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Lundi 22 avril 2013 1 22 /04 /Avr /2013 15:25

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Un certain nombre de catholiques français, qu’il ne faut pas confondre avec l’Église catholique qui est en France, sont, sans le savoir, fidèles à une tradition qui vient de très loin, bien avant la Révolution française. Ils se laissent déterminer de l’extérieur, par ce que le Général de Gaulle appelait les « circonstances » de la vie politique. Ils sont pris dans des rapports de forces qui leur échappent, mais en fonction desquels ils rêvent d’affirmer leur identité, de façon militante, soit en se défendant contre ceux qui les contestent, soit en participant à des manœuvres offensives, espérant retrouver ainsi des positions dominantes dans notre société.

Cette posture militante, cette culture de combat n’est pas nouvelle. Elle correspond à cette longue tradition qu’Émile Poulat, René Rémond et bien d’autres historiens ont désignée comme celle du catholicisme intransigeant qui s’est développée tout au long du XIXe siècle, pour résister à tous ceux qui semblaient hostiles à l’autorité de l’Église. Cette interminable guerre des deux France s’appuyait sur des idéologies consistantes, d’un côté celle qui inspirait le parti clérical, et de l’autre celle qui accompagnait la naissance et l’affirmation du projet laïque.

On peut toujours rêver de réveiller ces vieilles querelles, en invoquant d’un côté le programme de l’Action française de Charles Maurras et de l’autre les réalisations de Jules Ferry ou les idées de Ferdinand Buisson, sans parler de la rivalité entre les curés et les instituteurs. Mais c’est peine perdue. Parce que les idéologies qui soutenaient ces projets politiques sont mortes et que personne ne peut les ressusciter, à moins de faire le choix, du côté catholique, d’un enfermement dans des réseaux serrés qui se réclameraient d’une foi pure et dure, et, du côté laïque, de la remise en valeur d’une morale fondée sur des valeurs abstraites.

Mais il faut être réaliste : certains, qui se méfient des religions, doivent se réjouir en sourdine de voir que la figure du catholicisme semble aujourd’hui se confondre avec ce courant offensif. Quelle aubaine pour eux de dénoncer ces durcissements qui se produisent sur la place publique ! Comme il serait facile d’assimiler l’Église tout entière à ces expressions musclées de la foi !  Quel triomphe si l’on parvenait à montrer que les croyants sont tous des violents et des obscurantistes ! Si les ultras devaient l’emporter chez les catholiques, alors la voie serait libre pour les ultras anticatholiques, trop heureux de relever alors le défi qui leur serait lancé !

Il est donc urgent de raison garder et de remettre les réalités dans une perspective historique. Les affrontements qui accompagnent le projet de loi destiné à ouvrir le mariage et l’adoption aux couples de même sexe n’est qu’un épisode révélateur de la crise du mariage et de l’effacement des valeurs communes qui fondaient notre société. Mais faut-il se résigner à ces explosions d’individualisme militant qui valent aussi pour des jeunes catholiques ? L’urgence est plutôt de lutter contre tout ce qui déshumanise notre société, contre tout ce qui envenime les pauvretés muettes, contre tous ces processus qui réduisent les personnes à des objets manipulables selon les exigences exclusives de la rentabilité financière ou technique, en tous domaines.

Quant aux responsables de l’Église catholique en France, dont je suis solidaire, ils seraient mal inspirés s’ils cherchaient à prendre en marche le train des poussées politiques, en essayant de faire plaisir aux ultras et aux autres. Si cet opportunisme l’emportait, il faudrait en payer le prix dans quelques années. Je suis préoccupé, parce que j’ai parfois l’impression que la joie provoquée par l’élection du pape François est estompée par les crispations actuelles et que la référence à la simplicité et à la force de l’Évangile s’atténue ! Que diable, si l’on peut dire, allons-nous renoncer à nous déterminer de l’intérieur de notre foi catholique et de l’espérance que nous mettons dans la miséricorde du Christ ? Ce n’est pas de calculs politiques que nous avons besoin, c’est du courage d’être nous-mêmes, des disciples et des témoins de Celui qui est venu pour « chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19,10) et aussi pour « réunir les enfants de Dieu dispersés » (Jean 11,52).

 

+ Mgr Claude DAGENS,

évêque d'Angoulême,

de l'Académie française

18 avril 2013

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : politique - Communauté : Praedicatho
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Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 06:47

Vitrail-Jeanne-d-Arc--5-

Le 30 mai 1431, Jeanne d'Arc est brûlée vive à Rouen, sur la place du Vieux-Marché, après un procès inique. Elle est victime de ce que les Anglais voulaient à tout prix la convaincre d'hérésie (et accessoirement de sorcellerie) pour abaisser ainsi le roi Charles VII qu'elle avait diligemment servi.

Son procès, dont on a conservé et publié les minutes, témoignent d'une personnalité d'exception, avec un esprit acéré et une conscience pure.

La Pucelle jugée par l'Église

Capturée au siège de Compiègne, le 23 mai 1430, Jeanne d'Arc est vendue par les Bourguignons aux Anglais, lesquels n'ont qu'une hâte : la faire condamner par un tribunal ecclésiastique afin de déconsidérer le roi Charles VII et rendre le moral à leurs troupes. Celles-ci, il est vrai, ne se montrent plus guère offensives depuis le siège d'Orléans.

Après un passage à la forteresse du Crotoy, au bord de la Manche, Jeanne arrive à Rouen la veille de Noël 1430. Elle est enfermée au château du Bouvreuil, la forteresse de la ville, qui accueille ordinairement des prisonniers hommes. Pour l'occasion, une tour lui est réservée. Elle est placée sous la garde du gouverneur de la ville, Richard de Beauchamp, comte de Warwick. 

Pas moins de quatre ou cinq rustres veillent sur elle nuit et jour. Ont-ils pu tenter de la violer? La chose est peu probable car les gardes, superstitieux, devaient être rebutés à l'idée de toucher une prétendue sorcière.

Le tribunal d'Église qui doit la juger est présidé par Pierre Cauchon, l'évêque de Beauvais, dont dépend Compiègne, le lieu de sa capture.  Cauchon est un théologien respecté de l'Université de Paris, d'environ 60 ans. Il est entré au service du duc de Bourgogne, ce qui lui a valu l'évêché de Beauvais. Désireux de se faire bien voir des Anglais, il arrange le procès en hérésie et pour cela s'adjoint le concours du frère dominicain Jean Le Maître, vicaire de l'inquisiteur en France.


Le procès s'ouvre le 9 février 1431 avec les deux juges et quelques dizaines d'assesseurs. Il est fréquemment suspendu et à plusieurs reprises, le très puissant cardinal de Winchester vient remplacer Cauchon à la tête du tribunal.

Ces ecclésiastiques admettent difficilement que Dieu ait pu s'adresser par-dessus leurs têtes à une fille du peuple. Ils dépêchent des enquêteurs à Domrémy mais les témoignages des habitants sont si favorables à l'accusée qu'ils doivent détruire leur rapport. Ils reprochent à Jeanne d'avoir revêtu des habits d'homme (sic), en contradiction avec un précepte du Deutéronome, d'avoir essayé de se suicider à Beaurevoir (il s'agissait en fait d'une tentative d'évasion) et bien sûr d'avoir eu de fausses visions.

Interrogée par Jean Beaupère, l'un des juges, sur son état de grâce, elle répond : «Si je n'y suis, Dieu m'y mette, si j'y suis, Dieu m'y tienne !»

Les actes du procès témoignent de l'extraordinaire force de caractère de l'inculpée. Ainsi à propos de l'assassinat de Jean sans Peur : «Croyez-vous que votre roi a bien fait de tuer ou faire tuer monseigneur de Bourgogne ? — Ce fut grand dommage pour le royaume de France. Mais quelque chose qu’il y eût entre eux, Dieu m’a envoyée au secours du roi de France.»

Incapable de faire fléchir la jeune fille et pressé d'en finir par le cardinal de Winchester, qui se dispose à quitter Rouen, l'évêque Cauchon précipite la procédure. Il soumet à Jeanne un réquisitoire de douze articles qu'elle récuse en bloc. Il décide alors de lui faire peur.

Le 24 mai 1431 au soir, Jeanne est traînée au cimetière de l'abbatiale de Saint-Ouen où a été préparé un bûcher. Sur une estrade se tient le cardinal de Winchester. Le bourreau est prêt à l'ouvrage. On la menace de torture et on lui montre les instruments. Puis l'évêque Cauchon list l'acte d'accusation par lequel il la livre au bras séculier afin qu'elle soit brûlée (l'Église s'interdit de procéder elle-même à une exécution). Mais il lui fait savoir aussi que, si elle se rétracte et renonce à ses habits d'homme, elle sera confiée à l'Église et échappera à la mort.

Le prédicateur Guillaume Evrard a la maladresse de s'en prendre au roi : «Ton roi est hérétique et schismatique ! — J'ose bien vous dire et vous jurer sur ma vie que c'est le plus noble chrétien de tous les chrétiens, ceui qui aime le mieux la foi et l'Église. Il n'est pas tel que vous le dites», bondit la malheureuse.

Jeanne, épuisée, signe un document par lequel elle accepte de se soumettre à l'Église et de reprendre ses habits de femme. La sentence de mort est commuée en un emprisonnement à vie.

Le bûcher

Jeanne d'Arc revient dans sa cellule au grand mécontentement des Anglais qui auraient voulu une exécution rapide. Les soldats menacent même de s'en prendre aux juges et à l'évêque... Mais quelques jours plus tard, s'étant fait dérober ses vêtements et craignant à juste titre pour sa vertu, elle reprend des habits d'homme, ce qui lui vaut d'être cette fois condamnée au bûcher comme relapse (se dit de quelqu'un qui retombe dans l'hérésie).

Vêtue d'une robe soufrée destinée à la faire brûler plus vite et coiffée d'une mitre sur laquelle sont écrits des mots infâmants, la jeune fille est conduite sur le lieu de son supplice. Détail sordide : le bûcher étant trop élevé, le bourreau Geoffroy Thérage se trouve dans l'impossibilité d'étrangler sa victime avant que les flammes ne l'atteignent, ce qui vaut à Jeanne de périr vive dans de grandes souffrances.

Comme Winchester souhaite un ultime aveu, l'évêque Cauchon s'approche des flammes mais c'est pour s'entendre dire : «Évêque, je meurs par vous ! ». Et dans un dernier défi, elle murmure: «Que j'aie bien fait, que j'aie mal fait, mon Roi n'y est pour rien !...» Un des juges, pris de remords, confiera : «Je voudrais que mon âme fût où je crois qu'est l'âme de cette fille ! »

Après le supplice, le bourreau se voit chargé de jeter les cendres dans la Seine afin d'éviter qu'elles ne deviennent objet de ferveur.

En dépit de cette fin tragique, qui apparaît dans l'instant comme un échec, la détermination de Jeanne d'Arc, soutenue par sa foi, a changé le cours de l'Histoire. Sa foi et sa fougue ont sauvé la dynastie des Valois. Fallait-il voir en elle une sainte catholique ? C'est une autre affaire

André Larané

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : politique - Communauté : L'Evangile à Hauteur d'Homme
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 13:54

 Cardinal Sarr

Congrès à l'Université Pontificale Urbanienne

 

« L’Evangile de la Réconciliation et la redécouverte du Bien commun : objectifs prioritaires de convergence du Pacte social » : c’est le titre de la conférence donnée hier à Rome par le cardinal Sarr qui appelle l’Afrique à l’espérance.

Le cardinal Adrien Sarr, archevêque de Dakar, au Sénégal, a en effet participé le 16 Mai, à un congrès de l’Université pontificale urbanienne intitulé : « A l’écoute de l’Afrique : ses contextes, ses attentes, son potentiel ».

Cette conférence est aujourd’hui publiée par Radio Vatican en français (cf. Ci-dessous « Documents » pour le texte intégral).

« Avec le Saint Père, insiste le cardinal Sarr, nous ne pouvons qu’appeler l’Afrique et les Africains à l’espérance (cf. AM n° 72), appeler les Eglises d’Afrique et leurs membres à la proclamation de l’Evangile de la Réconciliation, à se mettre généreusement et fidèlement « au service de la Réconciliation, de la Justice et de la Paix », dans les différents pays du continent.

« Alors peut grandir en nous l’espérance d’accueillir, dans les temps qui viennent, le don de Dieu d’une Afrique réconciliée avec elle-même, et offrant à ses fils et filles les conditions d’un développement responsable, solidaire et intégral », ajoute l’archevêque de Dakar.

Mais un tel appel n’est pas de l’irénisme : le cardinal Sarr analyse avec précision le contexte, dans un état des lieux sans concession. Il souligne en particulier le besoin de réconciliation de l’Afrique, le conflits, les conflits ethniques, les injustices, la pauvreté et la faim.

Il dénonce le mépris du bien commun:« Ce besoin de réconciliation est des plus pressants en Afrique, fait-il observer, du fait de l’inculture grave de nombreux dirigeants en matière de politique, de leur mépris des droits humains, qu’ils violent allègrement, avec un sentiment de totale impunité. Certains d’entre eux ne s’intéressent aux institutions religieuses que pour les instrumentaliser à des fins autres que spirituelles ; d’autres se montrent incapables, par ailleurs, de concevoir que l’on puisse résoudre un différend, autrement que par la force et la violence. Beaucoup s’avèrent plus préoccupés de sauvegarder leurs intérêts personnels, leurs privilèges ; plus préoccupés de se maintenir au pouvoir, avec leurs familles, que de promouvoir la vérité, la justice, la réconciliation, le développement ».

Mais tout n’est pas à construire à partir de rien : le cardinal Sarr, dans le sillage du voyage de Benoît XVI au Bénin et dans le sillage de son exhortation apostolique post-synodale « Africae Munus »,  il souligne les atouts du continents.

Il rappelle aussi les expériences réussies, au Bénin, dans les années 90, avec Mgr Isidore de Souza et la « Conférence Nationale des Forces vives » ou en Afrique du Sud avec la commission de réconciliation, à la fin de l’Apartheid, et il évoque la mise en place en Côte d’Ivoire de la « Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation ».

 Anita Bourdin

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : politique - Communauté : Passeurs d'espoirs
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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 09:19

Hollande

Après plusieurs semaines de débats, parfois fort animés, à l’occasion de la présidentielle, un calme précaire règne dans les médias, sur les sites et chez les blogueurs chrétiens. C’est sans aucun doute la trêve avant la reprise des débats en vue des législatives en juin. C’est aussi le moment, après les joutes partisanes, de réfléchir aux enjeux fondamentaux de la politique, voire de prier, comme certains prêtres blogueurs le suggèrent.

L’ÉMISSION

Les vrais enjeux face aux populismes : Le débat œcuménique de la semaine sur Radio Notre-Dame, vendredi 11 mai, a permis un retour aux enjeux fondamentaux de la politique en France et en Europe : l’emploi, l’économie, les déficits. Il a aussi été question des populismes, à l’extrême-droite mais aussi à l'extrême-gauche, qui ne cessent de monter, en France comme ailleurs. Face à la tentation d’accuser Bruxelles de tous les maux, Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction deLa Vie, a plaidé pour une analyse plus fine : "La situation en France n’est pas la même qu’en Grèce, qui connaît une crise économique d’une ampleur inédite. Du coup, le vote des extrêmes en Grèce ne s’explique pas de la même manière qu’en France, où nous avons des problèmes qui ne sont pas uniquement liés à l’économie." Les autres participants au débat, Victor Loupan du Messager orthodoxe et Paul Ohlott, responsable du site actu-chrétienne.net, ont critiqué l’Union européenne pour son incapacité à gérer la crise économique. Tout le monde était d’accord sur l’idée que le projet européen doit être clarifié et davantage mis en avant. Les participants ont aussi analysé le vote à la présidentielle des catholiques, majoritairement à droite, et des musulmans, massivement pour François Hollande.

LE SITE

Prier pour François Hollande : Et demain ? C’est le titre d’un article de Padreblog, le site de trois prêtres : les abbés Grosjean, Amar et Seguin. Les trois s’étaient beaucoup mobilisés pour que les électeurs catholiques s’inspirent des "éléments de discernement" proposés par les évêques. Ils avaient insisté sur le devoir chrétien de défendre la vie, donc de s’opposer à l’euthanasie, une idée défendue par François Hollande. "Nos évêques avaient souligné, explique l’abbé Amar, qu’il y avait dans les promesses du candidat Hollande des sujets d’inquiétude grave : légalisation de l’euthanasie, redéfinition du mariage, remise en cause de la structure familiale... pour ne citer que les principaux." Mais pour l’abbé Amar, pas question d’en faire un combat politique partisan. Se référant à la lettre aux Romains, chapitre 13, "les chrétiens sont aussi des citoyens : loyaux, ils respectent l’autorité légitime", dit l’abbé Amar. Et de poursuivre : "Hier comme aujourd’hui, notre prière accompagne le président de la République. Nous prierons donc pour François Hollande alors qu’il est amené à présider aux destinées de notre pays pour les cinq années qui viennent." Le prêtre précise cette chose importante : " L’Eglise n’est pas dans la critique systématique. Elle n’est pas là pour condamner a priori ou distribuer des notes ; mais pour encourager l’autorité politique dans son service du bien commun." L’abbé Amar explique aussi que les catholiques doivent éviter le piège du messianisme et celui du repli sur soi. 

LE BLOG

Ne pas enfermer l’Eglise dans une logique d’affrontement : Le blogueur catholique René Poujol, journaliste de renom, n’a pas fait mystère de son vote pour François Hollande. Mais, comme il l’explique dans son analyse du deuxième tour et en se référant à notre sondage, "je ne puis ignorer, à l’heure du bilan, qu’une majorité de pratiquants appartenant à ma famille spirituelle, a cru devoir voter contre le candidat socialiste : 79% si l’on en croit un sondage 'sortie des urnes' réalisé pour l’hebdomadaire La Vie". Le journaliste remarque que dès les résultats connus le dimanche 6 mai, "les réseaux sociaux bruissaient déjà d’appels à la mobilisation pour faire obstacle aux réformes sociétales contenues dans le programme du candidat socialiste". Que faire ? Pour René Poujol, qui conteste lui-même les projets de Hollande d’autoriser le mariage gay et l’euthanasie, il ne faut pas se tromper de combat : "Ne prenons pas le risque d’isoler un peu plus notre Eglise de la société française, en l’enfermant dans une logique d’affrontement et de contre-pouvoir. Ne dépensons pas plus d’énergie à dénoncer le mal qu’à nous associer au combat pour le bien. Les Français n’attendent pas des catholiques – à supposer qu’ils en attendent quelque chose… – qu’ils leurs fassent une fois de plus la morale, mais qu’ils marchent fraternellement à leur côté vers plus de justice."

LA RÉFLEXION

Des sondages et du vote des catholiques : Plusieurs sondages ont été réalisés sur le vote des catholiques. Notamment celui que nous avons publié à La Vie avec l’Institut Harris. Ils montrent tous que les pratiquants réguliers votent massivement à droite. Plusieurs blogueurs et commentateurs ont exprimé leurs réserves à l’égard de cette façon de ranger les croyants en catégories. Ainsi Etienne Séguier, journaliste à La Vie. Sur son blog Cultive tes talents, il relativise le côté "rationnel" des électeurs et insiste sur la difficulté d’enfermer les croyants "dans un ou deux critères" : "Dans le secret des urnes, écrit-il, d’autres facteurs entrent en compte : l’intuition, un coup de cœur, notre histoire, nos fidélités anciennes ou plus récentes. Nous sommes construits ainsi. Nous avons la capacité de faire confiance, de croire en d’autres personnes imparfaites, limitées." Etienne Séguier insiste sur "la démarche de Jésus" : "il y a cette question du souffle que nous nous apprêtons à célébrer à la Pentecôte. Il souffle partout, nous ne savons pas ni d’où il vient, ni où il va. Nous ne pouvons mettre la main dessus. Selon ce que je lis dans la Bible, nous serions un mélange d’argile et de souffle. L’argile pour donner de la consistance à notre existence, faite de choix, de ténacité, le souffle pour laisser de l’inattendu advenir." Eh oui, une élection présente assurément des enjeux spirituels, mais pas seulement, voire pas du tout là où on les attend !

[….]

Henrik Lindell 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : politique - Communauté : Praedicatho
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Lundi 30 avril 2012 1 30 /04 /Avr /2012 10:45

Zundel

 

Quelle est la peur qui a poussé tant de citoyens suisses à refuser, dimanche dernier, "la libre circulation des personnes" ? La peur du chômage et du dumping salarial. En termes positifs, la volonté de défendre l'emploi et un juste salaire. Je pense que Maurice ZUNDEL aurait compris cette crainte des travailleurs, quand on sait l'engagement qui a été le sien, dans la crise des années 30, pour défendre le droit au travail et proposer des solutions au problème du chômage.

 

1) Le travail

Pourquoi un tel engagement de la part d'un prêtre théologien ? C'est que pour Maurice ZUNDEL la question du travail et du chômage n'est pas seulement d'ordre économique, ou technique : il y va de l'homme, de sa dignité, de son esprit. Privé de travail, l'homme est atteint dans son humanité même.

Car pour Maurice ZUNDEL, - ce sera aussi le coeur de l'enseignement de Jean-Paul II dans Laborem excercens– le travail n'est pas seulement un moyen de production ou d'enrichissement, mais un "instrument d'humanisation".

"Le premier but du travail n'est pas de produire des choses, mais de produire des hommes".

Le travail doit permettre à l’être humain de devenir davantage ce qu’il est, une fin et non un moyen. Ce n’est pas l’homme pour le travail et le profit, mais le travail pour l’homme et son enrichissement personnel et communautaire. « On ne travaille pas pour produire à l'infini des choses, à seule fin d'enrichir quelques-uns. On travaille pour s'humaniser, pour aboutir au don harmonieux de soi-même. »2 Ce qui importe c'est de « viser essentiellement à une promotion humaine ». Plus qu'un "gagne-pain", le travail est une "gagne-vie ».

Cette humanisation passe par un effort de libération du travailleur afin de demeurer le maître de son action. Qu'il ne se laisse pas réduire à l'état d'homme-machine : "Qu'il se serve de tout, mais qu'il demeure le maître ; qu'il domine tout et d'abord soi-même, car la loi première est de ne rien subir et de convertir ses servitudes en liberté."

Maurice ZUNDEL va plus loin encore. Puisque "l'homme passe l'homme, infiniment" (Pascal), l'humanisation par le travail devient ouverture sur l'Infini, dépassement de soi, communion avec Dieu. " Le travail, le repos, les rapports quotidiens des hommes entre eux, c'est cela la religion, pourvu que chaque acte soit revêtu de cette présence divine et la communique"

2) Le chômage

Pour Maurice ZUNDEL, la cause fondamentale du chômage n’est pas d’ordre économique ou technique, elle réside dans la « matérialisation de la vie publique » et « la baisse des valeurs spirituelles » au profit de la seule valeur universellement reconnue : la richesse matérielle. Il s’agit de « gagner le plus possible, en produisant le plus possible, au plus bas prix possible. » La crise du chômage est donc d’abord « un événement spirituel » à dimension internationale, « une apostasie générale de l’esprit. »

Dès lors, le remède consiste d’abord à « renaître de l’Esprit », à susciter ce qu'on appellerait aujourd’hui une mondialisation spirituelle. Car « il y a une patrie humaine universellement humaine, sont nous sommes les membres en vertu des exigences de l’esprit, avant d’être les citoyens des peuples où nous avons nos racines terriennes… "Nous ne pouvons nous défendre contre le communisme qu’en réalisant la communion des esprits. » De toute urgence, il faut lancer « une campagne de presse mondiale sous le signe de l’Esprit. » (p.26) (1)

Face une crise à la fois spirituelle et internationale, on ne peut plus se barricader derrière nos frontières : « il ne nous est plus possible de résoudre nos difficultés si nous ne tenons pas compte de celles des autres. » D’où l’obligation d’élargir notre regard et de procéder à « un nouvel examen de la situation à la lumière de l’Esprit. » (p.27) (1) Un rêve merveilleux, mais utopique ? ZUNDEL, qui n’est pas un rêveur, mais un prophète, a bien conscience que pour devenir réalité cet idéal spirituel doit se concrétiser dans un programme de réformes économiques et sociales, tant sur le plan international que national.

Avec une grande audace, mais aussi un sens des réalités qui étonne, ZUNDEL va donc proposer une série de mesures dont certaines annoncent des réalisations qui ne verront le jour qu’après la 2ême guerre mondiale.

Sur le plan mondial, ZUNDEL propose que le Bureau international du travail serve d’organe régulateur de la production, en coordonnant les besoins et les possibilités du marché mondial, tout en veillant à ce que les « développement s techniques soient absolument subordonnés à la dignité humaine des travailleurs… et à l’équilibre spirituel de la civilisation. » (p.28) (1) Peut-on affirmer que L’Organisation mondiale du commerce (OMC) récemment instituée travaille dans cet esprit de respect et de justice ? Conjointement, il s’agit de « créer un organisme financier international sous forme de mutualité internationale (League for Life) qui prête aux Etats les capitaux indispensables à l’assainissement de leur économie…» et leur permette d’assurer, durant la période critique, une existence humaine à tous leurs ressortissants » (p.29) (1)

Tel sera aussi le but proclamé des fameuses institutions de Bretton Woods (Banque mondiale et Fonds monétaire international), fondées à la fin de la guerre pour venir en aide aux pays les plus pauvres. Avec quels succès et quels échecs ? On peut se demander ce qu’en penserait ZUNDEL aujourd’hui.

Cet ambitieux programme suppose évidemment (nous sommes en 1933, année de l’arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler !) qu’un « pacte de sécurité » oblige les nations à renoncer à toute entreprise belliqueuse et à soumettre à l’arbitrage international les conflits éventuels (p.30) (1). Il faudra aussi envisager l’émission d’une monnaie internationale, un système d’assurances internationales, « la transformation des colonies en Etats indépendants » (p.31) (1), l’établissement de stocks de denrées alimentaires (le futur Programme alimentaire mondial ?) et un organisme international pour l’éducation et la culture (le futur UNESCO ?)

Quant aux Etats membres de cette Mutualité et soutenus par elle, ils pourront à leur tour envisager une série de mesures pour enrayer le chômage. En voici qui n’ont rien perdu de leur actualité :

- réduction des heures de travail en fonction des risques et de la fatigue

- imposition d’une limite d’âge avec une retraite corrélative pour tous les travailleurs

- salaire marital suffisant pour permettre à la mère de famille de rester au foyer

- vacances payées pour tous…

 

Ainsi, pense ZUNDEL, le chômage, dans ce qu’il a de plus horrible, pourra prendre fin sans tarder… Alors on pourra envisager la création d’institutions qui permettent aux travailleurs d’accéder à « la richesse spirituelle qui convient à leur dignité d’hommes : foyers d’étude, d’art de prière, avec ‘de la musique avant toute chose’ » (p.34) (1).

Tout ZUNDEL est là : la compassion devant la souffrance humaine, l’indignation face à l’injustice sociale, le sérieux de la réflexion pour trouver des solutions, la confiance en la capacité de l’homme à se dépasser, l’espérance du Royaume.

 

Jean-Marie PASQUIER

L'engagement social de Maurice Zundel

 

Texte Intégral de l’article

 

(1)   La beauté du monde entre nos mains, (Articles de Maurice Zundel)

 Ed. A.Sigier, 2004

Par Denis CHAUTARD - Publié dans : politique - Communauté : Communauté spirituelle
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Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 13:59

 Précarité

A l'initiative de l'association Confrontations, appel des présidents de sept organisations chrétiennes qui interpellent l'ensemble des électeurs sur l'exclusion en France, paru le 12 avril 2012 dans La Croix et Réforme.
 

Appel des présidents de sept organisations chrétiennes aux Français qui vont voter

La crise est là, partout, sur toutes les lèvres et fait la une de tous les médias. La société française est fragilisée, pire encore, elle risque de se briser parce qu'une partie croissante de ses membres bascule dans la précarité et la misère.

Pouvons-nous plus longtemps tolérer l'intolérable ?
Tous les Français seraient gravement touchés si à force de laisser-faire, à force de se réfugier derrière les fatalités trop souvent évoquées que sont devenus le marché, la croissance ou plus généralement l'état du système financier mondial, ils s'accommodaient de ce scandale.
L'actuelle campagne présidentielle est inquiétante. Un catalogue de mesures quelle que soit leur opportunité, ne peut se substituer à l'élaboration de projets et de choix de société. Quelle société voulons-nous ?
Faut-il ne retenir que les seuls indicateurs macroéconomiques comme critères de ce qui est bon pour la France ? Faux-semblants, promesses non tenues, recours aux bouc-émissaires suscitent notre indignation. Nous en avons assez des « petites phrases » qui divisent et des formules qui clivent à des fins exclusivement électorales. Mais nous indigner ne suffit pas. Nous avons notre part de responsabilité dans les choix qui vont être faits.
Nous voulons que l'économie soit à la mesure de l'homme et non l'inverse. Nous voulons que l'honneur de notre pays et de nos institutions se traduise dans la lutte contre les exclusions.

Exclusion des plus pauvres
De plus en plus de Français, malgré des revenus issus d'un emploi n'arrivent plus aujourd'hui à vivre décemment. Les plus démunis s'enfoncent, les plus modestes décrochent. Le chômage est là, tenace, durable. Il s'accroît et affecte principalement les femmes et les jeunes. Nombre d'entre eux sont en situation de détresse économique, sociale et familiale. L'accès des jeunes à l'autonomie est de plus en plus difficile : 25% des sans domicile fixe sont des jeunes de 18 à 24 ans. 15% de la population française ne se soigne pas faute de moyens. C'est une atteinte à la dignité humaine....

- des mal logés
3 600 000 Français vivent dans une situation aigüe de mal logement - 665 000 personnes sont privées de domicile personnel dont 113 000 sans domicile fixe. Le logement est devenu une source majeure d'exclusion et un facteur aggravant des injustices et des inégalités.

-...des personnes seules
La solitude s'installe chez un tiers de nos concitoyens, sans que notre société accorde une attention suffisante à la pauvreté de l'homme qui n'existe pour personne. Cette solitude pesante touche notamment les personnes âgées, les femmes et les jeunes. Le plus souvent cachée et masquée, elle est un déni de cette fraternité qui est au fondement de notre République. En ce domaine chacun peut pourtant faire quelque chose.

-...des personnes souffrantes et fragiles
Face aux fragilités et souffrances humaines, nous avons une responsabilité vis-à-vis des plus vulnérables, ceux également dont on décidera peut-être un jour que leur vie ne vaut pas la peine d'être vécue.

-...des migrants et des étrangers
Il est urgent de respecter les droits des migrants et de leurs familles, premières victimes d'un monde qui cherche ses équilibres. L'autre, l'étranger doit être considéré non comme un fardeau aux marges de la société, exploitable et exploité mais comme un être humain qui prend part à la vie de la Cité. L'hospitalité n'est pas synonyme d'aide ou de
charité. Elle signifie accueil de l'autre dans le respect des principes fondamentaux du vivre-ensemble. En particulier les pouvoirs publics ont le devoir d'accueillir et de protéger les enfants migrants livrés souvent aux mains de réseaux.

Au-delà de la France : refus des échanges inégaux
De l'autre côté de la planète, des émeutes de la faim éclatent. Des paysans africains et sud-américains luttent pour ne pas être dépossédés de leurs terres. Les multinationales réalisent des profits grandissants au détriment des populations privées de ressources précieuses. Il est urgent de les mettre face à leurs responsabilités. Urgent de combattre sans merci l'évasion fiscale et d'en finir avec les territoires de non-droit. Urgent de réguler les marchés agricoles et financiers. Se nourrir est un droit : il ne doit pas être soumis à des spéculations boursières ou autres.

Nos responsabilités - Tout ne dépend pas de l'État
Si les grandes orientations politiques dépendent de l'Etat, elles dépendent tout autant de nos pratiques ordinaires. Nos propres manières de vivre ont des conséquences économiques, sociales et écologiques. Nous devons faire des choix en matière d'éducation (scolarité, vie de famille, tiers lieux éducatifs) pour construire un monde accueillant aux nouvelles générations.
Eduquer à la sobriété, à la solidarité, à la justice sociale, à la préservation de l'environnement, à la compréhension de la nature et de ses écosystèmes est aujourd'hui un enjeu majeur de société.
Se laisser toucher par les pauvretés et les injustices sociales et économiques, nationales et internationales, ne relève pas simplement de l'émotion d'un moment ni d'un don financier passager mais doit nous pousser aussi à un engagement personnel et à des choix et des décisions relevant du politique.

« J'ai eu faim et vous m'avez donné à manger... »,
« J'étais un étranger et vous m'avez accueilli »...
Pour nous chrétiens, ces paroles du Christ (Matthieu 25) éclairent nos choix, pas seulement en temps d'élections. Avec tous les croyants et incroyants qui désirent la justice nous refusons de tolérer l'intolérable.
Ensemble nous pouvons construire une société solidaire.

Cet appel, à l'initiative de Confrontations,
Association d'Intellectuels Chrétiens, est lancé par les sept présidents des organisations suivantes : Guy Aurenche /CCFD-Terre Solidaire,
Bruno Dardelet / Société de Saint-Vincent-de-Paul, Françoise Parmentier /Confrontations AIC,
Patrick Peugeot / Cimade,
François Soulage / Secours Catholique,
Gilles Vermot-Desroches /Scouts et Guides de France, Denis Viénot /Chrétiens en forum.

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : politique - Communauté : L'Evangile à Hauteur d'Homme
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Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 15:31

Une vidéo de la Conférence des Evêques de France

 

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : politique - Communauté : Praedicatho
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Vendredi 30 mars 2012 5 30 /03 /Mars /2012 17:07

Raoul Castro 

 

« La dignité de l’homme, de l’être humain » : c’est l’élément « principal » que le président Raul Castro retient du message de Benoît XVI à Cuba.

Le président Castro a en effet adressé à Benoît XVI un discours d’au revoir ce 28 mars, à l’aéroport de La Havane, dans un salon, et non sous l’auvent préparé en plein air, en raison d’une pluie intermittente et par moments torrentielle. Mais « la pluie est nécessaire », a fait observer le président au début de son allocution.

Le pape a été accueilli à Cuba avec « des sentiments de respect et d’affection » et sa visite a été marquée par une « atmosphère de compréhension mutuelle », a-t-il constaté avec satisfaction.

Il a salué la « justesse des propos » du pape, dont le « principal » est, dit-il, « la pleine dignité de l’homme, de l’être humain ».

Une société, a-t-il fait observer, ne se construit pas seulement sur des valeurs matérielles, mais elle a besoin de « valeurs spirituelles », notamment,  la « solidarité », « l’altruisme », la « justice », la « vérité ».

Il a cité le P. Felix Varela (1788-1853), auquel le pape a fait allusion dans son homélie disant qu’il montre « le chemin d’une vraie transformation sociale » : le président Castro a souligné l’aspiration de ce prêtre à « conquérir la justice ».

Mais parmi ces valeurs, il a aussi cité la « suprême importance de la famille », le « rôle privilégié des parents dans l’éducation des enfants » et le fait que les jeunes sont « la plus grande espérance » de Cuba.

Puis il a évoqué, notamment, ce qu’il appelle la « contribution patriotique de l’émigration cubaine » à l’édification de la nation, faisant observer les « efforts » consentis pour une « normalisation plénière entre Cuba et son émigration ».

Après le discours du pape, et l’au-revoir des personnes de la suite du pape et de la délégation présidentielle, le pape et le président ont eu un entretien privé, puis ils se sont dirigés, à l’abri des parapluies, vers l’avion qui attendait sur le tarmac fouetté par le vent.

 

Anita Bourdin

 

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : politique - Communauté : Refaire le Monde
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Vendredi 23 mars 2012 5 23 /03 /Mars /2012 22:10

  MRJC

   Avec une dizaine de propositions portées par une candidature symbolique, le Mouvement des jeunes chrétiens ruraux (MRJC) veut inciter les politiques à s’intéresser à l'emploi des jeunes.

    Vendredi 16 mars, Adeline Groff 26 ans, chômeuse et « candidate» du Mouvement des jeunes chrétiens ruraux (MRJC) à l’élection présidentielle, a débarqué au Conseil constitutionnel. En guise des 500 signatures de soutien, la jeune femme avait amené avec elle 500 CV de jeunes chômeurs, étudiants et salariés précaires. Cette arrivée impromptue, parfaitement mise en scène, a fait son effet auprès des journalistes présents sur place. C’était le but.

     Après le collectif Génération précaire et son projet Young & Poor, le MRJC pointe ainsi le bout de son nez dans une campagne polluée par la crise de la dette et la question de l’immigration.   

    L’objectif: inciter les candidats à s’intéresser aux problématiques liées à la jeunesse, et plus particulièrement celles de l’insertion sociale et professionnelle. Ce happening médiatique est le fruit d’une réflexion entamée il plusieurs mois suite à une enquête nationale menée auprès de 2000 jeunes âgés 16 à 30 ans. Cette dernière révèle notamment que 21 % d’entre eux estiment que personne ne peut lutter contre le chômage des jeunes. Sur la base de ces résultats, les jeunes militants ont planché avec, en autres, Benoit Borrits, membre du conseil scientifique d’Attac, Mireille Bruyère, du collectif des Économistes atterrés, et le sociologue Bernard Friot, pour fournir dix propositions. Parmi elles, la limitation écarts de salaires, une refiscalisation des heures supplémentaires et la mise en place d’une allocation jeunesse dès l’âge de 18 ans. En janvier et février, des responsables du mouvement ont rencontré les équipes de campagne de l’UMP, du PS, du Front de gauche, du Modem et d’Europe Écologie - Les Verts.

     « L’écoute a été assez inégale. Nous avons eu de bonnes surprises mais nous n’avons pas réussi pour autant à ce que nos propositions soient intégrées. Le but était surtout de nous faire identifier », rapporte Jérémie Godet, président du MRJC. Le vrai combat, les jeunes chrétiens ruraux comptent le mener au niveau local, auprès des candidats aux élections législatives.

      Benjamin Sèze

 

    Témoignage Chrétien n° 3485 du 22 mars 2012

Par Denis CHAUTARD - Publié dans : politique - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Jeudi 22 mars 2012 4 22 /03 /Mars /2012 08:48

HIV 

 

Le 22 mars 1594, à 7 heures du matin, Henri IV entre triomphalement en armure à Paris, «sans effusion de sang ni qu'un seul bourgeois ait reçu incommodité en sa personne ni en ses biens,» selon ses propres termes.

Son retour dans la capitale, dont il avait dû s'enfuir près de vingt ans plus tôt, met un terme à cinq ans de guerre civile et trente ans de guerres religieuses. «Paris vaut bien une messe», lui aurait dit son ami et ministre Maximilien de Béthune, futur duc de Sully.

Lassitude et compromis

Comprenant que la majorité catholique du royaume n'accepterait jamais un souverain protestant, si légitime soit-il, Henri IV avait accepté l'année précédente de se convertir à la foi catholique (sixième et dernière de ses conversions !).

Les catholiques modérés avaient alors manifesté leur lassitude de la guerre et leur souhait d'un compromis. Les auteurs de la Satire Ménippée expriment le sentiment général en ridiculisant le jusqu'au-boutisme de la Ligue catholique et des Guise.

Le 22 février 1594, Henri IV se fait sacrer à Chartres (faute de pouvoir se rendre à Reims, lieu traditionnel des sacres, aux mains des ligueurs).

Là-dessus, ses troupes, qui assiègent Paris depuis plusieurs années, accordent une trêve de dix jours aux habitants. Ceux-ci en profitent pour goûter le bonheur des escapades à la campagne. Leur aspiration à la paix n'en devient que plus grande...

Enfin, à la suite de tractations secrètes et sur la base de promesses sonnantes et trébuchantes, le roi obtient du gouverneur de la ville de Paris, Charles de Cossé, comte de Brissac, qu'il lui ouvre les portes de la capitale.

Dans la nuit du 21 au 22 mars, le gouverneur fait dégager les hauts talus qui défendent l'accès de la porte Neuve et de la porte Saint-Denis. À l'aube, les troupes royales entrent ainsi dans la capitale, enseignes déployées et tambours battants, conduites par le roi en pourpoint de satin blanc. Sur son passage, le peuple à genoux crie : «La paix ! La paix !».

Le roi se rend à l'hôpital et selon la tradition capétienne, touche les malades des écrouelles. Au total plusieurs centaines ! Ce rite contribue à renforcer sa légitimité.

L'après-midi même, les 4.000 mercenaires du roi d'Espagne Philippe II, qui étaient venus prêter main-forte aux ligueurs catholiques, prennent le chemin du retour. «Messieurs, recommandez-moi à votre maître. Allez-vous en à la bonne heure mais n'y revenez plus !» leur lance le roi d'une fenêtre de la porte Saint-Denis.

Encouragés par l'indulgence du roi et ses généreux subsides, ses ennemis se rallient sans trop de difficultés. Le comte Charles de Brissac sera récompensé par la somme colossale de 1,695 millions de livres et la dignité de maréchal.

Alban Dignat.

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Par Denis CHAUTARD - Publié dans : politique - Communauté : Refaire le Monde
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