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  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 10:27
Les murs peints de Fanzara, un village de montagne près de Valence, le 15 décembre 2016 / AFP/Archives

Les murs peints de Fanzara, un village de montagne près de Valence, le 15 décembre 2016 / AFP/Archives

Fanzara est un hameau espagnol à flanc de montagne, niché dans l'arrière-pays de Valence et éprouvé depuis des années par les querelles politiques. Il revit grâce à des artistes urbains venus du monde entier, qui ont contribué à panser ses plaies.

A Fanzara, le clocher rythme les jours et les nuits, les chiens aboient au loin et, tagué sur trois pans de mur, un robot aux interminables bras articulés signé Xelön poursuit désormais des chats à grandes enjambées.

Non loin de là, une créature aux yeux blancs de l'artiste Deih, contenant à elle seule la galaxie, tient dans sa main une planète en morceaux.

"Nous cherchions un projet tourné vers l'art et la culture où tous puissent coopérer et qui permette de rétablir la cohabitation entre villageois", explique l'ancien conseiller municipal Javier Lopez, en déambulant dans les ruelles tortueuses de ce hameau de 250 âmes, fondé au XIIe siècle par les conquérants musulmans.

Depuis des années, poursuit-il, le village aux 18 écoliers habité à 70% par des retraités était divisé par d'amères disputes autour d'un projet d'usine de traitement de déchets toxiques. Le débat avait été emporté par les défenseurs de la nature et le maire de droite, promoteur du projet, avait perdu son siège après les élections de 2011.

- 'Bar d'en haut' versus 'bar d'en bas' -

Depuis, l'air de Fanzara demeurait irrespirable, témoignent les habitants. Certains se croisaient sans s'adresser la parole, s'accusant du pire, y compris de magie noire. Les deux camps s'observaient avec méfiance de part et d'autre de la grand-rue, chacun à la terrasse de "son" bar.

Au "Bar d'en haut" (conservateur), "nous n'y allions pas, question de principe: il appartenait à celui qui avait voulu la déchetterie", explique la biologiste Ana Arranz, 53 ans, attablée au "Bar d'en bas".

"On savait de quel parti quelqu'un était en fonction du bar qu'il fréquentait", confirme un client de l'autre établissement, Marc Zapata, pompier bénévole de 22 ans.

L'affaire avait surtout rouvert des plaies anciennes, remontant à la guerre civile de 1936-1939: d'un côté, des sympathisants de la droite, descendants de la quinzaine de victimes fusillées par les républicains quand ils tenaient le village; de l'autre, les enfants et petits-enfants plutôt de gauche, de personnes visées par la répression du camp du dictateur Francisco Franco.

Alors, à l'été 2014, la nouvelle mairie, plutôt à gauche, s'est mis en tête d'"amener de l'air frais", avec un grand mur à décorer auquel seraient associés tous les villageois et des artistes invités.

- Muralisme -

L'idée a séduit plusieurs artistes: "L'objectif du muralisme c'est justement d'atteindre les gens, de sortir l'art des musées", témoigne Hombre Lopez, plasticien espagnol, expliquant avoir été attiré par ce "projet social" proche des origines du street art.

Elle a finalement débouché en septembre 2014 sur un véritable festival avec 21 artistes. Hissés pour certains sur des grues, ils ont recouvert la grisaille des murs de couleurs et de monstres plus ou moins amicaux.

Ils ne disposaient en principe que de dix murs à peindre, en raison de la méfiance des villageois.

Trois ans plus tard, Fanzara, qui a créé un festival appelé "Musée inachevé d'art urbain" (MIAU), s'est installé discrètement dans le circuit des habitués de prestigieux festivals de street art comme ceux de Hawaï, Kobe, New York ou Copenhague et des galeries, qui s'arrachent cet art dont le mystérieux Banksy est l'une des icônes.

Surtout, les artistes ont su gagner la confiance des habitants en travaillant avec eux, imaginant des créations liées aux villageois, comme ces visages de voisins imprimés par Hombre Lopez sur des galets trouvés dans la rivière toute proche ou encore le robot chasseur de chats, peint dans une ruelle envahie par de vrais félins.

"Ici la vie est belle et tranquille... Il y a une pharmacie, un médecin, une boucherie, une boulangerie... et maintenant avec le MIAU, c'est international ! On s'ouvre beaucoup avec tous ces gens qui viennent d'ailleurs" pour voir les oeuvres, s'enthousiasme Elisa Edo, habitante de 64 ans.

En 2015, pour la deuxième édition du festival, nombreux sont ceux qui ont hébergé des graffeurs, dans le cadre d'un nouveau projet intitulé "Adopte un artiste".

"Ce qui m'a le plus plu, c'est le changement chez les gens", explique Hombre Lopez. Des villageois sont même devenus spécialistes de l'art urbain et guident les visiteurs.

- 4e édition du festival du 6 au 9 juillet -

Trois ans plus tard, les 105 oeuvres sont toujours là. Même au coeur de l'hiver, on croise des inconnus à Fanzara: ici un petit groupe de Barcelone, là une Française avec un Anglais, déambulant à la recherche de l'art évoqué dans un article du journal britannique The Guardian.

Le téléphone des organisateurs du MIAU sonne régulièrement pour des visites guidées d'écoliers: plus de 2.300 enfants sont déjà venus depuis 2015, animant ainsi le quotidien des personnes âgées. Et le chiffre d'affaires des deux bars a explosé.

"On a perdu l'intimité typique d'un village", se plaint malgré tout Sara Martinez, 21 ans, cliente du "Bar d'en haut". Et pendant le festival "ils peignent jusqu'à la tombée de la nuit. On entend tout le temps le bip bip des grues..."

Mais pour son amie Anna Ventura, étudiante en communication, "c'est bien, cela a permis de nous faire connaître".

La maire socialiste Ana Romero se félicite elle aussi des retombées. "Le village va mieux... je crois que les opposants sont minoritaires", témoigne-t-elle en espérant que le projet restera "contrôlé" pour éviter une saturation.

Une quatrième édition du festival aura lieu du 6 au 9 juillet. Plus de 200 artistes ont déjà posé leur candidature, originaires de nombreux pays: Royaume-Uni, Chili, Israël, France, Argentine, Afrique du Sud, Australie, Ukraine, Sibérie, Brésil...

afp

 

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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 18:03
Lisa Ripert, l’art au service de la rue

CES JEUNES QUI FONT BOUGER L’EGLISE Lisa Ripert, 20 ans, responsable d’un atelier-théâtre ouvert à des personnes fragilisées dans une paroisse à Paris

Elle ouvre grand les yeux, Lisa Ripert, au moment d’expliquer les raisons de ses engagements bénévoles successifs – chez les petits frères des Pauvres, au Secours populaire, au Secours catholique… – depuis l’enfance. « C’est naturel, cela ne s’explique pas », s’anime cette Franco-Croate qui se décrit elle-même comme un « drôle d’oiseau ». « J’ai toujours été sensible aux personnes qui ne rentrent pas dans les cases de la société », ajoute-t-elle en précisant que le fait d’avoir une petite sœur autiste a peut-être joué dans cette sensibilité.

Depuis bientôt deux ans, cette étudiante à l’Institut catholique de Paris est responsable, bénévolement, de l’atelier-théâtre ouvert aux personnes les plus fragiles, lancé en lien avec le Secours catholique par le P. Philippe Marsset, curé de Notre-Dame de Clignancourt, à Paris. Le principe ? Préparer et monter avec des personnes de la rue, des personnes âgées isolées ou encore des migrants, un spectacle de théâtre qui se tient à la fin du mois de mai (le 27, cette année). « L’art est souvent un moyen pour eux de se sentir exister autrement que dans la précarité. Cela leur permet aussi de se revaloriser, d’avoir un objectif, de créer du lien avec d’autres ou même de perfectionner leur connaissance de la langue française », explique celle qui suit des cours de théâtre et de danse, depuis l’âge de 4 ans. Et qui confie, tout de même, réaliser un rêve « en servant à quelque chose » tout en transmettant ses passions.

Isabelle Demangeat

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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 10:54
A l’occasion de la Fête de la Sainte Trinité, Dimanche 15 juin 2014

L'ICÔNE DE LA TRINITÉ

L’icône dite « de la Trinité, » parfois appelée aussi « l’icône des trois Anges, » de l’iconographe russe André Roublev est une des icônes les plus célèbres de tous les temps. Elle est du type d’icône nommé « l’hospitalité d’Abraham. » Depuis les premiers siècles du christianisme, le récit biblique de la visite de trois étrangers à Abraham et Sara (Genèse 18, 1-22 ; voir ici-bas) a été interprété comme une manifestation de la Sainte Trinité. Déjà au IVe siècle, l’historien de l’Église Eusèbe de Césarée écrivait qu’il existait depuis les anciens temps une image de la Sainte Trinité, sous l’apparence de trois anges, à l’endroit même où les trois étrangers sont apparus à Abraham. Les Pères ont compris cet événement soit comme une manifestation, même indirecte, de la Trinité, soit comme une manifestation du Fils de Dieu, accompagné de deux anges. Bien avant Roublev, il existait des représentations iconographiques de cette scène, avec Abraham et Sara qui servent les anges et souvent un serviteur en train de tuer un agneau pour le repas.

Le génie de Roublev a été d’utilisé le thème de l’hospitalité d’Abraham pour en faire une icône d’une grande beauté et qualité artistique qui évoque le mystère de la Sainte Trinité, ainsi que ceux de l’Incarnation du Fils de Dieu et de la Rédemption. L’icône dégage un sentiment de paix, de sérénité, d’harmonie, qui se transmet au spectateur. Mais l’icône de Roublev n’est pas une « représentation » de la Trinité - ce qui d’ailleurs n’est pas possible et est contraire aux canons iconographiques de l’Église orthodoxe. Les éléments historiques du récit biblique sont réduits au strict minimum - Abraham et Sara ne figurent pas sur l’icône de Roublev – et ceux qui restent, par exemple la maison d’Abraham, le chêne de Mambré et le rocher, contribuent à approfondir l’enseignement de l’icône sur la Trinité, l’Incarnation et la Rédemption.

Les pages qui suivent permettent au visiteur de découvrir la théologie de l’icône de la Trinité et de mieux apprécier à la fois l’ensemble de l’icône ainsi que ses détails. La page « L’Icône de la Trinité de Roublev dans la Tradition Orthodoxe » est une page-cadre composée d’une image de l’icône et du texte explicatif du hiéromoine Cyrille (Bradette). Les zones actives de l’image, ainsi que les références dans le texte entre <PARENTHÈSES>, permettent, au moyen d’un clic de la souris, de passer à un agrandissement d’une partie de l’icône. Le Père Cyrille est membre de la Communauté monastique de Saint Séraphim de Sarov, dont le siège est situé à Rawdon, Québec, au Canada.

Il existe beaucoup de reproductions de l’icône de la Trinité et les couleurs sont parfois très différentes d’une reproduction à l’autre. Nous avons utilisé comme source principale des images de l’icône la reproduction qui figure dans le livre de Léonide Ouspensky et Vladimir Lossky, The Meaning of Icons, publié par le St. Vladimir’s Seminary Press à New York en 1983 (ce livre n’existe qu’en anglais et en allemand).

Nous terminons cette introduction avec le Trisagion, la principale prière trinitaire de l’Église orthodoxe, et la prière d’invocation de la Sainte Trinité, qui font partie des prières initiales des offices byzantins, et le tropaire et le kondakion de saint André Roublev, canonisé en 1988. Sa fête est célébrée le 4 juillet.

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 10:38

Depuis toujours les Chinois sont passés maîtres dans les techniques d’utilisation de la poudre. Ils y ajoutent quelques colorants et beaucoup d’art : le résultat est sublime !

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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 12:52
Un curé sort de sa bulle à Angoulême

« Je voulais être comédien ou acteur. Je suis devenu prêtre et auteur de bandes dessinées », déclare Christophe Hadevis, 44 ans, recteur de la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes à Vannes depuis 2011. Il vient de remporter le premier Prix international de la bande dessinée chrétienne au festival d’Angoulême, qui a eu lieu du 30 janvier au 2 février, pour son deuxième album Quelques écorces d’orange amère : Une vie de Benoît Labre.

Paru en mars 2013 aux éditions de l’Emmanuel, l'album retrace la vie d'un saint du XVIIIe siècle, Benoît Labre. Renvoyé à plusieurs reprises de communautés religieuses, ce jeune homme austère choisit alors de vivre dans la pauvreté. Devenu vagabond, il partage le fruit de sa mendicité avec les pauvres.

« C’est la simplicité de l’histoire qui marque les lecteurs. Un mendiant qui erre au jour le jour, convaincu de sa misère par rapport à la grandeur de Dieu », explique l’auteur. Avec ce récit, il a aussi voulu transmettre « le goût de l’aventure, l’appel de la route et le désir de l’absolu », expliquer « d’où vient ce va-nu-pieds et quel est son point de chute ». Le choix des couleurs de Tatiana Domas et des illustrations d’Erwann le Saëc rappellent la poussière et la terre orangée que foulent le personnage principal tout au long du récit.

Pour ce prêtre catholique, le travail sur l’image avec des auteurs non croyants est essentiel pour enrichir la trame narrative et croiser les regards sur la vie de Benoît Labre. « J’ai fait le choix de collaborer avec des artistes non croyants. C’est une démarche qui porte ses fruits et permet d’aborder le personnage sous des angles différents.», déclare-t-il.

Christophe Hadevis s'est lancé en 2005 dans l’aventure de la bande dessinée pour raconter à ses paroissiens la vie de de son saint patron, Saint Just de la Bretenière, un martyr chalonnais mort en Corée au XIXe siècle. « C’est un des sujets qui a touché ma vie et j’avais envie de le faire partager. L’image est souvent un vecteur plus percutant que la parole pour raconter une histoire», dit-t-il. Son premier album,Le 22ème jour de la lune, illustré par Juliette Derenne, est vendu à plus de 2000 exemplaires.

"LA BANDE DESSINEE, DU CINEMA SUR PAPIER"

Après avoir longtemps rêvé d’être sur les planches ou derrière la caméra, il opte finalement pour la prêtrise, sans cesser de dessiner. « La bande dessinée, c’est du cinéma sur papier. La logique des plans se retrouve sur la planche. Mais, à la fin de chaque page, le lecteur doit avoir envie de découvrir la suite».

Dès son plus jeune âge, l’image tient un rôle central dans son quotidien et ne tardera pas à le mener sur le chemin de la conversion : « Ma mère me rapportait les grands classiques de l’époque, Astérix, Tintin, Lucky Luke. J’ai appris à lire avec les bulles et à grandir avec ces héros de papier. C’est aussi par l’image que j’ai rencontré Dieu ».

Issu d’une famille non croyante, il découvre à l’âge de cinq ans une illustration de Jésus dans un petit livret rapporté par son père brocanteur. « La première fois que j’ai vu le Christ, c’était un bonhomme avec des trous dans les pieds et dans les mains avec un rond au-dessus de la tête », raconte-t-il en riant. C’est en observant quelques semaines plus tard un crucifix accroché chez sa voisine qu’il a une révélation : « J’ai immédiatement fait le lien entre la présence mystique que je ressentais lors de mes promenades en forêt avec mon grand-père, et le Christ que j’avais sous les yeux », confie-t-il.

Le prix décerné à Angoulême ne peut qu’encourager Christophe Hadevis à poursuivre dans cette voie artistique. Le compteur est en route : trois albums sont à paraître d’ici à 2015 dont un consacré à la vie de Saint François d’Assise.

Albine Dufouleur (Monde Académie)

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