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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier Catholique des personnels de la Préfecture de Police de Paris
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7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 18:05
La cathédrale, dite aussi l’Arche d’alliance, 1908, d’Auguste Rodin. Dagli Orti / Musée Rodin Paris / Gianni Dagli Orti / Aurimages

La cathédrale, dite aussi l’Arche d’alliance, 1908, d’Auguste Rodin. Dagli Orti / Musée Rodin Paris / Gianni Dagli Orti / Aurimages

En 1908, Auguste Rodin réalisa une sculpture singulière, avec deux mains - deux mains droites, donc de personnes distinctes - qui se croisent et se lèvent jusqu’à ce que les pointes des doigts se touchent, presque en décrivant un arc : à une distance de temps, l’artiste parisien donna à cette œuvre, qui avait initialement appelé L’Arche de l’Alliance, le titre La Cathédrale. « Une cathédrale - écrit le cardinal José Tolentino de Mendonça - n’est pas seulement un territoire sacré extérieur auquel nos pas nous conduisent. Ce n’est pas seulement un temple situé dans un espace donné. Ce n’est pas non plus seulement un refuge indiqué par les cartes. Une cathédrale est également réalisée par nos mains ouvertes, disponibles et suppliantes, partout où nous nous trouvons. Car là où il y a un être humain, blessé de finitude et d’infini ».

Né en 1965 sur l’île portugaise de Madère, José Tolentino de Mendonça a signé des recueils de poèmes, de textes pastoraux et d’essais littéraires. Ordonné prêtre en 1990, il a été nommé en 2018 par le pape Bergoglio archevêque et archiviste-bibliothécaire de la Sainte Église Romaine. L’année dernière il a été créé cardinal. Le cardinal Tolentino de Mendonça - a été invité en 2017 au Festival de Bergame « Faire la Paix », en donnant une méditation sur le thème de l'« amitié ». Nous lui avons posé quelques questions sur son dernier livre et sur la valeur de l’espérance au temps de la pandémie de COVID-19.


Éminence, dans ces pages, en citant les chefs-d’œuvre d’Albert Camus (La peste) et de José Saramago (Cécité), vous dites que dans la situation actuelle nous avons absolument besoin «de trouver des paraboles

Que peuvent nous apprendre des romans et des contes comme ceux que vous avez mentionnés, qui se déroulent en temps d’épidémies ? Que l’humain a des capacités insoupçonnables de résistance au mal, au chaos ?
«Un des pouvoirs les plus importants que les histoires ont - et c’est ce que la littérature nous offre : une extraordinaire archive d’histoires - est celui de fonctionner comme miroirs de notre réalité. Nous lisons les histoires et nous nous sentons compris, parce que nous y trouvons décrite une expérience équivalente à celle que nous faisons et pour laquelle, bien souvent, nous n’avions pas encore trouvé les mots ou les mots justes. La situation d’urgence mondiale déclenchée par la pandémie nous a tous pris au dépourvu. Pour cette raison, au début nous ressentions tous le besoin de paraboles déjà écrites ou montrées par le cinéma qui racontent des expériences similaires. C’est une façon de dompter la peur de l’inconnu. Mais ensuite nous avons fait un pas en avant. Et nous avons commencé à désirer de nouvelles paraboles qui aident à interpréter et à donner un sens à notre souffrance la plus profonde. Je crois que le pape François est un maître extraordinaire. Cette célébration du vendredi soir sur la place vide Saint-Pierre a été la parabole la plus puissante et nécessaire pour ces temps. François, embrassant le vide et la solitude, c’est comme s’il les avait exorcisés : nous avons ainsi commencé à regarder le vide d’une autre manière. Cela montre que la foi est une parabole capable de toucher et de guérir le cœur humain ».


Dans les journaux et les médias sociaux, on écrit et on parle beaucoup sur la pandémie de coronavirus. Ne risquons-nous pas aussi de faire de la « mauvaise littérature» ou de la «mauvaise télévision» sur une situation objectivement tragique? Milan Kundera disait, en parlant du « royaume du Kitsch », que nous nous sommes émus pour nous-mêmes, pour nos dispositions d’âme, plutôt que pour ce qui arrive aux autres ?
«Comment le traumatisme est-il traité? Parce que, fondamentalement, c’est ce dont nous parlons quand nous parlons de la pandémie : un traumatisme, c’est-à-dire une agression inattendue pour laquelle nous n’avions pas de défense et qui a bouleversé notre image du monde. Une des choses importantes à faire sur le chemin de la guérison, selon les psychiatres, est de raconter notre histoire à quelqu’un. Pour cette raison, ce moment de pandémie est un temps de paroles, de comptes-rendus qui s’accumulent, de récits qui se chevauchent. Il est probablement "mauvaise littérature", mais peu importe, je crois qu’il aura un effet thérapeutique significatif. Ce que je recommande, c’est que nous fassions de ce moment un moment pour parler. Mais pas pour le mot répété et fatigué, pour les commentaires sur les images que nous avons envoyé sur Whatsapp, presque sans y penser. Il est essentiel que ce soit le temps pour les paroles que nous voulions dire et peut-être n’avons-nous pas encore dites, cette parole d’amour qui a été reportée, cette gratitude pour la vie de l’autre que nous n’avons pas encore eu le courage d’exprimer. C’est le moment ».


Peut-on appliquer à ce qui se passe la catégorie biblique de la «preuve»? Dit autrement : ce mal nous défie de ne pas adopter une attitude morale «supérieure», noblement stoïque, mais à ne pas céder au désespoir? Le désespoir - et non la fragilité - est-ce le contraire exact de la foi?
«C’est certainement un moment d'"épreuve", où nous sommes tous appelés à une réponse éthiquement qualifiée. Le pape François rappelle souvent un principe selon lequel "le temps est supérieur à l’espace". Ce principe est d’une grande sagesse, car il n’absolutise pas le présent, mais le place par rapport au passé et, surtout, à l’avenir. Nous avons un avenir ! Le discours de foi nous aide à embrasser la fragilité, à ne pas craindre la fragilité, mais il nous aide aussi à entendre à nouveau cette parole que Dieu dit à Abraham : "Lève les yeux de la terre et compte les étoiles". C’est aussi le moment de regarder les étoiles. Ou comme le disait la mystique Etty Hillesum, dans le journal qu’elle écrivit dans le camp de Westerbork, c’est le moment "de regarder les lys des champs"».


L’espoir ne demande-t-il pas de se traduire par des gestes concrets, par des décisions opérationnelles concernant le destin des collectivités, y compris au niveau politique ? Pour beaucoup, la question de ce qui nous attend à la fin de cette pandémie est peut-être encore plus angoissée que ce que nous vivons actuellement ?


« Il est important de se rendre compte que le monde ne sera plus ce qu’il était, et qu’il y a un nouveau chemin que nous devons suivre. Mais pour cela, nous devons renforcer notre expérience communautaire. C’est ensemble, tous unis, sans écarter personne, sans laisser personne derrière, que nous serons en mesure de relever les immenses défis qui nous attendent. Nous n’avons aucun doute : la seule véritable "immunité de troupeau", dont on parle tant, c’est l’amour, la justice sociale, la construction d’un monde plus humain. Toutes les autres "immunités de troupeau" sont précaires et ne feront qu’aggraver la crise. C’est le moment de marcher ensemble, en redécouvrant la signification concrète de paroles comme « nation, humanisme, vie commune, confiance ».
 

Giulio BROTTI

 

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23 décembre 2019 1 23 /12 /décembre /2019 08:30
À quelques jours de Noël, la dernière œuvre de l'artiste Banksy a été dévoilée le 21 décembre 2019 dans la symbolique ville de Bethléem, en Cisjordanie occupée. Une petite crèche disposée devant des pans de mur transpercés par un obus.

À quelques jours de Noël, la dernière œuvre de l'artiste Banksy a été dévoilée le 21 décembre 2019 dans la symbolique ville de Bethléem, en Cisjordanie occupée. Une petite crèche disposée devant des pans de mur transpercés par un obus.

EN IMAGES - L'artiste britannique a dévoilé dans son hôtel installé en Cisjordanie une nouvelle oeuvre, dénonçant les conditions de vie des Palestiniens.

Une petite crèche disposée devant des pans de mur transpercés par un obus : à quelques jours de Noël, la dernière oeuvre de l'artiste Banksy a été dévoilée dans la symbolique ville de Bethléem, en Cisjordanie occupée.

L'artiste britannique, dont l'identité véritable est mystérieuse depuis toujours, n'était vraisemblablement pas présent vendredi 20 décembre lors de la présentation de cette oeuvre, intitulée La cicatrice de Bethléem. Celle-ci est exposée dans l'entrée de l'hôtel «Walled-Off» que Banksy a ouvert en 2017 dans la ville palestinienne et dont les chambres donnent sur le mur construit par Israël et qui empiète en Cisjordanie.

Des mini pans de mur, sur lesquels des tags appellent en français ou en anglais à la paix et à l'amour, servent d'arrière plan à une crèche posée sur une petite table. L'impact de l'obus sur le mur fait penser à une étoile au dessus de Marie, Joseph et Jésus, entourés d'une vache et d'un âne. Pour le directeur de l'hôtel Wissam Salsaa, La cicatrice de Bethléem symbolise une «cicatrice de la honte». «Le mur symbolise la honte pour tous ceux qui soutiennent ce qu'il se passe sur notre terre, tous ceux qui soutiennent l'occupation illégale» par Israël de la Cisjordanie, depuis 1967.

L'Etat hébreu a commencé en 2002 la construction d'une barrière, composée par endroits de blocs de béton de plusieurs mètres de haut, pour se protéger des incursions de Cisjordanie en pleine vague d'attentats palestiniens au cours de la deuxième Intifada (2000-2005). La Cour internationale de justice a déclaré illégale sa construction en 2004. Israël affirme que la barrière continue de le protéger d'attaques d'assaillants venant de Cisjordanie. Pour les Palestiniens, la barrière est l'un des symboles les plus honnis de l'occupation israélienne.

Avec cette oeuvre - certainement l'une de ses meilleures -, il contribue aux festivités de Noël qui auront lieu la semaine prochaine à Bethléem, ville où est né Jésus selon la tradition chrétienne. «C'est une façon formidable et différente de parler de Bethléem, pour pousser les gens à réfléchir davantage à la manière dont nous vivons ici», a dit à l'AFP Wissam Salsaa, qui n'était pas en mesure d'indiquer si l'oeuvre était vouée à rester dans son établissement. Banksy «essaye de diffuser la voix des Palestiniens dans le monde à travers l'art et crée un nouveau modèle de résistance grâce à cet art», s'est-il félicité.

L'artiste s'était déjà rendu à Bethléem en 2007, laissant derrière lui un certain nombre de graffitis sur le mur de sécurité, dont une fillette fouillant au corps un soldat israélien les bras en l'air, son fusil posé à côté de lui.

 

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16 septembre 2019 1 16 /09 /septembre /2019 11:04
Jardin privé, jardin rêvé

Musée des impressionnismes - Giverny
Jusqu'au 11 octobre 2019

A l’occasion de ses 10 ans, le Musée des Impressionnismes Giverny a choisi d’inviter un peintre nabi, Ker Xavier-Roussel, moins célèbre que ses camarades Pierre Bonnard, Maurice Denis ou encore Edouard Vuillard, fondateur du courant.

Il aura fallu plus de 50 ans pour que le travail de ce dernier soit – enfin – remis à l’honneur dans une institution française. La dernière rétrospective remonte à 1968 à l’Orangerie des Tuileries, en même temps que celle son ami Vuillard dont il épousera  – pour l’anecdote – la sœur. L’exposition lève le voile sur des aspects centraux du travail du peintre, qui pourtant avaient jusqu’ici été ignorés. Saviez-vous par exemple que ce peintre de génie était aussi un grand décorateur, mandaté pour réaliser les décors scénographiques de la Comédie des Champs-Elysées ou du Palais de Chaillot notamment. Au-delà de ses fameuses expérimentations nabies, ce qui nous frappe ici, ce sont les oniriques narrations mythologiques de l’artiste. Rien d’étonnant quand on sait que Ker Xavier-Roussel en a lui-même été épris pendant 40 ans. On se régale avec la champêtre toile Cap d’Antibes et ses personnages dont la nudité nous rappelle la mythologie et ses festins en plein air.  Un tel attrait pour les cadres idylliques doit rendre mélancolique.

Mélancolique vous le serez sans doute un peu en découvrant une autre facette du peintre, plus sombre et à la frontière de la peinture abstraite. Clair de lune sur la mer et son bleu nocturne pourraient bien déteindre sur vous mais étonnamment vous prodiguer une certaine sérénité qui n’est pas de tout refus. Au sortir de cette exposition habilement nommée Jardin privé, jardin rêvé, impossible de ne pas apprécier les somptueux jardins du Musée Giverny.

 

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8 novembre 2018 4 08 /11 /novembre /2018 21:46
La Collégiale de Vernon est en danger !

Stéphane BERN, dans son émission « Patrimoine » sur France 2 ce jeudi 8 novembre 2018, nous donne de belles images de la Collégiale de Vernon et la présente comme l’un des beaux bâtiments de notre patrimoine en grand danger

Cliquez sur la vidéo ci-dessous et sur l’icône « plein écran »

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 10:27
Les murs peints de Fanzara, un village de montagne près de Valence, le 15 décembre 2016 / AFP/Archives

Les murs peints de Fanzara, un village de montagne près de Valence, le 15 décembre 2016 / AFP/Archives

Fanzara est un hameau espagnol à flanc de montagne, niché dans l'arrière-pays de Valence et éprouvé depuis des années par les querelles politiques. Il revit grâce à des artistes urbains venus du monde entier, qui ont contribué à panser ses plaies.

A Fanzara, le clocher rythme les jours et les nuits, les chiens aboient au loin et, tagué sur trois pans de mur, un robot aux interminables bras articulés signé Xelön poursuit désormais des chats à grandes enjambées.

Non loin de là, une créature aux yeux blancs de l'artiste Deih, contenant à elle seule la galaxie, tient dans sa main une planète en morceaux.

"Nous cherchions un projet tourné vers l'art et la culture où tous puissent coopérer et qui permette de rétablir la cohabitation entre villageois", explique l'ancien conseiller municipal Javier Lopez, en déambulant dans les ruelles tortueuses de ce hameau de 250 âmes, fondé au XIIe siècle par les conquérants musulmans.

Depuis des années, poursuit-il, le village aux 18 écoliers habité à 70% par des retraités était divisé par d'amères disputes autour d'un projet d'usine de traitement de déchets toxiques. Le débat avait été emporté par les défenseurs de la nature et le maire de droite, promoteur du projet, avait perdu son siège après les élections de 2011.

- 'Bar d'en haut' versus 'bar d'en bas' -

Depuis, l'air de Fanzara demeurait irrespirable, témoignent les habitants. Certains se croisaient sans s'adresser la parole, s'accusant du pire, y compris de magie noire. Les deux camps s'observaient avec méfiance de part et d'autre de la grand-rue, chacun à la terrasse de "son" bar.

Au "Bar d'en haut" (conservateur), "nous n'y allions pas, question de principe: il appartenait à celui qui avait voulu la déchetterie", explique la biologiste Ana Arranz, 53 ans, attablée au "Bar d'en bas".

"On savait de quel parti quelqu'un était en fonction du bar qu'il fréquentait", confirme un client de l'autre établissement, Marc Zapata, pompier bénévole de 22 ans.

L'affaire avait surtout rouvert des plaies anciennes, remontant à la guerre civile de 1936-1939: d'un côté, des sympathisants de la droite, descendants de la quinzaine de victimes fusillées par les républicains quand ils tenaient le village; de l'autre, les enfants et petits-enfants plutôt de gauche, de personnes visées par la répression du camp du dictateur Francisco Franco.

Alors, à l'été 2014, la nouvelle mairie, plutôt à gauche, s'est mis en tête d'"amener de l'air frais", avec un grand mur à décorer auquel seraient associés tous les villageois et des artistes invités.

- Muralisme -

L'idée a séduit plusieurs artistes: "L'objectif du muralisme c'est justement d'atteindre les gens, de sortir l'art des musées", témoigne Hombre Lopez, plasticien espagnol, expliquant avoir été attiré par ce "projet social" proche des origines du street art.

Elle a finalement débouché en septembre 2014 sur un véritable festival avec 21 artistes. Hissés pour certains sur des grues, ils ont recouvert la grisaille des murs de couleurs et de monstres plus ou moins amicaux.

Ils ne disposaient en principe que de dix murs à peindre, en raison de la méfiance des villageois.

Trois ans plus tard, Fanzara, qui a créé un festival appelé "Musée inachevé d'art urbain" (MIAU), s'est installé discrètement dans le circuit des habitués de prestigieux festivals de street art comme ceux de Hawaï, Kobe, New York ou Copenhague et des galeries, qui s'arrachent cet art dont le mystérieux Banksy est l'une des icônes.

Surtout, les artistes ont su gagner la confiance des habitants en travaillant avec eux, imaginant des créations liées aux villageois, comme ces visages de voisins imprimés par Hombre Lopez sur des galets trouvés dans la rivière toute proche ou encore le robot chasseur de chats, peint dans une ruelle envahie par de vrais félins.

"Ici la vie est belle et tranquille... Il y a une pharmacie, un médecin, une boucherie, une boulangerie... et maintenant avec le MIAU, c'est international ! On s'ouvre beaucoup avec tous ces gens qui viennent d'ailleurs" pour voir les oeuvres, s'enthousiasme Elisa Edo, habitante de 64 ans.

En 2015, pour la deuxième édition du festival, nombreux sont ceux qui ont hébergé des graffeurs, dans le cadre d'un nouveau projet intitulé "Adopte un artiste".

"Ce qui m'a le plus plu, c'est le changement chez les gens", explique Hombre Lopez. Des villageois sont même devenus spécialistes de l'art urbain et guident les visiteurs.

- 4e édition du festival du 6 au 9 juillet -

Trois ans plus tard, les 105 oeuvres sont toujours là. Même au coeur de l'hiver, on croise des inconnus à Fanzara: ici un petit groupe de Barcelone, là une Française avec un Anglais, déambulant à la recherche de l'art évoqué dans un article du journal britannique The Guardian.

Le téléphone des organisateurs du MIAU sonne régulièrement pour des visites guidées d'écoliers: plus de 2.300 enfants sont déjà venus depuis 2015, animant ainsi le quotidien des personnes âgées. Et le chiffre d'affaires des deux bars a explosé.

"On a perdu l'intimité typique d'un village", se plaint malgré tout Sara Martinez, 21 ans, cliente du "Bar d'en haut". Et pendant le festival "ils peignent jusqu'à la tombée de la nuit. On entend tout le temps le bip bip des grues..."

Mais pour son amie Anna Ventura, étudiante en communication, "c'est bien, cela a permis de nous faire connaître".

La maire socialiste Ana Romero se félicite elle aussi des retombées. "Le village va mieux... je crois que les opposants sont minoritaires", témoigne-t-elle en espérant que le projet restera "contrôlé" pour éviter une saturation.

Une quatrième édition du festival aura lieu du 6 au 9 juillet. Plus de 200 artistes ont déjà posé leur candidature, originaires de nombreux pays: Royaume-Uni, Chili, Israël, France, Argentine, Afrique du Sud, Australie, Ukraine, Sibérie, Brésil...

afp

 

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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 18:03
Lisa Ripert, l’art au service de la rue

CES JEUNES QUI FONT BOUGER L’EGLISE Lisa Ripert, 20 ans, responsable d’un atelier-théâtre ouvert à des personnes fragilisées dans une paroisse à Paris

Elle ouvre grand les yeux, Lisa Ripert, au moment d’expliquer les raisons de ses engagements bénévoles successifs – chez les petits frères des Pauvres, au Secours populaire, au Secours catholique… – depuis l’enfance. « C’est naturel, cela ne s’explique pas », s’anime cette Franco-Croate qui se décrit elle-même comme un « drôle d’oiseau ». « J’ai toujours été sensible aux personnes qui ne rentrent pas dans les cases de la société », ajoute-t-elle en précisant que le fait d’avoir une petite sœur autiste a peut-être joué dans cette sensibilité.

Depuis bientôt deux ans, cette étudiante à l’Institut catholique de Paris est responsable, bénévolement, de l’atelier-théâtre ouvert aux personnes les plus fragiles, lancé en lien avec le Secours catholique par le P. Philippe Marsset, curé de Notre-Dame de Clignancourt, à Paris. Le principe ? Préparer et monter avec des personnes de la rue, des personnes âgées isolées ou encore des migrants, un spectacle de théâtre qui se tient à la fin du mois de mai (le 27, cette année). « L’art est souvent un moyen pour eux de se sentir exister autrement que dans la précarité. Cela leur permet aussi de se revaloriser, d’avoir un objectif, de créer du lien avec d’autres ou même de perfectionner leur connaissance de la langue française », explique celle qui suit des cours de théâtre et de danse, depuis l’âge de 4 ans. Et qui confie, tout de même, réaliser un rêve « en servant à quelque chose » tout en transmettant ses passions.

Isabelle Demangeat

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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 10:54
A l’occasion de la Fête de la Sainte Trinité, Dimanche 15 juin 2014

L'ICÔNE DE LA TRINITÉ

L’icône dite « de la Trinité, » parfois appelée aussi « l’icône des trois Anges, » de l’iconographe russe André Roublev est une des icônes les plus célèbres de tous les temps. Elle est du type d’icône nommé « l’hospitalité d’Abraham. » Depuis les premiers siècles du christianisme, le récit biblique de la visite de trois étrangers à Abraham et Sara (Genèse 18, 1-22 ; voir ici-bas) a été interprété comme une manifestation de la Sainte Trinité. Déjà au IVe siècle, l’historien de l’Église Eusèbe de Césarée écrivait qu’il existait depuis les anciens temps une image de la Sainte Trinité, sous l’apparence de trois anges, à l’endroit même où les trois étrangers sont apparus à Abraham. Les Pères ont compris cet événement soit comme une manifestation, même indirecte, de la Trinité, soit comme une manifestation du Fils de Dieu, accompagné de deux anges. Bien avant Roublev, il existait des représentations iconographiques de cette scène, avec Abraham et Sara qui servent les anges et souvent un serviteur en train de tuer un agneau pour le repas.

Le génie de Roublev a été d’utilisé le thème de l’hospitalité d’Abraham pour en faire une icône d’une grande beauté et qualité artistique qui évoque le mystère de la Sainte Trinité, ainsi que ceux de l’Incarnation du Fils de Dieu et de la Rédemption. L’icône dégage un sentiment de paix, de sérénité, d’harmonie, qui se transmet au spectateur. Mais l’icône de Roublev n’est pas une « représentation » de la Trinité - ce qui d’ailleurs n’est pas possible et est contraire aux canons iconographiques de l’Église orthodoxe. Les éléments historiques du récit biblique sont réduits au strict minimum - Abraham et Sara ne figurent pas sur l’icône de Roublev – et ceux qui restent, par exemple la maison d’Abraham, le chêne de Mambré et le rocher, contribuent à approfondir l’enseignement de l’icône sur la Trinité, l’Incarnation et la Rédemption.

Les pages qui suivent permettent au visiteur de découvrir la théologie de l’icône de la Trinité et de mieux apprécier à la fois l’ensemble de l’icône ainsi que ses détails. La page « L’Icône de la Trinité de Roublev dans la Tradition Orthodoxe » est une page-cadre composée d’une image de l’icône et du texte explicatif du hiéromoine Cyrille (Bradette). Les zones actives de l’image, ainsi que les références dans le texte entre <PARENTHÈSES>, permettent, au moyen d’un clic de la souris, de passer à un agrandissement d’une partie de l’icône. Le Père Cyrille est membre de la Communauté monastique de Saint Séraphim de Sarov, dont le siège est situé à Rawdon, Québec, au Canada.

Il existe beaucoup de reproductions de l’icône de la Trinité et les couleurs sont parfois très différentes d’une reproduction à l’autre. Nous avons utilisé comme source principale des images de l’icône la reproduction qui figure dans le livre de Léonide Ouspensky et Vladimir Lossky, The Meaning of Icons, publié par le St. Vladimir’s Seminary Press à New York en 1983 (ce livre n’existe qu’en anglais et en allemand).

Nous terminons cette introduction avec le Trisagion, la principale prière trinitaire de l’Église orthodoxe, et la prière d’invocation de la Sainte Trinité, qui font partie des prières initiales des offices byzantins, et le tropaire et le kondakion de saint André Roublev, canonisé en 1988. Sa fête est célébrée le 4 juillet.

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 10:38

Depuis toujours les Chinois sont passés maîtres dans les techniques d’utilisation de la poudre. Ils y ajoutent quelques colorants et beaucoup d’art : le résultat est sublime !

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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 12:52
Un curé sort de sa bulle à Angoulême

« Je voulais être comédien ou acteur. Je suis devenu prêtre et auteur de bandes dessinées », déclare Christophe Hadevis, 44 ans, recteur de la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes à Vannes depuis 2011. Il vient de remporter le premier Prix international de la bande dessinée chrétienne au festival d’Angoulême, qui a eu lieu du 30 janvier au 2 février, pour son deuxième album Quelques écorces d’orange amère : Une vie de Benoît Labre.

Paru en mars 2013 aux éditions de l’Emmanuel, l'album retrace la vie d'un saint du XVIIIe siècle, Benoît Labre. Renvoyé à plusieurs reprises de communautés religieuses, ce jeune homme austère choisit alors de vivre dans la pauvreté. Devenu vagabond, il partage le fruit de sa mendicité avec les pauvres.

« C’est la simplicité de l’histoire qui marque les lecteurs. Un mendiant qui erre au jour le jour, convaincu de sa misère par rapport à la grandeur de Dieu », explique l’auteur. Avec ce récit, il a aussi voulu transmettre « le goût de l’aventure, l’appel de la route et le désir de l’absolu », expliquer « d’où vient ce va-nu-pieds et quel est son point de chute ». Le choix des couleurs de Tatiana Domas et des illustrations d’Erwann le Saëc rappellent la poussière et la terre orangée que foulent le personnage principal tout au long du récit.

Pour ce prêtre catholique, le travail sur l’image avec des auteurs non croyants est essentiel pour enrichir la trame narrative et croiser les regards sur la vie de Benoît Labre. « J’ai fait le choix de collaborer avec des artistes non croyants. C’est une démarche qui porte ses fruits et permet d’aborder le personnage sous des angles différents.», déclare-t-il.

Christophe Hadevis s'est lancé en 2005 dans l’aventure de la bande dessinée pour raconter à ses paroissiens la vie de de son saint patron, Saint Just de la Bretenière, un martyr chalonnais mort en Corée au XIXe siècle. « C’est un des sujets qui a touché ma vie et j’avais envie de le faire partager. L’image est souvent un vecteur plus percutant que la parole pour raconter une histoire», dit-t-il. Son premier album,Le 22ème jour de la lune, illustré par Juliette Derenne, est vendu à plus de 2000 exemplaires.

"LA BANDE DESSINEE, DU CINEMA SUR PAPIER"

Après avoir longtemps rêvé d’être sur les planches ou derrière la caméra, il opte finalement pour la prêtrise, sans cesser de dessiner. « La bande dessinée, c’est du cinéma sur papier. La logique des plans se retrouve sur la planche. Mais, à la fin de chaque page, le lecteur doit avoir envie de découvrir la suite».

Dès son plus jeune âge, l’image tient un rôle central dans son quotidien et ne tardera pas à le mener sur le chemin de la conversion : « Ma mère me rapportait les grands classiques de l’époque, Astérix, Tintin, Lucky Luke. J’ai appris à lire avec les bulles et à grandir avec ces héros de papier. C’est aussi par l’image que j’ai rencontré Dieu ».

Issu d’une famille non croyante, il découvre à l’âge de cinq ans une illustration de Jésus dans un petit livret rapporté par son père brocanteur. « La première fois que j’ai vu le Christ, c’était un bonhomme avec des trous dans les pieds et dans les mains avec un rond au-dessus de la tête », raconte-t-il en riant. C’est en observant quelques semaines plus tard un crucifix accroché chez sa voisine qu’il a une révélation : « J’ai immédiatement fait le lien entre la présence mystique que je ressentais lors de mes promenades en forêt avec mon grand-père, et le Christ que j’avais sous les yeux », confie-t-il.

Le prix décerné à Angoulême ne peut qu’encourager Christophe Hadevis à poursuivre dans cette voie artistique. Le compteur est en route : trois albums sont à paraître d’ici à 2015 dont un consacré à la vie de Saint François d’Assise.

Albine Dufouleur (Monde Académie)

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