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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 05:21

StThomas   

Saint Thomas est un merveilleux compagnon du Christ, et il peut nous aider à vivre notre vocation de disciples.

Le récit le plus connu à propos de cet Apôtre est celui de sa rencontre avec le Christ, à la fin du chapitre 20 de l’Evangile selon saint Jean, lorsque Jésus lui dit : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant » (v. 27). Nous lisons cette page chaque année, huit jours après Pâques […]

Au soir de Pâques

Au soir de Pâques donc, « Thomas, l’un des Douze, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint », dit l’Évangile (Jn 20, 24). Pourquoi donc était-il absent ? Pourquoi n’était-il pas avec ses frères pour accueillir Jésus ressuscité, et l’entendre dire par deux fois : « La paix soit avec vous » (vv. 19 et 21) ? La réponse peut se déduire de l’Evangile lui-même qui explique : « Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient car ils avaient peur des Juifs » (v. 19).

S’il n’est pas là, c’est qu’il n’a pas peur et qu’il ne veut pas rester enfermé avec les autres, paralysés, semble-t-il, par la violence de cette ville qui vient de faire mourir Jésus, et meurtris par leur propre lâcheté au moment de la Passion. Peut-être est-il sorti dans Jérusalem - enfin un Apôtre courageux !-, convaincu que les gens n’ont pas pu effacer le souvenir de celui qu’ils avaient acclamé peu de jours auparavant comme le Roi Messie (12, 12-16). […]

 « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Voilà que, huit jours plus tard, « Jésus vient (…) et il était là au milieu d’eux. » Cette rencontre de Thomas avec le Seigneur ressuscité est pour nous comme un modèle d’acte de foi au Christ. « Les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. » Imaginons comment il a vécu le moment où le Christ a franchi la porte et est entré dans cette salle. Voilà qu’il s’entend dire avec beaucoup de bonté et peut-être un petit sourire : Thomas « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant ». Il est bouleversé de joie en voyant le Seigneur, tellement heureux de s’être trompé, tellement heureux que les autres aient eu raison ! Parfois, c’est un grand bonheur de reconnaître ses torts ou ses erreurs…[…]

 « Heureux ceux qui croient sans avoir vu »

Cette rencontre se termine par une très belle leçon que donne Jésus à Thomas, sous la forme de béatitude : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » (Jn 20, 29). Certains estiment que cette phrase s’applique à nous qui, vingt siècles plus tard, nous avons la foi sans avoir vu Jésus ressuscité … Mais je pense qu’il serait bien présomptueux de nous juger supérieurs à Thomas et aux autres Apôtres.

Pour ma part, si je crois, c’est parce que dans ma famille, j’ai vu qu’on aimait Dieu. Dans ma paroisse, j’ai vu des chrétiens prier et chanter la louange de Dieu. Par mes oreilles, mes yeux et tous mes sens, cette foi a pu grandir en moi et j’ai pu y rester fidèle, grâce à Dieu. En fait, je crois parce que, heureusement, j’ai vu beaucoup de croyants. Ils ont été ma force, et ma foi s’est nourrie de ce contact. Qui pourrait se vanter de croire sans avoir vu ? Tous, nous avons besoin de voir pour croire, de toucher, d’entendre et de sentir, pour grandir dans la foi.

Aucun des apôtres, en tout cas, n’a cru sans voir. La béatitude qui invite à croire sans avoir vu n’est pas simplement une leçon donnée à Thomas, mais à tous les apôtres. L’Évangile dit que Jésus, après avoir souhaité la paix aux dix qu’il vient rencontrer le soir de Pâques, leur « montra ses mains et son côté » (Jn 20, 20). Une apparition rapportée par saint Luc souligne de manière encore plus nette la difficulté que tous les Apôtres ont à croire. « Jésus leur dit : Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os, et vous constatez que j’en ai. (…) Jésus leur dit : Avez-vous quelque chose à manger ? » (Lc 24, 39-42).

[…]

Mais alors, si nous avons tous besoin de voir pour croire, pourquoi Jésus déclare-t-il heureux ceux qui croient sans voir ? Il dit cela, probablement, pour le jour où surviendra un malheur dans notre vie ou notre famille, le jour où nous serons en proie à un grand désarroi intérieur, ou guettés par le désespoir. Jésus pense au jour où, toi, tu souffriras et où tout d’un coup, ta foi deviendra trouble et douloureuse. Il te dit : « Même dans ces jours-là, même quand tu seras dans la nuit, continue de croire. Heureux es-tu, si tu arrives à croire, même lorsque tu ne vois plus rien ». « Ne renie pas dans les ténèbres ce que tu as vu dans la lumière », comme dit Coventry Patmore.

Nul d’entre nous n’est à l’abri de ces jours d’épreuve et d’obscurité, de la nuit de l’esprit ou du cœur, dans sa vie. Si nous avons beaucoup reçu, si notre foi a été fortifiée par d’autres, béni soit Dieu ! Gardons pourtant cette béatitude, pour que, aux jours d’obscurité, la lumière de Jésus ressuscité demeure au fond de notre cœur et que nous puissions connaître cette joie promise par Jésus : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Cardinal Philippe Barbarin

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Published by Denis CHAUTARD - dans foi
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