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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 14:30

 

Alors que nous entrons, avec la campagne pour les élections présidentielles, dans une période de débats difficiles et même d’affrontements il me parait bon de nous remettre en présence de quelques « valeurs fondamentales » : le respect, la miséricorde et la compassion ! Je vous propose cette « méditation » d’André Comte-Sponville :

 

  sponville

« Les grandes vertus … c’est le courage et la bonne foi, c’est-à-dire au fond l’amour de la vérité.

Ne pas se raconter d’histoires, ne pas faire semblant.

C’est l’humour, très grande vertu.

Enfin, parfois, c’est l’amour, même si là encore il y a bien sûr différentes façons d’aimer.

Une petite vertu aussi, la plus petite de toutes : la politesse.

Un mot là-dessus.

Pourquoi est-ce que les gens ont envie que vous leur serriez la main quand vous les croisez dans l’escalier de l’entreprise ?

Parce qu’ils voudraient que vous les respectiez.

La vérité vraie, c’est qu’ils voudraient même que vous les aimiez.

Qui peut le plus peut le moins... Si vous les aimiez, vous leur serreriez la main.

Mais quand on n’est pas capable du plus - et personne ne peut aimer tous ceux qu’il croise dans l’escalier - on n’est pas dispensé pour autant du moins, et même on y est tenu.

Personne ne peut vous obliger à aimer tout le monde dans votre entreprise ; mais vous êtes tenu moralement de respecter tout le monde.

En ce sens, la morale, c’est une forme d’amour.

Comme l’amour fait toujours défaut, on a besoin de morale. Et comme la morale fait presque toujours défaut, au moins en partie, on a besoin de politesse.

Agir moralement, c’est agir comme si on aimait.

Là où on aime, avec nos enfants par exemple, on n’a pas besoin de morale : on agit pour leur bien par amour et non pas par devoir. On ne nourrit pas ses enfants par devoir. On les nourrit par amour.

La morale est une forme d’amour.

Quand on n’est pas capable d’aimer, il faut agir comme si on aimait, c’est-à-dire moralement.

Et quand on n’est pas capable d’agir comme si on aimait, quand on n’est pas capable de respecter vraiment les personnes, il faut au moins être poli, il faut au moins les respecter, c’est-à-dire leur dire bonjour quand on les croise et pardon quand on les bouscule.

La morale est une forme d’amour.

La politesse, une forme de morale.

L’amour vaut mieux que la morale ; la morale vaut mieux que la politesse.

Mais si vous n’êtes pas capables d’amour ou de respect, soyez au moins polis.

Enfin deux grandes vertus dont on voit peu la trace et dont il faut rappeler la grandeur et l’urgence : la miséricorde et la compassion.

La miséricorde, c’est-à-dire pardonner aux autres, et à soi-même, de n’être que ce qu’ils sont.

La compassion, c’est-à-dire la sympathie pour la douleur de l’autre.

Albert Camus disait : « Il faut garder les principes pour les grandes choses ; pour les petites, la miséricorde suffit. »

On pourrait dire également : il faut garder les principes pour les grandes choses ; pour les petites, la miséricorde et la compassion suffisent.

L’homme a besoin de principes, besoin de courage, de justice, etc.

D’amour, de politesse, il en a aussi souvent besoin....»

 

André Comte-Sponville « Petit traité des grandes vertus » (Presses Universitaires de France)

 

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