de Paul, il assure aussi des conférences et des prédications de retraites auprès des Filles de la Charité 

 Il soulève 115 kilos de fonte, joue les DJ, écrit sur Saint Vincent de Paul et célèbre la messe boots aux pieds: avec son bouc et sa silhouette d'haltérophile, le "Padre" de la base de Tora, dans l'Est afghan, est une figure des forces françaises.

Le père Jean-Yves Ducourneau, 49 ans, porte treillis et T-shirt kaki frappé de l'inscription "Com Ciel", pour "commandement ciel". Seule une croix discrète le distingue du commun des mortels, l'absence d'arme aussi.

Son paquetage est réglementaire, mis à part ce qu'il appelle sa micro-chapelle, une sacoche camouflée avec tout le nécessaire: mini-étole, aube, goupillon, médailles de la Vierge, saintes huiles et saint viatique pour les blessés et les morts. Son calice démontable a fait les deux guerres mondiales, l'Indochine et l'Algérie.

La mort? Il l'accompagne à chaque fois qu'un soldat tombe. "Mais je ne suis pas un croque-mort, je suis un croque-vivant, je suis là pour tirer les gens vers Dieu", se récrie-t-il.

Sur les théâtres d'opérations, "le masque de la société de consommation tombe, on croise les gens dans leur vérité, on n'est jamais sûr de revenir et nous en sommes tous là".

L'aumônier accompagne les hommes au combat, sans combattre. Il dit la messe sur le terrain, dans un conteneur s'il le faut. Et quand il a un moment, il écrit. Son livre s'appellera: "Les cloches sonnent aussi à Kaboul".

Officiers, sous-officiers et soldats, pas tous catholiques, se confient à lui dans un blindé ou au détour d'un chemin. Certains vont à la messe, des officiers surtout. On y prie pour "ceux qui partent en mission, ceux qui ont peur, les vivants et les morts au combat".

Une fois par jour, à 06H50, les cloches sonnent à toute volée sur la base avancée de Tora, à une soixantaine de kilomètres à l'est de Kaboul. Et quelques-uns rejoignent la petite chapelle du camp, un ancien bunker soviétique.

"Mon devoir de prêtre est de prier pour toutes les âmes, un insurgé tué, c'est un homme qui est tué et une famille brisée", dit-il. "La force du chrétien est d'être capable de prier pour son ennemi".

Aux yeux des autres, le Padre n'a pas le droit d'avoir des états d'âme. Alors, ils soigne les siens dans le sport, la force athlétique où il excelle et dans ses échanges de courriels avec sa communauté.

"C'est une présence amicale, on le respecte et il nous respecte", note le brigadier-chef Ahmed (l'anonymat est requis par l'armée française, NDLR), un jeune soldat de confession musulmane.

Le "Padre" était enfant de coeur avant d'être enfant de troupes. "Mineur émancipé", il s'engage à 17 ans comme sous-officier "dans le matériel à Châteauroux" mais sa vocation militaire fait long feu: "je rejetais toutes les institutions, y compris l'armée".

"Du matériel, je suis passé au spirituel", plaisante-t-il avec une pointe d'accent gascon. Son diplôme d'agronomie tropicale aurait dû le mener en Ethiopie. Mais son destin change de cap le 1er janvier 1985, lorsqu'il ressent "le besoin de rentrer dans une petite église de la Beauce".

Le prêtre devient son mentor. "Je voyais cet homme heureux et je ne l'étais pas". Jean-Yves Ducourneau quitte tout, y compris sa "copine", pour entrer au séminaire.

Il en ressort, ordonné en 1994. Deux ans plus tard, il devient aumônier militaire et enchaîne les "OPEX", les opérations à l'étranger: Tchad, Macédoine, Liban, Kosovo, Côte d'Ivoire, Centrafrique et, pour finir, deux séjours an Afghanistan. Quand il ne court pas le monde, il est l'aumônier de la base aérienne de Mont-de-Marsan.

 

Base Aérienne 118 : Mont de Marsan

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Denis CHAUTARD - dans pays du monde
commenter cet article

commentaires