Le pape François a lavé les pieds de douze jeunes détenus lors du Jeudi saint. Un triple symbole.

Décidément, il ne semble pas vouloir faire le pape comme ses prédécesseurs.

Jeudi en fin d'après-midi, l'ex-archevêque de Buenos Aires s'est rendu dans le centre de détention pour mineurs de Casal del Marmo, dans la banlieue de Rome, pour y célébrer la messe du Jeudi saint.

Devant une cinquantaine de jeunes rassemblés dans la chapelle de la prison, le pape argentin a prononcé une courte homélie, improvisée, sur un ton accessible et chaleureux.

Le pape François a lavé ensuite les pieds de dix jeunes hommes et de deux jeunes filles, une Italienne catholique et une Serbe musulmane.

Un geste "de tout cœur", posé "comme prêtre et évêque" a-t-il déclaré à l'assistance.

"Si on s'est mis en colère contre quelqu'un, laissons tomber", a-t-il lancé, en reprenant l'expression familière parmi les jeunes Italiens Lascia perdere.

Et de glisser avec humour : "Il ne s'agit pas de laver les pieds des autres tous les jours, mais nous devons nous aider."

Un triple symbole

Que le pape lave les pieds de détenus, dont ceux d'une femme musulmane.

Quels symboles !

Attention à celui qui est en prison.

Attention à une femme.

Ouverture à une autre religion.

Certes, le lavement des pieds est un rite, et non un sacrement.

Mais quand même. Le geste est fort.

Imaginerait-on si facilement un imam renommé laver les pieds d'une jeune chrétienne ?

Je ne vois pourtant aucun prosélytisme dans ce geste totalement inédit du nouveau pape.

Mais, inversement, je reste scandalisé de voir l'apostasie (renoncement public à une religion) sévèrement punie en islam.

Embrasser une religion, quelle qu'elle soit, n'a de sens que si l'on conserve la liberté de la choisir, celle d'en changer et celle de les refuser toutes.

Dialoguer

François d'Assise n'avait pas craint, en 1219, d'aller rencontrer le sultan al-Kamil, en pleine croisade.

On l'avait pris pour un fou.

Le geste du pape François comprend aussi sa part de folie.

Inaugure-t-il une autre façon de dialoguer avec les musulmans ?

Et si l'amour était plus fort que la mort ?

Au risque d'être naïf et accusé de "bons sentiments", je ne vois pas qu'il y ait d'autre solution que de dépasser la haine et la peur de l'autre.

Comment ne pas partager cette espérance à la veille de Pâques ?

Le pape François n'a-t-il pas ouvert un chemin ?

 

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