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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 11:33

Isabel

La précarité en milieu rural fait actuellement l'objet d'une exposition photographique où le spectateur est plongé dans les affres de la misère sociale, celle du quotidien de millions de personnes.

Une mosaïque de portraits comme autant de récits de vie bouleversants. Ainsi peut se résumer l'exposition «Oubliés de nos campagnes», mis en œuvre par le Secours catholique-Caritas et les photographes de l'agence Myop, et qui s’est tenue jusqu’au 1er décembre au Point Éphémère, à Paris et qui va parcourir la France en 2014.

Dans cet ancien dock reconverti en «centre culturel et associatif» se mêlent quelques artistes mais aussi beaucoup de jeunes de la capitale venus boire un verre entre amis. Pourtant, à deux pas, des regards perdus viennent contraster avec cette ambiance festive. Accrochés au mur, les portraits des «Oubliés de nos campagnes» viennent rappeler qu'en dehors des lieux branchés et des grandes métropoles se joue le destin de millions de «petites gens». Les corps ankylosés sous le poids de la vie, la solitude jusque dans le regard, mais la décence avant tout ; les figures ne manquent pas d'intriguer les nombreux visiteurs citadins qui regarderaient presque avec des yeux d'«anthropologues» cette misère périurbaine.

La dureté de la crise derrière la douceur des paysages

Pendant près d'un mois, cinq photographes ont sillonné les routes de France et de Navarre à la rencontre de ces personnes pour rendre compte des différentes réalités de cette pauvreté en milieu rural. Parmi celles-ci, la «diagonale du vide», bien connue des géographes pour être une zone touchée par l'exode rural (moins de 30 habitants par kilomètre carré). Du Nord-Est au Sud-Ouest de la France, de Givet (08) à Arreau (65), les deux chasseurs d'images Lionel Charrier et Alain Keler ont non seulement photographié ces «visages de la précarité» mais aussi recueilli leur témoignage.

 

«Pendant qu'il nous racontait son quotidien, l'un d'eux s'est même mis brutalement à pleurer…» se souvient Lionel Charrier. Il s'agissait de Jean-Pierre, un éleveur célibataire de 43 ans en difficulté et qui habite avec sa mère dans le Cantal. «Nous avons aussi voulu à travers cette exposition que les portraits de ces personnes prennent chair en les entendant parler», explique le photographe en montrant du doigt les casques audio mis à disposition du public. Des témoignages à écouter ou à lire, «volontairement retranscrits de manière orale», non pas pour se moquer, mais simplement pour ne pas jeter un voile pudique sur cette misère pour qui un mot sert parfois à connaître tous les maux.

 

La vallée des oubliés ou la désindustrialisation à visage (in)humain

Parmi les zones sinistrées, la «vallée des oubliés» occupe une place particulière. Depuis trente ans, les usines de la Somme ferment les unes après les autres, entraînant avec elles leur cortège de chômeurs et de problèmes sociaux. «Le manque de travail a détruit les familles, l'isolement a fait le reste», commente le photographe Ulrich Lebeuf. Alors quand ce n'est pas l'alcool, c'est quelques fois «la drogue qui fait son apparition au bout de la troisième génération de chômeurs», explique Lionel Charrier. «Beaucoup ont besoin d'être pris en charge, d'être suivis» prolonge l'autre photographe, Pierre Hybre, qui a rencontré, lui, une précarité différente mais tout autant poignante dans l'Ariège, «une zone connue pour accepter les marginaux» dont certains sont entrés «dans un système de décroissance».

L'exposition  va entamer une tournée dans toute la France courant 2014. À travers cette tournée, le Secours catholique-Caritas de France souhaite avant tout mettre en lumière ceux qui sont trop souvent dans l'ombre en favorisant le changement de regard. Dans le livre d'or posé sur une table, au milieu de l'exposition, une phrase: «Merci d'ouvrir les frontières de nos vies de banlieusards, la misère est bien partout même si elle ne fait pas de bruit.»

 

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Published by Denis CHAUTARD - dans solidarité
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