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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 16:03

Roquemaure

Entretien avec Michel Berardo, président de l’association Saint-Valentin à Roquemaure (Gard), qui organise les festivités dans la ville depuis 25 ans. Il raconte les origines de l’histoire d’amour qui unit Saint-Valentin à Roquemaure- Ils seront plus de 20 000 fiancés ce vendredi sur la place Saint-Pierre pour rencontrer le Pape François. Ils viennent de 28 pays différents et ont le projet de se marier dans les prochains mois. Le Conseil pontifical pour la famille a lancé cette initiative à l’occasion de la fête de Saint-Valentin. Célébré dans le monde entier, le saint Patron des amoureux a toutefois un lien particulier avec Roquemaure, une ville du sud-est de la France, située à une dizaine de kilomètres d’Avignon. Le 25 octobre 1868, des reliques du Saint sont arrivées dans la cité. 

Comment des reliques de Saint-Valentin sont arrivées à Roquemaure ?

Le pays était totalement ruiné par la maladie de la vigne, puisque la viticulture était fondamentale sur Roquemaure. A cette époque-là, on retrouve autant dans les registres de la mairie, que de la paroisse, la volonté de faire appel aux moyens publics et dans le domaine religieux, de demander des reliques pour protéger le pays contre cette grave maladie, contre ce fléau. Alors pourquoi Saint-Valentin ? Je ne peux pas le garantir, mais en latin, Valentin signifie santé et vigueur, donc on peut penser que le propriétaire du Château de Clary, qui a acheté les reliques de Saint-Valentin à Rome, a voulu redonner santé et vigueur aux vignes du pays. 

Et comment Saint-Valentin est-il devenu le saint Patron des amoureux ?

La légende que je raconte le plus souvent, c’est celle de l’empereur Claude II. Il voulait des militaires fervents et forts, et le père Valentin avait tendance à marier ou à bénir les militaires. Une démarche qui ne plaisait pas à l’empereur, car il pensait qu’il fallait impérativement être sévères avec ces militaires. Donc c’est ce point-là qui a fait condamner Valentin.

Au début c’était plus une fête païenne comment est-elle devenue une célébration chrétienne ?

A l’origine, c’était la fête des Lupercales, elles avaient lieu le 15 février. C'étaient des courses d’hommes à demi-nus qui, avec des peaux de bêtes, devaient frapper les femmes pour donner la fertilité. Pour combattre cette fête, le Pape de l’époque, Gelase 1er, a décidé de mettre en valeur la fête de la veille, la Saint-Valentin, qui était donc décédé le 14 février. Il a ainsi insisté sur la célébration de ce saint pour contrebalancer cette fête païenne des Lupercales.

Comment s’est donc créé ce lien entre Saint-Valentin saint Patron des amoureux et la ville de Roquemaure ?

C’est le père Durieu, qui était le curé de Roquemaure, il y a une trentaine d’années, qui a découvert dans les archives de la paroisse que nous avions des reliques de Saint-Valentin et c’est lui qui a fait ce lien à cette époque-là, avec la fête des amoureux. Et puis Saint-Valentin est le saint Patron des amoureux depuis le XVème siècle. Il a donc créé avec l’aide de l’office du tourisme, cette grande reconstitution historique que l’on fait depuis 25 ans. Et le clou de la journée, c’est un défilé 1868, un défilé d’attelages, de cavaliers, de musiciens qui accompagnent les reliques de Saint-Valentin jusqu’à l’église de Roquemaure où elles sont conservées. Et où les habitants de la région et les visiteurs peuvent aller se recueillir.

Et qu’est-ce que cette fête représente pour ceux qui y participent ?

Vous avez tout l’aspect bénir un couple, autant de fiancés que de nouveaux mariés, voire même des mariés qui reviennent pour fêter leurs noces d’or, d’argent, etc. Et c’est aussi une façon de faire une manifestation qui recrée bien ce temps fort de 1868, car les journaux de l’époque disent bien qu’il y avait 15 000 personnes ce jour-là. Monseigneur Plantier l’évêque de Nîmes, était présent avec une cinquantaine de prêtres. On sait aussi que monseigneur Plantier aimait beaucoup déposer dans un grand nombre d’églises de son diocèse des reliques, justement pour protéger les habitants, protéger les communes contre les inondations, la sécheresse et à Roquemaure, le phylloxera, la maladie de la vigne. 

Audrey RADONDY

 

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