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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 09:46

  Famille ROM

 

            Ce mercredi, quatre cars de police se sont garés devant le squat de la rue Revel à Rouen et vingt-cinq policiers ont procédé à l'interpellation de Mariana et de ses deux enfants, cette famille rom de Roumanie ayant reçu une Obligation de Quitter le Territoire Français et ne s’y étant pas soumise. La mère et les deux enfants (une fille de onze ans et un garçon de quatorze ou quinze ans) ont aussitôt été embastillés au Centre de Rétention de Oissel.

            Jeudi matin, une manifestation où figurait Eric de Falco, Conseiller Général socialiste, parrain d’un des enfants, dénonçait cette situation devant les grilles du Centre. L’après-midi, la Police emmenait les membres de cette famille à l’Ambassade de Roumanie à Paris où leur était fourni des passeports pour ce pays. La famille était ensuite ramenée à Oissel.

            Vendredi midi, à l’appel du Réseau Education Sans Frontières et de Droit au Logement, je suis devant le Tribunal Administratif de Rouen qui doit statuer sur la régularité de la présence de Mariana et de ses enfants au Centre de Rétention. Le fourgon de police arrive, d’où descendent la famille et une femme mongole, elle aussi retenue à Oissel.

            Nous sommes nombreux à attendre dans la grande salle d’audience (il faut même ajouter quelques chaises). Certains des policiers mangent des kebabs dans une petite salle à côté. L’une de nous, prof à la retraite, retrouve deux de ses anciennes élèves : une parmi les soutiens et une devenue policière. Le Juge et sa greffière se présentent un peu après treize heures.

            Le cas de la femme mongole est d’abord évoqué, laquelle a également fait une demande d’asile en Pologne avant d’arriver en France. Son avocat tente de la sortir de ce mauvais pas. Maître Demir intervient ensuite pour Mariana et ses enfants. Il s’appuie évidemment sur l’arrêt Popov de la Cour Européenne des Droits de l’Homme qui vient de condamner la France pour la rétention d’enfants à Oissel. « C’est une bombe dans la justice administrative », déclare-t-il. Il cite le point quatre-vingt-quinze de cet arrêté qui décrit le lieu où sont enfermés les enfants à Oissel et parle de situation inhumaine et dégradante. Il reproche à la Préfecture de ne pas avoir cherché une autre solution, assignation à domicile ou à l’hôtel.

            La représentante de la Préfecture explique la rétention par le risque de fuite de cette famille dont le concubin de la mère (qui n’est pas le père des enfants) n’a pu être arrêté, pas plus qu’un autre enfant majeur. Elle affirme que le Centre de Rétention c’est mieux qu’un squat. « Un squat n’est pas un domicile », dit-elle. Elle ajoute que cette mère de famille s’est mise elle-même dans cette situation en refusant l’aide au retour et en ignorant l’Obligation de Quitter le Territoire Français. « La Préfecture a tout fait afin de raccourcir l’expulsion, l’avion c’est pour dimanche » dit-elle. Elle évoque le risque de disparition dans la nature en cas de libération.

            Le juge se retire pour délibérer. Nous sortons prendre l’air. Un jeune homme en profite pour photographier les deux policières qui n’aiment pas ça du tout. Elles lui demandent d’effacer la photo. Il refuse et préfère partir. Elles vont voir une fille qui était assise près de lui et qui leur dit qu’elle ne le connaît pas.

            Quand le Juge revient, il annonce qu’il confirme la rétention de la femme mongole qui sera expulsée vers la Pologne (premier pays d’Europe où elle a fait une démarche) et qu’il annule celle de la famille roumaine. Il dira plus tard s’il s’appuie pour cela sur l’arrêt Popov ou sur le fait que la Préfecture n’ait pas cherché de solution alternative ou sur les deux. Il rappelle que cette famille rom est dans l’obligation de retourner en Roumanie.

            L’autre solution pour elle sera de se cacher.

            Grâce à madame la représentante de la Préfecture de Rouen, j’apprends comment on nomme les embastillés des Centres de Rétention : des rétentionnaires.

            Ce même jour, Dominique Baudis, Défenseur des Droits, invité des Matins de France Culture, commente l’arrêt Popov. Il est lui aussi contre l’enfermement des enfants en Centre de Rétention, il faut assigner les familles à domicile ou à l’hôtel.

 

Michel Perdrial

 

Réseau Education Sans Frontières

 

 

 

 

Par Denis CHAUTARD - Publié dans : migrants - Communauté : Refaire le Monde
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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 08:41

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Travaillant ensemble depuis début 2010, les cinq associations : ASSFAM, La Cimade, Forum réfugiés, France terre d'asile et l'Ordre de Malte France, présentent ensemble le premier bilan de leur partage d'expérience sur la réalité de la rétention administrative des étrangers en France. Politique du chiffre, renforcement du régime d'exception qu'est la rétention, enfermement des familles, des enfants, autant de questions abordées dans ce rapport commun, pour interpeller les responsables politiques.

Le recours à l'enfermement est systématique, sans recherche d'alternatives En 2010, ce sont plus de 60.000 personnes qui sont passées par un centre de rétention en métropole ou en Outre-mer, dans un contexte de surenchère répressive. Le nombre de places en centre a augmenté de plus de 80% entre 2005 et 2011. Un nombre croissant de familles et d'enfants enfermés  Le nombre des familles et des enfants en centre de rétention est en constante augmentation : en 2010, 178 familles ont été enfermées avec 356 enfants, dont 57 nourrissons, contre 318 en 2009.

Des conditions de rétention qui s'apparentent à celles de la détention et la difficulté à faire valoir en toutes circonstances les droits fondamentaux, des personnes engendrent tensions constantes et violences. 

Sans préjuger des constats à venir, les associations dénoncent le renforcement de ce régime d'exception et la banalisation de l'enfermement comme mode de gestion des étrangers en situation irrégulière. 

Les premiers mois de 2011 ont été marqués par la discussion puis l'adoption d'une nouvelle législation sur les étrangers contre laquelle les associations se sont mobilisées. Celle-ci allonge la durée de rétention et réduit le contrôle des pratiques policières et administratives par le pouvoir judiciaire. 

Les constats en 2011 ne font que renforcer l'analyse et la critique sévère déjà exprimées par les associations.

Ce bilan doit susciter une vraie prise de conscience des responsables à tous niveaux afin de garantir le respect des droits fondamentaux de toute personne étrangère sur le territoire français, quelle que soit sa situation.

Télécharger le rapport

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : migrants - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Jeudi 1 septembre 2011 4 01 /09 /Sep /2011 07:30

Cimade

 

Dans un communiqué daté du 31 août 2011, Mgr Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes, dénonce le placement en rétention de jeunes enfants. Il rappelle l'urgence de respecter la Convention Internationale des Droits de l'Enfant (CIDE) signée par la France en 1990.
 

Hier, après une procédure judiciaire, un enfant de 5 ans a été libéré du Centre de Rétention Administrative de Rennes-Saint-Jacques, après y avoir été enfermé 5 jours. Ce dernier mois, 7 autres enfants ont vécu la même épreuve, parfois avec un seul de leurs parents ou de leurs frères et sœurs, car les autres membres de la famille étaient absents au moment de l'arrestation. Certes, ces 8 enfants ont été remis en liberté. Mais pourquoi leur faire subir ce régime d'arrestation et d'enfermement ? Pourquoi, pour un temps, briser leur lien familial ? Pourquoi risquer de les blesser psychologiquement ? Il est urgent de trouver et mettre en place une manière de faire qui soit conforme à la Convention Internationale des Droits de l'Enfant, que la France a ratifiée.

Mgr Pierre d'Ornellas
Archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo

Rennes, le 31 août 2011
 

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Les droits de l'enfant ont 20 ans

Mobilisation pour les droits de l'enfance

Migrations

 

Par Denis CHAUTARD - Publié dans : migrants - Communauté : Praedicatho
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Vendredi 3 juin 2011 5 03 /06 /Juin /2011 16:36

Migrants-libyens

 

Cela ne s’était jamais vu depuis que la Tunisie est Tunisie et la Libye la Libye. La Tunisie ne s’était pas encore relevée de son Tsunami politique et social, que la Libye voisine est entrée dans une rébellion armée que personne ne prévoyait. Et comme il y a des millions (on parle de trois millions) d’étrangers qui travaillent dans tous les domaines en Libye, on a assisté à un exode de masse vers la Tunisie et l’Égypte.

Entre 250.000 et 300.000 personnes ont passé la frontière tuniso-libyenne. Elles étaient de toutes les nationalités : Égyptiens, Tunisiens, Africains subsahariens, Bengali, Pakistanais, Érythréens, Somaliens, Chinois, Indiens. Les pays les moins pauvres ont pu effectuer le rapatriement de leurs citoyens, d’autres attendent depuis trois mois, surtout les Nigérians, les Somaliens et les Érythréens.
Nous avons assisté à des scènes formidables de solidarité et d’accueil. Au début, l’accueil était spontané. Les habitants des villages près de la frontière portaient de quoi manger et boire. Ensuite, les ONG ont rejoint le mouvement, dont la Caritas Tunisie, France, Canada, Liban. La Croix rouge et le Croissant rouge tunisien, qatari et émirati se sont joints et on a fini par avoir des tentes pour tout le monde et la frontière tuniso-libyenne est devenue un lieu de passage pour ceux qui rentrent dans leurs pays et un lieu de résidence pour ceux qui attendent que la tempête passe pour revenir travailler en Libye, comme avant.

L’Église de Tunisie a envoyé dès les premiers jours un prêtre et trois religieuses pour aider les réfugiés. Il arrivait que les sœurs préparaient, avec d’autres volontaires, des repas pour 10.000 personnes chaque jour. Nous avons un prêtre nigérian dans le diocèse, et il visite régulièrement les camps ; il a même célébré la messe de Pâques dans une grande tente que les Érythréens avaient transformée en chapelle. Plus de 150 personnes ont assisté à la messe. Caritas Tunisie a présenté un projet d’urgence à la Caritas Italie et à la CEI. Des subsides sont arrivés et cela nous permet d’assurer les dépenses nécessaires au prêtre et aux religieuses.

Reste la grande question : combien de temps cela va durer ? La situation militaire en Libye s’enlise, la confrontation militaire entre les rebelles et les phalanges de Kadhafi continuent, les bombardements de l’OTAN n’arrivent pas à trancher. On vit dans l’incertitude la plus absolue.
La situation actuelle à la frontière, d’après les religieuses présentes sur place, se présente comme suit : : entre 4000-5000 réfugiés africains ou asiatiques attendent des jours meilleurs pour retourner, soit dans leurs pays respectifs soit en Libye.
Mais il y a aussi des milliers de libyens qui ont fui la guerre. Ces libyens sont de trois catégories : des gens aisés qui ont passé la frontière et ont rejoint l’Europe via l’aéroport de Djerba ; la deuxième catégorie constituée de libyens ayant des parents dans le sud tunisien qui les ont accueillis dans leurs maisons, et la troisième catégorie (on parle déjà de 50.000) sont logés dans les camps, ou hébergés dans des maisons que les habitants de la ville de Tataouine leur ont offertes gratuitement, ou dans des tentes. Le ministère de l’éducation nationale a donné des consignes aux écoles du sud tunisien pour intégrer les enfants libyens dans les écoles des divers gouvernorats.

 

Tout ceci s’est passé alors que des milliers de tunisiens sont arrivés à Lampedusa, avec toutes les problématiques que cela a causées. Je ne parle pas de la dimension juridique ou politique de ce phénomène, ce n’est pas de ma compétence. Mais je parle de la dimension humaine. Ce sont des jeunes au chômage (19% de chômage avant la révolution). Le tourisme occupait 450.000 jeunes qui se sont retrouvés du jour au lendemain sans travail, le contrôle des frontières s’était affaibli à cause de la situation politique et sécuritaire dans les grandes villes.

J’essaie de me mettre dans la mentalité d’un tunisien : 20.000 tunisiens sont arrivés dans une Europe, en crise peut être, mais riche tout de même, et ils sont mal reçus, alors que plus de 200.000 (dix fois plus) d’étrangers sont arrivés dans une Tunisie, pas aussi riche que l’Europe, mais surtout qui sort d’une grave crise politique, et les Tunisiens les ont reçus les bras ouverts,  leurs ont ouvert leurs maisons, leurs écoles, et ont partagé avec eux leur pain quotidien.

Vu de la rive sud de la Méditerranée, où l’hospitalité est à la fois une valeur et un devoir, c’est incompréhensible… tout simplement.

 

Marroun Lahham

27 mai 2011

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : migrants - Communauté : Communauté spirituelle
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Mardi 31 mai 2011 2 31 /05 /Mai /2011 06:50

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Elle aura lieu du 2 au 5 juin 2011, dans le cadre magnifique de l’abbaye de Rhuys, proche du Golfe du Morbihan, à 30 km de Vannes.

Le déroulement est découpé en 3 temps. Le vendredi est occupé par les ateliers : l’un avec Alexandre Charbonneau, juriste de l’université de Bordeaux et intervenant à l’Observatoire des Droits des Marins, portera sur les commissions portuaires (composition, fonctionnement, convention 163 de l’OIT/BIT, présence de la MDM) ; l’autre atelier sera animé par Pierre Mollo, scientifique, spécialiste sur le plancton marin, et portera sur les conditions pour le maintien et le développement des espèces de poissons. En continuité avec le message que nous avions rédigé en novembre 2009, dans le cadre de la consultation du Livre Vert (à propos de la politique commune de pêche), nous appelons à la formation de groupes pêche dans les ports : que les pêcheurs soient les acteurs de leur avenir et devenir !

Le samedi, le moment important est autour du thème d’année : « Héritiers d’un Dieu qui donne la vie » ; l’écologie nous saisit de toute part, avec l’extension des zones portuaires, les énergies renouvelables, les aires marines protégées, la protection de la ressource en poisson… ; nous sommes concernés à la MDM : nous avons demandé à Pierre Chamard- Bois, de Brest, laïc qui a une compétence biblique et théologique, de nous aider dans notre réflexion. Le samedi soir, nous participerons à la messe, accueillis par le Père Centène, évêque du lieu, et le Père Schockert, notre évêque référent ; ce sera ensuite la soirée festive.

Le dernier jour, le Père Edward Pracz, de Gdynia (Pologne), coordinateur européen pour l'apostolat de la Mer, et le Père Dominique Fontaine,  vicaire général de la Mission de France, prendront la parole. Une déclaration finale devrait être diffusée en conclusion des échanges.


Guy PASQUIER, Prêtre de la Mission de France

 

Délégué National à la Mission de la Mer


Par Denis CHAUTARD - Publié dans : migrants - Communauté : Passeurs d'espoirs
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Dimanche 8 mai 2011 7 08 /05 /Mai /2011 07:36
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Mercredi 4 mai 2011, la commission mixte paritaire (députés et sénateurs) devrait trancher le sort des étrangers en France. 50 associations chrétiennes demandent à cette commission de ne pas céder à des tentations électoralistes sur le dos des étrangers en France et de maintenir sa tradition d'accueil et de fraternité.

Après un interminable feuilleton législatif commencé début 2010, le nouveau projet de loi sur l'immigration va durcir les règles pour l'accueil des étrangers. Pour le collectif des 50 associations chrétiennes mobilisées sur ce projet, cette loi en l'état actuel porte des atteintes graves aux droits des étrangers sur des points très sensibles pour les chrétiens : leur droit à la vie, à l'asile et à une vie en famille. La commission mixte paritaire doit agir en conscience ; il y va aussi de la dignité de nos élus.

Alors que les sénateurs en première lecture avaient amoindri l'extrême dureté de ce projet de loi, le collectif des organismes chrétiens constate des reculs très préoccupants du Sénat en deuxième lecture en avril sur ces points, sans explications audibles. La commission paritaire, dont l'objet est de proposer un texte de consensus aux élus, doit s'affranchir de préoccupations électoralistes.

Le droit à la vie gravement atteint
Si le texte reste en l'état, des étrangers qui ont découvert la gravité de leur maladie en France seront condamnés à mort. En effet, dans cette version du projet de loi, si l'absence de traitement n'est pas démontrée dans leur pays d'origine, ces étrangers dont le pronostic vital est engagé y seront renvoyés. Même s'ils ne peuvent y accéder : coût, inégalité devant les soins, etc. Renvoyer les étrangers qui ne peuvent "s'offrir" le traitement dans leur pays revient ainsi à les condamner.

Une exception est proposée pour des circonstances humanitaires exceptionnelles. Qui en jugera ? Le préfet. Est-il médecin ? Par ailleurs, quelles seront les circonstances "humanitaires" en question ? Cette dérogation s'affranchit au passage de l'avis du médecin, pourtant agréé par le préfet, et obligera l'étranger à démontrer l'absence des soins adaptés à son cas dans son pays.

Un droit à l'écoute et à l'asile qui devient virtuel
Repousser l'audition de l'étranger par le juge des libertés et de la détention après 4 jours de rétention administrative, comme le propose la version actuelle du projet, c'est accroitre la vulnérabilité de ces personnes face aux dérives possibles de l'administration : à de nombreuses reprises, l'intervention rapide de ce juge a permis d'éviter l'expulsion d'étrangers au mépris de leurs droits. De plus, le juge serait contraint de fermer les yeux sur des irrégularités administratives, jugées mineures.


Par ailleurs, en plus de zones d'attente plus ou moins ponctuelles, créées selon la volonté des préfets, les demandeurs d'asile pourraient se voir imposer une vidéo-audience pour leur recours, sous peine de s'en désister. Ils ne pourront plaider leur cause auprès de la Cour nationale du droit d'asile que par écran interposé, sans égard pour les confidences souvent intimes sur les persécutions subies ou encourues, étalées au micro et devant des juges à la télé. La moitié des protections étant accordées en recours sur la sincérité des demandeurs pour les juges, cet obstacle supplémentaire va pénaliser les demandeurs d'asile les plus fragiles.

Une vie en famille dépendant de l'administration
La nouvelle interdiction de retour dans l'Union européenne, possible pour une durée allant jusqu'à 5 ans, va détruire des familles. Le préfet pourra la prononcer ou non au cas par cas, selon des circonstances humanitaires encore mal cernées. Il pourra refuser d'abroger cette interdiction de revenir au vu du comportement de l'étranger : mais comment l'étranger, ainsi coupé de sa famille, pourra-t-il ne manifester aucune résistance avant son départ forcé et une séparation durable ?


Paris, le 4 mai 2011
 
Contact :
Véronique de La Martinière : 01 44 82 80 64 - 06 07 77 05 80


*Organismes initiateurs de l'appel des organismes chrétiens :
- ACAT-France (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture)

- CCFD - Terre solidaire (Comité Catholique contre la faim et pour le Développement)
- FEP (Fédération de l'Entraide Protestante)
- La Cimade (Service oecuménique d'entraide)
- Secours Catholique / CARITAS-France
avec la contribution du SNPM (Service national de la pastorale des migrants)
* Autres organismes nationaux co-signataires de l'appel :
- ACE (Action Catholique des Enfants)
- ACER - Mouvement de jeunesse orthodoxe
- ACO (Action Catholique Ouvrière)
- Apostolat de la prière
- Apprentis Orphelins d'Auteuil
- Association des Cités du Secours Catholique
- Association Espoir
- Aumônerie nationale catholique des gitans et
gens du voyage
- CASP (Centre d'Action Sociale Protestant)
- CERAS (Centre Recherche et Action Sociales)
- Chrétiens et sida
- CMR (Chrétiens en Monde Rural)
- Communauté Mission de France
- Communauté de Vie Chrétienne
- Congrégation des Auxiliatrices de la Charité
- Congrégation des Fils de la Charité
- DEFAP (service protestant de mission)
- DOM'Asile
- Éclaireuses et Éclaireurs Unionistes de France
- Église réformée de France
- Équipe nationale des Prêtres-Ouvriers
- Fédération des réseaux des parvis
- Fédération protestante de l'enseignement
- Fraternité Charles de Foucauld - France
- Fraternité Évangélique Afrique-Caraïbe-
Europe
- Fondation de l'Armée du Salut
- JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne)
- JRS-France (Service Jésuite des Réfugiés)
- Justice et Paix - France
- Mission Populaire Évangélique de France
- Missionnaires d'Afrique (Pères Blancs)
- MIR-France (Mouvement International de la
Réconciliation)
- Nous sommes aussi l'Église
- Pax Christi - France
- Religieuses en Mission ouvrière
- Réseau chrétien - immigrés
- Réseau Foi et Justice Afrique-Europe
- Réseau franciscain Gubbio
- Soeurs Auxiliatrices
- Soeurs du Bon Pasteur
- Union nationale des CPCV (organisme
protestant de formation)
- Union Chrétienne de Jeunes Gens - UCJGYMCA
- Alliance Nationale des Unions Chrétiennes de
Jeunes Gens - UCJG-YMCA
- VEA (Vivre ensemble l'Évangile Aujourd'hui)


Par Denis CHAUTARD - Publié dans : migrants - Communauté : Praedicatho
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Jeudi 14 octobre 2010 4 14 /10 /Oct /2010 22:10

Roms 

 

Aujourd’hui on aime bien affirmer son identité. Dans l’Église aussi, certains disent : « il nous faut affirmer notre identité chrétienne. » Mais s’agit-il de dire : « Nous sommes chrétiens, nous avons un message à vous délivrer, venez chez nous » ? S’il faut manifester une identité chrétienne, ne faut-il pas le faire… chrétiennement ? Les moines de Tibhirine ont affirmé cette identité en devenant frères des villageois et en restant avec eux dans les heures d’angoisse jusqu’à risquer la mort. Des évêques de France ont affirmé notre identité chrétienne en allant visiter des camps de Roms et en prenant la parole pour défendre leur dignité. En cela ils rappelaient aux catholiques et à tous que Jésus n’a pas dit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même… sauf les Roms ! »

L’accueil des migrants et des réfugiés est un test pour une collectivité nationale, et d’abord pour une communauté chrétienne. Quand nous accueillons des gens venant d’autres pays dans nos messes dominicales, nous ne leur demandons pas s’ils ont des papiers ou non, nous les accueillons comme des frères qui ont autant de droits sur la vie de la paroisse que les paroissiens qui en font partie depuis des années. Et cela fait de nous des chrétiens, c’est-à-dire des gens qui vivent à la manière du Christ, leur maître.

Dans une ville où j’ai vécu comme prêtre, une famille Rom était soutenue par une religieuse dans une association. Un jour, ils sont venus demander le baptême pour leurs enfants. Les baptêmes ont eu lieu avec toute la communauté dominicale. Leur joie était grande de se sentir “membres de la famille”. Les paroissiens leur ont permis par la suite de mettre leur caravane sur le parking de la paroisse et les ont aidés dans leur démarche pour un logement. Ils viennent maintenant régulièrement à la messe du dimanche et sont adoptés par la communauté. Voilà une paroisse qui affirme chrétiennement son identité.

 

Dominique FONTAINE
Vicaire général de la Mission de France

Par Denis CHAUTARD - Publié dans : migrants - Communauté : Passeurs d'espoirs
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Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 14:15

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En ce mois de septembre, sera présenté à l'Assemblée Nationale le projet de loi sur l'immigration proposé par Monsieur Eric Besson, Ministre.
 
L'Etat a le devoir d'établir des règles. Dans le domaine de l'immigration, le gouvernement est amené à procéder à la régulation des flux migratoires, prenant en compte le bien commun. Les responsables politiques ont donc à prendre des décisions difficiles, nous le savons bien. Mais, comme évêques catholiques, nous souhaitons dire ce qui, dans le projet tel qu'il est, questionne notre conscience :

• La famille est la cellule de base de la société. Pour les migrants, elle joue un rôle essentiel dans leur insertion. Il nous faut combattre toute mesure contribuant à l'affaiblir.

• Le droit d'asile a toujours été défendu par l'Eglise. Les mesures qui tendent à diminuer le soutien ou les garanties d'une procédure équitable sont inacceptables.

• L'intervention du juge des libertés est indispensable pour entendre la parole des personnes privées de liberté. Retarder cette intervention ou la limiter dans les lieux de plus grande fragilité contrevient à ce droit, y compris dans le cadre de la rétention administrative.

• L'aide humanitaire aux migrants en difficulté ne doit jamais être confondue avec l'activité délictuelle des « passeurs ».

• Il serait regrettable que notre pays contribue à ce qu'on appelle la « fuite des cerveaux », dont les pays en voie de développement ont le plus grand besoin.

Avec de nombreux chrétiens qui vivent dans les quartiers les plus pauvres, notamment les communautés religieuses, nous savons ce qu'apportent à notre pays de très nombreux migrants, par leur travail, leur énergie et leur honneur. Nous n'oublions pas les épreuves qu'ils ont dû traverser lors de leur migration.

Nous exprimons également notre reconnaissance et notre soutien à tous ceux qui, personnellement ou en association, se mettent à leur service, dans le désintéressement le plus grand.
 
Les évêques de la Commission pour la Mission universelle de l'Eglise (CEMUE)
Paris, le 20 septembre 2010

Mgr François Garnier (Cambrai)
Mgr Raymond Centène (Vannes - Pastorale des Gens du voyage)
Mgr Renaud de Dinechin (Pastorale des Migrants)
Mgr Thierry Jordan (Reims)
Mgr Dominique Rey (Fréjus-Toulon)
Mgr Claude Schockert (Belfort-Montbéliard - Pastorale des Migrants)
Mgr Marc Stenger (Troyes)

Par Denis CHAUTARD - Publié dans : migrants - Communauté : Praedicatho
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Mardi 7 septembre 2010 2 07 /09 /Sep /2010 06:33

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Du 8 au 18 septembre, 9 personnes mèneront un jeûne citoyen devant l’Assemblée nationale, pendant les travaux de la Commission des lois sur le projet de loi immigration. Ils entendent ainsi exprimer leur indignation et leur protestation contre les graves dispositions inscrites dans le projet de loi. Ils occuperont la place Édouard Hérriot chaque jour de 12h à 21h et seront hébergés à proximité.

Un rassemblement est prévu pour le lancement du jeûne
mercredi 8 septembre à 13h30
place Edouard Hériot, Paris 7ème


Parce que ce projet de loi heurte profondément les consciences, chacun est aujourd'hui appelé à se mobiliser :

- Pour les franciliens, en participant à des jeûnes de 2 à 5 jours aux côtés des premiers jeûneurs. Ou encore en renforçant la mobilisation par votre présence lors du rassemblement du 8 septembre et au cours de veillées thématiques tous les soirs de 19h à 21h.

- En région, en organisant et en participant à une déclinaison locale de cette initiative : par la mise en place d'un jeûne de 2 jours et/ou de veillées devant les permanences locales des députés membres de la commission des lois ou dans tout autre lieu symbolique.

- En soutenant financièrement cette initiative. Utilisez le formulaire de la Cimade qui soutient d'ores et déjà cette action ou envoyez un chèque à La Cimade, 64 rue Clisson, 75013 Paris (à l'ordre de "La Cimade / jeûne"). Vous recevrez un reçu fiscal.


Les Jeûneurs
Alain BOSC, François GAUDARD, Jean-Pierre GARITSU, Jean-Baptiste LIBOUBAN, Jean-Paul
NUNEZ, Alain J. RICHARD, Pierre ROSENZWEIG, Françoise ROSSETTI-HERBELIN, Jean-Claude VIGOUR.

contact : contreunehaineiemeloi@gmail.com

Pour suivre rapidement l'évolution de l'action et recevoir la lettre quotidienne d'information, inscrivez votre adresse mail sur cette page ou connectez vous sur facebook

Par Denis CHAUTARD - Publié dans : migrants - Communauté : Praedicatho
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Lundi 19 juillet 2010 1 19 /07 /Juil /2010 10:17

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Une vingtaine d’organisations chrétiennes (1) lancent un appel pour dénoncer le projet de loi Besson qui devrait être présenté en septembre 2010 et durcir les conditions de vie des immigrés en France.

Ne laissons pas fragiliser le droit de l’étranger. Pour la cinquième fois en sept ans, le gouvernement veut réformer le régime de l’entrée et de l’expulsion des étrangers en France. Cette nouvelle modification de la loi constitue une étape supplémentaire dans la fragilisation d’hommes, de femmes, d’enfants et de familles déjà fortement ébranlés par les difficultés de l’exil.

Ce sont pourtant des êtres humains. Certains fuient la guerre ou les traitements inhumains pour sauver leur vie. D’autres cherchent simplement à améliorer leur situation et celle de leur famille. Ils aspirent, comme nous, à vivre en paix, à trouver le bonheur, à travailler, en France, leur pays d’« accueil ».

Mais le projet de loi va sonner le glas des aspirations de beaucoup et, par là même, de notre hospitalité et de notre humanité en réduisant leurs droits à la justice, à une vie familiale et à la solidarité.

Si nous laissons faire, les étrangers n’auront plus le droit d’être entendus !
Jusqu’alors, la loi réclamait le contrôle du juge des libertés si la mise en rétention excédait deux jours avant l’expulsion. Ce garde-fou, indispensable face à l’arbitraire de l’administration, est retardé par ce projet de loi : ainsi des expulsions seront possibles pendant cinq jours sur seule décision administrative. De plus, le juge judiciaire ne pourra plus sanctionner certaines irrégularités.

Si nous laissons faire, le droit d’asile sera entravé !
Ce projet de loi restreint les possibilités d’accéder au territoire pour demander l’asile et place un nombre plus important d’éventuels demandeurs dans des conditions défavorables pour l’examen de leur demande de protection. Et s’ils sont déboutés et renvoyés, il leur interdit de revenir dans l’Union européenne pour sauver leur vie.

Si nous laissons faire, le droit de vivre en famille sera restreint !
Des conjoints de Français ou d’étrangers en situation régulière, voire avec des enfants en France, sont parfois sans document de séjour. La loi qui peut déjà interrompre leur vie familiale va durcir les conditions de leur séparation en repoussant toute possibilité de retour. En effet, tout étranger renvoyé peut être « banni » de l’Union Européenne jusqu’à 5 ans : nous refusons cette double peine !

Si nous laissons faire, la solidarité restera répréhensible !
En modifiant la loi, le projet voudrait calmer les critiques sur le délit dit de "solidarité". En ne modifiant que très marginalement l’exemption pour un tel délit, le projet de loi persiste à dissuader quiconque aiderait, de bonne foi et dans la durée, un étranger dont nul ne sait a priori s’il est en situation administrative irrégulière.
Il est contradictoire de maintenir le principe de fraternité dans la devise de la République et de punir les actes de solidarité.

Motivés par la solidarité et la défense des plus faibles, notamment des étrangers, en partenariat avec d’autres membres de la société civile, nos organismes, mouvements, associations et services chrétiens refusent que des mesures de plus en plus restrictives, voire arbitraires, propulsent des milliers d’hommes et de femmes dans la précarité et le désespoir.

Aussi estimons-nous nécessaire d’éveiller les consciences, d’appeler à la vigilance et à l’information sur ce projet de loi qui comporte des dispositions très inquiétantes. Nous nous engageons à agir pour que la figure de l’étranger ne serve pas de bouc émissaire en France et en Europe.


(1) Initiateurs de l’appel : ACAT-France (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), CCFD — Terre solidaire, FEP (Fédération de l’Entraide Protestante), La Cimade (Service œcuménique d’entraide), Secours Catholique/CARITAS-France Rejoints par : ACO (Action catholique Ouvrière), CERAS (Centre Recherche et Action Sociales), Congrégation des Auxiliatrices de la Charité, Congrégation des Fils de la Charité, Éclaireuses et Éclaireurs Unionistes de France, Fédération protestante de l’enseignement, JOC, Justice et Paix, Mission Populaire Évangélique de France etc.

 

7 juillet 2010

 

 

Par Denis CHAUTARD - Publié dans : migrants - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
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