Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Journal de Denis Chautard
  • Journal de Denis Chautard
  • : Journal de Denis Chautard, Prêtre de la Mission de France, Retraité de l'Education Nationale, Membre de l'Association d'Entraide aux Migrants de Vernon et Aumônier de la Communauté Chrétienne des Policiers d'Ile de France
  • Contact

Recherche

Articles Récents

21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 11:37
Vincent Van Gogh : "nuit étoilée"

Vincent Van Gogh : "nuit étoilée"

L'Avent : temps d'attente, de préparation, de conversion.

Quand nous parlons de conversion, nous pensons spontanément à des choses que nous devons faire pour nous approcher de Dieu. Les pénitents de Jean le Baptiste lui demandaient : "Que devons-nous faire ?" Et il leur indiquait bien concrètement ce qu'ils avaient à faire pour éviter la colère de Dieu et le châtiment. (Lc 3, 10-14)

En sortant des eaux du Jourdain, Jésus, lui aussi, se met à appeler à la conversion, mais c'est un appel différent et tout nouveau : “ Convertissez-vous, car le Royaume de Dieu s'est approché ”. (Mc 1, 14) Quelle heureuse surprise ! La grâce, l'amitié de Dieu, le pardon sont là offerts, il ne faut pas les obtenir, il faut les accueillir. Jean le Baptiste faisait encore de la repentance une condition à la venue de Dieu. Jésus apporte un pardon libéralement offert, une amnistie universelle. Dans son Royaume, le passé ne compte plus, et désormais il n'y a plus qu'un seul péché impardonnable : celui de ne pas accepter et accueillir le pardon offert par pure grâce. L'ordre ancien est totalement renversé au point que les derniers sont maintenant premiers et les premiers, derniers. Heureux le pécheur qui accueille le pardon, mais malheureux le juste qui le refuse parce qu'il n'en a pas besoin. Le règne du jugement cède la place au règne de la miséricorde. Le Temple ne sera plus dorénavant le lieu de l'expiation et des sacrifices, mais la maison du Père où ses enfants vivent et chantent sa miséricorde. Le régime de la peur recule devant la stratégie de l'amour.

L'Évangile opère une révolution totale et définitive de la vision de Dieu et de l'homme et de leurs rapports, révolution analogue à celle de Copernic qui ne fit plus tourner le soleil autour de la terre, mais la terre autour du soleil. Depuis les temps anciens, la religion était vécue comme l'effort de l'homme pour s'approcher de Dieu. Dans le Royaume qu'annonce et inaugure Jésus, c'est Dieu qui s'approche de l'homme, gratuitement, sans conditions et sans limites. La conversion de Jean partait d'en bas (l'eau), la conversion au Royaume vient d'en haut (l'Esprit Saint et le feu). (Mc 3; Lc 3, 16)

Dieu vient et nous prévient, non pas avec un jugement et un châtiment, mais avec une grâce toute nouvelle. Toute la nouveauté de la Bonne Nouvelle est là. L'attitude fondamentale pour entrer dans le Royaume de Dieu n'est donc pas une disposition à agir, mais à accueillir, non pas à faire, mais à se laisser faire. Notre croissance spirituelle ne se déroule pas au gré de nos efforts, mais "au gré de la grâce de Dieu".

Cette attitude nouvelle, nous la trouvons, à l'aube même du salut nouveau, dans la Vierge Marie qui accueille la grâce et la rend. Elle ne dit pas : « Je ferai ta volonté, mais qu'il me soit fait selon ta parole. » Et son deuxième mot est le chant nouveau du Royaume, le Magnificat. Nous retrouvons cette attitude également chez les grands maitres spirituels et en particulier dans la spiritualité d'Ignace de Loyola. Nous savons la place centrale qu'y tient l'examen. Mais ce n'est pas un examen de conscience où je m'interroge sur ce que j'ai fait ou pas fait, mais une prière où je me place devant le Seigneur avec la question : Que veux-tu faire en moi, pour moi et par moi en ce moment ?

Voilà une bonne question pour ce temps de l'Avent et pour toute la vie. Car toute notre vie est appelée à être un Avent. Demandons-nous alors comment nous pouvons découvrir concrètement dans notre vie ce que le Seigneur veut y faire et est en train d'y faire ?

La réponse se trouve de deux façons: en creux dans notre cœur et en plein dans la Parole de Dieu. Quelques exemples aideront à clarifier ce que j'entends dire par là.

Je cherche Dieu sans le trouver et j'en souffre. Je multiplie les efforts de prière et de lecture, et les bonnes actions, mais en vain. Je me sens de plus en plus loin de Dieu et creusé par ce désir irréalisable. Or, c'est précisément dans cette impuissance que le Seigneur m'attend pour changer mon regard et me faire comprendre que c'est lui qui me cherche, passionnément, amoureusement. Mon impuissance même et ma faiblesse deviennent paradoxalement une invitation et une occasion de convertir mon regard et de me laisser trouver par Dieu.

Paul disait : "Lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort." (2 Co 12, 10) Mon cœur est alors prêt à recevoir la Parole de Dieu qui peut réaliser en moi ce qui est impossible à l'homme. En relisant ou en écoutant des paroles trop bien connues, j'y trouverai un gout nouveau, une force et une lumière nouvelles, et une joie proprement évangélique. J'entendrai Dieu, dans le jardin des origines, appeler Adam qui se cachait (Gn 3, 9) et je me sentirai invité à sortir de mes propres retranchements.

Je verrai l'ange saluer Marie et, avec elle, j'apprendrai à répondre : "Voici ta servante, que tout se passe pour moi comme tu l'as dit". (Lc 1, 3a) Ma misère et mes errements feront de moi une brebis perdue et tourneront mon regard vers le bon berger qui bat les buissons pour la chercher. (Lc 15, 3-7) Quand j'accueille la Parole de Dieu en centrant mon regard sur le Dieu-qui-vient, elle devient pour moi lumière, force et joie.

Un autre exemple. Je voudrais aimer, mais je vais d'échec en échec et je finirais par me décourager et même par me détester. C'est alors que je dois lever le regard et tendre l'oreille pour entendre les accents de l'amour de Dieu et m'en imprégner par la foi.
« Que tu es belle ma compagne, que tu es belle ! Tes yeux sont des colombes ! » (Ct 1, 15) « Avec une amitié sans fin je te manifeste ma tendresse » (Es 54, 8). « Voyez de quel grand amour le Père nous a fait don, que nous soyons appelés enfants de Dieu et nous le sommes ! » (1 Jn 3, 1)

En somme, pour découvrir la conversion évangélique à laquelle le Seigneur m'invite en cet Avent, je dois essayer de reconnaitre quelle est, en ce moment, la faille, la blessure par laquelle le Seigneur veut faire couler en moi sa grâce de régénération : un pardon impossible à donner ou à recevoir ? Un échec que je n'arrive pas à accepter et à intégrer ? Une peur qui me paralyse ? Un sentiment de culpabilité qui m'écrase ? Ma difficulté à prier, et même à croire ? Et puis lever le regard pour découvrir que Dieu désire plus que moi ce dont j'ai besoin et qu'il espère que je me laisserai enfin trouver, aimer, pardonner, guérir, transfigurer, ressusciter.

Pour conclure, je voudrais vous offrir comme pique-nique pour la route de l'Avent trois petites règles pratiques pour vivre en enfant du Père à l'exemple de Marie : Devant les évènements de ma vie personnelle et dans le monde autour de moi, me rappeler toujours que Dieu est Père et que “ tout est grâce ” pour qui aime Dieu.

Devant les exigences de ma vie personnelle, communautaire et ministérielle, ne pas me demander d'abord “ Que dois-je faire ? ”, mais “ Que veut faire le Seigneur en moi, par moi et à travers moi pour les autres ? ” Devant mes faiblesses et manquements, ne pas me décourager, mais en profiter pour approfondir mon sens de l'humilité devant la grâce et m'abandonner à sa miséricorde.

 

Herman Bastijns Missionnaire d’Afrique (Père Blanc)

 

Lien à la Source

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Denis CHAUTARD - dans Avent
commenter cet article
23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 08:04
« Préparez le chemin du Seigneur » ! Dimanche 29 novembre 2015 nous entrons dans le temps de « l’Avent »

Elie, le prophète « annonciateur de la venue du messie », ravitaillé par les corbeaux 1 Rois 17,1-7

Il nous faut, en ce temps de l’Avent, essayer de lutter contre ce que nous pourrions appeler le… « Syndrome de l’édredon » !

Vous savez, cette énorme couette sous laquelle nous rêvons parfois de nous enfouir pour ne plus voir ni entendre les avis de tempête du monde…

Cette tentation du repli qui nous guette : repli dans l’entre soi de nos milieux, de nos familles, de nos sensibilités religieuses, de nos opinions et de nos certitudes…

Repli loin des différences qui nous inquiètent, des choix qui nous dérangent, des façons de vivre qui nous déroutent.

Repli sur nos vies à nous, nos soucis à nous, notre job à nous, notre famille à nous, notre communauté chrétienne à nous, notre quête à nous d’un petit bonheur tranquille. Peinard !

Loin, si possible, très loin des cris du monde, de tous ces « Lampedusa » où tant de fragiles barques humaines craquent, tanguent et se noient. Presque sous nos yeux. Presque à nos portes.

« Restez éveillés et priez en tout temps » nous dit le Christ dans l’Évangile que nous venons d’entendre.

Oui, l’Avent qui s’offre à nous est une école où nous pouvons apprendre l’art de l’éveil et de la garde.

Comme on apprend à un marin à prendre son quart, à tenir la barre, à maintenir le cap vers Bonne Espérance !

Et la première manière d’apprendre à veiller, c’est de retrouver le sens de l’attente !

Oui, vivre l’Avent,

c’est oser vivre enfin le temps des lentes maturations, des fécondes gestations,

c’est réapprendre à marcher, pas à pas, vers notre humanité,

c’est briser l’enchaînement frénétique du temps trop vide parce que trop plein,

c’est faire, en soi, au plus intime de son mystère d’homme,

de la place à l’avènement de l’Inattendu.

Vivre l’Avent,

… c’est une « gymnastique de l’âme » qui comporte au moins deux exercices :

- Veiller, c’est d’abord mesurer l’urgence qu’il y a pour nos vies à s’arrêter enfin devant Dieu. L’Avent nous convoque impérieusement à trouver, dans nos agendas, du temps « pour rien », du temps apparemment sans efficacité, du temps enfin « gratuit », « vide », un vide que Dieu pourra enfin emplir de sa présence. Veiller, c’est donc d’abord trouver le temps de la prière, le temps de se re-cueillir, de se « cueillir à nouveau », de se re-centrer sur l’essentiel.

- Veiller, c’est aussi se faire « bien-veillant » aux êtres et au monde qui nous entourent. Veiller, c’est « sur-veiller » la douleur du monde, comme le lait sur le feu, afin qu’elle ne déborde pas…Veiller, c’est « veiller au grain », faire en sorte que celles et ceux que nous croisons ne « crèvent » pas de faim, de solitude, d’injustice, d’oubli, de racisme, d’exclusion sociale, de manque d’amour…

A quoi bon la douce lueur de la crèche :

- Si chez nous, nous sommes indisponibles à celles et ceux que nous prétendons aimer ?

- Si, à deux pas de chez nous, les banlieues s’embrasent, les sans-abris meurent de froid ?

- Si, à des milliers de kilomètres de chez nous, des peuples s’enfoncent chaque jour un peu plus dans la misère, sous les coups de boutoirs aveugles de la Mondialisation.

Il nous faut, pour devenir « Sentinelles de Noël », accepter de vivre la féconde tension entre prière et action, intériorité et engagement, lutte et contemplation.

N’oublions jamais que lorsque nous entrons dans une église, c’est pour mieux en sortir, mieux aller vers le monde !

Car pour venir naître en ce monde, Dieu a besoin de nos cœurs et de nos mains. C’est à nous de transformer ce monde, pour qu’il devienne la crèche de sa Divine Présence.

Oui, l’Avent nous convie à la lutte, au combat, humain et spirituel – en nous et autour de nous – afin de rendre cette terre « divinement habitable » !

Notre tâche de pèlerins en marche vers la Nativité est d’essayer d’offrir un peu de paille chaude, en nous et autour de nous, à la divine Promesse…

Demandons-nous ce que nous faisons du don de la foi : un p’tit placement pépère bien gardé au chaud dans le confort de nos églises ? Où cette force tellurique de l’amour qui nous sortira de nous-même pour nous projeter vers toutes ces « périphéries » où l’homme attend que nous lui tendions la main et le cœur ?

Veillons à faire du tissu de notre âme une matière inflammable !

Bertrand REVILLION, Diacre Permanent, Journaliste, Ecrivain et Editeur

Lien à la Source

Partager cet article

Repost 0
Published by Denis CHAUTARD - dans Avent
commenter cet article
22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 06:54
Avent dans la Ville 2015 : "Quand nous visite l'Astre d'en haut"

Du 28 novembre au 25 décembre 2015, "Retraite dans la Ville" propose une retraite spirituelle en ligne pour se préparer au temps de l'Avent. Recevez chaque jour une méditation sur un texte de la Bible et participez à la communauté de prière.

cliquez sur la vidéo ci-dessous et sur l'icône "plein écran"

Partager cet article

Repost 0
Published by Denis CHAUTARD - dans avent
commenter cet article