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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 10:16

grece

 

Un président de banque centrale voulait régler ses comptes avec ses débiteurs. Il commence en convoquant quelqu’un qui lui devait 60 milliards d’euros. Comme cet homme n’avait pas de quoi le rembourser, il ordonne de saisir tous ses biens et de le mettre en prison en remboursement de sa dette. Mais, tombant à ses pieds, l’homme lui dit : « Prends patience envers moi, je te rembourserai tout ». Saisi de pitié, le président de banque centrale le laisse partir. En rentrant, l’homme trouve un de ses débiteurs qui lui devait 60 000 euros. Il se jette sur lui pour l’étrangler en disant : « Rembourse ta dette ». Celui-ci le supplie : « Prends patience envers moi et je te rembourserai ». Mais l’autre refuse et le fait jeter en prison. Ses compagnons, voyant cela, sont profondément attristés et vont tout raconter au président de la banque centrale. Alors, celui-ci le fait appeler et lui dit : « Grossier personnage, je t’avais remis cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi j’avais pitié de toi ? » Dans sa colère, le président de la banque centrale le livra aux juges jusqu’à ce qu’il ait tout remboursé.

Il s’agit là, bien sûr, d’une transposition un peu maladroite de la parabole évangélique (Mt 18, 23-35). Mais Jésus lui-même ne se référait-il pas à la situation sociopolitique et économique de son époque pour évoquer le Royaume de Dieu ? Un Royaume qui concerne nos affaires humaines dans ce qu’elles ont de meilleur et de pire. La parabole rappelle ainsi le caractère choquant de nos prétentions à exiger le paiement de nos dettes envers et contre tout, même lorsque nous sommes dans notre droit.

Et le fait que le texte biblique ne précise pas l’identité du débiteur impitoyable n’est pas anodin. Ce pourrait être un banquier qui refuse de prolonger un crédit, la BCE qui hésite à racheter de la dette grecque, le FMI qui refuse un rééchelonnement à un pays du tiers-monde... Mais, puisque la parabole laisse l’indétermination, mieux vaut éviter une transposition trop précise…

Ce dont nous parle Jésus, c’est d’abord du Royaume offert à tous. Pour cela, la parabole met en scène l’étroite solidarité de tous les hommes par rapport aux biens de la terre qui leur sont confiés. La disproportion entre les sommes dues par les différents protagonistes signifie peut-être que les biens échangés dans l’économie réelle sont sans proportion avec l’immensité de la dette que chacun de nous contracte du seul fait d’exister en société. Nous sommes, de fait, tous solidaires pour le meilleur et pour le pire. Ce qu’oublient les marchés qui se montrent impitoyables envers la Grèce, alors même qu’ils bénéficient depuis le début de la crise de prêts qui se chiffrent en milliers de milliards. Ou encore les banquiers qui refusent de prolonger un crédit, oubliant que l’argent est un bien public avant d’être le leur.

La parabole racontée par Jésus, vint en réponse à une question posée par Pierre : « Seigneur, quand mon frère commettra une faute à mon égard, combien de fois lui pardonnerai-je ? Jusqu’à sept fois ? » (Mt 18, 21). Elle met en lumière le danger que nous faisons courir à la communauté chrétienne et à toute la société en nous montrant intraitables, en refusant de pardonner. La logique de Lamek, ce descendant de Caïn, qui voulait être vengé 77 fois 7 fois (Gn 4, 24), rend la propagation de la violence exponentielle. La dette de la Grèce représente moins de 4 % du Pib de la zone euro, mais les institutions qui spéculent sur un défaut de paiement nous conduisent à la faillite générale. La parabole évangélique souffle ainsi le chaud et le froid. Si elle met en scène le côté intraitable du roi, c’est pour mieux révéler la violence qui nous guette. Le roi se montre intraitable parce que le débiteur est intraitable. Mais cette mise en scène se veut cathartique. Elle parle du pire pour nous inviter à être patient ; elle suscite notre indignation pour nous inviter à faire miséricorde.

Dans leur travail de discernement des exigences sociales de l’Évangile, les papes ont tour à tour soufflé le chaud et le froid. Pie XI, dans Quadragesimo anno (1931), tout en relevant les « funestes conséquences » de « la dictature économique » qui a succédé au libre échange, souligne la responsabilité des « détenteurs et maîtres absolus de l’argent » qui gouvernent le crédit et le dispensent selon leur bon plaisir. Par là, ils distribuent en quelque sorte le sang à l’organisme économique dont ils tiennent la vie entre leurs mains, si bien que sans leur consentement nul ne peut plus respirer.

Plus près de nous, dans Caritas in veritate, Benoît XVI met en garde contre les dérives de la finance. Mais en rappelant aussi que « l’être humain est fait pour le don », il invite à faire en sorte que le principe de gratuité et la logique du don trouvent « leur place à l’intérieur de l’activité économique normale ». Et il est probable que nous ne sortirons pas de la crise sans que la gratuité et le don nous aient libérés du poids de la dette et de la violence qu’elle suscite.

 

Bertrand Hériard, jésuite, directeur du Ceras et de la revue Projet

  

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : économie - Communauté : Refaire le Monde
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Vendredi 4 novembre 2011 5 04 /11 /Nov /2011 14:48

 eveque

 

Il est annoncé la fermeture d’entreprises sur la Vallée de l’Andelle : MREAL et SEALINKS. D’autres entreprises du département sont également menacées : BRP anciennement Roger Gallet, à Bernay, et L’entreprise pharmaceutique MERK (anciennement Organon) près de Gisors.
Devant ces annonces de licenciements, Christian Nourrichard, évêque d’Evreux, lors d’une rencontre avec les chrétiens de la vallée de l’Andelle, a insisté sur la place fondamentale de l’homme face au profit. ; « Un travailleur vaut plus que tout l’or du monde car il est fils de Dieu » disait le cardinal Cardijn, fondateur de la JOC.
Pour la Mission Ouvrière et l’Evêque d’Evreux, il est urgent de redire notre attachement au monde du travail et à l’ensemble du monde ouvrier. Pour nous, c’est la place de l’Humain qui est en jeu et cela est au cœur de notre foi en Dieu.
Nous voulons dire fortement avec notre évêque notre soutien à tous ceux qui aujourd’hui, dans les entreprises, subissent les conditions inacceptables d’une course au profit illusoire.
La France est un pays qui travaille beaucoup et produit une forte richesse suffisante pour subvenir aux besoins de tous. Pour nous chrétiens, il est important de s’interroger sur la répartition des richesses.

 

Evreux, le 21 octobre 2011
Christian Nourrichard, évêque d’Evreux et la Mission Ouvrière de L’Eure.

Contacts:
Olivier LEMESLE, Délégué diocésain à la Mission ouvrière - 02 32 37 15 50
Geneviève MAGNAN, coordonnatrice de la Mission ouvrière de l’Eure - 02 32 28 19 08

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la Mission ouvrière assure la coordination et le soutien mutuel des mouvements d’Action catholique en monde ouvrier - ACE (Action catholique des enfants), JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne), ACO (Action catholique ouvrière) et d'autres acteurs d'Église en monde ouvrier et populaire (Prêtres-ouvriers, religieuses et religieux en monde ouvrier, prêtres en pastorale ouvrière). Sa mission est d’être au plus près des réalités ouvrières dans les quartiers, le travail... Vivre au cœur du monde ouvrier et populaire avec les plus pauvres dans le partage, la solidarité avec eux.

 

Par Denis CHAUTARD - Publié dans : économie - Communauté : Praedicatho
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Mercredi 5 octobre 2011 3 05 /10 /Oct /2011 16:25

pauvrete

 

En ces jours où la crise financière et la crise économique font de nouveaux ravages dont les plus démunis d’entre nous sont les premières victimes, j’ai trouvé bon de nous remettre en mémoire cette déclaration de plusieurs personnalités à Noël 2008, déclaration publiée à l’époque dans douze quotidiens Français :

Au moment où le monde entier se trouve engagé dans une crise économique qui frappera en priorité les plus démunis et dont personne ne peut mesurer la durée et la gravité, Noël demeure une espérance.

La naissance du Christ parmi les plus pauvres, dans une étable, autant dire presque dans la rue, mais aussi de nombreux textes bibliques et écrits sociaux des Églises chrétiennes, nous renvoient à des références éthiques essentielles pour affronter la crise.

La pensée sociale-chrétienne qui s'appuie sur ces références n'est pas une alternative à un quelconque système économique mais un socle de réflexion qui a vocation à inspirer tout mode d'organisation durable de la société.

Ce socle repose sur deux priorités : celle de l'homme sur l'économie, l'économie est au service de l'homme et non l'inverse, et celle des pauvres sur les privilégiés, l'équité condamne une trop grande inégalité entre les revenus.

Ces deux priorités définissent les six piliers fondateurs de la pensée sociale chrétienne : la destination universelle des biens (la propriété privée est légitime si son détenteur en communique aussi les bienfaits à ceux qui en ont besoin), l'option préférentielle pour les pauvres, le combat pour la justice et la dignité, le devoir de solidarité, le bien commun et le principe de subsidiarité (faire confiance à ceux qui se trouvent au plus près du terrain pour résoudre ensemble leurs difficultés).

Et, en leur temps, les Pères de l'Église n'y allaient pas par quatre chemins. Avec saint Ambroise par exemple, qui affirmait : "Quand tu fais l'aumône à un pauvre, tu ne fais que lui rendre ce à quoi il a droit, car voici que ce qui était destiné à l'usage de tous, tu te l'es arrogé pour toi tout seul."

Aussi surprenant que cela puisse paraître, Jaurès, ou Gorbatchev plus près de nous, prétendaient trouver, le premier dans les textes du pape Léon XIII sur la question ouvrière, le second dans ceux de Jean-Paul II, des références qui pouvaient fonder une société plus juste.

Dans leur session consacrée à "l'argent" en 2003, les Semaines sociales de France, lieu de réflexion des chrétiens sur les problèmes de société depuis plus d'un siècle, critiquaient certains aspects des rémunérations des dirigeants, dont les stock-options, dans la mesure où ils compromettent la question de l'économie sur le long terme.

Ce faisant, les chrétiens ne condamnent pas l'économie de marché sous toutes ses formes. Ils rappellent - et sur ce point, ils sont d'accord avec l'économiste Adam Smith - que ce type d'économie ne peut fonctionner que dans des sociétés basées sur les valeurs morales que sont le respect des autres et une certaine sobriété dans l'usage des biens matériels. Il ne s'agit donc pas de récuser ni le profit, ni les investisseurs qui prennent des risques dans l'entreprise, mais d'appeler à une indispensable régulation de leur fonctionnement par les autorités publiques et par l'action de corps intermédiaires tels que les organisations non gouvernementales et les syndicats, notamment.

Les chrétiens ont des valeurs à faire progresser avec d'autres qui ne partagent pas nécessairement leur foi. Et les plus privilégiés d'entre eux sont appelés à se comporter en citoyens vigilants par leurs choix politiques, à refuser "le toujours plus", à s'engager notamment au niveau local, à accepter un niveau d'impôts volontariste pour une solidarité active, à respecter un mode de consommation plus équitable et soutenu par une "sobriété heureuse". Dans leurs lieux de vie, ils auront toujours le souci d'y faire entendre la voix des plus exclus.

La célébration de Noël nous invite à réactualiser le sens que nous donnons à l'économie et à choisir la voie de la solidarité.

Cela devient plus qu'urgent. Impératif.

 

Guy Aurenche, Jean Boissonnat, Daniel Casanova, Jacques Delors, Xavier Emmanuelli, Jean-Baptiste de Foucauld, Sylvie Germain, Jean-Claude Guillebaud, Jean-Pierre Hourdin, François-Régis Hutin, Alain Juppé, Patrick Peugeot, Michel Rocard, Robert Rochefort, Éric-Emmanuel Schmitt, François Soulage, René Valette, Jerôme Vignon, François Villeroy de Galhau

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : économie - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Dimanche 18 septembre 2011 7 18 /09 /Sep /2011 19:56

  Paradis Fiscaux

 « Au service du bien commun » est un document signé par quatre mouvements et services d'Eglise. A l'approche du G20 de Cannes présidé par la France, le CCFD-Terre Solidaire, le Secours catholique - Caritas France, Justice et Paix- France et le CERAS appellent les chrétiens à s'informer et se mobiliser contre les paradis fiscaux, « au nom de leur foi », pour plus de justice fiscale.

 

Que les chrétiens s'intéressent au paradis ne surprendra personne... mais les paradis fiscaux ! C'est la doctrine sociale de l'Eglise qui motive la démarche commune aux quatre mouvements et services d'Eglise engagés dans la justice sociale, la solidarité et le développement.

Présenté le 15 septembre 2011 par Denis Vienot (Secrétaire général de Justice et Paix - France), Guy Aurenche (Président du CCFD-Terre Solidaire), François Soulage (Président du Secours Catholique - Caritas France) et le P. Bertrand Hériard Dubreuil, s.j., (Directeur du Ceras), « Au service du bien commun » s'inscrit dans la suite de « Chemins de fraternité », document pédagogique sur Caritas in Veritate (2009),
encyclique du pape Benoît XVI.
 

Lettre solennelle du Pape adressée à l'Eglise catholique.

Plus qu'un coup médiatique, un combat évangélique

 

« Vous ne pouvez pas servir Dieu et l'Argent » dit Jésus (Luc 16, 13). Les chrétiens auraient donc un problème avec l'argent ? « Nous ne sommes pas ennemis de la finance » assure Guy Aurenche, Président du CCFD-Terre Solidaire. Il estime d'ailleurs que, loin d'être réservée aux seuls spécialistes, la question des paradis fiscaux concerne chaque citoyen et doit être portée dans la rue, auprès des députés, jusque dans les urnes. Et l'ancien avocat de plaider : « Ca peut marcher : c'est le moment ». Car si personne ne peut se réjouir de la crise, elle nous invite de façon pressante au « dépassement et à la reconstruction ». En 2008, une pétition n'a-t-elle pas permis de mettre en cause Andorre et Monaco comme paradis fiscaux par le Président de la République française ? A l'approche du G20 présidé par la France (Cannes, 3-5 novembre 2011), Guy Aurenche annonce une mobilisation « critique, tenace et répétitive ».
 

L'enfer des paradis fiscaux

 

Impôt inexistant ou insignifiant, absence de transparence, législation qui protège les contribuables font partie des caractéristiques des 12 paradis fiscaux listés par l'OCDE. François Soulage, Président du Secours Catholique - Caritas France, donne en exemple les Iles Vierges britanniques : 830.000 sociétés sont enregistrées sur ce territoire qui compte seulement 25.000 habitants. « Ce sont 125 milliards d'euros d'argent public qui ne sont pas disponibles pour le développement » dénonce l'économiste. Puisque l'aide publique au développement se réduit comme une peau de chagrin, « il faut aller chercher les ressources là où elles existent ».
 

La pensée sociale de l'Eglise pour guide

 

« En organisant le contournement de nos lois, les paradis fiscaux défient nos démocraties » explique le livret. L'enjeu est bien citoyen. A ceux qui voudraient cantonner la foi chrétienne dans la sphère privée, le P. Bertrand Hériard Dubreuil, s.j., Directeur du Ceras, rappelle trois bonnes raisons pour les croyants de s'engager dans ce débat : le bien commun, l'option préférentielle pour les pauvres et « la destination universelle des biens ». Ainsi, payer ses impôts relève d'une responsabilité éthique qui nécessite l'implication de tous. « Instrument au service de la solidarité », l'impôt contribue à « la construction du lien social et de la démocratie » explicite la plaquette. En ne bénéficiant qu'à certains, les paradis fiscaux viennent contredire la conviction que « Dieu a destiné la terre (...) à l'usage de tous les hommes et de tous les peuples » (Concile Vatican II, Gaudium et Spes, 69). Le jésuite cite aussi l'encyclique de Paul VI Populorum Progressio qui appelle à « permettre à tous les peuples de devenir eux-mêmes les artisans de leur destin ».
 

Lettre solennelle du Pape adressée à l'Eglise catholique.Concile oecuménique ouvert par le pape Jean XXIII qui réunit à Rome tous les évêques du monde.

Les paradis fiscaux, la nouvelle dette

 

On se souvient de l'appel du pape Jean-Paul II pour l'annulation de la dette lors du passage au nouveau millénaire. Pour Denis Vienot, Secrétaire général de Justice et Paix - France, l'enjeu est comparable. En effet, le FMI évalue entre 600 et 1800 milliards de dollars - du simple au triple ! - l'argent généré par les activités illégales qui prospèrent grâce aux paradis fiscaux : trafic d'armes et d'organes, marché de la contrefaçon, pillage organisé du bois... Il fait sienne la révolte d'une certaine juge franco-norvégienne il y a quelques années : « Il n'est pas acceptable que l'addition de la corruption soit payée par les pauvres ».

En écho au G20, les organisateurs promettent des « critiques constructives » et de nouvelles prises de position pendant la campagne présidentielle, notamment sur les migrations et la lutte contre la pauvreté. « Il y a des solutions possibles » affirment-ils.

Un outil pédagogique à destination des communautés chrétiennes

Tirée à 55.000 exemplaires, la brochure de 13 pages - téléchargeable depuis les sites des quatre partenaires - veut informer puis renvoyer chacun à ses pratiques au quotidien.
Des actions sont prévues prochainement comme la reprise de la campagne «
Aidons l'argent » avec la remise officielle des cartes postales au Président Nicolas Sarkozy (27 octobre) et un « Alter-sommet » à Nice (31 octobre- 3 novembre), en amont du G20 de Cannes (3-5 novembre). Au programme : marche des mouvements, ONGs et autres syndicats présents, conférences, tables rondes et actions de rue pour interagir avec les citoyens.

Télécharger « Au service du bien commun »

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : économie - Communauté : Praedicatho
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Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 16:54

MRJC

Paris, 27 avril 2010, manifestation des céréaliers : « Sous les pavés, du blé ? »
Malgré la crise que traverse le monde agricole, il ne faut pas se tromper de bataille. Le MRJC questionne les revendications portées sur le pavé parisien et défend une autre manière de voir l'agriculture.


Des revendications inadaptées

Plusieurs milliers d'agriculteurs, céréaliers pour la plupart, ont convergé ce jour vers Paris pour y exprimer leur désarroi face à la crise de leurs productions. Cette manifestation est évidemment légitime, vu le manque de perspectives, aussi bien économiques que politiques, pour le monde agricole.
Cependant la plateforme de revendications, préconisant notamment le retrait de mesures environnementales, ou encore le retour du soutien financier aux exportations, laisse songeur. Comment peut-on déplorer l'incompréhension de la population vis-à-vis du monde agricole, tout en repoussant en permanence l'amélioration des pratiques agro-environnementales ? Comment peut-on dénoncer les méfaits de la libéralisation des marchés agricoles, tout en demandant des subventions pour exporter ?

Derrière les contradictions, la crise

Derrière ces contradictions permanentes se dessine une vraie crise identitaire pour l'agriculture française. Les rustines ne sont plus suffisantes pour redonner des perspectives aux agriculteurs : c'est le modèle dans sa globalité, qui est à repenser et à reconstruire. Les règles de la mondialisation libérale ne peuvent s'appliquer à l'agriculture, productrice de biens alimentaires et de services pour l'environnement et le milieu rural. Le développement d'une agriculture régulée, protégée à l'échelle européenne, répondant aux attentes de la société civile, et rémunératrice pour les agriculteurs, est possible et nécessaire. Elle sera d'autant plus respectueuse de la souveraineté alimentaire des pays en développement.
C'est souvent dans la crise que les choix politiques majeurs trouvent leurs fondations. Nous pensons que le moment de choisir une autre voie pour l'agriculture est venu.

Réclamer ou construire ?

Le MRJC organise, du 24 au 29 août prochain, ses Rencontres Estivales Agricoles, 6 jours de débats, d'animation, de découvertes pour penser une installation agricole solidaire, viable et durable.
Loin des manifestants dans les rues de Paris, ce sont 200 jeunes qui imagineront concrètement l'agriculture de demain. Car c'est en construisant des alternatives pour l'installation, en testant différentes solutions, en défendant une agriculture plus humaine, que la jeunesse dessinera son avenir.

Le MRJC, association d'éducation populaire, réunit 10.000 jeunes du milieu rural.
Notre mouvement réunit notamment des jeunes agriculteurs ou futurs agriculteurs désireux de construire un métier écologiquement responsable, économiquement viable et socialement équitable.

 

Par Denis CHAUTARD - Publié dans : économie - Communauté : Refaire le Monde
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Jeudi 24 septembre 2009 4 24 /09 /Sep /2009 11:11

La crise agricole est là, profonde et complexe. Nous entendons le cri de désespoir des producteurs de lait qui en arrivent à détruire par épandage le fruit de leur travail. Notre société recevra-t-elle cet appel de détresse ? Ce geste, douloureusement paradoxal en pensant aux enfants mourant de faim dans le monde, interroge : comment en est-on arrivé là ? Quelle injustice pèse sur les agriculteurs ? Ne faut-il pas repenser de façon nouvelle la nature même de la production agricole ?

Nous savons quels sentiments d'injustice et d'inquiétude face à l'avenir habitent des agriculteurs, en particulier des plus jeunes qui ont investi pour leur exploitation. La crise laitière a des conséquences, parfois dramatiques, sur leurs familles, sans compter les dommages qu'elle créera sur d'autres professions para-agricoles. Elle peut entraîner une crise en Bretagne. Nous encourageons la solidarité de proximité qui s'est mise en place ici ou là. Elle est vitale ! Que les chrétiens s'y engagent davantage. Il n'y a pas qu'à France-Telecom qu'il est urgent d'être plus humain ! « La famille en rural doit retrouver sa juste place au cœur de l'ordre social. Les principes moraux et les valeurs qui la gouvernent appartiennent au patrimoine de l'humanité, et doivent avoir la priorité sur la législation... L'investissement dans le secteur agricole doit permettre à la famille d'assumer la place et la fonction qui lui reviennent. »1

Chacun a droit à la nourriture. Elle est indispensable. Elle est source de vie. Nul n'a le droit de spéculer sur elle. La terre a été confiée aux hommes pour qu'ils la cultivent afin de donner des aliments à tous. Les agriculteurs le savent. Cela confère une dignité spécifique à leur métier qu'ils aiment et qui n'est pas comme les autres : produire de la nourriture ne peut être assimilé à une action commerciale.

Les agriculteurs ont droit à une reconnaissance de leur travail par une juste rémunération qui leur permette de vivre avec leur famille et de conduire leur exploitation. Ils ont droit à une espérance dans une profession qui mérite d'être mieux appréciée des consommateurs.

La production agricole a ses critères propres qui demandent à être reconnus et respectés pour que soit garantie la justice. Industriels, grande distribution ou consommateurs, sommes-nous prêts à payer au juste prix les produits de notre agriculture ? Certes, il faut trouver la régulation idoine. Mais sera-t-elle équitable pour tous ? Et suffira-t-elle ? « La crise nous oblige à nous donner de nouvelles règles et à trouver de nouvelles formes d'engagement, à miser sur les expériences positives et à rejeter celles qui sont négatives. La crise devient ainsi une occasion de discernement et elle met en capacité d'élaborer de nouveaux projets. C'est dans cette optique, confiants plutôt que résignés, qu'il convient d'affronter les difficultés du moment présent. » 2

Nous avons confiance dans le dialogue vrai, fait d'écoute et de respect, entre tous les acteurs concernés, dans lequel les chrétiens s'engagent. Nous espérons qu'il fera émerger une approche nouvelle de l'agriculture, et conduira à des décisions nationales, européennes et internationales justes pour chaque agriculteur. Ce dialogue est urgent !

Le samedi 19 septembre 2009

Mgr Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo
Mgr Raymond Centène, évêque de Vannes
Mgr Lucien Fruchaud, évêque de Saint Brieuc et Tréguier
Mgr Jean-Marie Le Vert, évêque de Quimper et Léon
Mgr Nicolas Souchu, évêque auxiliaire de Rennes

1. Benoît XVI, 16 octobre 2006
2. Benoît XVI, L'amour dans la vérité (29 juin 2009), n°21.

http://www.eglise.catholique.fr/eglise-et-societe/rural/declarations-au-sujet-de-la-crise-laitiere/declarations-des-eveques-bretons-au-sujet-de-la-crise-laitiere-reconnaissons-la-mission-des-agriculteurs.html
Par Denis CHAUTARD - Publié dans : économie - Communauté : Praedicatho
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Mardi 30 septembre 2008 2 30 /09 /Sep /2008 16:48


COMPENDIUM
DE LA DOCTRINE SOCIALE
DE L'ÉGLISE
 

«  Le marché libre ne peut être jugé sans tenir compte des fins qu'il poursuit et des valeurs qu'il transmet au niveau social. De fait, le marché ne peut pas trouver en lui-même le principe de sa propre légitimation. Il revient à la conscience individuelle et à la responsabilité publique d'établir un juste rapport entre les fins et les moyens. Le profit individuel de l'agent économique, bien que légitime, ne doit jamais devenir l'unique objectif. À côté de celui-ci, il en existe un autre, tout aussi fondamental et supérieur, celui de l'utilité sociale, qui doit être réalisé non pas en opposition, mais en cohérence avec la logique du marché. Quand il remplit les importantes fonctions rappelées ci-dessus, le marché libre sert le bien commun et le développement intégral de l'homme, tandis que l'inversion du rapport entre les moyens et les fins peut le faire dégénérer en une institution inhumaine et aliénante, avec des répercussions incontrôlables…. »

 

Son Éminence
le Cardinal RENATO RAFFAELE MARTINO
Président du Conseil Pontifical « Justice et Paix »
CITÉ DU VATICAN

Le 29 juin 2004

 

http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html#Rôle%20du%20marché%20libre

 

Par Denis CHAUTARD - Publié dans : économie - Communauté : Praedicatho
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